Vendredi 25 mai 2012 5 25 /05 /Mai /2012 15:06

LE COMMENCEMENT ET LA FIN DE CE QUI A ÉTÉ, DE CE QUI EST ET SERA NE PEUT ÊTRE CONNU QUE PAR « CELUI QUI EST » ET SE NOMME « JE SUIS », C’EST-À-DIRE PAR DIEU OU SON VERBE ÉTERNEL (cf. Exode, 3 : 14 ; S. Jean, 1 : 1; 8 : 24, 28, 58 ; Apocalypse, 1 : 1, 17-18).  

 

LÉON GAUTIER

PROFESSEUR À L’ÉCOLE DES CHARTES

ÉTUDES HISTORIQUES POUR LA DÉFENSE DE L'ÉGLISE, 1864
DÉFINITION CATHOLIQUE DE L'HISTOIRE.

 

http://www.a-c-r-f.com/documents/GAUTIER-Definition_catholique_histoire.pdf

 

I. POINT DE DÉPART.

 

La plus naïve, et cependant la meilleure définition de l'histoire, est celle-ci : « L'histoire est le récit du passé ».

 

Mais, dans le passé, il est certains faits qui ont eu de l'influence sur le monde, - non pas uniquement sur le monde des corps, mais sur celui des âmes. II en est d'autres, au contraire, qui n'ont rien eu de cette influence. On a réservé le nom d'histoire au récit des événements vraiment influents. De là vient qu'on ne prodigue pas le mot historique, et qu'on en ho­nore certains hommes seulement et certaines choses qui le méritent.

Et comme, en ces événements importants, le doigt de Dieu est, aux yeux du chrétien, constamment et évidemment marqué, on peut dire chrétiennement : « L'histoire est le récit des faits où Dieu est plus particulièrement intervenu » ; ou, en termes plus clairs : « L'histoire est le récit des rapports mutuels de Dieu et de l'homme dans le passé ».

Nous disons : dans le passé ; car il y a un récit des rapports de Dieu et de l'homme dans l'avenir. Ce récit, aussi clair souvent que le premier, et qui le complète, est tout divin. On ne le trouve que dans l'Église catholique : c'est la prophétie.

Si l'histoire est le récit du passé, la prophétie est l'histoire de l'avenir.

L'Église catholique seule apparaît dans le monde avec cette double escorte d'un glorieux passé et d'un avenir encore plus glorieux. Elle est la seule qui voie en avant aussi nettement qu'en arrière, et qui sache aussi nettement ce qu'elle se­ra et ce qu'elle a été. Comment le présent effraierait-il jamais celle à qui Dieu communique ainsi sa science et sa pres­cience, sa clairvoyance du passé, sa prévoyance de l'avenir ?

Mais, pour nous borner à l'histoire, si elle est, aux yeux du chrétien, « le récit des rapports passés de Dieu avec l'homme et de l'homme avec Dieu », il résulte de cette définition qu'avant de commencer l'étude de cette science, il faut bien connaître ces deux termes nécessaires de toute histoire : Dieu et l'homme.

Faute de les bien connaître, nous n'aurons qu'une histoire ténébreuse et fausse. Sans la science de ces rapports sur­naturels, les faits se succéderont stupidement devant nous, sans se relier à rien, sans se relier entre eux. Tout nous sur­prendra, et presque toujours douloureusement. Les guerres, les révolutions, les crimes, les horreurs historiques nous scandaliseront ; et nous aurons raison de jeter loin de nous avec indignation ces récits pleins d'un sang dont nous ne comprenons pas l'effusion et d'une absurdité dont nous ne savons pas la cause.

La théologie et la philosophie catholiques sont les prolégomènes nécessaires de tout livre d'histoire. En tête de cha­cun de ces livres, il en faudrait écrire au moins les principes divins : avec eux nous aurons la lumière, et sans eux le chaos.

Voyons donc ce que c'est que Dieu d'après l'Église, ce que c'est que l'homme ; et marchons ainsi à la conquête d'une meilleure et plus complète définition de l'histoire.

 

II.  DE DIEU, CONSIDÉRÉ COMME PREMIER TERME DE L'HISTOIRE.

 

Dieu est certainement le plus sûr des définiteurs. Celui qui connaît tout peut tout définir avec certitude : Dieu, qui se connaît parfaitement lui-même, est, par là même, le seul qui se puisse définir parfaitement. Or, il s'est défini quand il a dit : « JE SUIS CELUI QUI SUIS. »

Cette définition résume et contient tout, comme l'a surabondamment démontré un des plus grands théologiens de nos jours (le R. P. Ventura, dans sa Raison catholique, t. II, première conférence sur la Création).

« Je suis celui qui suis » : il résulte de là que Dieu est véritablement le seul être, puisque tous les autres êtres ne se doivent pas l'être et le lui doivent.

« Je suis celui qui suis » : il résulte de là que Dieu est indépendant et qu'il est un, deux êtres indépendants ne pouvant exister ensemble, et l'un devant nécessairement être un effet de l'autre. Or, si Dieu est indépendant, il est tout-puissant.

« Je suis celui qui suis » : il résulte de là que Dieu est la Bonté, la Beauté, la Vérité, la Perfection même, puisque le mal, le laid et le faux sont des négations ; puisque le moins bon, le moins beau, le moins vrai et moins parfait ne sont que des diminutions. Or, la négation et la diminution ne sont pas, et ne peuvent se trouver en ce qui est.

Dieu donc est un, indépendant, tout-puissant ; il est le Beau idéal, le Bien suprême, le Vrai absolu ; il est « parfaite­ment infini et infiniment parfait ».

Mais où voulons-nous en venir, et par quel lien allons-nous rattacher à notre sujet ces magnifiques enseignements de la théologie ? Le voici :

Dieu, étant souverainement parfait, est souverainement heureux ; le malheur ne peut l'atteindre, car le malheur est une imperfection : c'est à ce point de vue uniquement que nous voulons nous arrêter.

Dieu, disons-nous, est souverainement heureux. Le bonheur de Dieu s'appelle gloire.

Or, du moment que Dieu eut créé des êtres intelligents, il dut se sentir dévoré d'un grand désir : celui de leur commu­

niquer son bonheur, sa gloire. Car Dieu est amour, et l'amour aime à communiquer tout ce qu'il a.

Mais aussi ces êtres intelligents auxquels Dieu voulait communiquer sa gloire, avaient été créés par lui libres et par conséquent responsables.

D'un autre côté, ils étaient faibles.

Il ne restait donc à Dieu qu'une ressource, celle de les aider puissamment à ne pas repousser ce bonheur et à parve­nir à l'éternelle béatitude.

C'est ce que Dieu a fait : il nous apparait constamment penché sur l'humanité et aidant sans cesse notre liberté, sans jamais la détruire.

Voilà ce qu'il était nécessaire de savoir avant d'ouvrir un livre d'histoire, et l'on peut dire, en commentant la belle pa­role : « L'homme s'agite et Dieu le mène », on peut dire de Dieu qu'il est le grand aideur, le grand meneur de l'humanité dans la voie de la béatitude. DIEU EST UN ÊTRE MENANT, DE MÊME QUE L'HOMME EST UN ÊTRE MENÉ.

 

III.  DE L'HOMME CONSIDÉRÉ COMME DEUXIÈME TERME DE L'HISTOIRE.

 

Dieu, avant que l'histoire naquît, ouvrit un jour ses deux mains ; et de l'une il fit jaillir la création spirituelle, de l'autre la création matérielle ; de l'une le monde des esprits, de l'autre le monde des corps.

C'était au commencement du sixième jour. Dieu regarda son œuvre et ne la trouva point complète. En effet, il y manquait quelque chose.

Que voyait-on d'un côté? Des milliards de créatures angéliques, admirablement étagées les unes au-dessus des autres, formant chacune une espèce, et allant ainsi, suivant une merveilleuse échelle, depuis l'ange le plus parfait, le plus voisin de Dieu, jusqu'au moins parfait et au plus éloigné de cette essence béatifique : toutes comprenant Dieu, toutes ai­mant Dieu, toutes le servant avec une dangereuse mais honorable liberté.

Et sur la terre? Des milliards de créatures matérielles qui, dans trois royaumes distincts et présentant eux-mêmes une hiérarchie savante, s'étageaient aussi, avec des nuances subtiles, les unes au-dessus des autres. Mais tandis que le dernier des anges possédait une intelligence, un cœur et un libre arbitre qui savaient s'élever à Dieu, il n'y avait point trace d'intelligence, d'amour ni de volonté libre dans toute cette autre partie des œuvres divines. Rien sur la terre ne con­naissait Dieu, rien sur la terre n'aimait Dieu, rien sur la terre ne servait Dieu. Toutes ces belles créatures racontaient seu­lement la gloire du Créateur par une beauté qui n'avait point conscience d'elle-même ; et il y avait loin de ce cantique inintelligent au Sanctus et au Te Deum éternels qui faisaient et font encore frémir dans l'Éternité les lèvres spirituelles des créatures angéliques.

Encore une fois, il manquait quelque chose au plan divin ; et ce quelque chose, c'était nous.

Dieu s'est servi, pour nous former, non pas d'une seule de ses mains, mais des deux à la fois : honneur inestimable et unique. Avec cette main qui avait créé les purs esprits, il sut facilement façonner une âme intelligente, affectueuse et libre : il mit un soin tout délicat à en faire le reflet particulier de sa divinité. Et de la main qui avait créé le monde de la ma­tière, il fit le corps humain, le chef-d’œuvre de ce monde dans les derniers degrés duquel Linnée trouvait tant de chefs­d’œuvre !

Puis, il réunit ses deux mains et pétrit ensemble, d'une manière indestructible, l'âme et le corps qu'il venait de créer. Il n'en fit pas deux êtres séparés, mais un seul être vivant : en sorte que, suivant le témoignage de l'illustre orateur que nous avons cité plus haut, la matière devint intelligente dans l'homme. La matière eut désormais une intelligence, un cœur, une volonté : l'intelligence, le cœur et la volonté de l'homme. La matière entra dans le chœur des esprits, connut Dieu, l'aima et le servit, et tout cela par l'homme, qui fut ainsi non seulement le Roi, mais le Représentant et le Pontife de toute la création matérielle !

Voilà ce que c'est que l'homme. Relevons la tête, et sans être orgueilleux, soyons fiers.

Mais nous n'avons à insister ici que sur une faculté de cet être jeté si singulièrement sur les confins des deux mondes pour les représenter et les unir : « L'homme est une créature qui a soif de bonheur.»

Cette soif de bonheur résulte naturellement de l'intelligence qu'il a reçue de Dieu. Tout ce qui est intelligent désire le bonheur ; car, dès qu'on connaît le bien, on le doit désirer. Et Dieu ayant donné la raison à l'homme, - la raison, ce som­met de l'intelligence -, l'homme devait désirer le bonheur infini, c'est-à-dire la vue et la possession de Celui vers lequel s'élevait sa raison.

Mais il faut mériter le bonheur : c'est la loi des êtres libres, c'est la loi de l'homme.

Or, cet être libre est faible, il est très faible ; il faudra que Dieu l’aide. C’est ce que Dieu n’a cessé de faire. L’homme est essentiellement un être aidé.

SI DIEU EST UN ÊTRE MENANT, L'HOMME NE PEUT ÊTRE QU'UN ÊTRE MENÉ.

 

IV. DU BUT DE DIEU RELATIVEMENT À L'HOMME. - DÉFINITION CATHOLIQUE DE L'HISTOIRE.

 

Ainsi deux êtres sont en présence : Dieu et l'homme.

Dieu est un être glorieux qui ne demande qu'à communiquer sa gloire. L'homme est un être qui aspire à la gloire, mais qui la doit mériter avec l'aide de Dieu. - De quoi s'agit-il donc ?

Il s'agit pour Dieu de faire parvenir l'homme à son éternelle béatitude, tout en lui laissant l'exercice indépendant de sa liberté.

Nous voici enfin arrivés où nous voulions, et voici que nous pouvons définir l'histoire d'une manière plus précise : L'HISTOIRE EST LE RÉCIT DES EFFORTS DE DIEU POUR SAUVER TOUS LES HOMMES ET LES CONDUIRE À L'ÉTERNELLE BÉATITUDE.

Oui, tel est le but que l'Amour divin se proposait, qu'il se propose encore et se proposera toujours.

Quels moyens a-t-il employés pour l'atteindre ? Ne s'est-il pas présenté quelque obstacle au plan surnaturel : obstacle venu de notre liberté ? Enfin comment la force de Dieu a-t-elle triomphé de cet obstacle ?

C'est ce que nous allons faire voir en donnant à notre exposition le plus de clarté possible, et le plus de dignité en même temps.

Mais, c'est tout le plan divin que nous allons exposer : que l'auteur de ce plan soutienne notre voix et en relève les dé­faillances ! Veni, sancte Spiritus.

 

À SUIVRE

 

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Vendredi 25 mai 2012 5 25 /05 /Mai /2012 15:05

V.  DES CONDITIONS EXIGIBLES DE L'HOMME POUR QU'IL ARRIVE À LA BÉATITUDE.

 

Quand l'homme se présente aux portes du ciel : « As-tu connu ma Vérité ? » lui demande son juge : telle est pour nous, en effet, la première condition de la béatitude. N'être point souillé par le péché, telle est la seconde. Je parle ici à dessein, avec la simplicité du catéchisme.

La seule Église catholique met à un prix assez haut la possession de la Vérité pour en faire la condition même, la première condition du salut.

Oui, pour arriver à la contemplation de la vérité suprême, il faut, nous dit-elle, que l'homme ici-bas en possède au moins les éléments et aspire généreusement à connaître le reste. Sans cela point de béatitude ; ou, ce qui revient au même : « Hors de la vérité, point de salut ».

Mais la seconde condition n'est pas moins indispensable. Entre Dieu et le Péché, qui est la négation du bien, et, par là même, la négation de Dieu, il y a un abîme infranchissable : infranchissable à la justice de Dieu, et que son amour seul a trouvé le moyen de franchir !

Toutes les erreurs de notre temps proviennent de ce qu'on ne sait plus quelle est l'énormité du péché et de quel poids est la connaissance du vrai. On prend Dieu pour je ne sais quel vieillard aimable, presque épicurien, qui tient peu à ce qu'on ait sur lui des idées exactes, qui tolère le péché aussi facilement que nous le commettons, sans qu'une expiation soit nécessaire et avec le sourire facile d'un membre du Caveau.

Rien n'est faux comme cette fausseté. Dieu est un être miséricordieux, mais n'est pas un être faible. Dieu est un être essentiellement aimant, mais c'est aussi le Vrai et le Bien suprêmes, et, malgré sa soif de miséricordes, il ne peut pas ne pas s'écrier : « Loin de moi l'erreur ! loin de moi le péché ! »

Et, par conséquent, lorsqu'il a voulu procurer à l'homme le moyen d'arriver à la béatitude, il a dû lui procurer le moyen de connaître la vérité et de se présenter à son tribunal exempt de péché.

 

VI.  COMMENT DIEU A-T-IL PROCURÉ À L'HOMME LA PREMIÈRE CONDITION DE LA BÉATITUDE,
C'EST-À-DIRE LA CONNAISSANCE DE LA VÉRITÉ ?

 

Dieu crée l'homme. Il souffle sur ce beau visage, sur ce corps radieux, et l'âme y entre. Il y a dans cette âme de nom­breuses facultés, qui s'étagent, en quelque sorte, les unes au-dessus des autres : échelle mystérieuse de Jacob, dont ces facultés sont les anges. Au sommet de l'échelle se tient la raison, qui est le haut de l'âme. Et cette raison, comme un ange voisin de Dieu, est appelée à voir ce Dieu, à le connaître et à donner le branle à la sensibilité qui l'aimera et à la vo­lonté qui le servira.

Cette raison, cependant, est relativement aveugle, ou myope tout au moins. Il fallait, en effet, que l'homme fût « un peu au-dessous de l'ange ».

Dieu alors descend vers cette raison et lui parle ; il lui parle longtemps ; il lui professe le premier cours de théologie et le plus magnifique que la terre ait entendu avant celui du Christ ; il lui dit : « Voilà la vérité sur mon compte ; voilà la vérité sur le tien ». C'est ce que nous appelons la Révélation primitive.

Le premier homme la communiquera à ses descendants. Les premiers patriarches, selon l'expression de l'Écriture, en seront « les crieurs publics », les hérauts dans le monde. Noé la recueillera dans l'arche, car elle voguait sur les eaux amassées par la colère divine et ne pouvait être submergée. Elle en sort avec la famille du juste, et est parfaitement con­nue des descendants de cette famille. Quand les races enfin se dispersent, chaque chef de race, chaque membre de ces célèbres migrations l'emporte avec lui, claire encore malgré de fâcheux obscurcissements, salutaire, précieuse. Elle s'établit, voyageuse invisible, dans tous les campements des nations. On ne peut la chasser entièrement des grands em­pires ni des grandes cités. On la noircit de toute espèce de superstitions, mais on la voit encore briller à travers, et c'est elle aussi qui peut dire : Nigra sum, sed Formosa.

L'homme cependant sera-t-il toujours condamné à ces fragments, à ces ombres, à ces diminutions de la vérité ?

Cet homme, qui est le Représentant et le Pontife de la nature matérielle, n'offrira-t-il pas à Dieu quelque part l'hom­mage d'une connaissance plus complète et plus sûre de la vérité ? N'était-il pas enfin souverainement convenable que, dans un coin de la terre, tout au moins, ce véritable prêtre offrît un culte plus intelligent ? Oui, il le fallait. Il fallait que, n'importe où, le sacerdoce de l'homme fût exercé plus dignement ; il ne fallait pas qu'il fût interrompu ; il ne fallait pas que la terre restât un seul instant sans une voix, sans une hymne qui adorassent « la vérité dans la vérité ».

Un seul peuple, si petit qu'il soit, suffira à remplir ce grand devoir de convenances vis-à-vis de Dieu ; mais, encore une fois, il faut que ce devoir soit rempli.

Et voilà ce qui a rendu si nécessaire dans le monde le peuple juif, ce peuple singulier qui a connu la vérité, partout ail­leurs proscrite ou diminuée. Le peuple juif a rendu à Dieu, par la grâce de Dieu, un hommage intelligent au nom de la na­ture entière, et particulièrement au nom des autres hommes. Il a été le « mysticus adorator » dont parlent les Pères, le représentant, le chargé d'affaires du monde entier près la cour de Dieu.

Comprenez-vous maintenant l'histoire du peuple de Dieu ?

Mais il a été utile à plusieurs fins. Dieu, avec sa main vigoureuse, quand il a eu à le châtier (ce qui arriva souvent), l'a rudement promené chez tous les peuples de l'antiquité qui ont eu une influence décisive sur les destinées du monde. Il a été en contact (et quel contact !) avec les grands empires assyriens, avec ceux des Perses et des Grecs, et enfin avec l'empire des empires, avec celui de Rome.

Partout il a emmené la vérité avec lui, et il en a laissé partout. La vérité est un parfum qui ne s'use pas et qui, partout où on le place, embaume tout autour de lui.

Les Juifs ont donc été aussi, dans un certain degré, les maîtres d'école des grands empires. Ils ont enrichi de la sorte cette âme de l'Église dont nous parlions tout à l'heure, ce trésor des révélations primitives : ils l'ont augmenté, chez tous les peuples, de tout le trésor de leurs révélations particulières. Les chances de salut en ont doublé.

Enfin le peuple juif a été le grand préparateur de la vérité à venir. Quand Dieu pensa à s'incarner, il voulut trouver dans le monde quelqu'un qui l'attendît, qui eût écrit son histoire avant sa venue et qui sût le reconnaître. Il voulut trouver sur la terre une doctrine qu'il aurait seulement à compléter et à parfaire : il le voulut, afin que la vérité ne commençât pas avec lui parmi nous, afin qu'elle y pût avoir ses origines aussi vieilles que le monde lui-même, ses antiquités, sa généalo­gie authentique et non interrompue à travers tous les siècles. Il voulut trouver un peuple qui lui pût fournir ses premiers disciples, et d'où la vérité sortirait pour illuminer tous les peuples comme d'un point de départ nécessaire et vénérable !

Le peuple juif servit à tout cela. Il élabora, sous les yeux divins, la vérité dans le monde ancien : en sorte que Jésus­Christ y trouva réellement ce qu'il fallait de croyances préparatoires sur la terre, juste ce qu'il en fallait et comme il le fal­lait. Le peuple juif fut la préface, l'avant-propos indispensable de l'Évangile ; on n'aurait point compris le livre sans cette introduction.

Puis la Vérité éternelle s'incarna, pour ainsi dire, en toute sécurité. Le monde était prêt. L'empire romain que Dieu ne devait plus tolérer longtemps, avait enfin conquis l'unité de sa domination dans le monde. Quand le Maitre parut, l'huma­nité tout entière était réunie pour l'entendre.

Il ouvrit la bouche, ce doux professeur de toute vérité ; il parla, avec quelle suavité ! on l'écouta, avec quelle attention ! Quand il cessa de parler pour monter au Calvaire, l'humanité de ce temps-là se trouva avoir entendu et connaître la Véri­té.

Par conséquent, elle se trouva remplir la première condition de l'éternelle béatitude.

Mais il n'y avait pas que l'humanité de ce temps-là qui eût soif de bonheur : il fallait satisfaire l'ambition légitime de l'humanité de tous les âges. C'est ce que Dieu a fait.

Quand il quitta la chaire de son divin enseignement, il ne la laissa point vide. Il appela un de ses auditeurs, homme à l'âme de fer, que sa foi lui avait fait distinguer, et lui tint à peu près ce langage : « Pierre, (l'homme s'appelait ainsi, et ce nom lui avait été donné par le Maître), « Pierre, viens en ma place. Je te nomme mon Suppléant dans le monde, toi et tes successeurs. Je fonde pour vous la chaire de la Vérité ; occupez cette chaire jusqu'à la fin des siècles : l'enseignement que je fonde ne peut pas être faillible ».

Et Jésus disparut, et les auditeurs ne crurent pas avoir changé de professeur : car ils savaient que l'esprit du Maître était dans le disciple,

Il y a dix-huit cents ans et plus que ce Suppléant enseigne dans le monde. On a voulu, passez-moi le mot, faire par­fois du bruit à son cours ; mais on n'a pas réussi à l'interrompre, et l'on sait ce que sont devenus les interrupteurs !

Mais voilà dix-huit cents ans aussi que l'humanité peut connaître et posséder la vérité, et elle le pourra toujours, car le Maître enseigne toujours. Voilà donc dix-huit cents ans que l'humanité peut remplir la première condition de l'éternelle béatitude, et il ne tiendra qu'à elle de la remplir toujours.

 

VII.  COMMENT DIEU A-T-IL PROCURÉ À L'HOMME LA SECONDE CONDITION DE LA BÉATITUDE, C’EST-À-DIRE L'EXEMPTION DU PÉCHÉ ?

 

La deuxième condition de l'éternelle béatitude, c'est l'exemption du péché. Rien ne peut arriver à Dieu de ce qui est souillé par le péché : c'est un axiome. L'homme y est soumis comme le pur esprit.

Dieu peut aider l'homme surnaturellement ; mais Dieu, ayant donné à l'homme la liberté, ne veut pas la lui enlever. Or, tout être libre doit mériter son bonheur, c'est encore un axiome.

Il suit de tout ce raisonnement que l'homme, être libre, doit acheter par un mérite la béatitude que Dieu veut bien l'ai­der à conquérir, sans cependant lui arracher son libre arbitre. Le problème est nettement posé.

 

* * *

 

Voici le premier moyen que Dieu emploie : il est bien digne de son admirable miséricorde. Il allège l'épreuve ; il fortifie l'homme qu'il a placé dans la joie de l'Éden.

Mais, malgré tant de prévoyante tendresse, le premier homme, représentant de l'humanité, ayant en lui toutes les forces dont l'humanité peut disposer, et ayant été, de plus, entouré par Dieu d'une atmosphère surnaturelle, c'est-à-dire de la grâce, - ce premier homme tombe, et le péché s'empare de lui.

Il ne peut, par la génération, que communiquer sa nature souillée à tous ses descendants : c'est à la fois un mystère et une loi de la nature. Voilà donc le péché introduit dans le monde et qui n'en doit plus sortir.

Ainsi se trouve brisé, par l'abus même de notre liberté, le magnifique plan de Dieu, qui voulait, sans transition pénible, sans secousse, sans convulsion, sans la douleur enfin et sans la mort, nous conduire, poussés par le vent puissant d'un mérite facile, jusqu'aux portiques éternels où nous attendait la béatitude.

Jetons un regard douloureux sur cet Éden où nous devrions être. Toute l'histoire aurait changé, si cette catastrophe ne s'était pas produite ; ou, plutôt, il n'y aurait pas eu d'histoire. On n'aurait pu que dire : « Tous les hommes ont passé, à travers une épreuve facile, d'un bonheur imparfait à une parfaite béatitude. Heureux les peuples, a-t-on dit, qui n'ont pas d'histoire ! Toute l'humanité eût été dans ce cas.

C'est le péché qui est le père de l'histoire. Elle est née près du serpent fatal, à l'instant même où le premier crime cou­vrit notre cœur de péchés et la terre de ronces.

C'est un triste premier chapitre.

 

* * *

 

À SUIVRE

 

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Vendredi 25 mai 2012 5 25 /05 /Mai /2012 15:03

 

Mais maintenant qu'est-ce que Dieu va faire devant les débris de son plan ? Il en va mettre un autre à exécution.

Dans la lumière des principes divins, de ces principes de toute vérité qui sont le Verbe de Dieu, Dieu fait appel à deux principes qui viennent se placer près de lui :

Le premier s'appelle le dogme de l'Expiation;

Et le second, le dogme de la Solidarité.

Le nouveau plan de Dieu va reposer tout entier sur ces deux bases.

Oui, le péché peut s'effacer par l'expiation, c'est-à-dire par la souffrance. Oui, l'on peut souffrir pour les autres. Tous les peuples ont connu ces choses, et il faudrait être bien aveugle ou bien rationaliste pour les nier.

Tous les peuples ne se sont pas contentés de les connaître ; ils les ont mises en pratique. Comme, parmi les souf­frances, il n'en est pas de plus dure que la mort, et comme ils désiraient qu'on expiât POUR EUX les crimes dont ils étaient chargés ; - n'ayant point la force d'expier par eux-mêmes -, ils se mirent partout à tuer, et cela liturgiquement, à tuer des bêtes sur des pierres : c'est ce qu'on appelle les sacrifices. Les sacrifices sont une des plus grandes preuves de la vérité chrétienne : étudiez-les.

Mais ils ne firent pas que tuer des bêtes sur des pierres : ils y tuèrent aussi des hommes.

Les terribles dogmes de l'expiation et de la solidarité étaient là, implacables ; et ils pensaient en apaiser la colère par ces révoltantes absurdités.

Toute l'histoire des sacrifices se résume en ceci : « Principe vrai, conséquences épouvantables ».

Mais est-ce que toutes ces bêtes tuées pouvaient expier quelque chose ? Est-ce qu'ils pouvaient expier davantage, ces malheureux qu'on immolait de force, et qui n'ont jamais eu l'idée d'une immolation volontaire, et par conséquent méri­toire ?

Et cette immolation eût-elle été volontaire, ces êtres qui méritaient ainsi, n'étaient-ils pas des êtres souillés, des êtres que le péché rendait inabordables à Dieu ?

Qu'est-ce donc que Dieu va faire ?

Il parait tout à coup dans le monde, homme et Dieu tout ensemble, géant des deux substances. À sa droite, comme un ange, se tient le dogme de l'expiation.

À sa gauche, du côté de son cœur, le dogme de la solidarité.

Il paraît : il se fait un grand silence dans le monde.

Alors, mettant fin à tous les sacrifices, les complétant, les résumant, les sanctifiant et les surpassant infiniment, il offre à Dieu le sacrifice de sa vie. Il expie solidairement pour tous les pécheurs, pour tous les péchés, pour tous les hommes. Il est le porte-péchés universel. Et voilà la Rédemption, ce marché sublime, par lequel la Justice de Dieu a cédé à l'Amour de Dieu l'humanité tout entière, moyennant toute la vie et le sang de cet amour de Dieu fait homme !

Tel est le cœur de l'histoire.

 

VIII.  QUE  L'HOMME  DOIT COOPÉRER AUX  EFFORTS  DE  DIEU  POUR  L'AMENER À LA BÉATITUDE.

 

Opérations de Dieu, coopération de l'homme, tels sont les deux éléments de l'histoire qui, par là, pourrait encore se définir : « Tableau à travers les siècles de l'action de la grâce divine sur la liberté humaine ».

De ces deux éléments, l'un est aussi nécessaire que l'autre ; Dieu a tout fait pour l'homme, sans doute ; mais, par une obligation qui honore infiniment cet être libre et responsable, l'homme doit correspondre à l'action de Dieu. Sans cela point de salut, point de béatitude ; car c'est toujours en revenir à la destruction de notre liberté et de nos mérites.

Il faut nous unir à Dieu par l'aspiration libre et méritoire de notre volonté sur la terre, avant d'être unis à lui par l'effu­sion en nous de sa divinité dans le ciel.

L'union à Dieu : ne prenez pas ces mots pour une figure. L'union à Dieu ici-bas est un phénomène surnaturel, qui existe aussi réellement que le magnétisme et l'électricité dans l'ordre naturel. Et si ce magnétisme, si cette chaleur, si cette électricité de l'union de l'homme aux œuvres de Dieu, ne se produit pas, nous ne pourrons jamais être mis en rap­port avec la béatitude éternelle.

Mais comment s'unir aux œuvres de Dieu ?

 

IX. COMMENT L'HOMME PEUT-IL S'UNIR À LA VÉRITÉ ?

 

Nous avons vu que Dieu a mis deux conditions à la béatitude : la connaissance de la vérité, l'exemption du péché. Ne parlons d'abord que de la première.

Dieu a répandu à plusieurs reprises la vérité dans le monde. Il l'a répandue à l'origine par le don de la raison et les traditions originelles ; il l'a répandue par les descendants d'Abraham ; il l'a répandue par lui-même, lorsque les temps fu­rent venus ; il l'a répandue, la répand et la répandra toujours par son  Église.

Comment l'homme a-t-il pu s'unir à ces effusions, à ces œuvres de Dieu ?

En aimant ce qu'il connaissait de vérité, en en conservant le dépôt, en l'agrandissant.

Ont par conséquent coopéré aux efforts de Dieu pour nous communiquer la vérité, pourvu toutefois qu'ils aient aimé, conservé et désiré cette vérité :

- ceux qui ont vécu sous la loi naturelle ;

- ceux qui n'ont connu que les dogmes plus ou moins obscurcis de la tradition originelle ;

- ceux qui ont été plus favorisés de l'éternelle lumière, comme le peuple juif ; - et ceux qui, par Jésus-Christ et par l'Église, ont reçu et reçoivent encore la plénitude terrestre de la vérité ;

- tous ceux enfin qui se sont rattachés à l'âme de l'Église, c'est-à-dire aux croyances naturelles et traditionnelles, quand ils n'ont pu se rattacher aussi à son corps, c'est-à-dire à la loi révélée ! Ô grandeur ! ô générosité des plans de notre Dieu !

Et comment ce Dieu a-t-il eu et aura-t-il à diriger notre coopération à cet égard ? En cherchant à conduire le plus d'hommes possible au plus de vérité possible.

L'histoire nous offrira donc le tableau de cette main divine qui, pleine de force, pousse sans cesse les hommes en avant vers son Église. « Je possède les vérités naturelles et je m'en pourrais contenter. - Marche, marche ! - Me voici maintenant possesseur des vérités de la révélation primitive ; n'est-ce pas assez ? - Marche, marche ! - Ah ! Seigneur, j'ai vu la lumière de Sion. Me voici dans la synagogue ; ne m'y reposerai-je pas ? - Marche, marche ! - Où irai-je donc, Sei­gneur ? - Marche encore ! Ne vois-tu pas l'Église ? »

Ainsi l'histoire nous montrera cette marche constante, souvent pénible, mais toujours triomphante à la fin, de l'humani­té poussée vers le portique radieux de l'Église qui conduit à la béatitude.

La France, l'Italie, l'Espagne et les nations chrétiennes de l'Europe marchent en tête de cette immense procession à la fin de laquelle se pressent les sauvages des contrées récemment découvertes. Mais la terrible main de Dieu les pousse ; il faut qu'ils avancent et qu'ils passent à leur tour sous le portique glorieux à travers lequel on voit briller le ciel !

 

X.  COMMENT L'HOMME  PEUT-IL COOPÉRER À LA RÉDEMPTION ?

 


Dieu s'était dit : « Puisqu'il faut souffrir pour expier, je vais souffrir. Puisqu'on peut souffrir pour les autres, je vais souf­frir pour tous ».

Et, en effet, il souffrit comme on n'a jamais souffert, il souffrit pour tous. C'est de l'histoire : rien n'est historique comme le Calvaire.

En quoi consistera ici l'union de l'homme à l'œuvre de Dieu ? Dans l'union même aux souffrances de Jésus-Christ et à sa mort. C'est tout saint Paul, c'est tout le christianisme en deux lignes.

Auront donc coopéré à la rédemption divine tous ceux qui, appartenant soit à l'âme, soit au corps de l'Église, auront souffert et seront morts dans une union plus ou moins parfaite avec un Dieu dont ils connaissaient plus ou moins les des­seins ; tous ceux enfin qui auront volontairement souffert afin d'expier pour eux et pour les autres.

Sans souffrance ici-bas, sans expiation, sans union à la Croix, pas de béatitude. Celui qui ne commence pas un cours d'histoire par une théorie de la souffrance, celui-là ne comprendra rien à tout le reste.

La souffrance est la clef de l'histoire ; car si la souffrance est une loi pour les individus, elle est au même titre une loi pour les nations. Il faut qu'elles expient, il faut qu'elles souffrent. De même que les maladies, les séparations, la mort sont les expiations des individus : les fléaux, la peste, la guerre, la famine sont les expiations des peuples. Les unes et les autres sont on ne peut plus nécessaires, mais les dernières surtout, et sans elles le ciel compterait infiniment moins d'ha­bitants. Omnino propter electos.

 

XI. L'OBSTACLE.

 

Tel paraît être le plan de Dieu. On se tromperait étrangement si l'on s'imaginait que ce plan est d'une exécution tou­jours aisée. La Toute-Puissance elle-même rencontre quelque obstacle : elle rencontre la liberté de l'ange et la liberté de l'homme.

De quelque côté que se porte l'activité divine, elle trouve devant elle une sorte d'invisible barrière qu'elle renverse tou­jours, mais enfin qu'il lui faut renverser. Et cette barrière est le libre arbitre dont ce Dieu nous a fait présent ; c'est la puis­sance qu'il a daigné laisser au Démon.

Le Démon, voilà surtout quel est l'Obstacle.

Or, son action s'exerce non seulement sur les âmes, mais encore sur les corps et sur toute la nature matérielle. Cer­tains philosophes n'admettent pas cette proposition, certains historiens contestent ce fait. Le principe et le fait n'en sont pas moins au-dessus de toute discussion.

Mais, armé comme il l'est de cette double puissance sur la matière et sur l'esprit, comment procède le Démon ? Par imitation. Il n'invente, il ne crée rien ; il n'a point la faculté créatrice. Alors, il regarde Dieu et l'imite ; il regarde l'œuvre di­vine, et la copie. Le Démon est sans cesse occupé à celte misérable contrefaçon du Plan divin.

Un des meilleurs esprits de notre temps fait en ce moment un beau livre. Il compare, à travers tous les siècles, l'œuvre du Saint-Esprit et celle du mauvais Esprit. À chacune de ses pages, il rencontrera le plagiat et flétrira le plagiaire.

Dieu a eu, et possède encore ici-bas son Église, son culte, sa liturgie, ses prophéties, ses oracles. Et, lui aussi, le Démon a voulu avoir son Eglise, son culte, sa liturgie, ses prophéties et ses oracles. Pour citer seulement un exemple, l'histoire de la sorcellerie n'est qu'un chapitre de cette vaste histoire des contrefaçons de l'œuvre divine. La possession est un plagiat de la grâce ; la messe du sabbat est un calque ignoble, mais évident de notre messe. Le Démon singe Dieu.

En un mot, l'Obstacle que rencontre et que franchit toujours la toute-puissance victorieuse de notre Dieu, c'est la pa­rodie de son plan.

 

XII. DE LA GUERRE ET DES AUTRES FLÉAUX.

 

On n'aime plus de nos jours l'histoire-bataille ; on en est venu à trouver singulier le mot de « Dieu des armées », qui se trouve dans l'Écriture.

L'Église, qui aime essentiellement la paix et fait tout pour l'assurer au monde, l'Église cependant répète souvent ce nom glorieux ; l'Église bénit les drapeaux et les armes avant la guerre, et chante des Te Deum après.

C'est que la guerre augmente le nombre des élus ; c'est que dans l'histoire elle a le rôle le plus terrible sans doute, mais aussi le plus efficace. Elle conduit les nations à la vérité et au bien.

Son origine n'est pas douteuse : elle est ÉVIDEMMENT SATANIQUE, elle vient évidemment du Démon. Mais Dieu la fait tourner à sa gloire.

Tout d'abord elle conduit à la vérité ; car aucune guerre n'a été inutile pour la cause et les accroissements de la vérité dans le monde.

Prenez, par exemple, le combat de Marathon. Rien n'est plus vulgaire en apparence. Les historiens qui vont le plus loin l'admirent avec raison comme l'héroïque effort d'un petit peuple qui veut rester libre. Mais élevons-nous plus haut.

 

À SUIVRE

 

Par thomiste
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Vendredi 25 mai 2012 5 25 /05 /Mai /2012 15:00

 

Marathon sauva l'Occident de l'Orient. Sans ce combat et sans les analogues, l'empire asiatique allait déborder en Europe ; il allait s'y étendre à son aise. Rome elle-même n'y aurait pu résister. Et quels malheurs n'en seraient pas résul­tés dans le monde ! Les esprits se seraient sans doute efféminés sous cette domination efféminée. Des révoltes par­tielles auraient bientôt disloqué ce grand empire plein de mollesse. Et quand Jésus-Christ serait venu sur la terre, il n'y aurait pas trouvé ce fort empire romain qui lui créa sans doute tant d'obstacles humainement insurmontables, mais qui, du moins, mit à la disposition de ce Dieu l'unité du monde entier soumis par ses armes.

C'est ainsi que Marathon a préparé le règne de Jésus-Christ ; c'est ainsi que ces guerriers grecs, qui ne croyaient combattre que pour l'indépendance de leur sol, combattirent, en effet, pour l'éternelle Vérité.

Prenez toute autre bataille, celle que vous voudrez, en Europe, en Afrique, en Chine, aux Indes. Il n'en est pas une dont le résultat, je ne dis pas immédiat, mais DÉFINITIF, n'ait été, malgré les efforts de l'enfer, un accroissement de la vérité dans le monde. Et voilà comment il faudrait étudier l'histoire ! Voilà à quel point de vue l'histoire-bataille mérite d'être défendue !

Mais la guerre conduit aussi les nations à une expiation par laquelle il est nécessaire que nous conquérions la béati­tude.

Elle est elle-même une expiation.

Et tout d'abord elle sert de châtiment, de fouet dans les mains de Dieu. Par elle disparaissent bientôt de la scène du monde les nations indignes de vivre et que Dieu chasse comme à coups de corde du temple de l'histoire.

Elle est une sorte de baptême de sang pour les moins mauvais et pour les bons. Les uns expient pour eux, les autres pour leurs frères, mais tous expient.

C'est ce qui rend si glorieux ici-bas le rôle de soldat. Si infime que soit sa place dans la hiérarchie militaire, le soldat (dès qu'il n'est pas au service de l'enfer) est un être à part, un personnage historique, dont le rôle est grandiose. Il est le défenseur et l'augmenteur de la vérité : le plus souvent, il est vrai, sans le savoir, mais qu'importe ? Salut donc à vous, honneur à vous qui êtes tombés, depuis l'origine du monde, sous tant de soleils, sur le sol ensanglanté de tant de ri­vages ! Serviteurs inconnus de causes oubliées, vous avez préparé la venue ou la diffusion de la vérité, et Dieu peut-être vous aura donné, avant de mourir, la consolation de vous le faire savoir

Mais en même temps vous avez « violemment » imité le Sauveur ; personne parmi nous (si ce n'est les martyrs, qui vous sont infiniment supérieurs), personne parmi nous n'est, à un si haut point, imitateur efficace des souffrances du Christ. Vous êtes une institution essentiellement soumise au sacrifice, un corps essentiellement souffrant comme l'a été ce divin soldat du Père qu'on nomme Jésus. Salut à vous, honneur à vous, expiateurs et victimes des péchés des nations qui lavez l'humanité dans votre sang deux fois glorieux, et contribuez ainsi à effacer ses fautes en effaçant les vôtres !

Mais gloire à vous, surtout, soldats catholiques, qui avez conscience de votre rôle, qui n'êtes pas des instruments aveugles, mais des ouvriers intelligents au service de la volonté divine ; qui savez défendre la vérité, et en êtes fiers ; qui savez expier pour les autres et pour vous, et en êtes heureux ! Gloire à vous en particulier, soldats de ce pays français qu'un poète allemand n'a pas craint d'appeler le soldat de Dieu ; gloire à vous, qui venez, dans les rigueurs d'un siège mémorable, d'abaisser devant votre drapeau le drapeau du schisme, et qui entourez encore des plis protecteurs de cet étendard victorieux la personne sacrée du Pontife-Roi, du premier de tous les princes, du dominateur pacifique de Rome et du monde !

Ce que nous venons de dire de la guerre s'applique historiquement à tous les autres fléaux. Tous ont produit le plus souvent, ce double résultat d'étendre le règne de la vérité, de sauver les âmes des victimes et beaucoup d'autres âmes, et de faire parvenir, par la porte de la vérité et par celle de la souffrance, infiniment plus d'élus à l'éternelle béatitude.

Que Dieu donc inflige au peuple d'Israël de ces rigoureux châtiments qui ont si fort étonné la philosophie si peu philo­sophique du dernier siècle, nous ne verrons pas seulement dans ces fléaux divins une preuve de la sévère justice du Dieu de Jacob, mais une preuve plus évidente encore de son amour ; car, par ces châtiments même, il pouvait sauver quelques âmes parmi ceux même qu'il frappait. Ils expiaient d'ailleurs pour les autres, et surtout leur mort, en rétablissant la vérité dans Israël, en chassant l'erreur, contribuait puissamment à préparer le règne de la vérité future, où la béatitude éternelle devait être rendue plus abordable à tant de millions d'âmes.

Que le ciel envoie chez les infidèles d'épouvantables épidémies ou des famines plus épouvantables, tous ces fléaux purifient les âmes et les conduisent, rigoureusement, je le sais, mais sûrement, dans le chemin de l'expiation, et par là sans doute dans celui du salut ; tous ces fléaux rendent les peuples plus dignes et plus voisins de la vérité. Finalement, ils les amènent, et bien d'autres par eux, dans les bras de la Vérité béatifique.

Ainsi s'expliquent les révolutions des empires, les guerres intestines et toutes les douleurs des peuples, comme toutes celles des individus. Elles n'ont qu'une seule fin, qui est d'amener, directement ou indirectement, le plus d'âmes possible à l'éternel bonheur.

Par là s'explique et s'illumine toute l'histoire. Rien ne peut plus nous y étonner, nous y scandaliser, même les plus sanglants et les plus monstrueux épisodes. Nous savons que derrière tout cela il y a, non pas la justice de Dieu, mais l'amour de Dieu préparant son ciel, nous y conduisant, il est vrai, par la souffrance, mais ne nous ayant point laissé le droit de nous plaindre, en souffrant lui-même plus qu'aucune âme, plus qu'aucune génération, plus qu'aucun peuple !

On a dit de certains événements historiques : « Laissez passer la justice de Dieu ! » Nous dirons avec plus de vérité de tous les événements qu'enregistre l'histoire : « Laissez passer l'amour de Dieu ! »

 

XIII.  ESQUISSE CATHOLIQUE D'UNE HISTOIRE UNIVERSELLE.

 

Nous tirons de ce qui précède le plan d'une histoire universelle qui reste à faire après celle de Bossuet, non pas que personne puisse avoir jamais la présomption d'approcher d'un tel maître, mais parce que depuis Bossuet la science ca­tholique a marché à grands pas et que son livre n'est plus au courant. Que de conquêtes, en effet, n'a-t-on pas faites au profit de l'Église dans le domaine de l'histoire ! On a retrouvé partout les révélations primitives qu'on croyait perdues ; on a découvert des historiens qu'on ne connaissait pas, on a entouré la vérité biblique de leurs irréfutables témoignages, comme d'une garde d'honneur !

Oui,  une nouvelle Histoire universelle est à faire.

Dans une première partie, qui pourrait être intitulée : Des destinées de la Vérité sur la terre, on montrerait, d'après tous les travaux modernes, la tradition originelle se répandant partout et partout se corrompant ; car il n'y a dans l'histoire antérieure à Jésus-Christ que ces deux propositions qui renferment tout le reste :

Les vérités de la première révélation ont partout été connues.

Ces vérités ont partout été plus ou moins corrompues, excepté en Judée.

On prendrait ainsi chaque peuple l'un après l'autre, et, depuis ses origines jusqu'à sa ruine, on suivrait l'histoire de ses rapports avec la vérité. On verrait par là comment Dieu a partout travaillé, par des moyens divers, à une seule fin, qui était de conserver les vérités primitives chez chaque peuple et d'y tempérer la dégradation de chacune d'elles, afin de préparer fortement l'avènement de la grande et définitive vérité, afin de fonder la sainte Église.

Dans une seconde partie qui aurait pour titre : Des destinées de la Rédemption dans le monde, on suivrait de nou­veau l'histoire de chaque peuple depuis son berceau jusqu'à sa réunion à l'Église. On indiquerait quelles ont été chez chaque peuple, même idolâtre, même païen, les institutions de pénitence et de rédemption ; quels ont été, pour ainsi par­ler, les sacrements des Gentils, qui, d'après les idées d'une célèbre école théologique, ont pu être une source sérieuse de salut en dehors de la Synagogue et de l'Église.

Enfin, dans une troisième et dernière partie, ou plutôt dans une sorte d'appendice qu'on intitulerait : Tableau chronolo­gique de l'histoire de la vérité et de l'expiation sur la terre, on énumérerait rapidement les principaux faits de chaque his­toire nationale, particulièrement les faits militaires, et on montrerait quels heureux résultats chaque guerre, chaque révo­lution, chaque malheur public a pu avoir, directement ou indirectement, non seulement pour l'accroissement de la vérité, mais aussi pour le développement de cette expiation qui est l'introduction nécessaire à la béatitude.

Tel est le plan que nous voudrions pouvoir nous-même réaliser un jour. Mais Dieu nous en donnera-t-il le temps et les forces ?

 

XIV. RÉSUMÉ ET CONCLUSION.

 

L'histoire est le récit du passé ; c'est le récit des seuls faits du passé qui ont eu quelque influence ; c'est donc le récit des faits où Dieu est intervenu ; c'est donc le récit des rapports mutuels de l'homme et de Dieu.

Mais qu'est-ce que Dieu ? C'est un être infiniment heureux, qui veut communiquer son bonheur.

Qu'est-ce que l'homme ? C'est un être imparfaitement heureux, qui a soif d'un plus parfait bonheur, du bonheur de Dieu.

Mais qu'est-ce encore que Dieu ? C'est un être puissant, qui peut mener où il veut.

Qu'est-ce encore que l'homme ? C'est un être libre, dont on ne peut enchaîner la liberté ; mais c'est surtout un être faible, qui a besoin qu'on le mène : et il s'agit de le mener au salut.

L'histoire sera donc pour le catholique LE RÉCIT DES EFFORTS DE DIEU POUR CONDUIRE LES HOMMES À L'ÉTERNELLE BÉATITUDE.

Mais comment peut-on arriver à la béatitude ? Deux conditions sont nécessaires : la connaissance de la vérité, l'exemption du péché. Il faut que Dieu mette l'homme en demeure de remplir ces deux conditions.

Il lui envoie la vérité à plusieurs reprises. Il en illumine sa raison en soufflant sur lui au premier jour. Il en éclaire toute son intelligence en lui confiant, sous les ombrages de l'Éden, le trésor des révélations primitives. Il en facilite la diffusion et en sauvegarde les destinées par la révélation mosaïque et par le peuple juif qui a été chargé de promener cette vérité par tout le monde, afin d'en laisser un peu partout. Enfin, il a donné à l'homme par son Verbe, et, depuis l'ascension glo­rieuse de ce Verbe incarné, par le pontife romain, son vicaire et son successeur, la plénitude incontestée de la vérité, qui est aujourd'hui, par rapport à l'espace comme elle l'a toujours été par rapport au temps, digne du surnom de catholique, c'est-à-dire universelle !

Quant à l'exemption du péché, Dieu ayant vu échouer son premier plan, qui était de conduire l'homme, sans douleur, d'un paradis terrestre et déjà délicieux à un paradis tout spirituel et céleste, Dieu s'est revêtu, comme d'une invincible ar­mure, des principes divins de l'expiation et de la solidarité, et il a expié solidairement pour tous les hommes qui se sont trempés dans ce sang salutaire et en sont sortis purs de tout péché.

Mais il fallait que l'homme, être libre, coopérât librement, et par là méritoirement, aux efforts généreux de Dieu pour l'élever à lui.

C'est ce que l'homme peut faire, malgré le grand Obstacle, qui est le Démon.

L'homme peut s'unir à la Vérité en l'aimant, en la conservant, en désirant l'augmenter dans son âme.

L'homme peut s'unir à la Rédemption en souffrant volontairement soit pour lui, soit pour les autres.

Les nations s'unissent absolument de la même manière que les individus à ces œuvres de Dieu, c'est-à-dire à la Véri­té, en l'aimant, en la conservant, en augmentant son royaume ; et à la Rédemption, en souffrant pour elles ou pour les autres. La guerre et les autres fléaux sont en particulier pour les nations la matière de l'expiation et la source de la béati­tude.

Les nations s'unissent à la Vérité en se rapprochant de l'Église, qui seule a le dépôt complet de la vérité dans le monde.

Elles s'unissent à la Rédemption en se rapprochant de l'Église, qui, seule dans le monde, a le dépôt sacré du sang de Jésus-Christ.

Plus donc les nations, comme les individus, sont voisines de l'Église catholique, apostolique, romaine, plus elles coo­pèrent à l'action de Dieu, et plus il y a pour elles. espoir et garantie de béatitude.

Et comme l'Église catholique se résume dans la personne du Souverain-Pontife, qui réside à Rome, plus les nations et plus les âmes porteront d'amour à ce siège de Pierre ; plus elles apporteront aux pieds de ce souverain sans pareil de constante obéissance et de dévouement fécond, et plus elles coopéreront aux œuvres de Dieu, plus il y aura pour elles espoir et garantie de béatitude.

Le siège de Pierre est le sommet de l'histoire. Toute l'histoire d'avant comme d'après Jésus-Christ tourne autour de ce centre immobile, qui n'est autre que l'Église, qui n'est autre que Jésus-Christ. L'Église romaine, l'Église de Pierre, c'est l'humanité parvenue au comble de l'union avec Dieu ; c'est l'humanité possédant la vérité pleine et ayant reconquis la pleine innocence pour arriver à la pleine béatitude.

Unissons-nous donc à l'Église romaine, seule gardienne de la vérité et du sang de Jésus-Christ, afin de remplir les deux conditions de la béatitude, et afin que, quand l'histoire finira, c'est-à-dire dans ces grandes assises où l'homme tout entier, corps et âme, se lèvera pour répondre à Dieu sur le rôle qu'il aura joué dans l'histoire, la France soit la nation la plus béatifiée des nations, comme elle a été jusqu'ici sur la terre celle de toutes qui a le plus aimé le sacrifice et le mieux servi la vérité !

 

FIN

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Par thomiste
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Jeudi 10 mai 2012 4 10 /05 /Mai /2012 00:50

  

La révolution en cours en Islande

 

par Deena Stryker

 

La révolution en cours en Islande

 

  Mondialisation.ca, le 30 mars 2012

 

stjornlagarad.is

 

Le FMI, une escroquerie internationale. 

 

 

 

On se souvient que, au début de la crise financière de 2008, l'Islande fit littéralement faillite. Les raisons ne furent mentionnées qu'en passant, et depuis lors, ce membre peu connu de l'Union Européenne a semblé s’éclipser de l’actualité.

 

À mesure qu’un pays européen après l'autre fait face a une quasi-faillite, mettant en péril l'euro, l'Islande devient un phare d'espoir pour avoir choisi les gens avant le profit. Voici pourquoi.

 

Cinq ans d'un régime néolibéral ont conduit à une privatisation de toutes les banques en Islande, (320.000 habitants, pas d'armée). afin d'attirer les investisseurs étrangers. Ces banques offraient des services bancaires en ligne dont les coûts minimes leur ont permis de fournir des taux de rendement relativement élevés.

 

Ces comptes bancaires, appelés Icesave, ont attiré de nombreux petits investisseurs anglais et néerlandais. À mesure que les investissements augmentaient, les dettes étrangères des banques augmentaient aussi. En 2003, la dette de l'Islande équivalait à 200 fois son PNB (produit national brut), et en 2007, elle était de 900 pour cent.

 

La crise financière mondiale de 2008 devint le coup de grâce. Les trois principales banques islandaises firent faillite et furent nationalisées, tandis que la couronne (monnaie de l'Islande) perdit beaucoup de sa valeur par rapport à l'euro. A la fin de cette année-là, le pays se déclara en faillite.

 

Les citoyens récupèrent leurs droits

 

Contrairement aux attentes mondiales, la crise a conduit la population à prendre le contrôle de son pays, à travers un processus de démocratie participative directe. Ceci a finalement conduit à une nouvelle constitution, mais seulement après une persévérance féroce.

 

Geir Haarde, le premier ministre d'une coalition gouvernementale sociale-démocrate, négocia un prêt important. Mais la communauté financière étrangère fit pression pour que l’Islande impose des mesures drastiques.

 

Des protestations et des émeutes s'ensuivirent, obligeant finalement le gouvernement à être remplacé par une coalition de gauche nouvellement formée.

 

La coalition se plia finalement face aux exigences provenant de l'extérieur et selon lesquelles l'Islande devait payer une dette totale qui aurait exigé de chaque Islandais de payer 130 $ par mois pendant quinze ans, à 5,5% d'intérêt, afin de rembourser une dette contractée par des parties privées vis-à-vis d’autres parties privées. Ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase.

 

Ce qui s'est passé ensuite fut extraordinaire.  La croyance selon laquelle les citoyens devaient payer pour les erreurs d'un monopole financier, qu'une nation entière devait être taxée afin de rembourser les dettes privées, fut brisée.

 

Les relations, animées entre les citoyens et leurs politiciens, habilitèrent les dirigeants de l'Islande à agir aux cotés de leurs électeurs. Le chef de l'État, Olafur Ragnar Grimsson, refusa de ratifier la loi qui rendait les Islandais responsables des dettes bancaires  et soutint les appels à la tenue d’un référendum.

 

La communauté internationale furieuse

 

Le communauté internationale ne fit qu'accroître la pression. La Grande-Bretagne et la Hollande mirent le gouvernement et la population islandaises en garde contre des représailles terribles qui isoleraient le pays, incluant l'arrêt de l'aide du FMI  et le gel des comptes bancaires islandais étrangers.

 

Lors du référendum du mois de mars 2010, 93% de la population votèrent contre le remboursement de la dette. Le FMI gela immédiatement son prêt. Mais l'Islande n'allait pas se laisser intimider. Comme Grimsson le dit: « On nous a dit que si nous refusions les conditions de la communauté internationale, nous deviendrions le Cuba du nord. Mais si nous les avions acceptées, nous serions devenus l'Haïti du nord ».

 

Avec le soutien des citoyens furieux, le gouvernement lança des enquêtes civiles et pénales contre les personnes responsables de la crise financière. En conséquence, l'ancien ministre des Finances purgea une peine de prison de deux ans, alors qu'Interpol émit des mandats d'arrêt internationaux contre les banquiers impliqués dans le krach.

 

Les Islandais se mirent également d'accord sur certaines mesures de réduction budgétaire comme le démantèlement de leurs infrastructures militaires - l'IslandicDefense Agency (Agence islandaise de la défense, ou IDA), cessa d'exister en janvier 2011.

 

La nouvelle constitution de l’Islande

 

Afin de libérer le pays du pouvoir exagéré de la finance internationale et de l'argent virtuel, le peuple islandais décida de rédiger une nouvelle constitution. 

 

La population procéda à l’élection de 25 citoyens parmi 522 adultes n'appartenant à aucun parti politique, mais recommandés par au moins trente personnes. Les réunions des électeurs furent diffusées en ligne, et les citoyens purent envoyer leurs commentaires et suggestions, étant les témoins de ce document à mesure qu'il prenait forme.

 

La constitution qui émergea de ce processus de démocratie participative fut soumise au parlement pour approbation à l'automne.

 

On a dit au peuple grec que la privatisation de leur secteur public était le seul moyen de garder le pays à flot. Les peuples de l'Italie, de l'Espagne et du Portugal sont confrontés à des pressions similaires.

 

Ils pourraient, ainsi que le reste d'entre nous, apprendre beaucoup de l'Islande, en refusant de se plier à des intérêts étrangers et en déclarant haut et fort que les gens peuvent reprendre et reprendront leur pouvoir.

 

Davantage d'informations : www.stjornlagarad.is/english

 

Traduit par VicFlame de Iceland's On-going Revolution

 

http://www.positivenewsus.org/editions/fal11/fal1105.html

 

Articles de Deena Stryker publiés par Mondialisation.ca

 

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