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26 août 2015 3 26 /08 /août /2015 16:06

LE CANNABIS, UN REPÈRE CONTRE LE CANCER – HEUREUSE INITIATIVE TAHITIENNE

 

Dans le pays donc, la consommation d’un cannabinoïde peut mener devant la justice, mais en 2002, une affaire a pourtant fait jurisprudence dans le domaine :

En 2002, la cour de Papeete (Tahiti) a acquitté un patient paraplégique de 55 ans. Il avait été inculpé auparavant pour avoir fait pousser 350 plants de cannabis. La cour a basé sont jugement sur l’article 122-7 du code pénal qui spécifie : « n’est pas coupable une personne qui, face à un danger réel, accompli un acte dans le but se protéger lui-même ». Source : Ufcmed.org

Il est donc intéressant de voir qu’en cas de « danger réel », la consommation d’un cannabinoïde peut être toléré suivant cette décision de justice, ce qui est intéressant quant aux soins du cancer, mais pas que, puisque cela peut également agir au niveau de l’épilepsie, entre autres maladies possibles …

C’est donc officiel et reconnu, le cannabis stopperait la propagation des cellules cancéreuses dans l’organisme, ce qui implique que combiné à d’autres thérapies, avec un peu de chance, le cancer pourrait être soigné. Reste à trouver le bon traitement, celui-ci ne se limitant pas à la chimiothérapie basique et suivant un protocole similaire pour tous comme l’expliquait le Docteur Delépine, l’idéal étant un protocole personnalisé, ce qui est loin d’être facile puisqu’en France comme dans d’autres pays, il n’y a pas de véritable liberté de choix de son traitement. Souvenez-vous du petit Ashya King retiré de force par ses parents de l’hôpital anglais, proche de la mort avec un traitement « classique », ils l’ont amené en république tchèque pour suivre un traitement par protonthérapie, il a vu son cancer disparaître, preuve que certains alternatives peuvent donner de meilleurs résultats, sans parler de la méthode du professeur Beljanski pour ceux qui ne connaissent pas. Mais l’alternative mis en évidence aujourd’hui, c’est le cannabis, du coup, nous allons aller encore un peu plus loin dans le sujet …

En France, l’utilisation du cannabis est interdite, du moins, au niveau récréatif, pour ce qui est de l’utilisation pharmaceutique, les premières barrières sont tombées comme le stipule le journal officiel du 07 Juin 2013. Et c’est un médicament du nom de Sativex qui ouvre la marche en proposant une solution légale, un spray à base de chanvre pour soulager la douleur de personnes atteintes de sclérose en plaque. Pour l’heure, les chances pour que le cannabis soit totalement légalisé sont réduites même si les caisses de l’état sont vides et qu’ils savent pertinemment que cela rapporterait 1 milliard d’euros/an comme l’a expliqué l’économiste Pierre Kopp, professeur à l’université Panthéon-Sorbonne (/Paris-I).

FIN

 

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6 juillet 2015 1 06 /07 /juillet /2015 18:16

 

S. IRÉNÉE DE LYON – « Contre les hérésies »

 

Deuxième partie

 

UNITÉ DE LA FOI DE L’ÉGLISE

ET VARIATIONS

DES SYSTÈMES HÉRÉTIQUES

 

1. Unité de la foi de l’Église

 

Les données de la foi

 

10, 2. ayant donc reçu cette prédication et cette foi, ainsi que nous venons de le dire, l'Église, bien que dispersée dans le monde entier, les garde avec soin, comme n'habitant qu'une seule maison, elle y croit d'une manière identique, comme n'ayant qu'une seule âme et qu'un même cœur (a), et elle les prêche, les enseigne et les transmet d'une voix unanime, comme ne possédant qu'une seule bouche.

 

a) Car, si les langues diffèrent à travers le monde, le contenu de la Tradition est un et identique. Et ni les Églises établies en Germanie n'ont d'autre foi ou d'autre Tradition, ni celles qui sont chez les Ibères, ni celles qui sont chez les Celtes, ni celles de l'Orient, de l'Egypte, de la Libye, ni celles qui sont établies au centre du monde ; mais, de même que le soleil, cette créature de Dieu, est un et identique dans le monde entier, de même cette lumière qu'est la prédication de la vérité brille (b) partout et illumine tous les hommes (c) qui veulent « parvenir à la connaissance de la vérité (d) ». Et ni le plus puissant en discours parmi les chefs ne dira autre chose que cela, - car personne n’est au-dessus du Maître (e) -, ni celui qui est faible en paroles n’amoindrira cette Tradition : car la foi étant une et identique, ni celui qui peut en disserter abondamment n’a plus, ni celui qui n’en parle que peu n’a moins (f).

 

a) Cf. Act., IV, 32 ; - b) Cf. S. Jn, I, 5 ; c) Cf. S. Jn, I, 9 ; d) I Tim., II, 4 ; e) Cf. S. Matt., X, 24 ; f) Cf. II Co., VIII, 15 ; Ex., XVI, 18.

 

Livre III, 18, 6 et 7 :

 

Témoignage du Christ [contre le CORAN de l'ISLAM]

 

18, 6. Le même raionnement vaut également contre ceux qui disent qu'il n'a souffert qu'en apparence. En effet, s'il n'a pas réellement souffert, aucune gratitude ne lui est due, puisqu'il n'a pas eu de Passion. Et quand nous aurons, nous, à souffrir réellement, il apparaîtra comme un imposteur en nous exhortant, lorsqu'on nous frappe à présenter  encore l'autre jour (cf. Lc 6, 29 ; Matth. 5, 39), si lui-même n'a pas en toute vérité souffert le premier : car en ce cas, comme  il a trompé les hommes d'alors en paraissant être ce qu'il n'était pas, il nous trompe nous aussi en nous exhortant ce qu'il n'a pas supporté lui-même ; nous serons même au-dessus du Maître (cf. Matth. 10, 24. Lc 6. 40), quand nous souffrirons et supporterons ce que ce prétendu Maître n'a ni souffert ni supporté !  Mais, en fait, notre Seigneur est bien le seul vrai Maître ; il est vraiment bon, lui, le Fils de Dieu ; il a supporté la souffrance, lui, le Verbe de Dieu le Père devenu le Fils de l'homme. Car il a lutté et vaincu : d'une part, il était homme, combattant pour ses pères et rachetant leur désobéissance (cf. Rom. 5, 19) ; il a enchaîné le " fort " (cf. Matth. 12, 29 ; Mc 3, 27), libéré les faibles et octroyé le salut à l'ouvrage par lui modelé, en détruisant le péché. Car " le Seigneur est compatissant et miséricordieux (cf. Ps. 102, 8 ; 144, 8) " et il aime le genre humain (cf. Tite 3, 4).

 

Il fallait que le Fils de Dieu se fît vraiment homme pour sauver l'homme

 

18, 7. Il a donc mélangé et uni, comme nous l'avons déjà dit, l'homme à Dieu. Car si ce n'était pas un homme qui avait vaincu l'adversaire de l'homme, l'ennemi n'aurait pas été vaincu en toute justice. D'autre part, si ce n'était pas Dieu qui nous avait octroyé le salut, nous ne l'aurions pas reçu d'une façon stable. Et si l'homme n'avait pas été uni à Dieu, il n'aurait pu recevoir en participation l'incorruptibilité. Car il fallait que le " Médiateur de Dieu et des hommes (cf. I Tim. 2, 5) ", par sa parenté avec chacune des deux parties, les ramenât l'une et l'autre à l'amitié et à la concorde, en sorte que tout à la fois Dieu accueillît et que l'homme s'offrît à Dieu. Comment aurions pu en effet avoir part à la filiation adoptive à l'égard de Dieu  (cf. Gal. 4, 5), si nous n'avions pas reçu, par le Fils, la communion avec Dieu ? Et comment aurions-nous reçu cette communion avec Dieu, si son Verbe n'était pas entré en communion avec nous en se faisant chair (cf. Jn 1, 14) ? C'est d'ailleurs pourquoi il est passé par tous les âges de la vie, rendant par là à tous les hommes la communion avec Dieu.

 

FIN

 

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27 juin 2015 6 27 /06 /juin /2015 06:12

 

La clé des derniers temps avec l'Antéchrist et le Dragon

 

 

U N E  M ÉD I T A T I O N  S U R

 

N O S  F I N S  D E R N I È R E S

 

Le Fils unique nous révèle la protection que son Père réserve à celui qui s’abrite sous cette divine Protection en se confiant en lui et en faisant de lui son refuge et sa forteresse (cf. le verset 14 du Psaume ci-dessous et S. Matthieu, XI, 27 et S. Luc, X, 22 ; et, sur la foi : S. Marc, XI, 20-25 ; S. Matthieu, VIII, 113 ; IX, 29).

 

Psaume 91 (Psaume 90 de la Vulgate)

 

1 Celui qui s'abrite sous la protection du Très-Haut repose à l'ombre du Tout-Puissant. 2 Il dit au Seigneur : « Vous êtes mon refuge et ma forteresse, mon Dieu en qui je me confie. » 3 Car c'est le Seigneur qui le délivre du filet de l'oiseleur et de la peste funeste. 4 Il le couvrira de ses ailes, et sous ses plumes il trouvera un refuge. Sa vérité l’environnera comme un bouclier ; il ne craindra rien de tout ce qui effraye durant la nuit. 5 Il n’aura à craindre ni les terreurs de la nuit ; 6 ni la flèche qui vole pendant le jour, ni les maux que l’on prépare dans les ténèbres, ni les attaques du démon de midi. 7 Que mille tombent à son côté, et dix mille à sa droite, il ne sera pas atteint. 8 De ses yeux seulement il regardera, et il verra la rétribution des méchants. 9 Car il a dit : « Vous êtes mon refuge, Seigneur ! » Il a fait du Très-Haut son asile. 10 Le malheur ne viendra pas jusqu'à lui, aucun fléau n'approchera de sa tente. 11 Car il ordonnera à ses anges de le garder dans toutes ses voies. 12 Ils le porteront sur leurs mains, de peur que son pied ne heurte contre la pierre. 13 Il marchera sur l’aspic et le basilic : et il foulera aux pieds le lion et le dragon (a). 14 « Puisqu'il s'est confié en moi [le Père], je le délivrerai ; je le protégerai puisqu'il connaît mon nom [le Fils] (b). 15 Il m’invoquera et je l’exaucerai ; je serai avec lui dans la détresse. Je le délivrerai et le glorifierai. 16 Je le rassasierai de longs jours, et je lui ferai voir mon salut (c). »

 

a) Verset 13 : S. Irénée de Lyon, « Contre les hérésies », III, 23, 7 : « Tu marcheras sur l’aspic et le basilic, tu fouleras aux pieds le lion et le dragon (1) ». Ce texte signifiait que le péché, qui se dressait et se déployait contre l’homme, qui éteignait en lui la vie, serait détruit, et avec lui l’empire de la mort, que serait foulé aux pieds par la postérité de la femme, dans les derniers temps, le lion qui doit assaillir le genre humain, c’est-à-dire l’Antéchrist, et enfin que « le dragon, l’antique serpent », serait enchaîné et soumis au pouvoir de l’homme jadis vaincu, pour que celui-ci foule aux pieds toute sa puissance. » - Cf. Apocalypse, XII, 16-17 (« La postérité de la femme ») ; Genèse, III, 15 ; Apocalypse, XX, 2 : « (Un ange) maîtrisa le Dragon, l’antique Serpent, c’est-à-dire le Diable, Satan (le règne des mille années) ;

 

b) Verset 14 : Cf. S. Matthieu, XI, 27 ; S. Luc (« Nul n’a connu le Fils si ce n’est le Fils, ni le Fils si ce n’est le Père, et celui à qui le Fils les révélera » ; S. Jean, XIV, 13-14 (« … et quoi que vous demandiez en mon nom, je le ferai ») ; XVI, 23-24 ; S. Matthieu, XI, 28-30 (« Venez à moi , vous tous qui êtes fatigués et ployez sous le fardeau, et je vous soulagerai. »)

 

c) Verset 16 : Cf. Apocalypse, XX, 4 (« … mais les autres morts n’eurent point la vie, jusqu’à ce que les mille ans fussent écoulés. ») ; Sermon manifestement eschatologiqte : Isaïe, LXV, 17, 20 :  « Car voici que je crée de nouveaux cieux et une nouvelle terre … », « Il n’y aura plus d’enfant né pour peu de jours, ni de vieillard qui n’accomplisse pas le nombre de ses jours ; car ce sera mourir jeune que de mourir centenaire … » (Il est absolument logique que cette période de temps ne se passe pas aux quatre premiers siècles de l’Église, mais, en toute certitude, au sixième millénaire.)

 

FIN

 

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11 février 2015 3 11 /02 /février /2015 15:55

 

Conseil : Rechercher « vignerons homicides » en cliquant sur « Rechercher » du Menu et sur « hérésie notoire » (du CESHE)

 

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Nos considérations sur l’âme humaine

 

Si saint Irénée, évêque de Lyon, ayant vécu au deuxième siècle et témoigné de sa foi au prix de sa vie, par son magistral traité « Contre les hérésies », nous a égarés, alors il convient de soutenir avec lui qu’il ne restera plus qu’ « une inéluctable poursuite de mondes sans fin et de dieux sans nombre (1). » Nous ne pouvons pas éviter de penser à cette parole de Macbeth portant le même nom que la pièce de Shakespeare :

 

« La vie n’est qu’un fantôme errant, un pauvre comédien qui se pavane et s’agite durant son heure sur la scène et qu’ensuite on entend plus ; c’est une histoire dite par un idiot, pleine de fracas et de furie, et qui ne signifie rien. »

 

Nous ajouterons qu’une telle pensée rend fausse la foi catholique transmise par l’Église traditionnelle depuis les apôtres, et ce sans jamais admettre en son sein la moindre contradiction (2).

 

 S’il en est bien ce qu’affirme le personnage de Shakespeare, alors plus rien n’a de sens et tout est permis, rejoignant ainsi la maxime de Dostoïevski. Or cela ne peut être, car contre un fait, – un certain ordre demeure toujours nécessaire et par conséquent un fait patent, – l’affirmation de Macbeth ne tient pas (3). Dieu, notre Père céleste, dirige et non le diable ou Satan (4).

 

S. Irénée, « Contre les hérésies », Livre V, 24, 2, écrit : «  En effet, lorsqu’il se fut séparé de Dieu, l’homme en vint à un tel degré de sauvagerie, qu’il considéra comme ennemis jusqu’à ceux de sa parenté et qu’il se précipita sans la moindre crainte dans toute espèce de désordre, de meurtre et de cupidité. Aussi Dieu leur imposa-t-il, la crainte des hommes, – car ils ne connaissaient plus celle de Dieu, – afin que soumis à cette autorité et éduqués par ses lois, ils parviennent à une certaine justice et usent de modération les uns envers les autres, craignant le glaive placé ostensiblement devant leurs yeux, selon ce que dit l’Apôtre (5) : « Car ce n’est pas pour rien que l’autorité porte le glaive : elle est en effet, ministre de Dieu pour exercer la colère et tirer vengeance de celui qui fait le mal. » « et c’est pourquoi, poursuit saint Irénée, les magistrats eux-mêmes, qui ont les lois pour vêtement de justice, ne seront pas interrogés pour ce qu’ils auront fait de juste et de conforme aux lois ; en revanche, pour tout ce qu’ils auront accompli au détriment de la justice, en agissant de façon inique, illégale et tyrannique, ils périront : car le juste jugement de Dieu atteint pareillement tous les hommes et ne connaît nulle défaillance. C’est donc pour le profit des païens qu’une autorité terrestre a été établie par Dieu, – et non par le diable, qui non seulement n’est jamais en repos, mais ne saurait accepter que même les païens vivent en paix, – afin que craignant cette autorité, les hommes ne s’entredévorent pas à la manière des poissons, mais refrènent par l’établissement de lois la grande injustice des païens. Et en cela “ les magistrats sont les ministres de Dieu (6) ” ».

 

Nul ne parviendra à notre ultime conclusion sur l’unité de la véritable Église de Jésus-Christ sur une seule référence (7) sans consulter attentivement toutes celles que nous avons données. On n’obtient rien sans effort. Ce serait en effet une imbécillité de contredire ce lieu commun (8) ou une fainéantise intellectuelle crasse. En cette vie, il faut savoir ce que nous sommes réellement et ce que nous voulons et où nous allons.

 

La grande question de la Vérité ne se pose pas pour beaucoup (9) alors qu’elle devrait se poser à tout homme qui possède une âme ou un esprit créé par Dieu et qui connaît la réalité en son essence ou sa nature immatériellement et universellement, c’est-à-dire intellectuellement. L’âme humaine subsiste par nature, et c’est la raison pour laquelle l’âme des bêtes est détruite avec le corps (10). « Si donc, dit saint Thomas d’Aquin, dans sa Somme théologique, à la question 75 de sa Première partie : « L’âme est-elle une réalité subsistante ? », le principe intellectuel possédait en lui une nature corporelle quelconque, il ne pourrait connaître tous les corps… De même un liquide prend la coloration du verre où il est versé (11), en rappelant que l’âme des bêtes n’est pas subsistante par nature (« non sunt subsistentes »), précise que leur âme est détruite avec leur corps (« corruptis corporibus »).    

 

F I N

 

 

1) Cf. Livre II, 1, 4 ;

2) Cf. « Contre les hérésies », Livre III, 3, 2 et 4, 1 ;

3) Cf. « Contre les hérésies », Livre V, 24, 2 ;

4) Cf. S. Luc, 4 : 5-8 ; S. Matthieu, 4 : 1-10 ; Psaumes (Vulgate), 90 : 12 ; « Contre les hérésies », Livre III, 16, 3 : Témoignages de S. Marc et de S. Luc, avec celui de David, le prophète royal et l’auteur des Psaumes, cité par Jésus, à qui notre Père céleste a donné le trône de David et dont il est aussi le Fils ; S. Luc, 24 : 44 ; IIe Épître à Timothée, 3 : 16 ;

5) Romains, 13 : 6 ;

6) Id. ;

7) Cf. le Catéchisme du Saint Concile de Trente, Du Symbole des Apôtres, V, Caractères propres de l’Église – Note 1 : Saint Irénée, Livre III, « Contre les hérésies », et son Épître 57 ;

8) Cf. L’Écclésiaste, 1 : 5 ; 

9) Cf. S. Luc, 13 : 24 ; S. Matthieu, 7 : 13-14 ; Saint Thomas d’Aquin, Somme théologique, Ire Partie, art. 2,

10) Saint Thomas d’Aquin, Somme Théologique, Ire Partie du Traité de l’Âme Humaine, art. 2 et 6 ; saint Irénée, « Contre les hérésie, Livre II, 19, 6.

 

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Les insensés :

 

Psaumes (Vulgate), XIII, 1 et LII, 2 :

« L’insensé a dit dans son cœur :

Il n’y a point de Dieu. »

 

L’Ecclésiaste, I, 15 :

« Les pervers difficilement se corrigent,

et des insensés infini est le nombre. »

 

En effet, les insensés ne parlent jamais de Dieu, le seul Juge,

Celui-qui-est, la Vérité même, le Tout-Puissant, le souverain

Bien, et le Principe et la Fin de toutes choses. Dans leurs

épreuves physiques et morales, ils disent : « il nous tarde

de retrouver au ciel telle ou telle personne qui nous est

chère ». Quelle certitude peuvent-ils en avoir ?

Dieu seul n’en n’est-il pas juge ?

 

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REVU ET CORRIGÉ POUR LA PLUS GRANDE GLOIRE DE DIEU

ET LE SALUT DES ÂMES

(NOUS SOMMES TOUS CONCERNÉS)

 

Galates, 1 : 7-8 :

 

« Il y a des gens qui vous troublent et qui veulent pervertir l’Évangile du Christ. Mais si nous-mêmes, ou si un ange du ciel, vous annonçait un Évangile différent de celui que nous vous avons annoncé, qu'il soit anathème [excommunié]. »

 

Hors de la vraie foi, celui qui est excommunié, n’est manifestement pas qualifié pour dire quoi que ce soit sensé en ce qui concerne la pénétration des mystères divins. Qu’il se taise donc et prenne d’abord conscience de sa propre hérésie, qu’il se convertisse et fasse pénitence, et mette sa vie en ordre avec son épouse et sa progéniture ! Il n’y pas d’autre moyen de salut. 

 

Quant aux défaillances ou aux fautes morales qui ne relèvent pas de la foi, il convient évidemment de demander à Dieu de nous pardonner et de nous secourir, et nous remettre en chemin en suivant les judicieux conseils de S. Alphonse de Liguori sur la Volonté de Dieu.

 

Choisissons : ou un seul Dieu, Principe et Fin de toutes choses, ou l’absurde. Signalons qu’au IIe siècle Saint Irénée, évêque de Lyon et martyr (martyr ou témoin : du grec martus, et choix, hérésie : airesiς), a magistralement réfuté au IIe siècle dans son traité « Contre les hérésies » qui rejoint notre temps.

Gérard Jean-Marie Tronche (thomiste), habitant la ville de Grenoble.

 

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S. Irénée de Lyon, « Contre les hérésies », Exégèse d’un presbytre :

les dépouilles des Égyptiens, IV, 30, 1 :

 

Car nous avons tous derrière nous un avoir, grand ou petit, que nous avons acquis « par le Mammon de l'iniquité (S. Luc, XVI, 9) ».

 

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En exergue :

 

Saint Irénée, « Contre les hérésies »,

Livre II, Émissions de l’Intellect et la Vérité,

le mouvement de la pensée, 13, 1 et 2.

 

Considérations et implications sur l’âme humaine

 

La Sainte Bible selon la Vulgate

traduite en français

à partir de 

la Vulgate latine de saint Jérôme

 

Psaume L, 15 (le « miserere » de David,

le prophète royal et « le plus beau

de tous les actes

de contrition » [Mgr Gerbet]) :

 

« Aux pécheurs (dit David à Dieu) j’enseignerai vos voies

(les voies de notre Père céleste), auxquelles se

rendront les égarés (cf. XXXI, 5 ; II Samuel,

chapitres XI et XII). »

 

S. Irénée, « Contre les hérésies », IV, 27, 1 (Exégèse d’un presbytre :

les fautes des anciens, David et Salomon.

 

« La Volonté de Dieu est que vous soyez des saints » :

I Thessaloniciens, IV, 3 ;

« Il ne veut pas qu’aucun périsse, mais que tous

viennent à la pénitence » :

II S. Pierre, III, 9.

 

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Le « Grand Moyen de la Prière »

 

Saint Alphonse de Liguori (1696 – 1787)

Fondateur des Rédemptoristes et Confesseur et Docteur de l’Église

Traduction du R. P. Lupi, permis d’imprimer : Lyon, 1er janvier 1945

 

Et le Sauveur l’avait dit maintes fois avant eux : « Il faut toujours prier sans se lasser jamais » (S. Luc, XVIII, 1). « Veillez et priez sans cesse, afin que vous soyez trouvés dignes d’échapper à tous ces maux qui doivent arriver et vous tenir debout en présence du Fils de l’homme » (S. Luc, XXI, 36 ; Apocalypse, I, 13). Le même avis était déjà donné dans l’Ancien Testament : « Que rien ne t’empêche de prier toujours » : « Non impediaris orare semper » (Ecclésiastique, XVIII, 22 ; cf. Tobie, IV, 19-21). « Bénis Dieu en tout temps, demande qu’il dirige tes voies ». Aussi l’Apôtre inculquait à ses disciples de ne pas abandonner la prière : « Priez sans cesse » (I Thessaloniciens, V, 17). « Persévérez dans la prière, apportez-y de la vigilance » (Colossiens, IV, 2). « Je veux donc que les hommes prient en tout lieu » (I Timothée, II, 8).

Le Seigneur est tout disposé à nous donner la persévérance et la vie éternelle, mais dit saint Nil, il n’entend l’octroyer sinon à qui la sollicite de lui avec persévérance. De nombreux pécheurs avec l’aide de la grâce réussissent à revenir à Dieu et à recevoir le pardon ; mais ensuite, parce qu’ils cessent de demander la persévérance, ils retombent et perdent tout.

34°) Il ne suffit pas, dit saint Bellarmin, d’implorer la grâce de la persévérance une fois ou peu de fois. Nous devons la réclamer toujours, chaque jour, jusqu’à la mort, si nous voulons l’obtenir. « Chaque jour la demander pour l’obtenir chaque jour ». Qui la demande pour un jour, l’obtiendra pour ce jour-là, mais s’il ne la demande pas pour le lendemain, le lendemain, il tombera. C’est ce que le Sauveur nous a donné à entendre dans la parabole  de cet ami qui ne consentit à donner les pains à qui les lui demandait, sinon de nombreuses et importunes instances : « Quand même il ne se lèverait pas pour lui donner parce qu’il est son ami, il se lèvera à cause de son importunité, et lui donnera autant de pains qu’il en a besoin » (S. Luc, XI, 8). Or, si un tel ami, remarque saint Augustin, seulement pour se libérer de l’importunité de celui-ci, lui donnerait, bien qu’à contre cœur, les pains réclamés, combien plus un Dieu, bonté infinie, animé d’un si ardent désir de nous communiquer ses biens, nous donnera-t-il ses grâces, quand nous les réclamerons. D’autant plus que lui-même nous exhorte à les solliciter et qu’il est mécontent si nous ne les demandons pas.

 

Notons bien que cet extrait du « Grand Moyen de la prière » de l’opuscule de saint Alphonse de Liguori est le résumé pleinement achevé (entéléchie, du grec entelekia), ne peut être écrit que grâce à la venue du l’Esprit Saint pour éclairer les cœurs de ses fidèles, - extrait du reste confirmé par les prières et les invocations à l’Esprit Saint. C’est aussi l’accomplissement du don d’Intelligence dont l’auteur était manifestement favorisé et que l’Église honore comme Confesseur et Docteur.

 

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«  De rien, rien ne se fait : Ex nihilo nihil fieri » :

[ Ire Partie de la Somme Théologique de saint Thomas

d’Aquin, qu. 45, art. 2 (« car la puissance de Dieu ne s’étend pas

à ce qui offense les premiers principes.»)]

 

Dieu, l’Éternel, comprend trois Personnes : le Père, le Fils et le

Saint-Esprit qui en est le Lien éternel, et nul ne connaît le Père

si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils voudra les révéler (cf. S.

Matthieu, 11 : 27 ; S. Luc, 10 : 22 ; S. Jean, I4 : 15-20 ;

Psaume XC, 14 ; S. Irénée, "Contre

les hérésies", L. III, 23, 7).

 

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N O S   T E X T E S   À   C O N S U L T E R

 

 

S. Irénée de Lyon, « Contre les hérésies, Livre III, 16, 3 :

 

Témoignage de Marc et de Luc

 

C'est pourquoi Marc dit aussi : « Commencement de l'Évangile de Jésus-Christ, Fils de Dieu, selon ce qui est écrit dans les prophètes (f) ... » Il ne connaît donc qu'un seul et même Fils de Dieu, Jésus-Christ, qui fut annoncé à l'avance par les prophètes : c'est lui l'Emmanuel (g), « fruit du sein (h) » de David, le « Messager du grand dessein (i) » du Père.

 

C'est aussi Celui en la personne de qui Dieu a fait se lever « sur la maison de David (j) » un « Soleil levant (k) » juste (l), « a dressé » pour elle « une Corne de salut (m) » et, comme le dit David en expliquant les motifs de sa naissance, « a suscité un Témoignage en Jacob et établi une Loi en Israël, afin que le connaisse la génération ultérieure, c'est-à-dire les fils qui naîtront, qu'eux-mêmes se lèvent et le racontent à leurs fils, et qu'ainsi ils placent en Dieu leur espérance et recherchent ses préceptes (n) ». De même, lorsque l'ange annonce la bonne nouvelle à Marie, il lui dit : « Il sera grand et il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père (o). » L'ange proclame par là que le même, qui est Fils du Très-Haut, est aussi fils de David. D'ailleurs David lui-même, connaissant par l'Esprit l'«économie» de sa venue, par laquelle il règne souverainement sur tous les vivants et les morts (p), proclame qu'il est Seigneur et qu'il siège à la droite du Père Très-Haut (q).

 

f) S. Marc, 1 : 1-2 ;

g) Cf. Isaïe, 7 : 14 ;

h) Psaumes, 131 : 11 ;

i) Cf. Isaïe, 9 : 5 ;

j) S. Luc, 1 : 69 ; cf. Isaïe, 7 : 13 ;

k) S. Luc, 1 : 78 ; cf. Zacharie, 3 : 8 ; 6 : 12 ;

l) Cf. Jérémie, 23 : 5 ;

m) S. Luc, 1 : 69 ; cf. Psaumes, 17 : 3 ; 131 : 17 ;

n) Psaumes, 77 : 5-7 ;

o) S. Luc, 1 : 32 ;

p) Cf. Romains, 14 : 9 ;

q) Cf. Psaumes, 109 : 1.

 

Livre II, 13, 1 et 2 :

 

2.   LE FAIT DES ÉMISSIONS

 

Émission de l'Intellect et de la Vérité

 

13,1. Montrons maintenant que la première de leurs émissions est irrecevable. De l'Abîme et de sa Pensée ont été émis, disent-ils, l'Intellect et la Vérité. Cela apparaît comme contradictoire. L'intellect est en effet l'élément directeur et comme le principe et la source de toute l'activité intellectuelle ; quant à la pensée, elle est un mouvement particulier procédant de cet intellect et relatif à un objet déterminé. Par conséquent, il est impossible que de l'Abîme et de la Pensée ait été émis l'Intellect. Il serait plus conforme à la vraisemblance de dire que du Pro-Père et de l'Intellect a été émise une fille, qui est la Pensée : car ce n'est pas la pensée qui est la mère de l'intellect, comme ils le prétendent, mais l'intellect qui est le père de la pensée.

 

Comment, d'autre part, l'Intellect aurait-il pu être émis par le Pro-Père ? Car l'intellect détient la direction du processus caché et invisible d'où émanent la réflexion, la pensée, la considération et les autres choses de ce genre, qui ne sont pas autre chose que l'intellect, mais sont, comme nous venons de le dire, des mouvements particuliers de celui-ci relatifs à un objet déterminé et immanents à cet intellect même ; ces mouvements reçoivent diverses appellations selon qu'ils perdurent et s'intensifient, mais nullement selon qu'ils se transformeraient en autre chose; ils aboutissent au discours intérieur et sont produits au dehors dans la parole, tandis que l'intellect reste au dedans, créant et gouvernant en toute indépendance, de la manière qu'il veut, les mouvements dont nous venons de parler. 13, 2. En effet, le premier mouvement de l'intellect relatif à un objet déterminé s'appelle «pensée». Lorsque celle-ci perdure, s'intensifie et s'empare de l'âme tout entière, elle s'appelle «considération». Cette considération à son tour, lorsqu'elle s'attarde sur le même objet et se trouve pour ainsi dire mise à l'épreuve, prend le nom de « réflexion ». Cette réflexion, en s'amplifiant, devient «délibération». Lorsque cette délibération grandit et s'amplifie encore, elle prend le nom de « discours intérieur ». Ce dernier s'appelle aussi à bon droit « verbe immanent », et c'est de lui que jaillit au-dehors le « verbe proféré ». Mais tous les mouvements que nous venons de dire ne sont qu'une seule et même chose; ils tirent leur principe de l'intellect et reçoivent diverses appellations selon qu'ils vont en s'intensifiant. Le corps humain lui aussi est tantôt corps juvénile, tantôt corps adulte, tantôt corps sénile ; il reçoit ces appellations selon qu'il se développe et perdure, non selon qu'il se changerait en une autre substance ou disparaîtrait. Il en va de même ici : pense-t-on à une chose, on la considère ; la considère-t-on, on réfléchit sur elle ; réfléchit-on sur elle, on délibère à son sujet ; délibère-t-on à son sujet, on tient tout un discours intérieur; enfin, ce discours intérieur, on l'exprime dans le langage. Et tous ces mouvements, comme nous l'avons dit, c'est l'intellect qui les gouverne : il demeure invisible et, par les mouvements susdits, comme par un rayon, il émet de lui-même la parole, mais lui-même n'est pas émis par quelque chose d'autre.

 

Livre II, 1, 4 :

 

Réfutation de la thèse valentinienne relative à un plérôme supérieur au Dieu créateur

 

1. Monde prétendument extérieur au Plérôme ou au premier Dieu

 

1, 4. Cela vaut également contre les sectateurs de Marcion : les deux Dieux de celui-ci seront contenus et délimités, eux aussi, par l'immense intervalle qui les sépare l'un de l'autre. On est, de la sorte, contraint de poser de toute part une multitude de Dieux séparés les uns des autres par une immense distance, les uns commençant là où finissent les autres. Et le motif sur lequel les hérétiques s'appuient pour enseigner qu'il existe un Plérôme ou un Dieu au-dessus du Créateur du ciel et de la terre, ce même motif, chacun pourra l'invoquer pour affirmer qu'il existe, au-dessus du Plérôme, un autre Plérôme, puis, au-dessus de ce dernier, un autre encore, et, au-dessus de l'Abîme, un autre Abîme, et qu'il en va de même sur les côtés. Et ainsi, la pensée errant indéfiniment, toujours il faudra imaginer d'autres Plérômes, d'autres Abîmes, et ne jamais s'arrêter, puisque toujours on cherchera d'autres termes au delà des précédents. On ne saura même plus si notre monde est en bas ou s'il est en haut, ni si les réalités qu'ils situent en haut sont en haut ou en bas : plus rien de stable ou de solide ne retiendra notre esprit, ce sera l'inéluctable poursuite de mondes sans fin et de Dieux sans nombre.

 

Livre III, 3, 2 :

 

La Tradition apostolique de l’Église

 

3, 2. Mais comme il serait trop long, dans un ouvrage tel que celui-ci, d'énumérer les successions de toutes les Églises, nous prendrons seulement l'une d'entre elles, l'Église très grande, très ancienne et connue de tous, que les deux très glorieux apôtres Pierre et Paul fondèrent et établirent à Rome; en montrant que la Tradition qu'elle tient des apôtres et la foi qu'elle annonce aux hommes (a) sont parvenues jusqu'à nous par des successions d'évêques, nous confondrons tous ceux qui, de quelque manière que ce soit, ou par infatuation, ou par vaine gloire, ou par aveuglement et erreur doctrinale, constituent des groupements illégitimes : car avec cette Église, en raison de son origine plus excellente, doit nécessairement s'accorder toute Église, c'est-à-dire les fidèles de partout, — elle en qui toujours, au bénéfice de ces gens de partout, a été conservée la Tradition qui vient des apôtres.

 

a) Cf. Romains, 1 : 8.

 

Livre III, 4, 1 :

 

La Tradition apostolique de l’Église

 

4, 1. Telle étant la force de ces preuves, il ne faut donc plus chercher auprès d'autres la vérité qu'il est facile de recevoir de l'Église , car les apôtres, comme en un riche cellier, ont amassé en elle, de la façon la plus plénière, tout ce qui a trait à la vérité, afin que quiconque le désire y puise le breuvage de la vie (a). C'est elle, en effet, qui est la voie d'accès à la vie ; « tous » les autres « sont des voleurs et des brigands (b) ». C'est pourquoi il faut les rejeter (c), mais aimer par contre avec un zèle extrême ce qui est de l'Église  et saisir la Tradition de la vérité. Eh quoi ! S'il s'élevait une controverse sur quelque question de minime importance, ne faudrait-il pas recourir aux Églises les plus anciennes, celles où les apôtres ont vécu, pour recevoir d'elles sur la question en cause la doctrine exacte ? Et à supposer même que les apôtres ne nous eussent pas laissé d'Écritures, ne faudrait-il pas alors suivre l'ordre de la Tradition qu'ils ont transmise à ceux à qui ils confiaient ces Églises ?

 

a) Cf. Apocalypse, 22 : 17. - b) S. Jean, 10 : 8 ; 1 : 10. - c) Cf. Tite, 3 : 10.

 

St Irénée, « Contre les hérésies », Livre III, Conclusion, MALHEUR DE CEUX QUI REJETTENT LA PRÉDICATION DE L’ÉGLISE (24-25)

 

Inanité d’un Dieu qui n’exercerait pas sa Providence sur le monde (24, 2 – 25, 1)

 

24, 2. Et c'est bien pourquoi ils fabriquent des Dieux multiples. Ils donnent sans cesse comme excuse qu'ils cherchent, — ils sont aveugles, en effet ! — mais ils ne peuvent jamais trouver, et pour cause, car ils blasphèment leur Créateur, c'est-à-dire le vrai Dieu, Celui qui donne de pouvoir trouver : ils s'imaginent avoir trouvé au-dessus de lui un autre Dieu, ou un autre Plérôme, ou une autre « économie » ! C'est pourquoi la lumière qui vient de Dieu ne luit pas pour eux, car ils ont déshonoré et méprisé Dieu, le tenant pour minime parce que, dans son amour et sa surabondante bonté, il est venu en la connaissance des hommes, — connaissance qui n'est d'ailleurs pas selon sa grandeur ni selon sa substance, car personne ne l'a mesuré ni palpé, mais connaissance nous permettant de savoir que Celui qui nous a faits et modelés, qui a insufflé en nous un souffle de vie et qui nous nourrit par la création, ayant tout affermi par son Verbe et tout coordonné par sa Sagesse, Celui-là est le seul vrai Dieu. Ils ont donc imaginé, au-dessus de ce Dieu, un Dieu qui n'est pas, pour paraître avoir trouvé un grand Dieu que personne ne peut connaître, qui ne communique pas avec le genre humain et n'administre pas les affaires terrestres : c'est à coup sûr le Dieu d'Épicure qu'ils ont ainsi trouvé, un Dieu qui ne sert à rien, ni pour lui-même, ni pour les autres, bref un Dieu sans Providence.

 

Inanité d’un Dieu qui serait bon sans être en même temps juste (25, 2-7)

 

25, 2. Par ailleurs, afin d'ôter au Père le pouvoir de reprendre et de juger — car ils estiment que cela est indigne de Dieu et ils croient avoir trouvé un Dieu exempt de colère et bon,— ils distinguent un Dieu qui juge et un autre qui sauve, sans s'apercevoir qu'ils enlèvent ainsi toute intelligence et toute justice à l'un comme à l'autre. En effet, s'il est justicier, mais sans être en même temps bon pour pardonner à ceux à qui il le doit et ne reprendre que ceux qui le méritent, il apparaîtra comme un juge sans justice ni sagesse; à l'inverse, s'il n'est que bon sans être aussi l'examinateur de ceux qu'il veut faire bénéficier de sa bonté, il sera en dehors de la justice comme de la bonté, et cette bonté même apparaîtra comme impuissante en ne sauvant pas tous les hommes, si elle s'exerce sans un jugement.

 

25, 3. Par conséquent Marcion, qui divise Dieu en deux et distingue un Dieu bon d'un Dieu justicier, supprime Dieu de part et d'autre. Si en effet le Dieu justicier n'est pas également bon, il n'est pas Dieu, car il n'y a pas de Dieu sans bonté ; à l'inverse, si le Dieu bon n'est pas également justicier, il subira le même sort que le premier et se verra soustraire la qualité de Dieu.

 

D'ailleurs, comment peuvent-ils déclarer sage le Père de toutes choses, s'ils ne lui attribuent pas aussi le pouvoir de juger ? Car, s'il est sage, il est aussi examinateur; or un examinateur ne se conçoit pas sans le pouvoir de juger, et ce pouvoir requiert la justice pour que l'examen se fasse d'une manière juste; ainsi la justice appelle le jugement, et le jugement à son tour, lorsqu'il est fait avec justice, fait remonter à la sagesse. Si donc le Père de toutes choses l'emporte en sagesse sur toute sagesse humaine et angélique, c'est précisément parce qu'il est le Seigneur, le juste Juge et le Maître de tous. Mais il est également miséricordieux, bon et patient, et il sauve ceux qu'il convient. De la sorte, ni la bonté ne lui manque du fait de la justice, ni la sagesse n'est diminuée pour autant, car il sauve ceux qu'il doit sauver et juge ceux qui méritent d'être jugés ; et cette justice n'apparaît pas cruelle, précédée et prévenue qu'elle est par la bonté.

 

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J U S T I C E  OU  A N A R C H I E  U N I V E R S E L L E ?

 

L’enfer serait-il le fruit de notre imagination pour nous assurer des joies éternelles ? Tous les hommes seront alors sur un pied d’égalité et exempts de toute sanction pénale. C’est proprement insensé ! Plus personne ne juge. Tout le monde sera libre de faire n’importe quoi (cf. http://jesusmarie.free.fr/alphonse_les_verites_de_la_foi.pdf).

 

Épître de S. Paul aux Éphésiens, IV, 25 : C’est pourquoi, renonçant au mensonge, parlez selon la vérité, chacun dans ses rapports avec son prochain, car nous sommes membres les uns des autres.

 

S. Luc, X, 60 :

 

Mais Jésus lui dit : « Laisse les morts ensevelir leurs morts ; pour toi, va annoncer le royaume de Dieu. »

 

Id. verset 16 :

 

« Celui qui vous écoute, m’écoute, et celui qui vous méprise ; or celui qui me méprise, méprise Celui qui m’a envoyé [son Père céleste]. »

 

S. Jean, III, 3, 5 [il s’agit bien là de la régénération par le baptême] :

 

Jésus lui répondit et lui dit : « En vérité, en vérité, je te le dis, si quelqu’un ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu. » … Jésus répondit : « En vérité, en vérité, si quelqu’un ne renaît de l’eau et de l’Esprit Saint, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. »

 

Ces citations prouvent incontestablement que celui qui rejette la foi de son baptême ou qui en renie les promesses est passible de damnation.

 

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S. Irénée, « Contre les hérésies », Conclusion : un seul et même Dieu, Livre IV, 7, 4

 

7, 4. Et voilà pourquoi les Juifs se sont égarés loin de Dieu : ils n'ont pas reçu son Verbe et ils se sont imaginés qu'ils pourraient connaître Dieu par le Père lui-même, sans le Verbe, c'est-à-dire sans le Fils. C'était méconnaître Celui qui, sous une forme humaine, s'était entretenu avec Abraham, et une autre fois avec Moïse, en lui disant : « J'ai vu l'affliction de mon peuple en Egypte, et je suis descendu pour les délivrer (a) » Cette activité, en effet, le Fils, qui n'est autre que le Verbe de Dieu, l'exerçait depuis le commencement. Car le Père n'avait pas besoin d'anges pour faire le monde et modeler l'homme en vue duquel fut fait le monde, et il n'était pas davantage dépourvu d'aide pour l'ordonnance des créatures et l'« économie » des affaires humaines, mais il possédait au contraire un ministère d'une richesse inexprimable, assisté qu'il est pour toutes choses par ceux qui sont tout à la fois sa Progéniture et ses Mains, à savoir le Fils et l'Esprit, le Verbe et la Sagesse, au service et sous la main desquels sont tous les anges. Ils sont donc vains ceux qui, à cause de la phrase « Nul ne connaît le Père si ce n'est le Fils (b) », introduisent un autre Père inconnaissable.

 

a) Exode, III, 7-8 ;

b) S. Matthieu, XI, 27 ; S. Luc, X, 22.

 

Id., « Contre les hérésies », IIIe partie, 1. Un seul Dieu, auteur de la vocation d’Israël et des Gentils, Parabole des vignerons homicides (cf. S. Matthieu, XXI, 33-43) :

 

Dieu, en effet, planta la vigne du genre humain par le modelage d'Adam et l'élection des patriarches. Puis il la confia à des vignerons par le don de la Loi mosaïque. Il l'entoura d'une clôture, c'est-à-dire circonscrivit la terre qu'ils auraient à cultiver. Il bâtit une tour, c'est-à-dire choisit Jérusalem. Il creusa un pressoir, c'est-à-dire prépara un réceptacle pour l'Esprit prophétique. Et c'est ainsi qu'il leur envoya des prophètes avant l'exil de Babylone, puis, après l'exil, d'autres encore, en plus grand nombre que les premiers, pour réclamer les fruits et pour leur dire : « Voici ce que dit le Seigneur : Redressez vos voies et vos habitudes de vie (a) » ; « jugez avec justice, pratiquez la pitié et la miséricorde chacun envers son frère; n'opprimez pas la veuve et l'orphelin, l'étranger et le pauvre, et que personne d'entre vous ne conserve dans son cœur le souvenir de la méchanceté de son frère (b) » ; « n'aimez pas faire de faux serments (c) » ; « lavez-vous, purifiez-vous, ôtez la malice de vos cœurs de devant mes yeux ; cessez vos méchancetés, apprenez à bien faire ; recherchez la justice, sauvez celui qui souffre l'injustice, faites droit à l'orphelin et défendez la veuve : venez alors et disputons ensemble, dit le Seigneur (d) » ; et encore : « Détourne ta langue du mal et tes lèvres des paroles perfides ; évite le mal et fais le bien ; cherche la paix et poursuis-la (e). » Voilà par quelles prédications les prophètes réclamaient le fruit de la justice (f). Mais, comme ceux-là demeuraient incrédules, il leur envoya finalement son Fils, notre Seigneur Jésus-Christ, que ces mauvais vignerons tuèrent et jetèrent hors de la vigne. Aussi Dieu a-t-il confié celle-ci — non plus circonscrite, mais étendue au monde entier —à d'autres vignerons qui lui en remettent les fruits en leur temps. La tour de l'élection se dresse partout dans son éclat, car partout resplendit l'Église ; partout aussi est creusé le pressoir, car partout sont ceux qui reçoivent l'Esprit de Dieu. Car, parce que ceux-là ont repoussé le Fils de Dieu et l'ont jeté hors de la vigne après l'avoir tué, Dieu les a justement réprouvés, et c'est aux gentils, qui se trouvaient hors de la vigne, qu'il a confié le soin de faire fructifier sa terre. Comme le dit le prophète Jérémie : « Le Seigneur a réprouvé et rejeté la nation qui fait cela : car les fils de Juda ont fait le mal devant moi, dit le Seigneur (g). » De même Ézéchiel : «J'ai établi sur vous des sentinelles ; écoutez la voix de la trompette. Et ils ont dit : Nous n'écouterons pas. C'est pourquoi les gentils ont entendu, ainsi que ceux qui paissent les troupeaux parmi ceux-ci (h). » C'est donc un seul et même Dieu Père qui a planté la vigne, fait sortir le peuple, envoyé les prophètes, envoyé son Fils et confié sa vigne à d'autres vignerons qui lui en remettent les fruits en leur temps.

 

a) Jérémie, 7, 3 

b) Zacharie, 7, 7, 9-10 ;

c) Zacharie, 8, 17 ;

d) Isaïe, 1, 16-18 ;

e) Psaumes, 33, 14-15 ;

f) Cf. Amos, 6, 12 ; S. Paul aux Philipiens, 1, 11 ; S. Jacques, 3, 18 ; 

g) Jérémie, 7, 29-30 ;

h) Jérémie, 6, 17-18 ; Ézéchiel, 3, 17.

 

Livre V, 27, 1 :

 

Le juste jugement de Dieu contre Satan et tous ceux qui participent à son apostasie.

 

27, 1. Car, si le Père ne juge pas, c'est qu'il n'a nul souci de nos actes, ou qu'il approuve tout ce que nous faisons. Du même coup, s'il ne juge pas, tous les hommes seront sur un pied d'égalité et se verront assigner un rang identique. Superflue est, dès lors, la venue du Christ. Celle-ci est même en contradiction avec l'absence d'un jugement de sa part. Car, précisément, « il est venu pour séparer l'homme de son père, la fille de sa mère, la bru de sa belle-mère » (1) ; pour, de deux hommes étendus sur le même lit, prendre l'un et laisser l'autre (2) et, de deux femmes occupées à moudre ensemble, prendre l'une et laisser l'autre; pour ordonner aux moissonneurs, à la fin des temps, de ramasser d'abord l'ivraie, de la lier en bottes et de la brûler dans un feu inextinguible, puis d'amasser le froment dans le grenier (3) ; enfin pour appeler les agneaux au royaume préparé pour eux et envoyer les boucs au feu éternel préparé par le Père pour le diable et ses anges (4). Qu'est-ce donc à dire ? Que le Verbe est venu « pour la chute et le relèvement d'un grand nombre (5) » : pour la chute de ceux qui ne croient pas en lui et qu'il a menacés, au jour du jugement, d'une peine plus sévère que celle de Sodome et de Gomorrhe (6), et pour le relèvement de ceux qui croient et font la volonté de son Père qui est dans les cieux (7). Si donc la venue du Fils, tout en atteignant pareillement tous les hommes, est cependant propre à opérer un jugement et à séparer les croyants d'avec les incrédules, – car c'est de leur propre mouvement que les croyants font sa volonté, comme c'est aussi de leur propre mouvement que les incrédules ne reçoivent pas son enseignement, – il est clair que son Père aussi a créé pareillement tous les hommes possédant chacun sa propre capacité de décision et son libre arbitre, mais qu'il n'en veille et n'en pourvoit pas moins à toutes choses, « faisant lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et pleuvoir sur les justes et sur les injustes (8) ».

 

1) S. Matthieu, X, 35.

2) Cf. S. Luc, XVII, 34-35.

3) Cf. S. Matthieu, XIII, 30.

4) Cf. S. Matthieu, XXV, 33-34 et 41.

5) S. Luc, II, 34.

6) Cf. S. Luc, X, 12.

7) Cf. S. Matthieu, VII, 21.

8) S. Matthieu, V, 45.

 

Livre V, 29, 1 :

 

Le chiffre du nom de l’Antéchrist, annonce de la récapitulation en sa personne.

 

29, 1. Dans les livres précédents, nous avons donné les motifs pour lesquels Dieu a permis qu'il en fût ainsi, et nous avons montré que tous les événements de cette sorte se sont accomplis au bénéfice de l'homme qui est sauvé, faisant mûrir son libre arbitre en vue de l'immortalité et rendant l'homme plus apte à l'éternelle soumission à Dieu. Voilà pourquoi la création est dépensée au bénéfice de l'homme : car ce n'est pas l'homme qui a été fait pour elle, mais elle pour l'homme. Les païens eux-mêmes, qui n'ont pas levé les yeux vers le ciel, ni rendu grâces à leur Créateur, ni voulu voir la lumière de la vérité, mais, tels des rats, se sont enfoncés dans la profondeur de leur folie, ont été justement considérés par l'Ecriture comme une goutte d'eau suspendue à une cruche, comme un grain de poussière dans une balance, comme un pur néant (1) : ils sont utiles aux justes, autant que la tige est utile pour la croissance du blé, et la paille pour la combustion en vue du travail de l'or. Et c'est pourquoi, à la fin, lorsque l'Église sera enlevée d'un seul coup d'ici-bas, « il y aura, est-il dit, une tribulation telle qu'il n'y en a pas eu depuis le commencement et qu'il n'y en aura plus (2) ». Car ce sera le dernier combat des justes, où les vainqueurs seront couronnés de l'incorruptibilité.

 

  1. Cf. Isaïe, 40 : 15, 17 ;
  2. S. Matthieu, 24 : 21.

 

Livre V, 34, 1 :

 

Israël rétabli dans sa terre, afin d'y avoir part aux biens du Seigneur.

 

34, 1. Isaïe lui-même annonce clairement qu'une joie de cette sorte aura lieu à la résurrection des justes, lorsqu'il dit : « Les morts ressusciteront, ceux qui sont dans les tombeaux se lèveront et ceux qui sont dans la terre se  réjouiront, car la rosée qui vient de toi est pour eux une guérison (1) » Ézéchiel dit de même : « Voici que je vais ouvrir vos tombeaux, et je vous ferai sortir de vos tombeaux, et je vous introduirai dans la terre d'Israël. Et vous saurez que je suis le Seigneur, quand j’ouvrirai vos tombeaux, quand je ferai sortir des tombeaux mon peuple. Je mettrai mon Esprit en vous, et vous vivrez, et je vous établirai sur votre terre, et vous saurez que je suis le Seigneur. » Le même prophète dit encore (2) : «Voici ce que dit le Seigneur : Je rassemblerai Israël d'entre toutes les nations parmi lesquelles ils ont été dispersés, et je me sanctifierai en eux aux yeux des peuples des nations, et ils habiteront sur leur terre, que j'ai donnée à mon serviteur Jacob. Ils y habiteront en sécurité ; ils bâtiront des maisons et planteront des vignes ; ils habiteront en sécurité, quand j'exercerai un jugement sur tous ceux qui les auront méprisés, sur ceux de leurs alentours, et ils sauront que je suis le Seigneur, leur Dieu et le Dieu de leurs pères (3). » Or nous avons montré un peu plus haut que c'est l'Église qui est la postérité d'Abraham. Et c'est pourquoi, afin que nous sachions que tout cela se réalisera dans la Nouvelle Alliance, qui, de toutes les nations, rassemble ceux qui sont sauvés, suscitant ainsi à partir des pierres des fils à Abraham (4), Jérémie dit : « C'est pourquoi voici que des jours viennent, dit le Seigneur, où l'on ne dira plus : "Le Seigneur est vivant, lui qui a ramené les fils d'Israël de l'Égypte", mais : "Le Seigneur est vivant, lui qui a ramené les fils d'Israël du pays du septentrion et de toutes les contrées où ils avaient été chassés, et qui va les rétablir sur leur terre, celle qu’il avait donnée à leurs pères (5). »

 

1) Isaïe, 26 : 19 ; 

2) Ezéchiel, 37 : 12-14 ; 

3) Id., 28 : 25-26 ;

4) Cf. S. Matthieu, 3 : 9 ; S. Luc, 3 : 8 ;

5) Jérémie, 16 : 14-15 ; 23 : 7-8.

 

S. Irénée, « Contre les hérésies », Livre V, 34, 4.

Jérusalem glorieusement rebâtie

 

34, 4. Isaïe dit encore au sujet de Jérusalem et de Celui qui y régnera : « Voici ce que dit le Seigneur : Heureux celui qui a une postérité dans Sion et une parenté dans Jérusalem ! Voici qu'un Roi juste régnera, et les princes gouverneront avec droiture (a). » Et à propos des préparatifs de sa reconstruction il dit : « Voici que je te prépare pour pierres de l'escarboucle et pour fondements du saphir ; je ferai tes créneaux de jaspe, tes portes de cristal et ton enceinte de pierres précieuses ; tous tes fils seront enseignés par le Seigneur, tes enfants seront dans une grande paix, et tu seras édifiée dans la justice (b). » Le même prophète dit encore : « Voici que je crée Jérusalem pour l'allégresse, et mon peuple pour la joie. Je serai dans l'allégresse au sujet de Jérusalem, et dans la joie au sujet de mon peuple. On n'y entendra plus désormais le bruit des lamentations ni le bruit des clameurs ; il n'y aura plus là d'homme frappé d'une mort prématurée, ni de vieillard qui n'accomplisse pas son temps : car le jeune homme aura cent ans, et le pécheur qui mourra aura cent ans et sera maudit. Ils bâtiront des maisons et eux-mêmes les habiteront ; ils planteront des vignes et eux-mêmes en mangeront les fruits. Ils ne bâtiront pas pour que d'autres habitent ; ils ne planteront pas pour que d'autres mangent. Car les jours de mon peuple seront les jours de l’arbre de vie : ils useront les ouvrages de leurs mains (c). »

 

a) Isaïe, XXXII, 1 ; 

b) Isaïe, LIV, 11-14 ;

c) Isaïe, LXV, 18-22.

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LA FIN DES TEMPS

FERNAND CROMBETTE

« LA RÉVÉLATION DE LA RÉVÉLATION »

TOME II, RÉF. 2.43, PAGE 28.

 

Or, tout cela est annoncé dans l’Apocalypse de saint Jean qui dit notamment, et presque textuellement comme Moïse : « Je vis descendre du ciel un ange qui avait la clef de l’abîme et une grande chaîne à la main ; et il prit le dragon, l’ancien serpent, qui est le diable et Satan et l’enchaîna pour mille ans [Cette première incarcération doit avoir lieu vers l’an 6.000 du monde]. Et l’ayant jeté dans l’abîme, il le ferma et le scella sur lui, afin qu’il ne séduisit les nations jusqu’à ce que les mille ans, après quoi, il doit être délié pour un peu de temps. … et après que les mille ans seront accomplis, Satan sera délié et séduira les nations. … Mais Dieu fit descendre du ciel un feu qui les dévora ; et le diable qui les séduisit fut jeté dans l’océan de feu et de soufre où la bête et le faux prophète seront tourmentés jour et nuit dans les siècles des siècles. … Et celui qui ne fut pas trouvé écrit dans le livre de vie fut jeté dans l’étang de feu (cf. le chapitre XX de l’Apocalypse, les versets 1, 2, 3, 7, 9, 10 et le chapitre XXI, 19). »

 

Fernand Crombette, « Joseph, Maître du monde et Maître Ès-Sciences », réf. 2.37, pp. 73-74 :

 

Car la magie était la force suprême qui commandait aux choses, aux êtres et aux dieux. Fable ? Oui, mais avec un grand fond de vérité, celui-ci : le spirituel, d’une part, s’impose au matériel, d’autre part, connaît des relations entre les hommes et les purs esprits qui dépassent le physique. Lorsque Moïse et Aaron, commissionnés par Dieu, frappèrent l’Égypte des deux premières des dix plaies, il est dit expressément que les magiciens d’Égypte firent la même chose avec leurs enchantements (1). Cependant la troisième plaie excédait leur science, et ils dirent au Pharaon : « C’est le doigt de Dieu qui agit ici. » Cet aveu implique que leur pouvoir n’était pas d’origine divine mais démoniaque ou psychique ; mais il n’en était pas moins réel. Il est difficile de fixer une limite à la puissance de l’homme spirituel sur les choses. Jésus dit un jour à ses disciples (2) : « Je vous le dis en vérité ; si vous aviez de la foi et que vous n’hésitiez pas … vous diriez à cette montagne : Ôte-toi de là et jette-toi dans la mer, cela se ferait. Et quoi que ce soit que vous demandiez dans la prière avec foi, vous l’obtiendrez. » Évidemment, Dieu peut tout et Il peut tout accorder à la prière de l’homme ; mais il n’y a pas que la puissance divine qui agisse merveilleusement, car Jésus dit encore en parlant des derniers temps (3) : « Et si ces jours n’avaient été abrégés, nul homme ne serait sauvé : mais ces jours seront abrégés en faveur des élus. Alors si quelqu’un vous dit : Le Christ est ici, ou il est là, ne le croyez point, car il s’élèvera de faux christs et de faux prophètes qui feront de grands prodiges et des choses étonnantes jusqu’à séduire, s’il était possible, les élus mêmes. » C’est ce que confirme saint Paul (4) : « Alors se découvrira l’impie, que le Seigneur Jésus détruira par le souffle et qu’il perdra par l’éclat de sa présence, qui doit venir accompagné de la puissance de Satan avec toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges trompeurs [5]. » Et saint Jean précise (6) : « Et je vis s’élever de la terre une autre Bête, qui avait deux cornes semblables à celles de l’Agneau, mais elle parlait comme le Dragon … et elle fit de grands prodiges, jusqu’à faire descendre le feu du ciel devant les hommes, et elle séduisit ceux qui habitent sur la terre, disant de faire une image à la Bête et de faire parler cette image et tuer tous ceux qui n’adoreraient pas l’image de cette Bête. » Ainsi la magie a un pouvoir réel et étonnant, et quand elle prétend animer une statuette d’argile ou de cire, elle ne fait pas autre chose que ce que feront l’Antéchrist et ses suppôts.

 

1) Cf. L’Exode, les chapitres VII VIII ;

2) S. Matthieu, XXI, 21-22 ;

3) Id., XXIV, 22-24 ;

4) IIe Épître aux Thessaloniciens, II, 8-9 ;

5) S. Irénée de Lyon, dans son traité « Contre les hérésies », Livre III, 7, 2, nous signale « que l’Apôtre use fréquemment d’inversions des mots à cause de la rapidité de ses paroles et de l’impétuosité de l’Esprit qui est en lui, on peut le constater en bien d’autres endroits ». Parlant de l’Antéchrist, S. Irénée nous fait remarquer qu’il convient de lire : « Et alors se révélera l’Impie, dont la venue s’accomplira, grâce à l’intervention de Satan, parmi toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers, lui que le Seigneur Jésus tuera du souffle de sa bouche et anéantira par l’éclat de sa venue. »

6) Apocalypse, XIII, 11, 13-15 ; cf. également les versets 2, 4-7 ; Psaume 90 de la Vulgate, verset 13 : « … et il (le Très-Haut) foulera le lion et le dragon. » S. Irénée, « Contre les hérésies », Livre III, 23, 7 : « Ce texte signifiait que le péché, qui se dressait et se déployait contre l’homme, qui éteignait en lui la vie, serait détruit, et avec lui l’empire de la mort, que serait foulé aux pieds par la postérité de la femme (cf. Genèse, III, 15 ; Apocalypse, XII, 9, 17-18 ), dans les derniers temps, le lion qui doit assaillir le genre humain, c’est-à-dire l’Antéchrist, et enfin que le Dragon, l’antique serpent, serait enchaîné et soumis au pouvoir de l’homme jadis vaincu, pour que celui-ci foule aux pieds toute sa puissance (cf. Apocalypse, XIX, 20 ; XX, 1-2). – Cf. Apocalypse, XIII, verset 11 (la Bête), verset 2 (le lion et le Dragon), verset 4 (le Dragon et la Bête), verset 5 (la Bête, paroles d’orgueil et blasphématoires, - durant 42 mois),  verset 6 (la Bête contre Dieu et son Royaume « sur la terre comme au ciel », « Pater Noster »), verset 7 (la Bête contre les saints et le monde entier), verset 8 (« Et tous l’adoreront », - l’Antéchrist dont le nom a été tu parce qu’il n‘était pas digne d’être proclamé par l’Esprit Saint, ''puisqu’en fait, note S. Irénée dans son traité « Contre les hérésies » (Livre V, 30, 4), citant le verset 8 du chapitre XIII de l’Apocalypse, ce nom « était et n’est plus, et qu’il monte de l’abîme pour aller à sa perte », comme s’il n’était jamais venu à l’existence : car on ne proclame pas le nom de ce qui n'est pas.'').

 

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Notre réponse au CESHE pour lui signaler

qu'il est tombé dans une hérésie notoire

et qu’il cesse de nous adresser leur

« Science et Foi » (cf. Ps.

90 : 7 et 13 (Vulg.) :

 

Messieurs (ou Mesdames) les responsables,

 

Nous vous seront gré de bien vouloir cesser de nous adresser votre numéro de « Science et Foi », car nous n’y retrouvons plus la pensée du catholique traditionnel dont Fernand Crombette se réclamait, mais plutôt des hérésies notoires qui auraient fait dresser sur la tête les cheveux de saint Irénée de Lyon. Il suffit d’ailleurs de lire le Préliminaire sur « La vérité des Écritures » du Livre III de son Traité « Contre les hérésies » pour en être convaincu et cette remarque de Fernand Crombette, écrivant dans le tome Ier de sa « Synthèse préhistorique et Esquisses assyriologiques : « Cette triple action [des trois Personnes divines] avait été déjà pressentie par un de ces Pères de l’Église dont la scolastique médiévale faisait si bon marché, saint Irénée, qui se révèle ici autrement profond que saint Thomas. »

Quant aux éloges des écrits de Maria Valtorta, nous ne pouvons qu’en être choqué. Voyez l’extrait suivant de « L’Évangile tel qu’il m’a été révélé : « Maria Valtorta, L’Évangile tel qu’il m’a été révélé, Tome 2e, Jésus tenté par le diable au désert : «  […] L'œil de Satan est un double poignard qui vous perce et vous brûle. Il s’approche de Jésus : “ Tu es seul ? ”. Jésus le regarde sans répondre. “ Comment es-tu arrivé ici ? Tu t’es perdu ? ” Jésus le regarde de nouveau et se tait. “ Si j’avais de l’eau dans ma gourde, je t’en donnerais. Mais je n’en ai pas. Mon cheval est crevé et je me dirige à pied vers le gué. Là je boirai et je trouverai quelqu’un qui me donne un pain. Je connais la route. Viens avec moi, je te conduirai. ” Jésus ne lève plus les yeux. “ Tu ne réponds pas ? Sais-tu que si tu restes ici tu vas mourir ? Déjà le vent se lève. Il va y avoir la tempête. Viens.”  Jésus serre les mains dans une muette prière. […] » [Tout le reste est de la même veine. Nous nous demandons comment il est possible de croire à de telles puérilités. Comme si les Saintes Écritures ne nous suffisaient pas ! Comment donc ont procédé les Pères de l’Église et tous les exégètes ? Les Exercices spirituels de saint Ignace, l’Imitation de Jésus-Christ et le traité Contre les hérésies de saint Irénée nous offrent trois exemples de poids. Aucun fervent catholique respectueux de la parole de Dieu ne peut se permettre d’ajouter (apponere) aux Écritures quoi que ce soit de son cru (cf. Apocalypse, 22 : 18).]

 

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Ephésiens, IV, 5 : Que chacun dise la vérité à son prochain.

 

C O P I E  A D R E S S É E  A U X  I G N O R A N T S  O U  A U X  I N S E N S É S

(Cf. Internet, Google : L’étrange pontificat du pape François.- Novus Watch)

 

Note du 27/04/14 :

 

Depuis la publication de cet article, ma position à l’égard de François a changé. La raison en est que Notre Seigneur pria pour la foi de Pierre et lui attribua pour mission de confirmer celle de ses frères :

 

« Simon, Simon, Satan vous a réclamés, pour vous cribler comme le froment. Mais j'ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille point ; et toi, quand tu seras converti, affermis tes frères.» (Lc. 22, 31-32)

 

Pie IX cite ces paroles de Notre Seigneur dans la Constitution Dogmatique Pastor Aeternus, du Concile du Vatican, le 18 juillet 1870 :

 

« Car le Saint Esprit n'a pas été promis aux successeurs de Pierre pour qu'ils fassent connaître, sous sa révélation, une nouvelle doctrine, mais pour qu'avec son assistance ils gardent saintement et exposent fidèlement la révélation transmise par les Apôtres, c'est-à-dire le dépôt de la foi. Leur doctrine apostolique a été reçue par tous les Pères vénérés, révérée et suivie par les saints docteurs orthodoxes. Ils savaient parfaitement que ce siège de Pierre demeurait pur de toute erreur, aux termes de la promesse divine de notre Seigneur et Sauveur au chef de ses disciples : ‘‘J'ai prié pour toi, pour que ta foi ne défaille pas ; et quand tu seras revenu, affermis tes frères’’. Ce charisme de vérité et de foi à jamais indéfectible a été accordé par Dieu à Pierre et à ses successeurs en cette chaire, afin qu'ils remplissent leur haute charge pour le salut de tous, afin que le troupeau universel du Christ, écarté des nourritures empoisonnées de l'erreur, soit nourri de l'aliment de la doctrine céleste, afin que, toute occasion de schisme étant supprimée, l'Église soit conservée tout entière dans l'unité et qu'établie sur son fondement elle tienne ferme contre les portes de l'enfer.»

 

Compte tenu de cette doctrine de foi catholique, enseignée par Notre Seigneur dans l’Ecriture Sainte et par le magistère solennel et infaillible de l’Eglise, il m’est désormais impossible de continuer à voir en François le vrai Successeur de Saint Pierre, le Souverain Pontife de l’Eglise Catholique, Apostolique et Romaine, le Vicaire de Notre Seigneur Jésus-Christ sur terre. Bien au contraire, j’estime qu’il s’agit d’un hérétique, d’un impie et d’un apostat, d’un ennemi acharné de Dieu, de sa Sainte Eglise et du salut des âmes.

 

I - La question de l’Islam.

 

Le 10 juillet 2013 François a adressé aux musulmans du monde entier un message de vœux pour la fin du ramadan. Il faut dire que jamais de telles salutations n’avaient eu lieu dans l’Eglise Catholique avant le Concile Vatican II. Et la raison en est très simple, et évidente pour tout catholique n’ayant pas encore complètement perdu son sensus fidei : c’est tout simplement parce que les actes des autres religions n’ont aucune valeur surnaturelle et que, objectivement considérés, ils ne peuvent que détourner leurs adeptes de la seule voie du salut : Notre-Seigneur Jésus-Christ.

 

Comment pourrait-on « collaborer » avec des gens qui travaillent activement pour instaurer des croyances et souvent des mœurs qui sont contraires à l’Evangile ? Et comment ne pas voir dans ce « dialogue » tant déclamé un véritable détournement de la seule attitude évangélique, qui est celle de l’annonce de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ, qui nous a dit très clairement ce qu’il nous incombe de faire en tant que disciples : « Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre. Allez et faites des disciples de toutes les nations, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à garder tout ce que je vous ai prescrit.» (Mt. 28, 18-20 ; Mc. 16, 15-16)

 

Dernier exemple en date de cette nouvelle mentalité œcuménique malsaine, syncrétiste et relativiste, condamnée par Pie XI en des termes solennels dans son encyclique Mortalium Animos en 1928 : Le 19 janvier, à l’occasion de la Journée mondiale des migrants et des réfugiés, François s’est adressé à une centaine de jeunes réfugiés dans une salle de la paroisse du Sacré-Cœur, à Rome, en leur disant qu’il faut partager son expérience de la souffrance, pour ensuite ajouter : « que ceux qui sont chrétiens le fassent avec la Bible et que ceux qui sont musulmans le fassent avec le Coran. La foi que vos parents vous ont inculquée vous aidera toujours à avancer.»

 

II. La question du Judaïsme.

 

La première lettre officielle de François, le jour même de son élection, fut adressée au grand rabbin de Rome. Ce fait laisse songeur. La toute première lettre de son pontificat, envoyée aux juifs ? Serait-ce du moins pour les appeler à se convertir et à reconnaître Jésus de Nazareth comme leur Messie et Sauveur ? Pas le moins du monde. Le « pape » y invoque la « protection du Très-Haut », formule convenue qui dissimule les divergences théologiques, pour que leurs relations progressent « dans un esprit d’entraide renouvelé et au service d’un monde pouvant être toujours plus en harmonie avec la volonté du Créateur.»

 

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Tout Pape légitime est toujours inclus dans le Canon de la Messe et un Pape apostat inclus dans le Canon annule la prétendue Messe et entraîne ipso facto l’hérésie et la damnation de ceux ou de celles qui y participent.

 

Catéchisme du Concile de Trente

Prières pendant la Messe

 

CANON :

 

Nous vous conjurons, au nom de Jésus Christ, votre Fils et Notre Seigneur, ô Père infiniment miséricordieux ! d’avoir pour agréable et de bénir l’Offrande que nous Vous présentons, afin qu’Il vous plaise de conserver, de défendre et de gouverner votre Ste Église Catholique avec tous les membres qui la composent, le Pape, notre Évêque, et généralement tous ceux qui font profession de votre sainte Foi.

 

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F I N

 

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POUR PARVENIR À UNE RÉSURRECTION DE VIE (CF. S. JEAN, V, 25, 28-29) - Le Présent éternel

 

 

 

25 novembre 2014 2 25 /11 /novembre /2014 10:29

La sainte Bible selon la Vulgate, 1902-2002, traduite en français et approuvée par l’Église, Nouvelle Édition, Éditions D.F.T., 2e trimestre 2002, p. 3011, Apocalypse de saint Jean (Révélation de Jésus-Christ), XX, 1-6, note « Règneront avec lui pendant mille ans » (verset 6) :

 

« D’après ce qui précède, nous pouvons nous figurer ce règne de mille ans, prélude de la gloire définitive, comme une réalisation plus complète de l’adveniat regnum tuum de l’oraison dominicale. […] Pendant les premiers siècles de l’Église [de l’Église primitive], le millénarisme fut conçu comme le retour glorieux de Jésus-Christ venant régner sur la terre avec ses saints pendant mille ans avant le jugement général [Ce que ne soutient pas saint Irénée, évêque de Lyon, qui ne parle que de « l’apparition de notre Seigneur » – cf. « Contre les hérésies », livre V, IIIe partie, 26, 1]. Cette attente était commune, nous pourrions dire populaire parmi les premiers fidèles (S. Papias, évêque de Hiérapolis, 110, S. Polycarpe, 69/70-155/156, évêque de Smyrne, S. Irénée, évêque de Lyon, 177,  S. Justin, martyr, S. Méliton, évêque de Sardes, Tertullien, etc.) ; elle les soutient et les console sous le feu de la persécution. [Hélas] [sic !] des hérétiques y mêlèrent des idées grossières qui la firent bien vite rejeter. De ce temps de S. Jérôme, [on pensa autrement] : c’est du haut du ciel avec ses Saints, non pas visiblement présent sur la terre, d’après saint Jean [d’après S. Jérôme !], doit régner pendant mille ans, et ce règne doit précéder le second avènement, sans se confondre avec lui. S. Augustin, après quelques hésitations, finit par voir dans le règne de mille ans toute la durée l’existence terrestre de l’Église (De Civitate Dei, XX, VII, 13). Bossuet le fait commencer avec Jésus-Christ et finir en l’an mille. D’autres le placent entre Charlemagne et la Révolution française [quelle cacophonie doctrinale !]. Nous pensons, avec Bisping, que le millénium n’a pas encore fait son apparition » (Chanoine Crampon, 1885). [Il convient également de signaler que dans cette même Bible traduite selon la Vulgate, à la page 1585, Isaïe, XI, note 6-9, le chapitre V, IIIe partie, 33, 4 : « Certains ne l’ignorent pas… », le traité de saint Irénée « Contre les hérésies » est cité pour prouver l’accomplissement de la promesse faite par Dieu aux Pères, afin que les fils d’Abraham aient part aux biens du Seigneur, lorsque « la terre sera rénovée ou restaurée en son état premier » (cf. S. Irénée, Contre les hérésies, livre V, 3e partie, 32, 1). — Pauvres théologiens qui se croient obligés de rejeter la doctrine catholique du millénarisme sous prétexte que des hérétiques n’ont vu que le côté matériel des choses, — qui existe pourtant bel et bien ! Les saints ci-dessus nommés feraient-ils également partie de ces hérétiques ? Avant la chute originelle, la Genèse ne nous révèle-t-elle pas que l’état de notre terre était différent de son état actuel (cf. Genèse, III, 17-19) ? Et cette « plaisanterie » dure depuis des siècles ! Si le fait de mésuser et/ou abuser d’une bonne chose constitue une raison suffisante pour la supprimer, pourquoi ne pas l’appliquer à la Bible elle-même qui a engendré une multitude d’hérésies ? L’abus d’une chose bonne en soi entraîne-t-il sa suppression ? Où va-t-on avec un principe pareil ? Ils font un tort infini à cette doctrine et en ont éloigné les catholiques, sous prétexte d’en détruire les abus. Le comble de cela, c’est d’oser écrire que pour la majorité des chrétiens du IIe siècle la venue du Règne glorieux et spirituel du Christ était imminente en citant saint Irénée, alors que celui-ci précise bien dans ses écrits que ce Règne ne se réalisera qu’au septième millénaire. Grâce à leur foi, les premiers chrétiens de l’Église primitive vivaient déjà dans l’espérance de leur résurrection sans avoir nécessairement besoin de savoir que ce monde voué au péché est destiné à être restauré dans son premier état, — ce dont ils devaient d’ailleurs se douter.]

 

Les âmes des martyrs ayant été « décapités pour le témoignage de Jésus et la parole de Dieu »  (a) et ayant « refusé d’adorer la Bête et son image » et de recevoir sa marque sur leur front (b) et jouissant par conséquent de la vision béatifique ou de la vie éternelle, n’avaient nul besoin d’une vie nouvelle, si ce n’est de reprendre possession de leur corps au septième millénaire et régner avec le Christ, « à la suite de son apparition » (c) période durant laquelle l’antique serpent, qui est le diable et Satan, sera enchaîné et notre terre renouvelée et rétablie dans son état premier (d). Il ne s’agit pas non plus de l’Église durant ses deux millénaires qui a pratiqué des exorcismes et connu par conséquent des âmes possédées du démon, ni des nations séduites ou fourvoyées par celui-ci. Toute autre explication contient une contradiction. L’Église primitive n’en doutait pas et saint Irénée, l’évêque de Lyon, au IIe siècle, nous en a donné tout simplement la confirmation et la démonstration dans son traité « Contre les hérésies » cité par le Catéchisme du Concile de Trente dans le Symbole des Apôtres, § IV, relatif aux « Caractères propres de l’Église : Unité ». Ce qui est écrit est écrit.

 

  1. Apocalypse ou Révélation de Jésus-Christ, 20 : 4 ; et cf. 1 : 2 ;
  2. Apocalypse, 20 : 4 ; 13 : 12-17 ;
  3. S. Irénée, « Contre les hérésies », V, 32, 1 ;
  4. Cf. Apocalypse, XII, 8-9 ; XX, 1-4 ; Actes, III, 17-22.

 

Paroles de la Ste Vierge adressées à Marie-Julie Jahenny (1850-1941) le 19 septembre 1896 : « Rappelez-vous mes graves paroles sur la montagne de la Salette. Le prêtre n’est plus humble et n’est plus respectueux. J’ai encore à mes yeux, dit la Sainte Vierge, la trace des larmes que j’ai répandues à pareil jour, en voulant apporter à mes enfants la bonne nouvelle, s’ils se convertissaient, mais la triste nouvelle s’ils persistaient dans leur iniquité. On a fait peu de cas de ce que j’ai révélé. Mes enfants, quand je me rappelle, depuis le jour où, sur la sainte montagne, j’ai apporté mes avertissements à la terre menacée... quand je me rappelle la dureté avec laquelle on a reçu mes paroles pas tous, mais beaucoup. Et ceux qui auraient dû les faire passer dans le cœur de mes enfants, avec une confiance immense et une pénétration profonde, ils n’en ont pas fait cas. Il les ont méprisées et, pour la plus grande part, ont refusé leur confiance. Eh bien ! je vous assure que toutes ces promesses, mes secrets intimes, vont se réaliser. » Cliquez sur : Les secrets de la Salette confirmés Par Marie-Julie Jahenny - MonSeigneur et monDieu et également sur : Nous comprenons et sur :  Dr Ezaguire

 

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IL Y A LÀ UNE LOGIQUE EXTRAORDINAIRE DANS LE PLAN DE DIEU QUE SAINT IRÉNÉE A MIS MAGISTRALEMENT EN VALEUR.

 

 

Création d’Adam et Ève : 4004 ans : « Devant Dieu, un jour est comme mille ans et mille ans comme un jour » (a). Apostasie perpétrée durant six mille ans (b) avec le déluge qui en fut la conséquence et la présence de l’antique Serpent. Les cinquième et sixième millénaires ou les deux premiers millénaires après la naissance de l’Église : maintien de la présence de l’antique Serpent (c), — ce qui est incompatible avec la résurrection des justes et le règne du Christ (d). Destruction de Jérusalem, conséquence de l’infidélité des Juifs et destruction de Rome, vers le début du septième millénaire, conséquence de celle des catholiques. La grande épreuve et le châtiment (e). Le Septième millénaire et le Règne du Christ en l’absence cette fois-ci de l’antique Serpent enchaîné (f). Fin du septième millénaire : Satan est relâché et séduit de nouveau les nations qui investissent le camp des saints (g). Les nations sont châtiées et Satan est jeté en enfer pour les siècles des siècles (h). La résurrection des morts et le jugement dernier (i). Huitième millénaire, descente du ciel de la Jérusalem nouvelle et avec en elle la gloire de Dieu le Père (j). Le don de l’immortalité et plus de larme, ni cri, ni douleur (k). Et, pour finir, sachons bien que, selon saint Irénée (l), « comme le disent les presbytres, “qui ont vu Jean, le disciple du Seigneur (m)”, c’est alors que ceux qui auront été jugé dignes du séjour du ciel y pénétreront, tandis que d'autres jouiront des délices du paradis, et que d'autres encore posséderont la splendeur de la cité ; mais partout Dieu sera vu, dans la mesure où ceux qui le verront en seront dignes. Telle sera la différence d'habitation entre ceux qui auront produit cent pour un, soixante pour un, trente pour un (n) : les premiers seront enlevés aux cieux, les seconds séjourneront dans le paradis, les troisièmes habiteront la cité : c'est la raison pour laquelle le Seigneur a dit qu'il y avait de nombreuses demeures chez son Père (o). Car tout appartient à Dieu, qui procure à chacun l'habitation qui lui convient : comme le dit son Verbe, le Père partage à tous selon que chacun en est ou en sera digne. C'est là la salle du festin en laquelle prendront place et se régaleront les invités aux noces (p) ».

Louée, honorée et servie soit la divine Trinité trois fois Sainte !

 

  1. Cf. II S. Pierre, III, 8 ; Psaumes, LXXXIX, 4. — Date confirmée par les travaux de Fernand Crombette, CESHE, Série R. 01 – C : « Chronologie biblique et Chronologie des Patriarches Antédiluviens » ;
  2. Cf. S. Irénée, « Contre les hérésies », V, 28, 2 ;
  3. Cf. S. Irénée, « Contre les hérésies », V, 28, 3 ; et 29, 1 (« la tromperie de six mille ans ») ;
  4. Cf. Apocalypse, XX, 2, 4-5 ; S. Irénée, « Contre les hérésies », 26, 1 et 2 ;
  5. Cf. Apocalypse, III, 10 ;
  6. Cf. Apocalypse, XX, 2 ;
  7. Cf. Ap., XX, 9 ;
  8. Cf. Ap., XX, 9-10 ;
  9. Cf. Ap., XX, 13 ;
  10. Cf. I Corinthiens, XV, 24 ; Ap., XXI, 10-11 ;
  11. Cf. Ap., XXI, 4 ;
  12. Cf. S. Irénée, « Contre les hérésies », V, 36, 1 et  2 ;
  13. Ibid., V, 33, 3 ;   
  14. Cf. S. Matthieu, XIII, 8 ; 
  15. Cf. S. Jean, XIV, 2 ; II Corinthiens, XII, 2 ; 
  16. Cf. S. Matthieu, XXII, 1-14.

 

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Où l’on voit l’exceptionnelle analyse de saint Irénée qui fait montre d’une lucidité unique en son domaine.

 

S. Irénée de Lyon, « Contre les hérésies », Livre III, 7, 1-2

 

Témoignage de Paul

 

7, 1. Mais, objectent-ils, Paul dit ouvertement dans sa seconde épître aux Corinthiens : «... chez qui le Dieu de ce siècle a aveuglé l'esprit des incrédules (a) », et ils en infèrent qu'autre est le « Dieu de ce siècle » et autre celui qui est au-dessus de toute Principauté et Puissance (b). Ce n'est pas notre faute, répondrons-nous, si des gens qui prétendent connaître les mystères qui sont au-dessus de Dieu ne savent même pas lire Paul ! Car, comme nous allons le montrer par plusieurs autres exemples, Paul use volontiers d'inversions de mots. Si donc, en se conformant à cette habitude de Paul, on commence par lire : «... chez qui Dieu », puis qu'après un arrêt et un bref intervalle on lise d'une traite le reste : « de ce siècle a aveuglé l'esprit des incrédules », on obtiendra le vrai sens, qui est celui-ci : « Dieu a aveuglé l'esprit des incrédules de ce siècle (c). » Et ce sens est indiqué par l'arrêt que l'on fait. Car Paul ne parle pas d'un « Dieu de ce siècle », comme s'il en connaissait un autre qui serait au-dessus de lui, mais il reconnaît d'abord Dieu pour « Dieu » et il parle ensuite des « incrédules de ce siècle », ainsi nommés parce qu'ils n'hériteront pas du siècle à venir (d), qui est celui de l'incorruptibilité (e). Comment Dieu a-t-il aveuglé l'esprit des incrédules ? C'est ce que nous montrerons d'après Paul lui-même dans la suite du traité, pour ne pas trop nous écarter maintenant de notre propos.

 

a) II Corinthiens, 4 : 4 ; 

b) Cf. Éphésiens, 1 : 21 ; Colossiens, 1 : 16 ;

c) Cf. I Corinthiens, 15 : 50 ;

d) Cf. S. Matthieu, 12 : 32 ; Éphésiens, 1 : 21 ; Hébreux, 6 : 5.

e) Cf. I Corinthiens, 15 : 53.

 

7, 2. Que l'Apôtre use fréquemment d'inversions de mots à cause de la rapidité de ses paroles et de l'impétuosité de l'Esprit qui est en lui, on peut le constater en bien d'autres endroits. C'est ainsi qu'il dit dans l'épître aux Galates : « Qu'est-ce donc que la Loi des œuvres ? Elle a été établie jusqu'à ce que vienne la postérité à laquelle avait été faite la promesse, édictée par le ministère des anges avec le concours d'un médiateur (a). » L'ordonnance de la pensée est la suivante : « Qu'est-ce donc que la Loi des œuvres ? Édictée par le ministère des anges avec le concours d'un médiateur, elle a été établie jusqu'à ce que vienne la postérité à laquelle avait été faite la promesse. » C'est bien l'homme qui interroge, et l'Esprit qui répond. Paul dit encore dans la seconde épître aux Thessaloniciens, parlant de l'Antéchrist : « Et alors se révélera l'Impie, que le Seigneur Jésus tuera du souffle de sa bouche et anéantira par l'éclat de sa venue, lui dont la venue s'accomplira, grâce à l'intervention de Satan, parmi toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers (b). » L'ordonnance de la pensée est celle-ci : « Et alors se révélera l'Impie, dont la venue s'accomplira, grâce à l'intervention de Satan, parmi toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers, lui que le Seigneur Jésus tuera du souffle de sa bouche et anéantira par l'éclat de sa venue. » Car ce n'est pas la venue du Seigneur que Paul dit devoir s'accomplir grâce à l'intervention de Satan, mais bien la venue de l'Impie, que nous appelons aussi l'Antéchrist. Si donc on ne fait pas attention à la manière dont on lit et si l'on néglige d'indiquer par des pauses de quelle personne Paul veut parler, on énoncera non seulement une incohérence, mais un blasphème, en donnant à entendre que la venue du Seigneur s'accomplira grâce à l'intervention de Satan ! De même donc que, dans des textes de ce genre, il faut faire sentir l'inversion des mots par la manière de lire et sauvegarder ainsi la suite de la pensée de l'Apôtre, de même, dans le cas vu plus haut, nous ne lirons pas : « le Dieu de ce siècle», mais nous commencerons à bon droit par appeler « Dieu » celui qui est Dieu ; puis nous entendrons : « les incrédules et les aveugles de ce siècle », ainsi nommés parce qu'ils n'hériteront pas du siècle à venir, qui est celui de la vie.

 

a) Galates, 3 : 19 ;

b) II Thessaloniciens, 2 : 8-9 ; cf. Apocalypse, 19 : 11-16.

 

FIN

 

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S. IRÉNÉE DE LYON RÉFUTE LE PSEUDO CONCILE VAT II (2/3) – - Le Présent éternel

 

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POUR PARVENIR À UNE RÉSURRECTION DE VIE (CF. S. JEAN, V, 25, 28-29) - Le Présent éternel

 

 

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27 octobre 2014 1 27 /10 /octobre /2014 16:27

 

Les fondements scripturaires du culte marial

ou d’hyperdulie

 

Une brève note :

 

Un blog annonçant « le temps de l’Antichrist » se permet d’avancer que la dévotion mariale ne s’impose pas aux chrétiens. Nous nous posons la question : Les nombreux messages mariaux que la Très Sainte Vierge a communiqués à travers le monde de la part de son Fils unique ne s’imposent-ils donc pas non plus ? Que fait-il, par exemple, des messages de La Salette et de Fatima qui se réfèrent aux derniers temps ? (a) Ce blog semble également ignorer l’existence du célèbre traité « Contre les hérésies » de saint Irénée, évêque de Lyon du IIe siècle, relatif aux derniers temps et à l’Antéchrist, traité d’autant plus important qu’il corrobore ce qu’il soutient. Une seule objection peut cependant lui être opposée lorsqu’il avance que des chrétiens seront enlevés sans préciser la nature de leur appartenance, alors que saint Irénée écrit (b) : « Et c’est pourquoi, à la fin, lorsque l’Église sera enlevée d’un seul coup d’ici bas, “il y aura, est-il dit, une tribulation telle qu’il n’y en a pas eu depuis le commencement et qu’il n’y en aura plus” (c) ». Or, l’Église dont il s’agit est l’Église romaine avec laquelle, « en raison de son origine plus excellente, doit s’accorder toute Église, c’est-à-dire les fidèles de partout » (d). Ce qui semble pas être le cas de ce blog dont la catholicité n’apparaît pas (e). Mais Dieu seul en est juge, connaissant le for interne de chacun de nous (f). Préparons-nous au retour du Règne glorieux et spirituel du Christ-Roi par la prière, le repentir de tous nos péchés, la pénitence et la réparation dans la mesure du possible (g). Nous sommes tous pécheurs (h) !

 

a) Cf. Mis de la Franquerie, « La Vierge Marie dans l’histoire de France », Ouvrage couronné par l’Académie Française, 1939) ; - b) S. Irénée, « Contre les hérésies », V, 29, 1 ; - c) S. Matthieu, 24 : 21 ; - d) S. Irénée, « Contre les hérésies », III, 3, 2 ; - e) Cf. S. Jean, 10 : 1 ; - f) Cf. S. Luc, 6 : 8 ; 9 : 47 ; - g) Cf. S. Luc, 12 : 40 ; 13 : 5, 23-24 ; 14 : 14 ; 21 : 36 ; S. Marc, 13 : 37 ; - h) Cf. Romains, 7 : 14 -24.

 

 

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Prière inspirée du manuscrit intitulé

L’Amour de la Sagesse éternelle de

St Louis-Marie Grignion de Monfort

 

Ô Marie immaculée, tabernacle vivant

de la Divinité, trône royal de Dieu,

communiquez-nous Jésus, la

 Sagesse éternelle, le fruit

de votre sein, dans sa

croix et par sa croix !

Ainsi soit-il.

 

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Cf. St François de Sales (1567 – 1622), Docteur de l’Église, le Traité de l’amour de Dieu, Livre VI, ch. XI, et l’Introduction à la vie dévote, Seconde partie, ch. XVIII, où l’on trouve un commentaire qui s’oppose absolument à celui de Gaston Bardet concernant le verset 2 du chapitre V du Cantique des Cantiques qui dit « Je dors, mais mon cœur veille », jusqu’à soutenir une entrée dans la quatrième demeure de Ste Thérèse aux musulmans, bouddhistes et autres, - ce qui nous a conduit au pseudo Concile Vatican II et à une apostasie universelle (cf. Gaston Bardet, « Je dors, mais mon cœur veille … », Librairie d’Art ancien et moderne, Paris, 1954, page 221 : Le serpent d’airain). Nous regrettons toutefois que St François de Sales ait pris une position catégorique en faveur de l’héliocentrisme de Galilée qui est cependant absolument contredite par les saintes Écritures (cf. Josué, X, 12-13 ; Isaïe, XXXVIII, 7-8 ; le Catéchisme du Concile de Trente, Du Symbole des Apôtres, § V, Créateur du ciel et de la terre : « Dieu affermit aussi la terre sur sa base, et par sa parole Il lui fixa sa place au milieu du monde. »).

 

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Sur la volonté de Dieu (doctrine qui rejoint celle de

St Alphonse de Liguori) :

 

Cf. également St François de Sales, le Traité de l'amour de Dieu, Livre XII, ch. X ("esclave de la volonté de Dieu").

 

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Sous la figure de la ville de Jérusalem (lieu de paix), la cité chère aux Juifs, nous pouvons voir également la pure et sainte cité de l'âme de la Mère de Dieu où demeurent les trois Personnes de la bienheureuse Trinité. Cette métaphore, qui porte l'image au-delà de sa réalité physique, s'impose au mystique, comme d'autres à tout être humain qui, par un transfert analogique, utilise fréquemment des symboles et des comparaisons pour exprimer des idées trop abstraites ou difficiles à saisir, voire mystérieuses et sciemment cachées, en partant de choses très concrètes tirées de la vie courante, à l'instar de Jésus pour exposer son Évangile ou sa Bonne Nouvelle. Tout homme a ses symboles. Le mathématicien a les siens, le poète également, de même le métaphysicien et le mystique, - et Dieu Lui-même ! C'est une question de pédagogie.

        Quant à nous, si nous voulons ne pas nous égarer en nous laissant conduire par nos points de vue un peu trop particuliers, voire partisans ou sectaires, il convient de nous rapprocher le plus possible du point de vue de Dieu, c'est-à-dire de Celui qui est la Voie, la Vérité et la Vie. Pour cela, il faut passer par bien des morts ou par de terribles épreuves. C'est le dépouillement du vieil homme et la mort à soi, car à l'instar de Jésus, notre Maître, nous sommes venus sur la terre pour faire la volonté de notre Père céleste, et non la nôtre. Notre Sauveur s'est expliqué maintes et maintes fois à ce sujet. L'apôtre Paul en parle souvent, lui qui ne voulait connaître que Jésus, et Jésus crucifié (1). Dieu ne nous demande que de le laisser accomplir en nous ce pour quoi il nous a créés. Et, mieux que nous, Il se chargera de notre purification, de notre illumination et de notre union avec Lui.

 

1/ Cf. Actes, XIV, 22 ; Romains, VII, 22 ; VIII, 12-13 ; Galates, II, 19-20 ; V, 16-17 ; I Corinthiens, II, 2, 6 ; III, 19 ; IX, 27 ; II Corinthiens, IV, 10 ; VII, 4 ; Éphésiens, IV, 21-24 ; Philippiens, III, 10 ; Colossiens, I, 24 ; III, 3 ; Ézéchiel, XXIV, 11 (tous ces textes sont à lire et à méditer).

 

S. Jean, XVII, 1, 4 :

 

"Père, l'heure est venue : glorifie ton Fils... Pour moi, je T'ai glorifié sur la terre, ayant achevé l'œuvre que Tu m'as donné à faire ; et maintenant, ô Père, glorifie-moi auprès de Toi de la gloire que j'avais auprès de Toi avant que le monde fût."

 

S. Matthieu, 3 : 13 (où l’on voit saint Jean-Baptiste qui se défendait d’être baptisé par Jésus) :

 

« Mais Jésus répondit à Jean : " Laisse-moi faire en ce moment ; car c’est ainsi qu’il nous convient de parfaire toute justice." »

 

S. Jean, 4 : 34 :

 

« Jésus leur dit [à ses disciples] : "Ma nourriture, c’est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé et de mener son œuvre à bonne fin". »

 

S. Jean, 19 : 30 (Jésus sur la croix) :

 

" Tout est accompli." [Par cette sixième parole prononcée sur la croix, Jésus nous révèle sa pleine conscience d'avoir laissé dans son Église terrestre ou militante un fondement assuré (1) jusqu'à son second avènement (2), ayant ainsi pleinement achevé son œuvre de rédemption du genre humain. Et ainsi la boucle est bouclée ou la rédemption du genre humain pleinement accomplie.]

 

1) S. Matthieu, 16 : 18-19 ;

 

2) Actes, 1 : 9-11.

 

Apocalypse, XXI, 5, 6 :

 

« Celui qui était assis sur le trône dit : “Voici que je rénove toutes choses.” [...] Puis il me dit : “Tout est accompli.” » [Le verset 6 confirme l'achèvement de l'œuvre de Dieu : Il ne se reprendra pas. Et cela est tout à fait compréhensible, parce qu'Il est Dieu et que rien ne peut par conséquent lui échapper, tous les moments du temps étant éternellement présents en Lui. Autrement dit : toute secte est vaine, car la possibilité de l'apostasie de l’Église ne peut même pas être envisagée.]

 

Hébreux, I, 1-2 :

 

« Bien des fois et bien des manières, Dieu avait parlé jadis à nos pères par les prophètes. En ces temps qui sont les derniers, il nous a parlé par le Fils, qu'il a établi héritier de toutes choses et par qui il a aussi créé les mondes. Lui, qui est le rayonnement de sa gloire et l'empreinte de sa substance, et qui soutient tout par sa parole puissante, nous a purifiés de nos péchés, puisqu'il est assis à la droite de la Majesté au plus haut des cieux. » [Ces versets nous apprennent également que le Fils, durant son passage sur la terre, nous a laissé l'essentiel de son Évangile ou de sa Bonne Nouvelle du salut.]

 

Psaumes, LXII (Vulgate LXI), 12 :

 

« Dieu a dit une chose, j'entendis doublement : La puissance est à Dieu. La grâce est à Toi, mon Seigneur, car tu rends à l'homme selon son œuvre. » [La parole de Dieu, selon le prophète David, peut désigner ou signifier deux choses parfaitement conciliables, l'une pouvant être le symbole de l'autre ou analogue à l'autre. — Cf. l’Apocalypse ou la Révélation de Jésus-Christ, 5 : 1.]

       

        À moins d'être de mauvaise foi ou spirituellement aveuglé par des passions désordonnées, on ne peut refuser que ce qui renferme en soi une contradiction évidente. N'y a-t-il pas dans le refus de ce qui n'est pas contradictoire quelque chose de semblable ou d'analogue au péché contre l'Esprit ?

 

S. Matthieu, XIII, 10-11 :

 

« Et les disciples s'étant approchés dirent à Jésus : “Pourquoi leur parles-tu en paraboles ?” Or il répondit et dit : “Parce qu'à vous il a été donné de connaître les mystères (1) du règne des cieux, mais qu'à ceux-là, cela n'a pas été donné.” » (Cf. aussi S. Luc, VIII, 9-10 ; S. Marc, 10-11.)

 

1/ Lat. : mysteria, gr. : musthria

 

S. Marc, IV, 33-34 :

 

« C'est avec beaucoup de paraboles de ce genre (1) qu'il donnait à la foule l'enseignement, dans la mesure où ils pouvaient l'entendre. Ils ne leur disaient rien sans user de paraboles, mais à ses propres disciples, il expliquait tout en particulier. »

 

1/ Paraboles du semeur, de la lampe, de la mesure, de la semence, du grain de sénevé, etc.

 

S. Jean, 16 : 12-13 :

 

« J'ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez les porter actuellement. Quand il viendra, lui, l'Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière ; car il ne parlera pas de lui-même, mais tout ce qu'il entend, il le dira, et il vous annoncera les choses à venir. »

 

Marie d'Agréda, La Cité mystique de Dieu, Première partie, Liv. deuxième, chap. XII : Où l'on découvre la vertu de tempérance qu'eut la très-sainte-Vierge, n° 592 :

 

« [...] il suffira de dire que la Mère du Verbe incarné aurait été prise pour plus qu'humaine, par la grandeur ineffable qui en rejaillissait, si la foi n'eût appris qu'elle était une pure créature, comme le sage d'Athènes saint Denis le déclara. »

 

S. Jean, 19 : 26 (Jésus sur la croix) :

 

« Jésus alors, voyant sa mère et, auprès d'elle, le disciple qu'il aimait, dit à sa mère : “Femme, voilà ton fils”. Puis il dit au disciple : “Voilà ta mère”. Et, à partir de ce moment, le disciple la prit chez lui. » [Cette révélation de l'évangéliste Jean nous autorise à conclure qu'il fut tout particulièrement favorisé de nouvelles lumières pour mieux connaître la Vierge Marie puisqu'il la servit comme sa mère tout le reste de la vie en restant le plus souvent possible à ses côtés. Notons, pour répondre à certaines personnes qui soutiennent que Marie n'a pas été toujours vierge en s'appuyant sur les évangiles selon Marc, ch. 6, v. 3, et Matthieu, ch. XII, vv. 56-57, qui parlent des 'frères' et des 'sœurs' de Jésus (1), que saint Jean n'aurait pas pris chez lui la Vierge Marie si celle-ci avait eu d'autres enfants. Ajoutons également que saint Joseph et son épouse avait fait vœu de chasteté, Joseph s'étant fait eunuque pour le Royaume céleste (2).]

 

1/ Joseph Ricciotti, Vie de Jésus-Christ, éd. Payot, Paris, 1954, p. 275, § 264 :

 

« Dans la Bible hébraïque déjà, les noms “hA cH” (xa), “frère”, et “hA cH W Th” (twxa), “sœur”, désignent souvent des parents à un degré beaucoup plus lointain que le frère ou la sœur, d'autant plus que, en hébreu ancien, on ne connaît pas de mot précis désignant exclusivement le cousin. C'étaient donc des cousins que les “frères” et les “sœurs” de Jésus. » (Cf. S. Jean, chap. VII, 3, 5, 10.)

 

R. P. Dom Prosper Guéranger (1805-1875), L’Année liturgique, La Passion et la Semaine sainte, Le mardi de la Semaine de la Passion, page 165 (Librairie Religieuse Oudin, 1905) :

 

« Ses frères (on sait que les Juifs étendaient le nom de frères à tous les parents en ligne collatérale), ses frères auraient voulu avoir leur part dans cette illustration vulgaire qu’ils désiraient pour Jésus (a). »

  1. Cf. l’Évangile selon saint Jean, chap. 7 : 3, 5, 10 ; S. Luc, 8 : 19 ; S. Marc, 3 : 31 ; 6 : 3 ; S. Matthieu, 12 : 46 ; 13 : 55.

 

2/ S. Luc, I, 26, 30 et 34 :

 

« Or, au sixième mois, l'ange Gabriel fut envoyé de la part de Dieu dans une ville de Galilée nommée Nazareth, à une vierge fiancée à un homme nommé Joseph, de la maison de David, et le nom de la vierge était Marie. [...] Et l'ange lui dit : “[...] Et voici que tu concevras et enfanteras un fils. Et tu l'appelleras du nom de Jésus. [...]” Or Marie dit à l'ange : “Comment en sera-t-il ainsi puisque je ne connais pas d'homme ?” » [La question de la Vierge Marie est curieuse, car elle connaissait bien Joseph puisqu'elle était fiancée à celui-ci, et, généralement, quand on s'engage à se marier conformément à la volonté de Dieu, c'est dans la perspective d'avoir des enfants, surtout chez les Juifs de l'époque. La Vierge Marie avait donc fait manifestement le vœu de chasteté avec l'agrément de Dieu dès qu'elle fut dans son Temple, c'est-à-dire à l'âge de quatre ans, selon la coutume juive contemporaine. Quant à saint Joseph, il devait lui aussi avoir fait très tôt le même vœu ; et Dieu ne lui aurait pas ordonné de se marier en lui choisissant une femme qui n'aurait pas correspondu à son vœu de chasteté. Dieu ne se contredit pas dans ses desseins. Outre cela, il est logique de soutenir qu'il y a une analogie de proportionnalité propre entre Dieu le Père et le Christ et entre la Vierge Mère et Jésus, car Dieu le Père engendre éternellement son Fils unique selon sa propre substance comme le Vierge Mère a engendré son Fils unique en lui fournissant également de sa propre substance sa nature humaine : Dieu a un Fils unique selon sa Divinité comme la très pure Marie a eu le sien selon son humanité, et ces deux substances sont liées hypostatiquement ou liées dans la même personne, qui se nomme le Verbe de Dieu et qui agit dorénavant au moyen de deux natures parfaites, l'une divine, qui est éternelle et qui vient du Père, et l'autre humaine, qui a eu un commencement temporel et qui vient de Marie. Toutes ces raisons fondées sur la Parole de Dieu nous permettent d'affirmer que la Vierge Marie n'a pu avoir elle aussi qu'un seul Fils qui se trouve être la deuxième Personne de l'immuable et insondable Trinité. On peut même dire que la Vierge Marie est la plus réelle des créatures après Dieu, puisqu'elle a donné l'être humain au Verbe éternel du Père, en qui toutes choses ont la vie, le mouvement et l'être (a). La notion véritable de l'être ne se trouvant que dans son acte final (son entéléchie), c'est-à-dire dans son plein achèvement, dans sa perfection ou dans son total accomplissement, on peut soutenir que cette notion s'applique éminemment ou par antonomase à la Vierge Marie en tant que Mère du Verbe incarné. La dévotion à l'égard de Marie ne peut donc que plaire souverainement à Dieu. Et qui s'obstine, malgré l'autorité de la Sainte Écriture, à ne pas reconnaître la bienheureuse Marie pour Mère risque bien de ne jamais parvenir à la claire vision de Dieu, car cette Reine des vierges est la Porte du ciel (b). Catholiques, n’oublions jamais que la Vierge Marie, l'Immaculée Conception, est la Fille bien aimée du Père, l'Épouse très fidèle du Saint-Esprit et la Mère de Dieu le Fils, et qu'à ce titre elle est l'image parfaite et le Sceau par excellence de la divine Trinité et que nous lui devons une dévotion dont saint Louis Marie Grignion de Montfort est le parangon !]

 

a/ Cf. Colossiens, I, 15-20 ; Actes, XVII, 28 ;

 

b/ Cf. Genèse, XXVIII, 12 ; S. Matthieu, V, 8 : "Heureux les cœurs purs, parce qu'ils verront Dieu." ; cf. S. Jean, II, 3.

 

S. Matthieu, I, 18 :

 

« Or, la naissance de Jésus-Christ arriva ainsi. Alors que Marie, sa mère, avait été fiancée à Joseph, il se trouva avant qu’ils eussent habité ensemble, qu’elle avait conçu par la vertu de l’Esprit-Saint. » [Ce passage de saint Mathieu attestant qu’avant que Joseph eût habité avec Marie prouve donc que celle-ci demeurait en sa virginité, ce qui n’avait pas échappé à saint Irénée (cf. «  Contre les hérésies », III, 21, 4. — « Quant au fait de repousser le mal afin de choisir le bien, ajoute judicieusement saint Irénée au sujet du verset 15 du célèbre chapitre VII d’Isaïe, c’est là, en revanche, le propre de Dieu. »).]

 

S. Matthieu, XIX, 12 :

 

" Et il y a des eunuques qui se sont eux-mêmes rendus tels à cause du Royaume des Cieux. Que celui qui peut comprendre, comprenne!"

 

S. Matthieu, I, 18 :

 

" Or, la génération de Jésus-Christ était telle que : Sa Mère Marie ayant été fiancée à Joseph, avant qu'ils eussent habité ensemble elle se trouva enceinte par la vertu du Saint-Esprit."

 

Genèse, 3 : 14 et 15 :

 

« L'Éternel Dieu dit au serpent : [...] “Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance : celle-ci t'écrasera la tête, et tu l'atteindras au talon.” »

 

Apocalypse, 12 : 1, 3, 4 et 5 :

 

« Un grand signe apparut dans le ciel : une Femme [...] Un autre signe apparut dans le ciel : un grand Dragon couleur de feu [...] Le Dragon [appelé Lucifer, l’antique serpent, le diable et Satan] se tint debout devant la Femme, afin de dévorer son enfant, dès qu'elle l'aurait enfanté. Elle enfanta un fils, un mâle qui doit “faire paître toutes les nations avec un sceptre de fer” (1). Et son enfant fut élevé vers Dieu et vers son trône (2). » [Nous pouvons observer que l’image laissée à Mexico 9 décembre 1531 par la Vierge de Guadalupe représentant sa victoire sur le Dragon confirme le chapitre XII de l’Apocalypse, sachant également qu’en langue indienne « guadalupe » signifie « écraser la tête du serpent » (cf. Genèse, chap. III, verset 15 ; Cantique des cantiques, 3 : 6 ; 4 : 7, 12-15 ; 6 : 9-10 ; 8 : 5.]  

 

1/ Psaumes, 2 : 7 et 9 :

 

« Je publierai le décret de l'Éternel : Il m'a dit : Tu es mon Fils ! C'est moi qui t'ai engendré aujourd'hui. Demande-moi et je te donnerai les nations en héritage, et pour possession les extrémités de la terre ; tu les briseras avec un sceptre de fer. Comme le vase d'un potier, tu les mettras en pièces. »

 

2/ Cf. Actes, 1 : 9 (l'Ascension de Jésus-Christ).

 

S. Jean, 21 : 15, 17 :

 

« Jésus dit à Pierre : “Pais mes Agneaux”. [...] pour la troisième fois [...] Jésus lui dit : “Pais mes Brebis”. » [La fonction pastorale de saint Pierre est ici soulignée intentionnellement par le Fils unique de Dieu.]

 

S. Matthieu, 10 : 34 :

 

« Ne pensez pas que je sois venu jeter la paix sur la terre ; je ne suis pas venu jeter la paix, mais le glaive. »

 

S. Luc, 19 : 12, 15, 27 (Parabole des mines et des talents) :

 

« Jésus dit donc : “Un homme de noble origine s'en alla vers un pays lointain, dans le dessein de recevoir la royauté et de revenir. [...] Et il advint lorsqu'il fut revenu et investi de la royauté, qu'il fit appeler ses serviteurs, auxquels il avait donné l'argent, afin de savoir quelles affaires ils avaient faites. [...] Quant à mes ennemis, ces gens qui ne voulaient pas que je règne sur eux, amenez-les ici et égorgez-les devant moi.” »

 

S. Jean, 18 : 37 :

 

« Pilate donc dit à Jésus : “Alors tu es Roi tout de même ?” Jésus répondit : “Tu le dis : Je suis Roi. Je suis né pour ceci, et je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Quiconque procède de la vérité, écoute ma voix.” »

 

Psaumes, 110, 1-2 :

 

" Oracle de l'Éternel à mon Seigneur : Assieds-toi à ma droite, jusqu'à ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied (1). L'Éternel étendra de Sion la sceptre de ta puissance : Domine au milieu de tes ennemis. "

 

1/ Texte cité par Jésus dans : S. Luc, 20 : 42-43 ; S. Marc, 12 : 36 ; S. Matthieu, 22 : 44.

 

Hébreux, 7 : 1, 3, 24, 26, 28 :

 

« Ce Melchisédek était roi de Salem, sacrificateur du Dieu Très-Haut [...] Il est sans père, sans mère, sans généalogie ; il n'a ni commencement de jours, ni fin de vie. [...] ... mais lui (Jésus), parce qu'il demeure éternellement, possède le sacerdoce non transmissible [sacerdoce qui se suffit à lui-même, parce qu'il n'a pas à être transmis, tout en pouvant être participé]. [...] C'est bien un tel souverain sacrificateur qui nous convenait : saint, innocent, immaculé, séparé des pécheurs, et plus élevé que les cieux [...] Cela il l'a fait une fois pour toutes, en s'offrant lui-même. La loi en effet établit comme souverains sacrificateurs des hommes sujets à la faiblesse ; mais la parole du serment postérieur à la loi a établi le Fils qui est parvenu pour toujours à la perfection. »

 

Isaïe, 66 : 7-8 :

 

« Avant d'être en travail, elle a accouché ; avant que les douleurs lui viennent, elle a donné le jour à un fils. Qui a jamais entendu rien de tel ? Qui a jamais vu rien de semblable ? Un pays peut-il naître en un jour ? Une nation est-elle enfantée d'un seul coup, que Sion, à peine en travail, ait enfanté ses fils ? »

 

Hébreux, X, 5-9 :

 

« C'est pourquoi, en entrant dans le monde, le Christ dit : “Tu n'as voulu ni sacrifice ni oblation ; mais tu m'as façonné un corps. Tu n'as agréé ni holocaustes ni sacrifices pour les péchés. Alors j'ai dit : Voici je viens, car c'est de moi qu'il est question dans le rouleau du livre, pour faire, ô Dieu, ta volonté (1).” »

 

1/ Psaumes, 40 : 7-8.

 

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FONDEMENTS SCRIPTURAIRES DU CULTE MARIAL. - 2 - Le Présent éternel

 

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POUR PARVENIR À UNE RÉSURRECTION DE VIE (CF. S. JEAN, V, 25, 28-29) - Le Présent éternel

 

27 octobre 2014 1 27 /10 /octobre /2014 10:29

S. Luc, II, 33-35 :

 

« Son père et sa mère étaient dans l'émerveillement de ce qui se disait de Jésus. Syméon les bénit et dit à Marie sa mère : “Vois ! Cet enfant doit amener la chute et le relèvement d'un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en butte à la contradiction, - et toi-même, un glaive te transpercera l'âme! - afin que se révèlent les pensées intimes d'un grand nombre”. »

Cf. Notre-Dame, Les Enseignements Pontificaux, Desclée & Cie, Éditeurs pontificaux, 1958

 

e) Pie XII, Encyclique Fulgens Corona, 8 septembre 1953.

 

f) Saint Jean Damascène, De imaginibus, III, 41 (P. G., 94, 1357.- R. J., 2373) :

 

« Nous ne vénérons, nous n'honorons du culte de latrie [ou d'adoration] que le seul Créateur et Artisan de l'univers, Dieu qu'on doit honorer de par sa nature. Nous vénérons aussi la sainte Mère de Dieu, non pas comme étant Dieu, mais comme étant la Mère de Dieu selon la chair [i.e. du culte d'hyperdulie ou de vénération inférieure à Dieu mais supérieure aux saints et aux anges]. En outre, nous vénérons les saints [du culte de dulie ou de simple vénération], comme étant les élus et les amis de Dieu et nous donnant accès auprès de Lui. »

 

S. Alphonse de Liguori, le « Grand Moyen de la Prière », ch. Ier, § 4 : Intercession de la Sainte Vierge :

 

« Dès l’instant que la Vierge-Mère conçut dans son sein le Verbe Divin, elle obtint, si j’ose ainsi parler, une certaine juridiction sur toute procession temporelle du Saint-Esprit » (Il convient de bien retenir que la bienheureuse Vierge est la « Fille bien-aimée du Père, la « Mère de Dieu de Fils », l’ « Épouse très fidèle du Saint Esprit » et notre médiation auprès de la Très Sainte Trinité.  

 

S. Irénée de Lyon, « Contre les Hérésies », III, 21, 5, Vraie teneur de la prophétie de l’Emmanuel, la Vierge issue de David :

 

21, 5. Les mots « Écoutez donc, maison de David (a) ! » donnent eux aussi à entendre que le Roi éternel que Dieu avait promis à David de susciter « du fruit de son sein (b) » est Celui-là même qui est né de la Vierge issue de David (c). Car c'est pour cela que Dieu lui avait promis un Roi qui serait « le fruit de son sein », — ce qui caractérise une Vierge enceinte, — et non « le fruit de ses reins » ni « le fruit de sa virilité », — ce qui est le propre d'un homme qui engendre et d'une femme qui conçoit de cet homme —. Ainsi donc, dans cette promesse, l'Écriture exclut le pouvoir générateur de l'homme ; bien mieux, elle n'en fait même pas mention, car Celui qui devait naître ne venait pas « de la volonté de l'homme (d) ». Par contre, elle pose et affirme vigoureusement l'expression « fruit du sein », pour proclamer par avance la génération de Celui qui devait naître de la Vierge. C'est ce qu'Élisabeth, remplie de l'Esprit Saint (e), a attesté en disant à Marie : « Bénie es-tu parmi les femmes, et béni est le fruit de ton sein (f) ! » Par ces paroles, l'Esprit Saint indique à qui veut l'entendre que la promesse faite par Dieu à David de susciter un Roi « du fruit de son sein » a été accomplie lorsque la Vierge, c'est-à-dire Marie, a enfanté. Ceux qui changent le texte d'Isaïe pour lire : « Voici que la jeune femme concevra en son sein (g) » et qui veulent que l'enfant en question soit le fils de Joseph, qu'ils changent donc le texte de la promesse qui se lit en David, là où Dieu lui promettait de susciter « du fruit de son sein (h) » une « Corne (i) » qui ne serait autre que le Christ Roi ! Mais ils n'ont pas compris ce texte, sans quoi ils auraient eu l'audace de le changer lui aussi.

 

a) Isaïe, 7 : 13 .- b) Cf. Psaumes, 131 : 11 .- c) Cf. S. Luc, 1 : 27 .- d) S. Jean, 1 : 13 .- e) Cf. S. Luc, 1 : 41 .- f) Cf. S. Luc, 1 : 42 .- g) Isaïe, 7 : 14 .- h) Cf. Psaumes, 131 : 11 .- i) Cf. Psaumes, 131 : 17 ; S. Luc, 1 : 69.

t l’ « Épouse du Saint-Esprit »).

 

Cantique des cantiques, III, 6 :

 

« Qu'est-ce qui monte du désert, comme une colonne de fumée, exhalant la myrrhe et l'encens, tous les aromates des marchands ? »

 

Ibid., VIII, 5, 6 :

 

« Qui est celle-ci qui monte du désert, appuyée sur son Bien-aimé ? [...] Car l'Amour est fort comme la mort... »

 

Ibid., 6 : 8 :

 

« Elle est unique, ma colombe, ma parfaite. »

 

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FONDEMENTS SCRIPTURAIRES DU CULTE MARIAL. - 4 - Le Présent éternel

 

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POUR PARVENIR À UNE RÉSURRECTION DE VIE (CF. S. JEAN, V, 25, 28-29) - Le Présent éternel

 

 

26 octobre 2014 7 26 /10 /octobre /2014 20:22

Instruction de la Reine du ciel.

 

641. Ma fille, vous pouvez tirer de la lumière que vous avez reçue dans ce chapitre une règle pour vous conduire dans les visions et les révélations du Seigneur; elle est renfermée en deux points. L'un consiste à les soumettre avec un cœur humble et sincère au jugement et à la censure de vos confesseurs et de vos supérieurs, demandant avec une vive foi au Très-Haut de les éclairer, afin qu'ils y découvrent sa sainte volonté et sa vérité divine, et qu'ils vous les enseignent en toutes choses. L'autre doit être dans votre intérieur, et il consiste à bien considérer les effets que les visions et les révélations y causent, pour les discerner avec prudence et sans tromperie; car la vertu divine qui opéré par elles vous enflammera dans le chaste amour du Très-Haut, et vous inspirera un profond respect pour lui, vous portera dans la connaissance de votre bassesse à avoir du dégoût pour la vanité mondaine, à souhaiter d'être méprisée des créatures, à souffrir avec joie, à aimer la croix et à la recevoir avec un cœur courageux et constant, à désirer les choses les plus humbles, à aimer ceux gui vous, persécutent, à craindre le péché, et à avoir même en horreur le plus léger, à aspirer au plus pur et au plus parfait de la vertu, à renoncer à vos inclinations, et à vous unir au souverain et véritable bien. Ce seront là les marques infaillibles de la vérité avec laquelle le Très-Haut vous visite par le moyen de ses révélations, en vous enseignant ce qu'il y a de plus saint et de plus parfait dans la loi chrétienne, dans son imitation et dans la mienne.

 

        642. Afin donc, ma très-chère fille, que vous mettiez en pratique cette doctrine que le Seigneur vous enseigne par un effet de son infinie bouté, tâchez de n'oublier jamais, ni de perde de vue les faveurs qu'il vous a faites, de vous l'avoir enseignée avec tant d'amour et de tendresse. Renoncez à toute sorte d'attache et de consolation humaine, aux plaisirs et aux appâts que le monde vous offre; résistez avec une forte résolution à tout ce que les inclinations terrestres demandent, quoique ce soit en des choses permises et petites; et après que vous aurez tourné le dos à tout ce qui est sensible, je veux que vous n'ayez de l'amour que pour les souffrances. Les visites du Très-Haut vous ont enseigné, vous enseignent et vous enseigneront cette science et cette philosophie divine; par ces mêmes visites vous sentirez la force du feu divin, qui ne se doit jamais éteindre dans votre cœur ni par aucun péché ni par la moindre tiédeur. Soyez sur vos gardes, préparez votre cœur et ceignez-vous de la force pour recevoir et pour opérer de grandes choses, et soyez ferme en la foi de ces instructions, en les croyant, les estimant et les gravant dans votre cœur avec une humble affection et un profond respect de votre âme, comme étant envoyées par la fidélité de votre Époux, et distribuées par moi , qui suis votre Maîtresse.

 

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LA CITÉ MYSTIQUE DE DIEU, Vénérable Mère Marie de Jésus, Abbesse du Monastère de l’Immaculée Conception de la ville d’Agréda (Espagne), 1602 - 1665, IIIe Partie, Livre 8e, chap. 7e

 

 

La bienheureuse Marie termine ses divers combats, triomphant glorieusement des démons, comme saint Jean le rapporte dans le chapitre douzième de son Apocalypse.

 

503. Pour mieux comprendre les mystères cachés de ce chapitre, il faut se rappeler ceux dont j’ai traité dans la première partie, livre premier, chapitres huitième, neuvième et dixième, où j’ai expliqué le douxième chapitre de l’Apocalypse tel qu’il m’a été découvert. Et non seulement alors, mais dans tout le cours de cette divine histoire, j’ai remis à cette troisième partie à décrire les combats que la bienheureuse Marie soutint contre Lucifer et ses démons, les victoires qu’elle remporta sur eux, et l’état dans lequel elle la laissa le Très-Haut après ces triomphes mystérieux tant qu’elle vécut encore dans sa chair mortelle (1). L’évangéliste saint Jean eut connaissance de tous ces vénérables secrets, et les renferma dans son Apocalypse (comme je l’ai déjà dit), particulièrement dans les chapitres douzième et vingt-unième, dont je répète les détails dans cette histoire, y étant obligée pour deux raisons.

 

1) Précisons que la bienheureuse Marie ayant été conçue sans péché, la mort n’avait aucun droit sur elle, mais qu’elle l’a choisie pour imiter son Fils dans son œuvre rédemptrice. – Cf. infra l’ « Instruction de la grande Reine du ciel », ch. XIX, § 742.

 

504. L’une des raisons est que ces mystères sont en si grand nombre et si sublimes, qu’on ne saurait jamais les approfondir et les développer entièrement, d’autant plus que l’évangéliste les a renfermés, comme le secret du Roi et de la Reine, dans des énigmes et des métaphores très obscures, afin qu’il n’y eût que le Seigneur même qui les expliquât quand il le jugerait à propos ; et en cela l’évangéliste suivit l’ordre de l’auguste Marie. L’autre raison est que, tout en consistant dans la résistance à la volonté et aux ordres du Dieu très haut et tout puissant, l’orgueilleuse révolte de Lucifer retomba, comme sur sa cause principale, sur notre Seigneur Jésus-Christ et sa très sainte Mère, à la dignité et à l’excellence desquels les anges apostats et rebelles ne voulurent point s’assujettir. Et quoique cette révolte ait donné lieu au premier combat qu’ils livrèrent dans le ciel à saint Michel et à ses anges, ils ne purent néanmoins le livrer alors au Verbe incarné et à sa Mère Vierge en personne ; ils ne luttèrent que préfigurativement avec l’image de la femme mystérieuse qui leur fut annoncée et manifestée dans le ciel avec les mystères qu’elle renfermait comme Mère du Verbe éternel qui devait prendre dans son sein la forme humaine. Et lorsque le temps arriva auquel ces admirables mystères s’accomplirent, et auquel le Verbe s’incarna dans le sein virginal de Marie, il fut convenable que ce combat se renouvelât avec Jésus-Christ et Marie en personne, et qu’ils triomphasent par eux-mêmes des démons, suivant la menace que le Seigneur lui-même leur avait faite, tant dans le ciel que dans le paradis terrestre, en disant qu’il mettrait une inimitié entre la femme et le serpent, et entre leurs postérités, afin qu’elle lui brisât la tête (1).

 

1) Gen., III, 15.

 

505. Tout cela fut accompli à la lettre en Jésus-Christ et en sa très sainte Mère : car saint Paul a dit que notre grand Pontife et Sauveur avait été, pour l’exemple, tenté par toutes choses sans péché : et il en arriva de même à l’égard de la bienheureuse Marie. Lucifer avait permission de les tenter après sa chute du ciel, ainsi que je l’ai dit dans le chapitre dixième de la première partie déjà citée. Et comme ce combat de l’auguste Marie correspondait au premier qui se donna dans le ciel, et qu’il fut pour les démons l’exécution de la menace qui leur fut faite par le signe qui les représentait, il était naturel que l’évangéliste saint Jean les décrivit dans les mêmes termes, et les renfermât sous les mêmes énigmes. Or, ayant expliqué ce qui regarde le premier combat, je dois déclarer ce qui se passa dans le second. Et quoique Lucifer et ses démons eussent été punis, lors de leur première rébellion, par la privation éternelle de la vision béatifique, et précipités dans l’enfer, ils furent encore, dans ce second combat, punis par des peines accidentelles, qui correspondaient à l’ardeur et à la violence avec lesquelles ils persécutaient et tentaient notre invincible Reine. La raison de ceci est qu’il est naturel à la créature, quand ses puissances obtiennent ce qu’elles désirent, de les sentir satisfaites à proportion de la vivacité avec laquelle elles le désiraient ; comme, au contraire, d’éprouver de la douleur et du déplaisir lorsqu’elles ne l’obtiennent point, ou qu’il leur arrive le contraire de ce qu’elles convoitaient et espéraient ; or les démons, depuis leur chute, n’avaient rien désiré avec tant de véhémence que de faire déchoir de la grâce Celle qui en avait été la médiatrice, pour la transmettre aux enfants d’Adam. C’est pourquoi ce fut pour les dragons infernaux un tourment incompréhensible de se voir vaincus, domptés, et hors d’espérance d’accomplir leurs désirs, et de réussir dans les desseins impies qu’ils avaient machinés pendant des siècles.

 

506. Pour les mêmes raisons et pour plusieurs autres, la divine Mère ressentit une joie singulière de ce triomphe, et de voir l’antique serpent écrasé. Pour la fin de la lutte et pour le commencement du nouvel état auquel elle devait être élevée après tant de victoires, son très saint Fils la prévint de faveurs si extraordinaires, qu’elles surpassent tout entendement humain et angélique. Et afin de faire comprendre une partie de ce qui m’en a été découvert, il faut que je fasse remarquer à celui qui lira cette histoire, que nos paroles et nos expressions sont toujours les mêmes, que nos facultés et notre capacité sont si bornées, que nous nous trouvons dans la nécessité de nous en servir pour expliquer les mystères surnaturels, ceux-ci et les autres, tant les plus sublimes, que ceux qui sont moins éloignés de notre portée ; mais, dans l’objet dont je parle, il y a une capacité ou étendue infinie, de sorte que le Tout-Puissant a pu élever la bienheureuse Vierge d’un état qui nous semble très sublime à un autre état plus haut, et de celui-ci à un autre encore plus éminent, et la confirmer de plus en plus en ce même genre de grâces, de dons et de faveurs : car la très pure Marie, étant elle-même tout ce qui n’est pas Dieu, renferme une étendue immense, et forme à elle seule une hiérarchie plus grande et plus élevée que tout le reste des autres créatures humaines et angéliques.

 

507. Or, tout cela supposé, je dirai comme je pourrai ce qui arriva à Lucifer jusqu’à ce qu’il fut vaincu par l’auguste Marie et par son adorable Fils, notre Sauveur. Le dragon et ses démons ne furent point entièrement désabusés par les victoires que j’ai rapportées dans le chapitre précédent, et à la suite desquelles notre invincible Pincesse les chassa et les précipita de la région de l’air jusqu’au fond de l’abîme ; ils ne le furent pas non plus par l’insuccès des sortilèges dont ils essayèrent par le moyen de ces femmes de Jérusalem. Mais, se doutant, dans son opiniâtre malice, qu’il ne lui restait que peu de temps pour user de la permission qu’il avait de tenter et persécuter la bienheureuse Vierge, l’ennemi entreprit de nouveau de compenser ce peu de temps qu’il présumait lui rester, par un surcroît de fureur et d’audace. En conséquence il alla d’abord trouver des hommes qu’il savait être plus versés dans l’art magique que les sorcières de Jérusalem, et leur donnant de nouvelles instructions, il les chargea d’ôter la vie à Celle qu’il regardait comme son ennemie. Ces ministres d’iniquité l’entreprirent plusieurs fois, se servant de divers maléfices, des plus violents et des plus efficaces. Mais il leur fut impossible de nuire le moins du monde à la santé et à la vie de la bienheureuse Mère, parce que les effets du péché ne pouvaient s’étendre sur Celle qui n’y eut aucune part, et qui était, à d’autres titres, privilégiée et au-dessus de tous les agents de la nature. Le dragon, voyant l’inutilité de toutes les tentatives qu’il avait faites avec tant d’obstination, maltraita d’une manière impitoyable les magiciens dont il s’était servi, le Seigneur le permettant, parce qu’ils le méritaient eux-mêmes par leur témérité, et afin qu’ils sussent à quel maître ils avaient affaire.

 

508. Lucifer, s’exitant lui-même à une nouvelle rage, assembla tous les princes des ténèbres, et, lorsqu’il leut eut exposé avec véhémence les raisons qu’ils avaient, depuis qu’ils avaient été précipités du ciel, de déployer toutes leurs forces et toute leur malice pour abattre cette femme, leur ennemie, qu’ils connaissaient déjà être Celle qui leur avait été représentée dans le ciel, ils résolurent d’aller l’attaquer tous ensemble dans sa retraite, s’imaginant que dans cette solitude ils la trouveraient, une fois ou l’autre, moins sur ses gardes, ou moins vigilamment protégée par Celui qui la défendait. Ils profitèrent aussitôt de l’occasion qui leur semblait favorable, et sortant presque tous de l’enfer pour cette entreprise, ils attaquèrent tous ensemble la bienheureuse Marie dans son oratoire. Ce combat fut le plus grand qui se soit jamais vu, et qui se verra avec une simple créature, depuis le premier qui se donna dans l’empyrée jusqu’à la fin du monde ; car celui-ci fut fort semblable au premier. Et pour comprendre quelle devait être la fureur de Lucifer et de ses démons, on n’a qu’à considérer le tourment qu’ils enduraient lorsqu’ils ne faisaient que s’approcher du lieu où était l’auguste Vierge, ou que la regarder, tant à cause de la vertu divine qu’ils sentaient en elle, qu’au souvenir des diverses victoires qu’elle avait remportées sur eux. Leur rage et leur envie prévalurent cependant sur leur honte et sur tous leurs maux, et les forcèrent à braver leurs propres supplices, à se jeter, pour ainsi dire, à travers les piques et les épées, pourvu qu’ils pussent se venger de notre grande Reine ; car ne point l’entreprendre était pour Lucifer un plus grand supplice que tout autre tourment.

 

509. Dans cette attaque, les esprits malins dirigèrent principalement leurs premiers efforts contre les sens extérieurs de la très pure Marie, et ils y mêlèrent des hurlements et des cris confus, remplissant l’air des phénomènes les plus étranges et d’un bruit effroyable, qu’il semblait que toute la machine du monde dût se briser, et, pour rendre ce spectacle plus épouvantable, ils prirent diverses figures visibles, les uns de démons d’une laideur horrible, les autres d’anges de lumière, et simulèrent entre les uns et les autres dans les ténèbres un combat acharné, sans qu’on en pût connaître la cause, ni ouïr autre chose qu’un affreux tumulte. Ils tâchaient, par cette tentation, de jeter la terreur et le trouble dans notre grande Reine. Et assurément toute autre créature humaine n’aurait pu la supporter sans perde la vie, eût-elle été sainte, si le Seigneur l’eût laissée dans l’ordre commun de la grâce ; car cet assaut se prolongea pendant douze heures entière.

 

510. Mais, au milieu de tout cela, notre auguste Maîtresse resta tranquille, sereine, immobile, aussi calme que si elle n’eût rien vu ni entendu ; elle ne montra aucun trouble, aucune émotion, aucune tristesse, et tout ce désordre infernal ne put ni altérer sa physionomie, ni lui faire faire un seul mouvement. Les démons assaillirent ensuite par d’autres tentations les puissances intérieures de l’invincible Mère, et répandirent alors tout leur venin diabolique au-delà de tout ce que je puis dire ; car ils firent leurs derniers efforts, se servant de fausses révélations, d’illusions, de promesses, de menaces, sans laisser aucun vertu qu’ils ne tentasse par tous les vices contraires, et par tous les moyens et toutes les manières que leur malice put inventer. Je ne m’arrête point à particulariser ces tentations, parce qu’ici les détails ne sont ni nécessaires ni convenables. Mais notre grande Reine les vainquit toutes avec tant de gloire, qu’en toutes les matières des vices elle fit des actes contraires et aussi héroïques qu’on peut l’imaginer, sachant qu’elle agissait toujours avec toute l’énergie de la grâce, des vertus et des dons qu’elle possédait dans l’état de sainteté où elle se trouvait alors.

 

511. Elle pria dans cette occasion pour tous ceux qui seraient tentés et affligés du démon, comme celle qui expérimentait la force de sa malice, et le besoin que l’on a du secours divin pour la surmonter. Le Seigneur lui promit que tous ceux qui l’invoqueraient dans les tentations dont ils seraient affligés, seraient défendus et protégés par son intercession. Les démons s’acharnèrent à la lutte jusqu’à ce qu’ils eurent épuisé toute leur malice contre la plus sainte des créatures. Et alors elle appela la justice de son côté, et pria le Seigneur de se lever et de juger sa cause, comme dit David (1), afin que ses ennemis fussent dissipés, et que ceux qui le haïssaient prissent la fuite en sa présence. Pour faire ce jugement, le Verbe incarné descendit du ciel dans le Cénacle et dans la retraite où était sa Mère Vierge, pour celle comme un Fils très doux et très tendre, pour les démons comme un juge très sévère, sur le trône de la souveraine Majesté. Il était accompagné d’une multitude innombrable d’anges, des anciens saints, d’Adam et Ève, de plusieurs patriarches et prophètes, de saint Joachim et de sainte Anne, qui se présentèrent et apparurent tous à la bienheureuse Vierge dans son oratoire.

 

1) Ps. LXXIII, 22 ; LXVII, 2.

 

512. La grande Dame adora son Fils et Dieu véritable prosternée avec toute la vénération qui lui était ordinaire. Les démons ne virent point le Seigneur, mais ils sentirent et reconnurent sa divine présence d’une manière différente, et, par la terreur qu’ils en eurent, ils essayèrent de fuir pour se soustraire à ce qu’elle leur annonçait. Mais le pouvoir divin les retint comme attachés avec de fortes chaînes, en la manière que l’on doit supposer qu’il peut lier les natures spirituelles, et le Seigneur mit le bout de ces chaînes entre les mains de de sa très sainte Mère [cf. Notre Dame de La Salette].

 

513. Tout à coup il sortit une voix du trône qui disait contre eux : « Aujourd’hui la colère du Tout-Puissant tombera sur vous, une femme descendante d’Adam et Ève vous brisera la tête (1), et la sentence qui fut prononcée dans le ciel et ensuite dans le paradis terrestre sera exécutée, parce que par votre désobéissance et votre orgueil vous avez méprisé l’humanité du Verbe et celle qui devait la lui  donner dans son sein virginal. » À l’instant la bienheureuse Marie fut relevée de terre où elle était, par le ministère de six des plus hauts séraphins qui entouraient le trône ; et l’ayant enveloppée d’une nuée toute resplendissante, ils la placèrent à côté du trône même de son très saint Fils. Et de son propre Être et de sa Divinté jaillit une splendeur ineffable qui la ceignit tout entière et qui la revêtit, comme si c’eût été le globe du soleil (2). La lune parut aussi sous ses pieds, marquant par là que l’auguste Vierge foulait toutes les choses terrestres et passagères, signifiées par les divers changements de cette planète. Ils lui mirent sur la tête un diadème ou une couronne de douze étoiles, symbole des perfections divines qui lui avaient été communiquées dans le degré possible à une simple créature. Elle paraissait être aussi grosse de la haute idée qu’elle avait au fond de son âme de l’Être de Dieu, et de l’amour qui y correspondait dans une juste proportion. Elle criait comme étant dans les douleurs de l’enfantement (3), parce qu’elle voulait faire participer toutes les créatures qui en étaient capables à cette idée de Dieu, à cet amour pour Dieu qu’elle avait conçus ; et elles y résistaient, quoiqu’elle le désirât avec une ardeur qu’elle témoignait par ses larmes et ses gémissements.

 

1) Gen., III, 15 ;

2) Apoc., XII, 1 ;

3) Ibid., 2.

 

514. Ce prodige si grand fut montré dans ce ciel tel qu’il avait été tracé dans l’entendement humain, à Lucifer, qui avait la forme d’un grand dragon roux, avec sept têtes, et dix cornes, et sept diadèmes sur ses têtes (1), marquant par cet horrible symbole qu’il était l’auteur des sept péchés capitaux, qu’il voulait les couronner dans le monde par les hérésies qu’il allait forger, et qui pour cela étaient représentés par sept diadèmes ; et que, par la subtilité et la force de ses artifices et de ses attaques, il avait presque détruit parmi les mortels la Loi divine réduite aux dix commandements, contre lesquels il s’armait de dix cornes. Il entraînait ainsi de sa queue la troisième partie des étoiles du ciel (2), qui figuraient non seulement le grand nombre d’anges apostats qui le suivirent dans sa désobéissance, mais aussi de fidèles qu’il a fait tomber du ciel de l’Église, et qui semblaient s’élever au-dessus des étoiles, soit par leur dignité, soit par leur sainteté.

 

1) Apoc., XII, 3 ;

2) Ibid., 4.

 

515. Lucifer gardait cette forme si monstrueuse, et ses démons avaient d’autres formes très diverses, mais toutes des plus épouvantables. Tous se tenaient en ordre de bataille devant l’auguste Marie, qui allait produire le fruit spirituel par lequel l’Église devait se perpétuer et se nourrir. Et le dragon attendait qu’elle enfantât ce Fils pour le dévorer, en tachant de détruire la nouvelle Église, par l’envie et la rage incroyable qu’il avait, de voir que cette femme coopérât si puissamment à l’établissement de l’Église, et parvînt à la remplir de tant d’enfants et de tant de grâces par la fécondité de ses mérites, de ses exemples et de ses intercessions, et à attirer après elle tant de prédestinés pour le bonheur éternel. Et nonobstant l’envie du dragon, elle mit au monde un enfant mâle qui devait gouverner toutes les nations avec un sceptre de fer (1). Cet enfant fut l’esprit infaillible et irrésistible de la même Église, qui, par la rectitude et la puissance de notre Seigneur Jésus-Christ, gouverne toutes les nations en justice ; il en est de même de tous les hommes apostoliques qui seront appelés, au jugement universel, à juger comme le Seigneur, avec le sceptre de fer de la divine Justice (2). Tout cela fut l’enfantement de la bienheureuse Marie, non seulement parce qu’elle enfanta Jésus-Christ, mais encore parce qu’elle enfanta par ses mérites et ses soins l’Église même à la sainteté et à la rectitude spirituelle, parce qu’elle la nourrit et l’éleva tant qu’elle vécut sur la terre, et enfin parce que maintenant et toujours elle la conserve et la maintient dans le même esprit fort avec lequel elle la fit naître, en continuant à assurer l’intégrité de la foi catholique et de la doctrine contre laquelle les portes de l’enfer ne prévaudront point (3).

 

1) Apoc., XII, 5 ;

2) Matth., XIX, 28 ;

3) Ibid., XVI, 18. – Cf. le Secret de Notre-Dame de La Salette délivré le 19 septembre 1846, apparaissant et pleurant à genoux puis se relevant avec deux chaînes et la Croix et ses instruments de torture autour du cou, comme si elle nous annonçait le septième millénaire décrit dès le début du XXe chapitre de l’Apocalypse en rejoignant ainsi un Ange descendu ciel tenant la clef de l’Abîme et une énorme chaîne pour enchaîner le Dragon, le Diable, Satan, afin qu’il cesse de fourvoyer les nations pour 1000 années, ― un temps qui donne aux paroles de la Mère de Dieu toute son extension en disant qu’elle s’était réservée le septième jour pour observer la sanctification du dimanche (cf. Les Nombres, XV, 32 et suiv. ; Catéchisme du Concile de Trente, ch. 38, Du troisième Commandement). 

 

516. Saint Jean dit que ce Fils fut enlevé vers Dieu et mis sur le trône de Dieu, et que la femme s’enfuit dans un désert où Dieu lui avait préparé une retraite pour y être nourrie pendant mille deux cent soixante jours (1). C’est que tous les fruits légitimes de cette incomparable femme, tant dans la sainteté commune de l’esprit de l’Eglise que dans les âmes particulières qu’elle engendra et qu’elle engendre comme son propre enfantement spirituel, tous arrivèrent au trône, où se trouve le fruit de l’enfantement naturel, qui est Jésus-Christ, dans lequel et pour lequel elle les engendre et les entretient. Quant au désert où la bienheureuse Marie se retira après ce combat, ce fut un état très sublime et plein de mystères dont je dirai quelques mots dans la suite ; et cet état est appelé désert, parce qu’elle est la seule de toutes les créatures qui y ait été élevée, et qu’aucune autre n’a pu l’obtenir ni y arriver. Ainsi elle s’y trouva seule, loin de toutes les créatures, comme je l’expliquerai ; elle y fut surtout seule pour le démon, qui ignorait ce mystère plus que tous les autres, et qui ne put plus la tenter ni la persécuter en sa personne. Et le Seigneur la nourrit dans cette solitude pendant mille deux cent soixante jours, tant qu’elle vécut dans cet état avant de passer à un autre.

 

1) Apoc., XII, 5 et 6.

 

517. Lucifer connut tout cela, parce que tout cela lui fut annoncé avant que cette divine Femme, ce signe vivant que lui et les démons regardaient, se dérobât à leur vue. Par cette connaissance il perdit entièrement l’espoir dans lequel son grand orgueil l’avait entretenu pendant plus de cinq mille ans, de vaincre Celle qui devait être la Mère du Verbe incarné. On peut par là comprendre jusqu’à un certain point quels étaient le dépit et le tourment de ce grand dragon et de ses démons, dépit d’autant plus violent, tourment d’autant plus affreux, qu’ils se voyaient domptés et enchaînés par la Femme, qu’ils avaient tant désiré faire déchoir de la grâce, et empêcher par leur furieux acharnement d’enrichir l’Église de ses mérites et de ses œuvres. Le dragon faisait tous ses efforts pour se retirer, et disait : « Ô Femme ! donnez-moi la permission de me précipiter dans l’abîme ; je ne puis demeurer en votre présence, et je ne m’y mettrai plus tant que vous vivrez dans ce monde. Vous avez vaincu, ô Femme ! vous avez vaincu, et je reconnais que vous être puissante en la vertu de Celui qui vous a choisie pour être sa Mère. Dieu tout puissant, punissez-nous par vous-même, car nous ne pouvons vous résister, et ne vous servez plus pour instrument d’une Femme qui est d’une nature inférieure à la nôtre. Sa charité nous consume, son humilité nous accable, elle est en tout un témoignage de votre miséricorde envers les hommes, et c’est ce qui nous tourmente plus que mille supplice. Allons donc, démons ! aidez-moi ; mais que pouvons-nous tous ensemble contre cette Femme, puisque avec toutes nos forces nous ne saurions nous en éloigner tant qu’elle ne voudra pas nous chasser de son insupportable présence ? Ô stupides enfants d’Adam ! pourquoi me suivez-vous, et pourquoi laissez-vous la vie pour la mort, la vérité pour le mensonge ? Quel aveuglement est le vôtre (c’est ce que j’avoue malgré moi), puisque vous avez de votre côté et en votre nature le Verbe incarné et cette Femme ? Votre ingratitude est plus grande que la mienne, et cette Femme m’oblige de confesser les vérités que j’abhorre de tout mon cœur. Maudite soit la résolution que j’ai prise de persécuter cette Fille d’Adam, qui me tourmente et m’opprime de la sorte ! »

 

518. Tandis que le dragon exhalait ces plaintes, le prince des milices célestes, saint Michel, apparut pour défendre la cause de la bienheureuse Marie et du Verbe incarné ; et il engagea un autre combat avec le dragon et ses sectateurs par les armes de l’intelligence (1). Saint Michel et ses anges disputèrent avec eux, et les convainquirent de nouveau de leur ancien orgueil, de la désobéissance qu’ils avaient commise dans le ciel, et de la témérité avec laquelle ils avaient persécuté et tenté le Verbe incarné et sa Mère, sur lesquels ils n’avaient nul droit, puisqu’ils étaient exempts de tout péché, de tout défaut et de toute imperfection. Saint Michel justifia les œuvres de la divine Justice, déclarant qu’elles étaient très équitables et irrépréhensibles en la punition de la désobéissance et de l’apostasie de Lucifer et de ses démons ; et les saints anges les anathématisèrent, leur intimèrent de nouveau la sentence de leur punition, et proclamèrent le Tout-Puissant Saint et Juste en toutes ses œuvres. Le dragon et les siens défendaient de leur côté la rébellion et l’audace de leur orgueil ; mais toutes leurs raisons étaient fausses, vaines et pleine de présomption et d’erreurs diaboliques.

 

1)  Apoc., XII, 7.

 

519. Il se fit un silence dans cette dispute, et le Seigneur des armées s’adressa en ces termes à la bienheureuse Vierge : « Ma Mère, ma bien-aimée, mon élue entre les créatures par ma Sagesse éternelle, pour être ma demeure et mon saint temple, c’est vous qui m’avez donné la forme d’homme, et qui avez réparé la perte du genre humain ; c’est vous qui m’avez suivi et imité ; vous qui avez mérité la grâce et les dons que je vous ai communiqués plus qu’à toutes mes créatures, et en vous ils n’ont jamais été oisifs et inutiles. Vous êtes l’objet digne de mon amour infini, la Protectrice, la Reine et la Maîtresse de mon Église. Vous avez ma commission et mon pouvoir, que, comme Dieu tout-puissant, j’ai mis à la disposition de votre très fidèle volonté. Servez-vous-en donc pour ordonner au dragon infernal de ne point semer dans l’Église, tant que vous y vivrez, l’ivraie des erreurs et des hérésies qu’il a inventées ; abattez son orgueil et brisez-lui la tête (1), car je veux que, pendant votre vie, l’Eglise jouisse de cette faveur par votre présence. »

 

1) Gen., III, 15.

 

520. La bienheureuse Marie exécuta cet ordre du Seigneur, et avec l’autorité d’une Reine elle imposa silence aux dragons infernaux, et leur défendit de répandre parmi les fidèles les faussetés qu’ils avaient machinées, et de pousser la témérité, pendant qu’elle serait sur la terre, jusqu’à vouloir séduire aucun des mortels par leurs dogmes et leurs doctrines hérétiques. Cela arriva de la sorte, quoique le serpent irrité eût l’intention, pour se venger de notre grande Reine, de répandre ce venin dans l’Église ; mais le Seigneur lui-même l’empêcha de le faire tant que la divine Mère y vécut, et l’enchaîna, à cause de l’amour qu’il avait pour elle. Après sa glorieuse mort, le Très-Haut laissa le démon agir, en punition des péchés des hommes pesés dans la balance de la divine Justice.

 

521. Ensuite, comme le dit saint Jean, le grand dragon, l’ancien serpent, appelé le démon et Satan, fut chassé avec ses anges de la présence de notre aguste Reine (1) ; il fut précipité sur la terre, où il eut une certaine liberté, comme si la chaîne avec laquelle il était lié avait été un peu allongée. Alors on entendit dans le Cénacle une voix qui fut celle de l’archange et qui disait : « Maintenant le salut de notre Dieu est affermi, et sa puissance et son règne, et la puissance de son Christ, parce que l’accusateur de nos frères qui les accusait jour et nuit a été précipité (2), et ils l’ont vaincu par le sang de l’Agneau, et par le témoignage qu’ils lui ont rendu, et pour lui ils ont méprisé leur vie jusqu’à souffrir la mort (3). C’est pourquoi, ô cieux ! réjouissez-vous, et vous qui les habitez. Malheur à vous, terre et mer, parce qe Satan est descendu vers vous dans une grande colère, sachant qu’il ne lui reste que peu de temps (4). » L’ange déclara par ces paroles qu’en vertu des victoires de la bienheureuse Marie et de elles de son Fils notre Sauveur, le royaume de Dieu, qui est l’Église, et les effets de la Rédemption du genre humain pour les justes étaient assurés. Il appela tout cela salut, règne et puissance de Jésus-Christ. Et l’ange ne se fit entendre que quand le combat fut terminé et quand le dragon fut vaincu et précipité dans la terre et dans la mer, parce que, si la bienheureuse Marie n’eût point vaincu le dragon infernal, cet impitoyable et puissant ennemi eût empêché les effets de la Rédemption ; et alors l’ange félicita les saints de ce que la grande Triomphatrice avait enfin brisé la tête et dissipé les dessein du démon qui calomniait les hommes, que le même ange appela frères par rapport à la nature spirituelle de l’âme, à la grâce et à la gloire qui établissent une espèce d’alliance entre nous et les esprits bienheureux.

 

1) Apoc., XII, 9 ;

2) Ibid., 10 ;

3) Ibid., 11 ;

4) Ibid., 12.

 

522. Les calomnies par lesquelles le dragon persécutait et accusait les mortels, étaient les illusions et les erreurs avec lesquelles il prétendait pervertir les commencements de l’Église évangélique ; et les raisons de justice qu’il alléguait devant le Seigneur consistaient en ce que les hommes, par leur ingratitude, par leurs péchés, et pour avoir ôté la vie à notre Sauveur Jésus-Christ, ne méritaient point le fruit de la Rédemption ni la miséricorde du Rédempteur, mais devait plutôt, en punition, être abandonnés dans leurs ténèbres et dans leurs péchés pour leur damnation éternelle. La très pure Marie répondit à tout cela comme une Mère très douce et très clémente ; elle nous mérita la foi et sa propagation, et l’abondance de toutes les miséricordes et de tous les dons qui nous ont été départis en vertu de la mort de son Fils, et dont ceux qui le crucifièrent, et les autres qui ne le reçurent point pour leur Rédempteur, s’étaient rendus indignes par leurs péchés. Mais l’ange avertit les habitants de la terre, avec une douloureuse compassion, de se prémunir contre les attaques de ce serpent, qui descendait vers eux dans une grande colère, parce qu’il crut sans doute qu’il lui restait peu de temps pour l’exercer, ayant connu les mystères de la Rédemption, le pouvoir de l’auguste Marie, et l’abondance des grâces, des merveilles et des faveurs avec lesquelles la primitive Église s’établissait ; car de tous ces événements il concluait que le monde finirait bientôt, ou que tous les hommes suivraient notre Seigneur Jésus-Christ, et se prévaudraient de l’intercession de sa Mère pour obtenir la vie éternelle. Mais, hélas ! les hommes ont été plus insensés et plus ingrats que le démon lui-même ne le pensait.

 

523. L’évangéliste, continuant l’exposition de ces mystères, dit que le grand dragon, se voyant précipité sur la terre, entreprit de poursuivre la Femme mystérieuse qui avait mis au monde un enfant mâle (1) ; mais que deux ailes d’un grand aigle lui furent données, afin qu’elle s’envolât au désert, au lieu de sa retraite, où elle est nourrie pendant un temps, des temps, et la moitié d’un temps, hors de la présence du serpent (2). C’est pourquoi le même serpent lança de sa gueule contre la Femme de l’eau comme un fleuve, pour l’entraîner s’il était possible (3). En ces paroles on découvre davantage la colère de Lucifer contre Dieu, contre sa Mère et contre l’Église ; car on voit que, de son côté, ce dragon est toujours dévoré par la même envie, enflé du même orgueil ; et il lui resta encore assez de malice pour tenter notre auguste Reine, s’il lui était resté assez de forces, et s’il avait pu se prévaloir de la même permission. Mais il ne l’avait plus pour la tenter ; c’est pourquoi l’évangéliste dit que deux ailes d’aigle lui furent données afin qu’elle s’envolât dans le désert, où elle est nourrie pendant les temps qui sont fixés dans ce chapitre. Ces ailes mystérieuses furent la Puissance ou la Vertu divine, que le Seigneur donna à la bienheureuse Marie pour voler et monter à la vue de la Divinité, et descendre de là vers l’Église, afin de distribuer aux hommes les trésors de la grâce, dont nous parlerons dans le chapitre suivant.

 

1) Apoc., XII, 13 ;

2) Ibid., 14 ;

3) Ibid., 15.

 

524. L’évangéliste ajoute que, dans cette solitude, dans ce désert, elle était hors de la présence du serpent, parce que dès lors le démon n’eut plus permission de la tenter en sa personne. Et le temps, les temps et la moitié d’un temps, font trois ans et demi, qui font, à quelques jours près, les mille deux cent soixante jours qui ont été marqués. La très pure Marie passa le reste de sa vie mortelle dans cet état et en divers autres que je rapporterai. Mais comme le dragon perdit l’espoir de la tenter, il jeta le fleuve de sa malice venimeuse après cette incomparable Femme (1). En effet, après la victoire qu’elle remporta sur lui, il se mit à tenter les fidèles avec de nouvelles ruses, et à persévérer par le moyen des Juifs et des Gentils ; et surtout après la mort glorieuse de notre grande Dame, il lâcha le torrent des hérésies et des fausses doctrines, qu’il tenait comme renfermées dans son sein. Et les menaces qu’il proféra contre la bienheureuse Vierge furent les guerres qu’il prétendit lui faire en persécutant les hommes, objet de sa tendresse maternelle, pour se venger de ce qu’il ne pouvait exercer sa rage sur la personne de cette puissante Reine.

 

1) Apoc., XII, 15.

 

525. C’est pour cette raison que saint Jean dit ensuite (1) que le dragon s’irrita contre la Femme et alla combattre ses autres enfants, qui gardent la Loi de Dieu, et rendent témoignage à Jésus-Christ. Et ce dragon s’arrêta sur la sable de la mer (2), c’est-à-dire au milieu des innombrables infidèles, des idolâtres et des juifs, d’où il fait la guerre à la sainte Église, outre celle qu’il fait secrètement en tentant les fidèles. Mais la terre ferme et stable qui est l’immutabilité de la sainte Église et son incontestable vérité catholique, secourut la mystérieuse Femme ; car elle s’entrouvit et engloutit le fleuve que le serpent lança contre elle (3). Et c’est ce qui arrive : puisque la sainte Église, qui est l’organe et la bouche du Saint-Esprit, a condamné et convaincu toutes les erreurs et toutes les sectes pernicieuses par les paroles et par la doctrine qui sortent de cette bouche, et que transmettent les divines Écritures, les conciles, les décisions, les docteurs et les prédicateurs de l’Évangile.

 

1) Apoc., XII, 17 ;

2) Ibid., 18 ;

3) Ibid., 16.

 

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FONDEMENTS SCRIPTURAIRES DU CULTE MARIAL. - 8 - Le Présent éternel

 

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POUR PARVENIR À UNE RÉSURRECTION DE VIE (CF. S. JEAN, V, 25, 28-29) - Le Présent éternel

 

F I N

 

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26 octobre 2014 7 26 /10 /octobre /2014 20:13

La claire vision qu'eut la très-sainte Vierge de l’essence divine.

 

        620. La première et la plus excellente fut la vision béatifique de l'essence divine, qu'elle vit plusieurs fois clairement étant voyageuse et en passant, dont j'ai déjà fait mention six commencement de cette histoire, et je continuerai de la faire dans la suite, selon les temps et les occasions auxquelles elle reçut ce suprême bienfait quant à la créature. Il y a des docteurs qui doutent si d'autres saints ont aussi vu en leur chair mortelle, clairement ou intuitivement, la Divinité; mais laissant à part les opinions des autres, je dis qu'on n'en peut pas douter à l'égard de la Reine du ciel, à qui l'on ferait injure de la mesurer par la règle commune des autres saints, puisque la Mère de la grâce reçut plusieurs faveurs qu'il ne leur était pas possible de recevoir; l'on peut dire pourtant que, de quelque manière que la chose se fasse, les voyageurs peuvent jouir de la vision béatifique comme en passant. La première disposition de l'âme qui doit voir la face de Dieu est la grâce sanctifiante en un degré très-parfait et fort extraordinaire; celle que l'âme très-sainte de Marie avait dès le premier instant de sa conception fut surabondante et avec une telle plénitude, qu'elle surpassait celle des plus hauts séraphins. La grâce sanctifiante doit être accompagnée, pour voir Dieu, d'une grande pureté dans les puissances, sans qu'il y en ait aucun reste ni le moindre effet du péché; et comme il serait nécessaire de laver et de purifier un vase qui aurait reçu quelque mauvaise liqueur jusqu'à ce qu'il ne lui eu restât ni senteur ni la moindre chose qu'il pat communiquer à une autre très-pure qu'on y voudrait mettre, ainsi l'âme se trouve infectée et souillée par le péché et par ses effets, principalement par les actuels. Et parce que tous ces effets la disproportionnent avec la souveraine bonté, il est nécessaire que pour s'unir à cette bonté par la claire vision et par l'amour béatifique, elle soit premièrement lavée et purifiée de telle sorte qu'il ne lui reste ni marque, ni senteur, ni saveur du péché, ni aucune habitude vicieuse, ni aucune inclination acquise par les vices. Cela ne se doit pas entendre seulement des effets et dés souillures que les péchés mortels laissent, mais aussi des véniels, qui causent à lime juste une laideur particulière, comme pour ainsi dire un cristal très-pur est terni et obscurci par le souffle qui le touche : ainsi tout cela se doit purifier et réparer pour voir Dieu clairement.

 

        621. Outre cette pureté, qui est comme une négation de souillure, si la nature de celui qui doit voir Dieu par la vision béatifique est corrompue par le premier péché, il en faut purger l'aiguillon ; de sorte que pour cette suprême faveur il doit être éteint ou lié comme si la créature ne l'avait point, parce qu’alors elle ne doit avoir aucun principe ni aucune cause prochaine qui l'inclinent an péché, ni à la moindre imperfection; car le libre arbitre doit être comme dans l'impossibilité pour tout ce qui répugne et à la sainteté et à la bonté souveraine. On connaîtra par là et par ce que j'en dirai dans la suite la difficulté de cette disposition pendant que l'âme vit dans une chair mortelle, et l'on avouera qu'il faut de très-sages précautions, beaucoup de prudence et de très-grandes raisons avant que de croire que l'on ait reçu une si haute faveur. La raison que j'y découvre est qu'il y a en la créature sujette au péché deux disproportions et deux distances immenses, étant comparée avec la nature divine. L'une de ces distances consiste en ce que Dieu est invisible, infini, un acte très-pur et très-simple, et la créature au contraire est corporelle, terrestre, corruptible et grossière. L'autre est celle qui est causée par le péché, qui s'éloigne sans mesure de la bouté souveraine, et cette disproportion est plus grande que la première ; c'est pourquoi toutes les deux doivent être ôtées pour unir ces extrémités si fort éloignées, lorsque la créature est mise dans la manière la plus sublime d'être unie à la Divinité, et qu'elle devient semblable à Dieu même en le voyant et en jouissant de lui comme il est (10).

 

(10) Joan., III, 2.

 

          622. La Reine du ciel avait cette disposition de pureté de péché ou d'imperfection en un plus haut degré que les anges, parce qu'elle ne fut atteinte ni du péché originel, ni de l'actuel, ni d'aucun de leurs effets; la grâce et la protection divine furent plus puissantes en elle pour cela que la nature dans les anges, par laquelle ils étaient exempts de contracter ces difformités; ainsi par cet endroit la très-sainte Vierge n'avait point la disproportion ni l'obstacle du péché qui pussent l'empêcher de voir la Divinité; et par un autre endroit; outre qu'elle était immaculée, sa grâce surpassait dans le premier instant de sa conception celle des anges et des saints, et ses mérites étaient proportionnés à la grâce, parce qu'elle mérita plus dans le premier acte que tous ensemble, par les plus sublimes et les derniers qu'ils firent pour arriver à la vision béatifique dont ils jouissent. Selon cette doctrine, s'il est juste de différer aux autres saints la récompense de la gloire qu'ils méritent jusqu'à ce que le terme de leur vie mortelle soit arrivé, et avec ce terme celui de la mériter, il ne paraît pas que l'on fasse contre la justice de ne prendre point cette loi avec tant de rigueur à l'égard de la très-sainte Vierge, et de croire que le souverain Maître exerça une autre providence envers elle, et qu'elle en reçut les effets pendant qu'elle vivait en la chair mortelle. L'amour de la très-sainte Trinité ne pouvait pas souffrir un si long retardement à son égard sans lui manifester clairement ses grandeurs dans de diverses rencontres, puisqu'elle méritait cette faveur au-dessus de tous les anges, des séraphins et des saints qui devaient jouir, et jouissaient avec moins de grâce et de mérites du souverain bien. Outre cette raison, il y en avait une autre de bienséance pour faire que la Divinité se découvrît clairement en elle, qui était parce qu'étant élue pour être Mère du même Dieu, elle connût par expérience et par jouissance le trésor infini de la Divinité, qu'elle devait revêtir d'une chair mortelle et porter dans son sein virginal, et qu'ensuite elle traitât son très-saint Fils comme vrai Dieu, ayant déjà joui de sa divine présence.

 

        623. Mais avec toute la pureté dont nous venons de parler, y ajoutant même la grâce sanctifiante, l'âme n'est pas encore avec tout cela proportionnée ni disposée pour la vision béatifique, parce qu'il lui manque d'autres dispositions et d'autres effets divins que la Reine du ciel recevait quand elle jouissait de ce bienfait; et toute autre âme que la sienne en aurait besoin avec plus de raison, si elle était assez heureuse que d'être destinée à cette faveur pendant sa vie mortelle. L'âme étant donc purifiée et sanctifiée domine j'ai déjà dit, le Très-Haut la retouche comme avec un feu très-spirituel, qui la renouvelle et la purge comme l'or dans le creuset, en la manière que les séraphins purifièrent Isaïe (11). Ce bienfait cause deux effets dans l'âme, l'un qui la spiritualise et qui sépare en elle (selon notre façon d'exprimer) la crasse et la rouille de son être et de l'union terrestre du corps matériel; l'autre qui remplit toute l'âme d'une nouvelle lumière , qui bannit je ne sais quelle obscurité et quelles ténèbres, comme la lumière de l'aube bannit celle de la nuit; et cette nouvelle lumière en prend possession et la laisse toute clarifiée et remplie de nouvelles splendeurs de ce feu. En suite de cette lumière l'âme reçoit d'autres effets, parce que si elle a ou qu'elle ait eu des péchés, elle les pleure avec une douleur et une contrition incomparable, parce qu'il n'y a aucune douleur humaine qui puisse arriver à celle-là, car tout ce qu'on peut souffrir en comparaison de ce qu'on souffre dans cette occasion, est fort peu pénible. On ressent incontinent après un autre effet de cette lumière qui purifie l'entendement de toutes les espèces des choses terrestres, visibles ou sensibles qu'il a reçues par les sens, parce que toutes ces images et ces espèces acquises par les sens disproportionnent l'entendement et lui servent d'obstacle pour voir clairement le souverain esprit de la Divinité. Ainsi il faut nettoyer et purger la puissance de ces fantômes et de ces représentations terrestres, qui l'empêchent non-seulement de voir Dieu 'intuitivement, mais de le voir même abstractivement, car l'entendement doit être aussi purifié pour cette vision.

 

(11) Isa., VI, 7.

 

        624. Comme il n'y avait point de péchés à pleurer en l'âme très-pure de notre Reine, ces illuminations et ces purifications causaient en elle les autres effets, commençant à élever et à proportionner sa propre nature, afin qu'elle ne fût pas si éloignée de la dernière fin, et qu'elle ne ressentît point les effets du sensible et de la sujétion du corps. Avec cela elles causaient aussi dans cette âme très-candide de nouveaux mouvements d'humiliation et de la propre, connaissance du néant de la créature, comparée avec le Créateur et avec ses faveurs, de sorte que son cœur enflammé se mouvait à plusieurs autres actes héroïques des vertus; et ce bienfait causerait à proportion les mêmes choses aux autres âmes, si Dieu le leur communiquait en les disposant pour les visions de sa Divinité.

 

        625. Nous pourrions avoir quelque sujet de croire, dans l'ignorance où nous sommes, que ces dispositions dont nous venons de parler suffisent pour arriver à la vision béatifique; mais cela n'est pas ainsi, parce qu'il y manque encore une autre qualité et un rayon plus divin avant que d'arriver à la lumière de gloire. Et, bien que cette nouvelle purification ne diffère point des autres , elle en est cependant distinguée dans ses effets, parce qu'elle élève l'âme à un autre état plus haut et plus serein, on elle sent avec une plus grande tranquillité une très-douce paix, qu'elle ne sentait point dans l'état des premières dispositions ni dans les autres purifications, parce qu'on ressent en elles quelque peine et quelque amertume des péchés si on les a commis; ou, si on ne les a pas commis, l'on se trouve du moins dans un dégoût des bassesses de la nature terrestre, et ces effets ne s'accordent point avec cette si grande proximité du souverain bonheur ou l'âme se trouve. Il me semble que les premières purifications servent pour mortifier la nature, et que celle-ci sert pour la vivifier et la guérir; et le Très-Haut agit en toutes comme le peintre qui dessine premièrement le portrait, ensuite il en fait l'ébauche, en lui donnant les premières couleurs, et après il lui donne les dernières, afin qu'il paraisse dans sa plus grande perfection.

 

        626. En suite de ces purifications, de ces dispositions et des effets admirables qu'elles causent, Dieu communique la dernière disposition, qui est la lumière de gloire, par laquelle l'âme est élevée, fortifiée et achevée d'être proportionnée pour voir Dieu et pour en jouir par la vision béatifique. La Divinité lui est manifestée dans cette lumière, car aucune créature ne la pourrait voir sans son secours; et comme il est impossible que la créature acquière cette lumière et ces dispositions par elle seule, c'est pour ce sujet qu'il est aussi impossible de voir Dieu naturellement, car tout cela surpasse les forces de la nature.

 

        627. L'Épouse du Saint-Esprit, la Fille du Père, et la Mère du Fils fut prévenue de tous ces avantages et de toutes ces beautés pour entrer dans le lit nuptial de la Divinité, quand elle jouissait, comme en passant, de sa vue et de sa jouissance intuitive. Et comme tous ces bienfaits répondaient à sa dignité et à ses agréments, c'est pour cela que ni les raisons ni les pensées créées (et encore moins celles d'une fille ignorante comme je le suis) ne les peuvent concevoir ai exprimer; ces illuminations étaient si hautes et si divines en nôtre Reine, que nous ne pouvons que les admirer; l'on est aussi dans une plus grande impossibilité de comprendre la joie que cette âme, qui surpasse en sainteté tous les séraphins et tous les saints ensemble, en ressentait. Que si l'on peut dire avec une vérité infaillible que les yeux n'ont point vu, ni les oreilles entendu, ni le cœur de l'homme conçu ce que Dieu a préparé aux moindres justes qui jouissent de sa vue (12), que sera-ce de ce que les plus grands saints en reçoivent? Et si le même apôtre qui nous appris cette vérité a avoué qu'il ne lui était pas possible de dire ce qu'il en avait entendu (13), qu'est-ce que pourra alléguer notre ignorance de la Sainte des saints, et de la Mère de Celui qui est la gloire des Saints ? Ce fut elle qui connut et découvrit, après l'âme de son très-saint Fils, qui était homme et vrai Dieu , le plus de mystères dans ces espaces immenses et dans ces secrets infinis de la Divinité ; elle eut plus de part que tous les bienheureux ensemble aux trésors infinis et aux grandeurs éternelles de cet objet inaccessible, que ni le principe ni la fin ne peuvent renfermer; ce fut là où cette Cité de Dieu fut réjouie et arrosée par le torrent de la Divinité, qui l'inonda par les impétuosités de sa sagesse et de sa grâce, qui la spiritualisèrent et la divinisèrent (14).

 

(12) I Cor., II, 9. — (13) Id., XII, 4. — (14) Ps., XLV, 5.

 

Vision abstractive de la Divinité dont jouissait la très-sainte Vierge.

 

        628. La seconde forme des visions de la Divinité qu'eut la Reine du ciel fut abstractive, qui est fort différente de l'intuitive, et lui est même fort inférieure; c'est pourquoi elle lui était plus fréquente, quoiqu'elle ne lui fût pas continuelle. Cette connaissance ou vision du Très-Haut n'arrive point eu ce qu'il se découvre immédiatement en lui-même à l'entendement créé, mais parle moyen de quelques espèces dans lesquelles il se manifeste : et, parce qu’il s'y trouve un milieu entre l'objet et la puissance, cette vue est très-inférieure par rapport à la vision claire ou intuitive; elle n'indique pas non plus la présence réelle, quoiqu'elle la contienne intellectuellement avec des qualités inférieures. Et, bien que la créature connaisse qu'elle approche la Divinité et qu'elle découvre en elle les attributs, les perfections et les secrets que Dieu lui veut montrer dans un miroir volontaire, néanmoins cette créature ne sent ni ne connaît point sa présence, ni elle n'en jouit pas entièrement.

 

        629. Ce bienfait est pourtant fort grand et fort rare; et; après celui de la vision intuitive, il est le plus grand : et, quoiqu'il n'ait pas besoin de la lumière de la gloire, mais seulement de celle qui se trouve dans les mêmes espèces, et qu'il n'exige pas aussi la dernière disposition et la purification qu'il faut avoir pour entrer dans cette lumière de gloire, néanmoins toutes les autres dispositions qui précèdent la claire vision doivent précéder celle-ci : parce que par elle l'âme entre dans les vestibules de la maison du Seigneur (15). Les effets de cette vision sont admirables, parce que, outre l'état qu'elle suppose en l'âme, la trouvant au dessus d'elle-même, elle l'enivre d'une douceur ineffable par laquelle elle l'enflamme de l'amour divin, la transforme en cet amour, et lui cause un oubli et un éloignement de tout ce qui est terrestre et d'elle-même; car alors elle ne vit plus en soi, mais en Jésus-Christ, et Jésus-Christ en elle (16). Outre cela, cette vision laisse en l'âme une lumière qui la conduirait toujours au plus haut de la perfection, qui lui enseignerait les chemins les plus assurés de l'éternité, et la rendrait comme le feu perpétuel du sanctuaire (17) et comme la lampe de la cité de Dieu (18), si elle ne la perdait par sa négligence, par sa tiédeur et par quelque péché.

 

(15) Ps. XXXV, 9. — (16) Gal., II, 20. — (17) Levit, VI, 12. — (18) Apoc., XXIII, 5.

 

        630. Cette vision divine causait ces effets et plusieurs autres en notre auguste Reine dans un degré si éminent; qu'il ne m'est pas possible d'exprimer ce que j'en conçois par nos termes ordinaires. L'on en pourra pourtant découvrir quelque chose, si ion considère le très-pur état de cette âme, où il n'y avait aucun empêchement de tiédeur, ni de péché, ni de négligence, ni d'oubli, ni d'ignorance, ni la moindre inconsidération; au contraire, elle était pleine de grâce, ardente eu amour, diligente dans ses exercices, continuelle dans les louanges du Créateur, prompte à le glorifier et toujours disposée, afin que son bras tout-puissant opérât en elle sans aucune résistance. Elle eut cette sorte de vision et de faveur dans le premier instant de sa conception, comme j’ai dit en son lieu et redit plusieurs fois dans le récit que j'ai fait de sa très sainte vie, et comme je le dirai encore dans la suite.

 

Visions et révélations intellectuelles de la très-sainte Vierge.

 

        631. La troisième sorte de visions ou révélations qu'eut la très-sainte Vierge fut intellectuelle. Et, bien qu'on puisse appeler la connaissance ou vision abstractive de la Divinité révélation intellectuelle, je donne néanmoins à cette connaissance un autre rang particulier, et plus haut, pour deux raisons. L'une, parce que l'objet en est unique et suprême entre les choses intelligibles; et ces révélations intellectuelles et plus communes, dont nous parlons ici, ont plusieurs et divers objets, parce qu'elles s'étendent sur les choses matérielles et spirituelles, et sur les vérités et les mystères intelligibles. L'autre raison est parce que la vision abstractive de l'essence divine est causée par des espèces très-hautes, infuses et surnaturelles de cet objet infini : mais la révélation commune, ou vision intellectuelle, quelquefois se fait par les espèces infuses dans l'entendement des objets révélés; et d'autres fois ces espèces infuses ne sont pas nécessaires pour ce qu'on y découvre, parce que les mêmes espèces qu'a la fantaisie ou l'imagination peuvent servir dans cette révélation; et par ces espèces l'entendement étant éclairé d'une nouvelle lumière ou vertu surnaturelle; peut entendre les mystères que Dieu lui révèle, comme il arriva à Joseph en Égypte (19), et à Daniel (20) en Babylone. David eut aussi cette sorte de révélation, qui est, après la connaissance de la Divinité, la plus noble et la plus assurée, parce que ni les démons ni les bons anges mêmes ne peuvent point répandre cette lumière surnaturelle dans l'entendement, quoiqu'ils puissent mouvoir les espèces par l'imagination.

 

(19) Gen., XL et XLI. — (20) Dan., I, II, IV, V.

 

        632. Cette espèce de révélation intellectuelle fut commune aux saints prophètes du vieux et du nouveau Testament, parce que la lumière de la prophétie parfaite qu'ils eurent se termine à l'intelligence de quelque mystère caché : sans cette intelligence ou lumière intellectuelle, ils n'eussent pas été parfaitement prophètes, ni ils n'eussent pas parlé prophétiquement. C'est pourquoi celui qui fait ou dit quelque chose prophétique (comme Caïphe et les soldats, qui ne voulurent point diviser là tunique de notre Seigneur Jésus-Christ (21), quoiqu'il fût mû comme eux par l'impulsion divine), celui-là ne serait pas parfaitement prophète, parce qu'il ne parlerait pas prophétiquement, c'est-à-dire par la lumière: ou intelligence divine.. Il est vrai que les saints prophètes et ceux qui le sont parfaitement, qu'on appelait Videntes ou Voyants, par la lumière intérieure par laquelle ils découvraient les secrets cachés, pouvaient aussi faire quelque action prophétique sans connaître tous les mystères que ces secrets renfermaient; mais en cette action ils n'eussent pas été si parfaitement prophètes qu'en celles auxquelles ils prophétisaient par l'intelligence surnaturelle. Cette révélation intellectuelle a plusieurs degrés dont il n'est pas nécessaire de parler ici; et, bien que le Seigneur la puisse communiquer toute seule, sans qu'elle soit accompagnée de.la charité et des vertus de celui qui la reçoit, néanmoins elle se trouve d'ordinaire avec elles comme elle se trouva dans les prophètes, les apôtres et les justes, lorsque ce divin Seigneur leur découvrait ses secrets comme à ses amis; la même chose arrive aussi quand les révélations intellectuelles sont pour le plus grand bien de la personne qui les reçoit, comme nous avons déjà dit. C'est pour cela que les révélations demandent une très-sainte disposition en l'âme qui doit être élevée à ces divines intelligences; car d'ordinaire Dieu ne les communique que quand l'âme est tranquille, pacifique, séparée des affections terrestres, et quand ses puissances sont bien ordonnées et disposées pour recevoir les effets de cette divine lumière.

 

(21) Joan., XI, 49; XIX, 24.

 

        633. Ces révélations intellectuelles furent en la Reine du ciel fort différentes de celles des saints et des prophètes, parce qu'elles lui étaient continuelles en acte et en habitude, quand elle ne jouissait pas des autres visions plus relevées de la Divinité. Outre que la clarté, l'extension de cette lumière intellectuelle et leurs effets furent incomparables en la très-sainte Vierge, parce qu'elle connut plus de mystères, de vérités et de secrets du Très-Haut que tous les saints patriarches, prophètes, apôtres, et plus même que tous les anges ensemble; et elle connaissait toutes ces choses avec plus de pénétration, de clarté, de fermeté et d'assurance. Par cette intelligence elle pénétrait depuis l'être de Dieu et ses attributs jusqu'à la plus petite de ses œuvres et de ses créatures, sans qu'il y eût aucune chose où elle ne connût la participation de la grandeur du Créateur, sa disposition et sa providence divine; de sorte qu'elle seule a pu dire avec assurance que le Seigneur lui manifesta les secrets et les mystères les plus cachés de sa sagesse, comme le prophète nous l'a assuré (22). Il n'est pas possible de raconter les effets que ces intelligences causaient en notre auguste Reine; toute cette histoire leur sert pourtant d'une ample déclaration. Elles sont d'une utilité admirable dans les autres Ames, parce qu'elles illuminent d'une manière très-relevée l'entendement, enflamment avec une ardeur incroyable la volonté, désabusent, détournent, élèvent et spiritualisent la créature : et il semble même quelquefois que le corps pesant et terrestre en est subtilisé et se trouve dans une sainte émulation avec l'Ame qui l'anime. La Reine du ciel eut dans ces sortes de visions un autre privilège dont je ferai mention dans le chapitre suivant.

 

(22) Ps., L, 8.

 

Visions imaginaires de la Reine du ciel.

 

        634. Le quatrième rang contient les visions imaginaires qui se font par des espèces sensitives, causées ou mues dans l'imagination ou fantaisie; elles représentent les choses d'une manière matérielle et sensible, comme une chose qu'on peut regarder, entendre, toucher et goûter. Les prophètes du vieux Testament manifestèrent sous cette forme de visions de grands mystères, que le Très-Haut leur révéla en elles, singulièrement Ézéchiel, Daniel et Jérémie; et saint Jean l'Évangéliste écrivit sous de semblables visions son Apocalypse. Ces visions sont inférieures aux précédentes par ce qu'elles ont de sensible et de corporel; c'est pourquoi le démon les peut contrefaire dans la représentation en mouvant les espèces de la fantaisie; mais, étant père du mensonge, il ne le saurait faire dans la vérité. Néanmoins on doit fort rebuter ces visions, et les examiner par la doctrine assurée des saints Pères et de nos docteurs, parce que, si le démon aperçoit quelque avidité dans les Ames qui pratiquent l'oraison et la dévotion, et si Dieu le lui permet, il les trompera facilement, puisque même les saints qui craignaient le danger de cers visions en ont été surpris par le démon transformé en ange de lumière, comme il est écrit dans leurs vies, tant pour notre instruction que pour nous faire tenir sur nos gardes.

 

        635. Où trouverons-nous donc ces visions et ces révélations imaginaires sans danger, avec, toute, sûreté et avec toutes les qualités divines, si ce n'est en la très-pure Marie, dont la lumière ne pouvait être obscurcie ni atteinte par la tromperie du serpent ? Ces sortes de visions furent fort fréquentes à notre Reine; parce quelle y découvrait plusieurs œuvres que faisait son très-saint Fils lorsqu'elle en était absente, comme nous le verrons dans la suite de cette histoire. Elle connut aussi par la vision imaginaire plusieurs autres créatures et mystères, dans des occasions où il était nécessaire qu'elle les découvrit, selon que la volonté divine le disposait. Comme cette faveur et les autres que recevait la Reine du ciel étaient ordonnées à des fins très-relevées, tant en ce qui regardait sa sainteté, sa pureté et ses mérites, que par rapport au bien de l'Église, dont la maîtresse et la coopératrice de la rédemption était cette grande Mère de la grâce, c'est pour cela que les effets de ces visions et de leurs intelligences étaient admirables, et toujours avec des fruits incomparables de la gloire du Très-Haut, et avec une augmentation de nouveaux dons et de nouvelles grâces en l'âme de la très-sainte Vierge. Je dirai dans la vision qui suit ce qui arrive ordinairement dans les autres âmes par celles-ci, parce qu'on doit faire un même jugement de ces deux sortes de visions.

 

Visions divines en formes corporelles que reçut la très-sainte Vierge.

 

        636. Le cinquième et le dernier degré des visions et des révélations est celui qu'on aperçoit par les sens extérieurs du corps, et c'est pour cela qu'on appelle ces visions corporelles, quoiqu'elles puissent arriver en deux manières. L'une qui est véritablement corporelle quand quelque chose de l'autre vie, comme Dieu, l'ange, le saint, ou le démon, ou l'âme, etc., apparaît à la vue ou à l'attouchement avec un corps réel et qui a une quantité; les anges, bons ou mauvais, formant alors par leur ministère et par leur vertu quelque corps aérien et fantastique, lequel, bien qu'il ne soit pas un corps naturel, ni ce qu'il représente, véritable, néanmoins est véritablement corps de l'air condensé, ayant ses dimensions de quantité. L'autre manière peut être impropre et comme abusant la vue, lorsque le corps qui paraît n'a point de quantité, mais seulement quelques espèces de ce corps et de sa couleur, etc., qu'un ange peut causer aux yeux en altérant l'air qui se trouve entre deux; et celui qui la reçoit croit voir quelque corps réel et présent, et cependant il ne voit que de seules espèces par lesquelles sa vue est altérée avec une tromperie imperceptible aux sens. Cette manière des visions qui trompent les sens n'est pas le propre des bons anges ni des apparitions divines, quoiqu'elle soit possible; la voix que Samuel entendit (23) en pouvait être une; mais le démon les affecte pour ce qu'elles ont de trompeur, singulièrement à la vue; et tant pour cette raison que parce que notre Reine n'eut pas ces sortes de visions, je traiterai seulement ici de celles qui étaient véritablement corporelles, et qui furent celles dont elle fut favorisée.

 

(23) I Reg., III, 4.

 

        637. L'Écriture sainte fait mention de plusieurs visions corporelles qu'eurent les saints et les patriarches. Adam vit Dieu représenté par un ange (24), Abraham par les trois anges (25), Moise par le buisson, et vit plusieurs fois le même Seigneur (26). Il s'en est trouvé d'autres, qui étaient pécheurs, qui en ont eu aussi plusieurs corporelles et imaginaires, comme Caïn (27), Balthazar (28), qui vit la main qui écrivait sur la muraille; des visions imaginaires, Pharaon (29) eut celle des vaches, et Nabuchodonosor celles de l'arbre et de la statue (30) ; et il y en a d'autres semblables dans l'Écriture sainte. D'où l'on peut connaître que pour ces visions corporelles et imaginaires la sainteté n'est pas requise en celui qui les reçoit. Il est vrai que celui qui a quelque vision imaginaire ou corporelle, sans en avoir la lumière ou quelque intelligence, n'est pas appelé prophète, ni ce n'est pas une révélation parfaite en celui qui voit ou reçoit les espèces sensibles, mais en celui qui en a l'intelligence, qui est nécessaire en la vision, selon Daniel (31); ainsi Joseph et le même Daniel furent prophètes, et non pas Pharaon, ni Balthazar, ni Nabuchodonosor. Et pour ce qui regarde la vision en elle-même, celle qui vient avec une plus grande et plus haute intelligence est plus relevée et plus excellente, bien que, par rapport aux apparences, celles qui représentent Dieu et sa très-sainte Mère soient plus grandes, et ensuite celles qui représentent les saints selon leurs différents degrés.

 

(24) Gen., III, 8. — (25) Id., XVIII, 1. — (26) Exod., III, 2. — (27) Gen., IV, 9. — (28) Dan., V, 5. — (29) Gen., XLI, 2. — (30) Dan., II, 1. — (31) Dan., X, 1.

 

        638. Il est constant que pour recevoir les visions corporelles par les sens, il faut qu'ils soient disposés. Pour les visions imaginaires, Dieu les envoie fort souvent dans des songes, comme il arriva à saint Joseph (31), le très-chaste époux de la très-pure Marie, aux rois mages (32), à Pharaon (33), etc. On en peut recevoir d'autres ayant l'usage des sens corporels, car en cela il n'y a aucune répugnance. Néanmoins, l'ordre le plus commun et le plus naturel à ces visions et sua intellectuelles est que Dieu les communique dans quelque extase ou ravissement des sens extérieurs, parce qu'alors toutes les puissances intérieures sont plus recueillies et mieux disposées pour l'intelligence des choses relevées et divines, quoique en cela les sens extérieurs aient coutume de causer moins d'empêchement pour les visions intellectuelles que pour les imaginaires, parce gaie les dernières sont plus proches de l'extérieur que les intelligences de l'entendement. C'est pourquoi quand les révélations intellectuelles se font par des espèces infuses, ou quand l’affection ne ravit point les sens, on y reçoit plusieurs fois, sans perdre ces sens, de très-hautes intelligences des mystères les plus grands et les plus relevés.

 

(31) Matth., I, 20. — (32) Id.. II, 12. — (33) Gen., XL, 2.

 

        639. Cela arrivait plusieurs fois, et presque ordinairement en la Reine du ciel; car bien qu'elle eût plusieurs ravissements pour la vision béatifique (ce qui est toujours nécessaire dans l'état de voyageurs) et qu'elle en eût aussi dans quelques visions intellectuelles et imaginaires; néanmoins, quoiqu'elle y eût fort souvent l'usage de ses sens, elle y reçut pourtant de plus considérables révélations et des connaissances plus sublimes que tous les saints et les prophètes dans leurs plus grands ravissements, où ils virent tant de mystères. L'usage des sens extérieurs n'était pas non plus un empêchement à notre grande Reine pour les visions imaginaires, parce que son noble cœur et sa sublime sagesse n'étaient point retardés par les effets d'admiration et d'amour qui ont coutume de ravir les sens dans les autres saints et dans les prophètes. Pour ce qui concerne les visions corporelles qu'elle eut des anges, nous en avons une preuve dans l'Annonciation du mystère de l'Incarnation que le saint archange Gabriel lui fit (34). Et bien que les évangélistes ne fassent aucune mention des autres qu'elle eut durant le cours de sa très-sainte vie, le jugement prudent et catholique ne les doit pas révoquer en doute, puisque la Reine du ciel et des anges devait être servie par ses sujets, comme nous le dirons dans la suite, en déclarant le continuel service que ceux de sa garde et plusieurs autres lui rendaient en forme corporelle et visible, et en une autre manière, comme on le verra dans le chapitre qui suit.

 

(34) Luc., I, 18.

 

640. Les autres âmes doivent être fort circonspectes, et se tenir sur leurs gardes dans ces sortes devisions corporelles, à cause qu'elles sont sujettes aux tromperies et aux illusions dangereuses de l'ancien serpent. Celle qui ne les désirera jamais évitera une bonne partie du danger. Que si l'âme se trouvant éloignée de ce désir et même des autres affections désordonnées, il lui arrive quelque vision corporelle ou imaginaire, elle doit être fort retenue à y ajouter foi et à exécuter ce que la vision lui demande; car ce serait une très-mauvaise marque et propre du démon de vouloir incontinent, sans précaution et sans conseil, lui obéir et lui donner créance : ce que les saints anges, qui sont maîtres en l'obéissance, en la vérité, en la prudence et en la sainteté, n'inspirent pas. L'on peut découvrir d'autres signes dans la cause et dans les effets de ces visions pour connaître leur sûreté, leur vérité ou leur tromperie; mais je ne m'arrête point sur ce sujet, pour ne me pas écarter de mon propos, et parce que je m'en remets aux personnes savantes dans les mystères de la théologie.

 

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POUR PARVENIR À UNE RÉSURRECTION DE VIE (CF. S. JEAN, V, 25, 28-29) - Le Présent éternel

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

26 octobre 2014 7 26 /10 /octobre /2014 19:43

Instruction que la Reine du ciel m'a donnée.

 

1137. Ma fille, tout ce que vous avez appris et rapporté dans ce chapitre renferme de grands enseignements et de profonds mystères, dont les mortels peuvent tirer les fruits les plus salutaires, s’ils les étudient avec attention. Vous devez en premier lieu remarquer, sans une imprudente curiosité, que, comme mon très-saint Fils est venu détruire les œuvres du démon (11) et le vaincre lui-même, afin d'affaiblir son empire sur les hommes, il fallait, selon Cette intention, qu'en le maintenant dans sa nature angélique, et dans la science habituelle qui répond à cette même nature, il lui cachât néanmoins, ainsi que vous l'avez indiqué ailleurs, beaucoup de choses dont l'ignorance devait servir à réprimer la malice de ce dragon de la manière la plus convenable à la douce et forte providence du Très-Haut (12). C'est pour cela que l'union hypostatique des deux natures divine et humaine lui fut cachée; et il se méprit tellement sur ce mystère, qu'il se perdit dans ses recherches, et ne cessa de changer d'opinion et de résolution jusqu'à ce que mon très-saint Fils permit au moment opportun qu'elle connût et qu'il sût que son âme divinisée avait été glorieuse dès l'instant de sa conception. Il lui cacha aussi quelques miracles de sa très-sainte vie, et lui en laissa connaître d'autres. La même chose arrive maintenant à l'égard de certaines âmes, et mon adorable Fils ne permet pas que l'ennemi connaisse toutes leurs œuvres, quoiqu'il pût naturellement les connaître; parce que sa Majesté les lui cache pour arriver à ses hautes fins en faveur des âmes. Mais plus tard elle permet ordinairement que le démon les connaisse pour sa plus grande confusion, comme il arriva dans les œuvres de la rédemption, lorsque, pour accroître son dépit et son humiliation, le Seigneur permit qu'il les connût. C'est pour cette raison que le dragon infernal épie avec tant de soin les âmes, pour découvrir non-seulement leurs œuvres intérieures, mais même les extérieures. Vous comprendrez par là, ma fille, combien grand est l'amour que mon très-saint Fils a pour les âmes, depuis qu'il est né et qu'il est mort pour elles.

 

(11) I Joan., III, 8. — (12) Sap., VIII, 1.

 

        1138. Ce bienfait serait plus général et plus continuel envers beaucoup d'âmes, si elles-mêmes ne l'empêchaient, en se rendant indignes de le recevoir et en se livrant à leur ennemi, dont elles écoutent les conseils pleins de malice et de perfidie. Et comme les justes, comme les grands saints, sont des instruments souples entre les mains du Seigneur, qui les gouverne lui-même, sans permettre qu'aucun autre les meuve, parce qu'ils s'abandonnent entièrement à sa divine Providence; il arrive au contraire à beaucoup de réprouvés qui oublient leur Créateur et leur Restaurateur, que, lorsqu'ils se sont livrés par le moyeu de leurs péchés réitérés entre les mains du démon, il les porte à commettre toute sorte de crimes et les emploie à tout ce que sa malice dépravée désire, témoin le perfide disciple et les pharisiens homicides de leur propre Rédempteur. Les mortels ne sauraient trouver aucune excuse dans cet horrible désordre; car comme Judas et les princes des prêtres usèrent de leur libre arbitre pour rejeter la proposition que le démon leur fit de cesser de persécuter notre Seigneur Jésus Christ, ils auraient pu à plus forte raison en user pour ne point consentir à la pensée que cet esprit rebelle leur donna de le persécuter, puisque pour résister à cette tentation ils furent assistés du secours de la grâce s'ils eussent voulu y coopérer; et pour s'obstiner dans leurs desseins sacrilèges, ils ne se servirent que de leur libre arbitre, et que de leurs mauvaises inclinations. Que si la grâce leur manqua alors, ce fut parce qu'elle leur devait être refusée avec justice, à eux qui s'étaient assujettis au démon, pour lui obéir dans tout le mal imaginable, et pour ne se laisser gouverner que par sa volonté perverse, en dépit de la bonté et de la puissance de leur Créateur.

 

        1139. Vous comprendrez par là que ce dragon infernal n'a aucun pouvoir pour porter les âmes au bien, et qu'il en a un grand pour les pousser au mal, si elles oublient le dangereux état où elles se trouvent. Et je vous dis en vérité, ma fille, que si les mortels y faisaient de sérieuses réflexions, ils seraient dans de continuelles et salutaires frayeurs; car dès qu'une âme est une fois tombée dans le péché, il n'est point de puissance créée qui puisse la relever ni empêcher qu'elle se précipite d'abîme en abîme, parce que le poids de la nature humaine, depuis le péché d'Adam , tend au mal comme la pierre à son centre, par l'effet des passions qui naissent des appétits concupiscible et irascible. Joignez à cela l'entraînement des mauvaises habitudes, l'empire que le démon acquiert sur celui qui pèche, la tyrannie avec laquelle il l'exerce, et alors, qui sera assez ennemi de lui-même pour ne pas craindre ce péril ? La seule puissance infinie de Dieu peut délivrer le pécheur, sa main seule peut le guérir. Et cela étant incontestable, les mortels ne laissent pas que de vivre aussi tranquilles et aussi insouciants dans un état de perdition que s'il ne dépendait que d'eux d'en sortir par une véritable conversion quand ils le voudront. Beaucoup de gens savent et avouent qu'ils sont incapables de se retirer sans le secours du Seigneur de l'abîme où ils sont; et cependant avec cette connaissance habituelle et stérile, au lien de le prier de les secourir, ils l'offensent et l’imitent de plus en plus, et prétendent que Dieu les attende avec sa grâce, jusqu'à ce qu'ils soient las de pécher ou qu'ils aient atteint le dernier terme de leur malice et de leur folle ingratitude.

 

          1140. Tremblez, ma très-chère fille, devant, ce danger formidable, et gardez-vous d'une première faute; car si vous y tombez, vous en éviterez plus difficilement une seconde, et votre ennemi acquerra de nouvelles forces contre vous. Sachez que votre trésor est précieux, que vous le portez dans un vase fragile (13), et qu'un seul faux pas peut vous le faire perdre. Les ruses dont le démon se sert contre vous sont grandes, et vous êtes moins adroite et moins expérimentée que lui. C'est pourquoi vous devez mortifier vos sens, les fermer à tout ce qui est visible, et mettre votre cœur à l'abri de la protection du Très-Haut, comme dans une forte citadelle, d'où vous résisterez aux attaques et aux persécutions de l'ennemi. Que la connaissance que vous avez eue du malheur de Judas, suffise pour vous faire redouter les périls de la vie passagère. Quant à la nécessité de m'imiter en pardonnant à ceux qui vous haïssent et vous persécutent, en les aimant, en les supportant avec une patience charitable, en invoquant pour eux le Seigneur avec un véritable zèle de leur salut, comme je le fis à l'égard du perfide Judas, je vous ai maintes fois donné les avis les plus pressants; je veux que vous vous signaliez dans la pratique de cette vertu, et que vous l'enseigniez à vos religieuses et à tous ceux que vous fréquenterez; car la patience et la douceur que mon très-saint Fils et moi avons exercées en toute sorte de rencontres, couvriront d'une confusion insupportable tous les mortels qui n'auront pas voulu se pardonner les uns aux autres avec une charité fraternelle. Les péchés de haine et de vengeance seront punis au jugement avec une plus grande indignation, et ce sont ceux qui, en la vie présente, éloignent davantage les hommes de la miséricorde infinie de Dieu, et qui les approchent de plus en plus de la damnation éternelle, s'ils ne s'en corrigent avec un profond repentir. Ceux qui sont doux envers leurs persécuteurs et qui oublient les injures, ressemblent particulièrement au Verbe incarné, qui ne cessait jamais de chercher les pécheurs, de leur pardonner et de leur faire du bien. L'âme qui l'imite en cela, puise à la source même de la charité et de l'amour de Dieu et du prochain, des dispositions et des qualités spéciales, qui la rendent merveilleusement alite et propre à recevoir les influences de la grâce et les faveurs de la divine droite.

 

(13) II Cor., IV, 7.

 

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ID., ibid., IIe partie, livre Ve, chap. XX

 

Lucifer assemble un conciliabule dans l’enfer pour y proposer de traverser les œuvres de notre Rédempteur Jésus-Christ et de sa très-sainte Mère.

 

        933. L'empire tyrannique de Lucifer n'était pas si paisible dans le monde après l'incarnation du Verbe, qu'il l'avait été dans les siècles précédents ; car dès lors que le Fils du Père éternel fut descendu du ciel, et eut pris chair humaine dans le sein virginal de la très-pure Marie, ce fort armé (1) sentit tout à coup l'action nouvelle, inconnue, énergique, d'une puissance supérieure qui le dominait et le terrassait, comme on l'a vu plus haut, il éprouva depuis la même chose lorsque l'Enfant Jésus et sa Mère entrèrent dans l'Égypte, comme je l'ai aussi marqué; et cette même vertu divine vainquit ce dragon dans plusieurs autres occasions par l'organe de notre grande Reine. Le souvenir de ces événements accrut l'étrange impression qu'il ressentit à la vue des couvres que notre Sauveur commença à opérer, et que nous avons racontées dans le chapitre précédent, et tout cela joint ensemble inspira des frayeurs extraordinaires à cet ancien serpent, et lui fit soupçonner la présence dans le monde d'une nouvelle et redoutable puissance. Mais comme ce mystère de la rédemption du genre humain lut était si caché, il se démenait dans sa fureur et dans ses doutes, sans pouvoir découvrir la vérité, quoique depuis sa chute du ciel, il n'eût cessé de chercher dans des alarmes continuelles, à connaître quand et comment le Verbe éternel descendrait pour prendre chair humaine; car c'était ce que l'orgueil du rebelle craignait le plus. Et ce fut cette inquiétude qui le força à convoquer toutes les assemblées que j'ai indiquées dans cette histoire, et que j'indiquerai dans la suite.

 

(1) Luc., XI, 21.

 

        934. Or, cet ennemi se trouvant rempli de confusion pour ce nui arrivait et à lui et à ses ministres par Jésus et Marie, se mit à se demander par quelle vertu ils le repoussaient, lorsqu'il tâchait de séduire les malades et les agonisants, et à réfléchir aussi sur les autres choses qui arrivaient par le secours de la Reine du ciel; et comme il ne parvenait point à eu découvrir le secret, il résolut de conseiller ses principaux ministres des ténèbres qui, étaient les plus consommés en ruse et en malice. Il poussa un hurlement horrible dans l'enfer, tel que les démons emploient pour se faire entendre entre eux, et par ce cri il les convoqua tous, comme lui étant subordonnés; et quand ils furent tous assemblés, il leur dit : «  Mes ministres et mes compagnons, qui avez toujours suivi ma juste rébellion, vous savez que dans le premier état où le Créateur de toutes choses nous avait placés, nous le reconnûmes pour la cause universelle de tout notre être, et que, comme tel, nous l’honorâmes; mais lorsqu'il nous ordonna, au préjudice de notre beauté et de notre grandeur, qui a un si grand rapport, avec sa Divinité, d'adorer et de servir la personne du Verbe en la nature humaine qu'il voulait prendre, nous résistâmes à sa volonté; car quoique j'avouasse que je lui devais cet honneur comme Dieu, comme homme, d'une nature vile et si inférieure à la mienne, je ne pus souffrir de lui être soumis, et je me plaignis de voir que le Très-Haut ne fit pas pour mol ce qu'il déterminait de faire pour cet homme. Il ne nous commanda pas seulement de l'adorer, mais il nous ordonna aussi de reconnaître pour notre supérieure une femme qui devait être une simple créature terrestre, et qu'il devait choisir pour être sa mère. Je ressentis ces injures aussi bien que vous; nous nous y opposâmes et résolûmes de résister à cet ordre, et c'est pour cela que nous fûmes punis par le malheureux état où nous nous trouvons, et par les peines que nous souffrons. Quoique nous connaissions ces vérités, et que nous les confessions ici avec terreur entre nous (2), il ne faut pas pourtant le faire devant les hommes; et c'est ce que je vous prescris, afin qu'ils ne puissent pas connaître notre ignorance, non plus que notre faiblesse.

 

(2) Jacob., II, 19.

 

        935. « Mais si cet Homme-Dieu qu'on attend, et sa mère doivent causer notre ruine, il est certain que leur venue au monde sera notre plus cruel tourment et le sujet de notre plus grande rage; c'est pour cela que je dois faire tous mes efforts pour l'empêcher et pour les détruire, quand même il me faudrait bouleverser tout l'univers. Vous savez combien jusqu'à présent j'ai été invincible, puisqu'une si grande partie du monde est soumise à mon empire et à ma volonté, et trompée par mes ruses. Je vous ai pourtant vus depuis quelques années repoussés et domptés en plusieurs occasions; je vois que vos forces s'amoindrissent, et moi-même je subis l'influence d'une puissance supérieure, qui m'intimide et en quelque sorte m'enchaîne. J'ai parcouru plus d'une fois avec vous tous les recoins de la terre, pour tâcher d'y découvrir le fait nouveau auquel on pourrait attribuer cet affaiblissement et cette oppression que nous sentons. Je ne crois pas que ce Messie promis au peuple choisi de Dieu ait paru, car non-seulement nous ne le trouvons en aucun endroit du monde, mais aucun indice certain ne semble annoncer sa venue; nous ne voyons nulle part ce bruit, cet éclat, cette pompe , qui marquerait sa présence parmi les hommes. Néanmoins je crains que le temps de sa descente du ciel n'approche; ainsi il faut que nous déployions toute notre activité et toute notre fureur pour le détruire et pour perdre la femme qu'il choisira pour être sa mère. Si quelqu'un de vous se distingue par son zèle, je lui témoignerai une plus grande reconnaissance. Je trouve jusqu'à présent des péchés, et les effets de ces mêmes péchés, en tous les hommes; je ne découvre en aucun la majesté et la grandeur dont se revêtira le Verbe incarné quand il se manifestera à eux, et qu'il les obligera tous à D'adorer et à lui offrir des sacrifices. Ce sera là la marque infaillible de son avènement au monde; et le caractère distinctif de sa personne auquel nous pourrons le reconnaître , ce sera d'être exempt du péché et des effets que produit le péché chez les enfants d'Adam.

 

        936. « C'est pour ces raisons, poursuivit Lucifer, que ma confusion est plus grande : car si le Verbe éternel n'est pas descendu sur la terre, je ne puis découvrir la cause des choses insolites que nous sentons, ni deviner de qui cette force qui nous abat peut sortir. Qui nous a chassés de toute l'Égypte ? Qui a renversé les temples et ruiné les idoles de ce pays, dont tous les habitants nous adoraient ? Qui nous traverse maintenant dans le pays de Galilée et dans les lieux circonvoisins, et nous empêche d'aborder une foule de gens à l'heure de leur mort pour les pervertir ? Qui tire du péché tant d'hommes qui sortent de notre juridiction, et fait que d'autres améliorent leur vie et se plaisent à s'entretenir du royaume de Dieu ? Si le mal continue, nous sommes menacés d'une grande perte, et de nouveaux tourments peuvent résulter pour nous de cette cause que nous ne parvenons pas à connaître. Il faut donc y remédier, et chercher encore s'il se trouve dans le mondé quelque grand prophète ou saint qui commence à nous persécuter; pour moi, je n'en ai découvert aucun à qui je puisse attribuer une si grande vertu ni tant de pouvoir. C'est seulement contre cette femme, notre ennemie, que j'ai une haine mortelle, surtout depuis que nous l'avons persécutée dans le Temple, et ensuite depuis qu'elle est partie de sa maison de Nazareth : car nous avons été toujours vaincus et renversés par la vertu qui l'environne; elle nous a résisté par cette même vertu avec une force invincible, et a toujours triomphé de notre malice; je n'ai jamais pu sonder son intérieur ni la toucher en sa personne. Cette femme a un fils; elle assista avec lui à la mort de son père, et il nous fut à tous impossible d'approcher de l'endroit où ils se trouvaient. Ce sont des gens pauvres et méprisés; c'est une femmelette tout à fait vulgaire et qui mène une vie cachée; je crois pourtant que le fils et la mère sont justes, car j'ai toujours tâché de les incliner aux vices qui sont communs aux hommes, et il ne m'a jamais été possible d'exciter en eux le moindre des désordres et des mouvements vicieux qui sont si ordinaires et si naturels en tous les autres. Je vois que le Dieu tout-puissant me cache l'état de ces deux âmes; et puisqu'il m'empêche de découvrir si elles sont justes ou pécheresses, il y a là sans doute quelque mystère caché contre nous; et quoique l'état de quelques autres âmes nous ait aussi été caché en d'autres occasions, il fa été rarement, et moins que dans le cas actuel. Que si cet homme n'est pas le Messie promis, du moins le Fils et la Mère seront justes, et par conséquent nos ennemis; et il n'en faut pas, davantage pour que nous les persécutions, et que nous travaillions à les abattre et à découvrir qui ils sont. Suivez-moi tous dans cette entreprise avec une grande confiance, car je serai le premier à les attaquer.

       

        937. Lucifer acheva par cette exhortation son long discours, dans lequel il proposa aux démons plusieurs autres raisons et plusieurs desseins remplis de méchanceté qu'il n'est pas nécessaire de raconter ici, puisque je dois traiter encore de ces secrets dans la suite de cette histoire, pour mieux faire connaître les ruses de ces esprits rebelles. Ce prince des ténèbres sortit incontinent de l'enfer, suivi de légions innombrables de démons qui, se répandant par tout le monde, le parcoururent plusieurs fois pour observer, avec toute la finesse de leur malice, les justes qui y vivaient, tentant ceux qu'ils purent découvrir, et les provoquant, aussi bien que plusieurs autres personnes, à des iniquités conçues par ces méchants ennemis; mais la sagesse de notre Seigneur Jésus-Christ cacha à l'orgueil de Lucifer et de ses compagnons sa personne et celle de sa très-sainte Mère durant plusieurs jours; de sorte qu'il ne permit point qu'ils les vissent et les connussent jusqu'à ce que sa Majesté se rendit au désert, où il allait consentir à être tenté après y avoir gardé un fort long jeûne; et alors Lucifer le tenta, comme je le dirai en son lieu.

 

        938. Quand ce conciliabule fut assemblé dans l'enfer, notre divin Maître Jésus-Christ, à qui rien n'était caché, fit une prière particulière au Père éternel contre la malice du Dragon, et dans cette circonstance, entre plusieurs autres prières, il dit : « Dieu éternel, mon Père, je vous adore et j'exalte votre être infini  et immuable; je vous confesse pour l’immense et souverain bien; je m'offre à votre volonté en sacrifice pour vaincre les forces infernales, et pour renverser les desseins pervers que ces esprits rebelles forment contre mes créatures; je combattrai pour elles contre mea ennemis et les leurs; je leur laisserai, par les œuvres que je ferai et par les victoires que je remporterai sur le Dragon, des armes pour le vaincre, et je leur apprendrai par mon exemple comment elles doivent lutter contre lui, et par là j'affaiblirai sa malice et le rendrai moins capable de blesser ceux qui me serviront avec sincérité. Défendez les âmes, ô mon Père, des tromperies et de la cruauté de l'ancien serpent et de ses sectateurs, et  accordez aux justes, par mon intercession et par  ma mort, la puissante vertu de votre droite, afin qui ils triomphent de tous les dangers et de toutes  les tentations. » Notre grande Reine eut en même temps connaissance de la méchanceté et des conseils de Lucifer, car elle vit en son très-saint Fils tout ce qui se passait, aussi bien que la prière qu'il faisait; et, s'unissant à lui comme coadjutrice de ses triomphes, elle fit la même prière au Père éternel. Le Très-Haut l'exauça, et dans cette occasion Jésus et Marie obtinrent de grands secours et de magnifiques promesses pour ceux qui combattraient contre le démon en invoquant les noms de Jésus et de Marie; de sorte que ceux qui les prononceront avec respect et avec foi terrasseront les ennemis infernaux et les chasseront bien loin par le mérite des prières que notre Sauveur Jésus-Christ et sa très-sainte Mère firent, et par celui des victoires qu'ils remportèrent. Après la protection qu'ils nous ont offerte et qu'ils nous donnent contre ce superbe géant; après ce remède et tant d'autres dont ce divin Seigneur a enrichi. sa sainte Église, nous ne saurions trouver aucune excuse si nous ne combattons courageusement pour vaincre le démon, comme l'ennemi de Dieu et le nôtre, profitant, autant qu'il nous sera possible, de l'exemple de notre Sauveur pour remporter cette victoire.

 

Instruction que notre auguste Maîtresse m'a donnée.

 

        939. Ma fille, pleurez amèrement, et ayez une douleur continuelle de voir la dureté, l'obstination et l’aveuglement des mortels, qui ne veulent pas apprécier la protection amoureuse qu'ils trouvent en mon très-doux Fils et en moi dans toutes leurs nécessités. Cet aimable Seigneur n'a épargné aucun soin ni perdu aucune occasion pour leur acquérir des trésors inestimables. Il a déposé pour eux dans son Église le prix infini de ses mérites et le fruit essentiel de ses douleurs et de sa mort; il leur a laissé des gages assurés de son amour et de sa gloire; il leur a donné des moyens très-faciles et très-efficaces pour jouir et profiter de tous ces biens, et les appliquer à leur salut éternel. Il leur offre en outre sa protection. et la mienne; il les aime comme ses enfants, les caresse comme ses favoris, les appelle par de douces inspirations, les excite par des bienfaits et par des richesses solides. Père plein d'indulgence, il les attend; bon pasteur, il les cherche; ami puissant, il les assiste; rémunérateur généreux, il les comble de dons infinis; Roi des rois, il les gouverne. Et quoique la foi leur découvre toutes ces faveurs et mille autres, que l'Église leur en rafraîchisse le souvenir, et qu'ils les aient devant les yeux, ils ne laissent pourtant pas de les oublier et de les mépriser. Ils aiment les ténèbres comme des aveugles qu'ils sont, et se livrent à la rage de leurs ennemis jurés, dont vous connaissez les excès. Ils prêtent l'oreille aux flatteries empoisonnées de ces esprits malins, cèdent à leurs conseils pervers, ajoutent foi à leurs tromperies et se prêtent stupidement à la haine implacable avec laquelle le cruel dragon ne cesse de travailler à leur mort éternelle, parce qu'ils sont les ouvrages du Très-Haut, qui l'a vaincu et terrassé.

 

940. Considérez avec attention, ma très-chère fille, cette lamentable erreur des enfants des hommes, et débarrassez vos puissances, afin que vous pénétriez la différence qu'il y a entre Jésus-Christ et Bélial. Car la distance de l'un à l'autre est infiniment plus grande que celle du ciel à la terre. Jésus-Christ est la véritable lumière, le chemin assuré et la vie éternelle (2); il aime constamment ceux qui le suivent, il leur promet la jouissance de sa vue et de sa compagnie; et en cette jouissance le repos éternel, que l'œil n'a point vu, que l'oreille n'a point ouï et que les hommes n'ont point conçu (3). Lucifer n'est que ténèbres, qu'erreur, tromperie, malheur et mort; il abhorre ses sectateurs, il entraîne de toutes ses forces à tout ce qui est mal, et finira par les faire tomber dans les feux éternels et condamner à des supplices effroyables. Les mortels peuvent-ils maintenant dire qu'ils ignorent ces vérités dans la sainte Église, qui les leur enseigne et représente tous les jours ? Et s'ils les croient et les confessent, où est leur jugement ? Qui les en a privés ? Qui leur a fait perdre le souvenir de l'amour qu'ils ont pour tout ce qui les regarde ? Qui les rend si cruels à eux-mêmes ? O folie des enfants d'Adam, qu'on ne saurait jamais assez approfondir ni assez déplorer! Est-il possible qu'ils emploient toute leur vie à s'embarrasser dans leurs propres passions et à suivre la vanité, pour se jeter dans des flammes inextinguibles, courir à leur perte et se livrer à une mort éternelle, comme si tout cela n'était que bagatelle, et que mon très-saint Fils ne fût pas venu du ciel pour mourir sur une croix et pour leur mériter la délivrance de tant de maux! Qu'ils considèrent le prix de leur rédemption, et ils sauront quelle estime ils doivent faire de ce qui a tant coûté à Dieu, à celui qui le connaît sans exagération.

 

(2) Joan., XIV, 6.

(3) Isa., LXIV, 4.

 

          941. Le péché des idolâtres et des païens n'est pas aussi grand en cette funeste erreur, et le Très-Haut est moins irrité contre eux que contre les enfants de l’Église, qui ont connu la lumière de cette vérité : et s'ils en sont si peu pénétrés dans le siècle présent, il faut qu'ils sachent que c'est par leur propre faute, et pour avoir donné un si facile accès à leur infatigable ennemi Lucifer, qui déploie plus de malice dans les efforts qu'il fait pour obscurcir en eux cette lumière que dans toutes ses autres attaques, et qui ne cesse d'exciter les hommes à rompre tout frein, afin qu’après avoir perdu le souvenir de leur dernière fin et des peines éternelles dont ils sont menacés, ils s'abandonnent comme les brutes aux plaisirs sensibles, qu'ils s'oublient eux-mêmes, qu'ils usent leur vie à la poursuite des biens apparents, et qu'ils descendent en un moment dans l'enfer, comme dit Job (4), et comme il arrive effectivement à une infinité d'insensés qui rejettent et abhorrent ces vérités. Pour vous, ma fille, suivez ma doctrine; ne vous laissez point aller à ces illusions pernicieuses et à cet oubli commun des gens du siècle. Faites souvent retentir à vos oreilles ces tristes plaintes des damnés, qui commenceront dès la fin de leur vie, c'est-à-dire dès leur entrée dans la mort éternelle: O insensés que nous étions, la vie des, justes nous paraissait une folie! Et cependant les voilà élevés au rang des enfants de Dieu, et leur partage est avec les saints! Nous nous sommes donc égarés de la voie de la vérité et de la justice. Le soleil ne s'est point levé pour nous. Nous nous sommes lassés dans la voie de l'iniquité et de la perdition; nous avons marché dans des chemins après, et nous avons ignoré par notre faute la voie du Seigneur. De quoi nous a servi notre orgueil ? Qu'avons-nous tiré de la vaine ostentation des richesses ? Toutes ces choses sont passées pour nous comme l'ombre. Oh ! si nous ne fussions jamais nés (5) ! Voilà, ma fille, ce que vous devez craindre et repasser souvent dans votre esprit, en considérant, avant que vous alliez sans espérance d'aucun retour, comme dit Job (6), en cette terre ténébreuse des cavernes éternelles, le mal que vous devez fuir et le bien que vous devez pratiquer. Appliquez-vous à vous-même dans l'état de voyageuse, et par amour, ce que les damnés disent par désespoir et à force de tourments

 

(4) Job., XXI, 13.

(5) Livre de la Sagesse, V, 4, etc. ― (6) Job, X, 21.

 

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 ID., ibid., Ire partie, livre IIe, chap. XIV :

 

Où sont déclarées les formes et les manières des visions divines qu'avait la Reine du ciel, et les effets que ces visions causaient en elle.

 

        612. Quoique la grâce des visions divines, les révélations et les ravissements (je ne parlerai pas ici de ln vision béatifique) soient des opérations du Saint-Esprit, on les distingue néanmoins de la grâce justifiante et des vertus qui sanctifient et perfectionnent l'âme dans ses opérations : et l'on prouve que la sainteté et les vertus peuvent être en une personne sans ces dons, en ce que plusieurs ont été justes et saints sans qu'ils aient eu besoin absolument pour cela de recevoir des visions et des révélations divines. On ne doit pas aussi régler les révélations et les visions par la sainteté et la perfection de ceux qui les ont, mais bien par la volonté de Dieu, qui les accorde, à qui il lui plait, au temps qu'il le juge convenable, et au degré que sa sagesse et sa volonté dispensent, opérant toujours avec poids et mesure (1) pour les fins qu'il prétend dans son Église. Car Dieu peut communiquer les plus grandes et les plus hautes visions et révélations au moindre saint, et les plus petites au plus grand (2) pouvant même accorder le don de prophétie et plusieurs autres dons gratuits à ceux qui ne sont pas saints; car il y a des ravissements qui peuvent résulter d'une cause qui ne soit pas précisément vertu de la volonté; c'est pourquoi, lorsqu'on fait comparaison entre l'excellence des prophètes, on ne prétend pas parler de la sainteté (puisqu'il n'y a que Dieu seul qui la puisse examiner), mais de la lumière de prophétie et de la manière de la recevoir, par où l'on peut juger laquelle des prophéties est la plus on la moins élevée, selon les différentes raisons. Celle sur laquelle on établit cette doctrine est, parce que la charité et les vertus, qui rendent saints et parfaits ceux qui les ont, regardent la volonté; et les visions et les révélations appartiennent à l'entendement ou à la partie intellectuelle, dont la perfection ne sanctifie point l'âme.

 

(1) Sap., XI, 21. — (2) Prov., XVI, 2.

 

        613. Mais encore que la grâce des visions divines soit distincte de la sainteté et des vertus, dont on peut la séparer, la volonté. et la Providence divine les unissent néanmoins plusieurs fois, selon la fin et le motif que Dieu. a lorsqu'il communique ces dons gratuits des révélations particulières; parce qu'il les ordonne quelquefois pour le bien commun de l'Église, comme l'Apôtre nous l'enseigne (2), et comme il arriva envers les prophètes, qui, étant inspirés de Dieu par les révélations du Saint-Esprit et non point par leur propre imagination, prophétisèrent pour nous les mystères de la rédemption et de la loi évangélique (3). Et lorsque les révélations et les visions sont de cette nature, il n'est pas nécessaire qu'elles se joignent avec la sainteté, puisque Balaam fut prophète sans être saint. Il fut pourtant convenable, et d'une grande bienséance, que la divine Providence fit que les prophètes fussent ordinairement saints, et qu'elle ne confiât point trop fréquemment l'esprit de prophétie et les révélations divines à des vases impurs (quoique Dieu l'ait fait dans quelques cas particuliers comme Tout-Puissant), afin que la mauvaise vie de l’instrument ne dérogea point à la vérité divine et à son ministère, et pour plusieurs autres raisons.

 

(2) I Cor., XII. — (3) I Petr., I, 10 et 21.

 

          614. D'autres fois, les révélations et les visions divines ne regardent pas des choses si générales, et ne s'adressent point immédiatement au bien commun, mais au bien particulier de celui qui les reçoit : et comme les premières sont des effets de l'amour que Dieu porta et porte à son Église, de même ces révélations particulières ont pour cause l'amour spécial par lequel Dieu aime l'âme à laquelle il les communique, pour l'enseigner et pour l'élever à un plus haut degré d'amour et de perfection. Dans cette manière de révélations, l'esprit de sagesse se répand parmi les nations dans les âmes saintes, pour faire des prophètes et des amis de Dieu (4). Et comme la cause efficiente est l'amour divin singulièrement communiqué à quelques âmes, ainsi la cause finale aussi bien que l'effet de ces insignes faveurs sont la sainteté, la pureté, l'amour de ces mêmes âmes; et la grâce des révélations et des visions est le moyen par oh l'on acquiert tous ces avantages.

 

(4) Sap., VII, 27.

 

        615. Je ne prétends pas établir par là que les révélations et les visions divines soient des moyens absolument requis et nécessaires pour faire des saints et des parfaits, parce que plusieurs le sont par d'autres moyens que par ceux-là; néanmoins ayant supposé cette vérité, qu'il dépend seulement de la volonté divine d'accorder on de refuser aux justes ces dons particuliers, nous découvrons pourtant qu'il y a, tant de notre côté que de celui du Seigneur, quelques raisons de bienséance, afin que sa divine Majesté les communique aussi fréquemment qu'elle fait à plusieurs de ses serviteurs. L'une desquelles se prend du côté de la créature ignorante, parce que le moyen le plus proportionné et le plus convenable de s'élever aux choses éternelles, de les pénétrer et de se spiritualiser pour arriver à la parfaite union du souverain bien, est la lumière surnaturelle des mystères et des secrets du Très-Haut, qui lui est communiquée par les révélations, les visions et les intelligences particulières qu'elle reçoit dans la solitude et dans l'excès de son entendement, ce divin et très-doux Seigneur la conviant à cet heureux état par des promesses et par des caresses très-fréquentes, dont l'Écriture sainte est remplie, et en particulier les Cantiques de Salomon.

 

        616. L'autre raison est du côté du Seigneur, parce que l'amour est impatient de communiquer ses biens et ses secrets au bien-aimé et à l'ami. Je ne veux plus vous appeler serviteurs ni vous traiter comme tels, mais comme mes amis (dit le Maître de la vérité éternelle aux apôtres), parce que je vous ai découvert les secrets de mon Père (5). On lit aussi que Dieu parlait à Moïse comme à un ami (6). Les saints Pères, les patriarches et les prophètes ne reçurent pas seulement les révélations générales de l'Esprit divin, mais plusieurs autres particulières et familières, en signe de l'amour que Dieu leur portait, comme on peut l'inférer de la demande que Moïse fît au Seigneur de lui laisser voir sa face. Les titres que le Très-Haut donne aux âmes choisies le prouvent aussi, les honorant du nom d'épouses, d'amies, de colombes, de sueurs, de parfaites, de bien-aimées, de belles, etc. (7). Et quoique tous ces titres déclarent assez la grandeur de l'amour divin et ses effets, tous ensemble ne sauraient pourtant exprimer les douceurs inconcevables que le souverain Roi communique à ceux qu'il veut bien honorer de la sorte, parce qu'il est le seul qui puisse tout ce qu'il veut, et qui sache aimer comme époux, comme ami, comme père, comme infini et souverain bien, sans borne et sans mesure.

 

(5) Joan., XV, 15. — (6) Exod., XXXIII, 11. — (7) Cant., IV, 8 et 9; I, 14; II, 10.

 

        617. Cette vérité ne perd rien de son crédit pour n'être pas connue de la sagesse charnelle, ni en ce que quelques âmes aveuglées par cette sagesse se sont laissé tromper par l'ange des ténèbres transformé en ange de lumière dans quelques faussés visions (8) et quelques révélations apparentes. Ce dommage ayant été plus fréquent parmi les femmes, tant à cause de leur ignorance que de leurs passions, il s'est néanmoins trouvé plusieurs hommes, qui paraissaient forts et savants, qui en ont été atteints. Mais il est provenu en tous d'une mauvaise racine; je ne parle point ici dé ceux qui par une hypocrisie diabolique ont feint des révélations, des visions et des ravissements sans les avoir eus, mais de ceux qui les ont soufferts et reçus par une tromperie du démon, quoique ce n'ait pas été sans un grand péché et sans un consentement criminel. On peut dire que les premiers trompent plutôt qu'ils ne sont trompés, et que les seconds le sont dans le commencement, parce que l'ancien serpent, qui les tonnait immortifiés en leurs passions, et qui voit bien que leurs sens intérieurs sont fort peu exercés dans la science des choses divines, introduit dans eux, par une subtilité remplie de malice, une secrète présomption qui les flatte d'être favorisés de Dieu, et bannit de leur cœur l'humilité et la crainte, en les élevant dans de vains désirs de curiosité, de savoir les choses sublimes, d'avoir des révélations, des visions extatiques, et d'être singuliers et distingués dans ces faveurs; de sorte qu'ils ouvrent la porte au démon, afin qu'il les remplisse d'erreurs et d'illusions , et leur trouble les sens par une confusion de ténèbres intérieures, sans qu'ils puissent pénétrer ni connaître dans cet état aucune chose divine ni véritable, excepté quelque apparence de l'un et de l'autre que l'ennemi leur représente pour autoriser ses tromperies et cacher son venin.

 

(8) II Cor., XI, 14

 

        618. On évite cette tromperie dangereuse en craignant avec humilité, en ne désirant point cette science avec présomption, et en ne s'en rapportant point au tribunal passionné du jugement particulier et de la propre prudence (9); mais remettant cette cause à Dieu, à ses ministres et aux savants confesseurs à qui il appartient d'en examiner l'intention, puisque par ce moyen l'on connaîtra certainement si l'âme a désiré ces faveurs par la voie de la vertu et de la perfection, ou pour la gloire extérieure des hommes. Le chemin le plus assuré est de ne les désirer jamais, et de craindre toujours le danger, qui est grand en toute sorte de temps, et principalement dans les commencements; parce que le Seigneur n'envoie pas les dévotions et les douceurs sensibles, supposé qu'elles viennent du Seigneur (car le démon les contrefait bien souvent), à cause que l'âme se trouve capable de la nourriture solide de ses plus grands secrets et de ses plus sublimes faveurs; mais pour servir d'aliments aux faibles et aux petits, afin qu'ils se retirent avec plus de courage des vices et renoncent avec plus d'ardeur à tout ce qui est sensible , et non point afin qu'ils s'imaginent d'être fort avancés dans la vertu, puisque même les ravissements qui résultent de l'admiration supposent plus d'ignorance que d'amour. Mais quand l'amour est extatique, fervent, ardent, pur, agissant, inaccessible, impatient de toute autre chose, excepté de celle qu'il aime, et qu'avec cela il a recouvré l'empire sur toutes les passions et les affections humaines, alors l'âme est disposée à recevoir la lumière des révélations cachées et des visions divines; et elle s'y dispose d'autant plus, qu'avec cette divine lumière elle les désire le moins, se croyant indigne des moindres faveurs. Que les hommes savants et les sages ne soient pas surpris si les femmes ont été si fort favorisées en ces dons, parce que, outre qu'elles sont ferventes en amour, Dieu choisit d'ordinaire ce qui est le plus faible pour rendre un plus grand témoignage de son pouvoir : elles n'ont pas aussi la science acquise de la théologie, comme les hommes doctes, mais le Très-Haut la leur communique par infusion, pour illuminer et fortifier leur jugement faible et ignorant.

 

(9) Rom., XI, 20.

 

        619. Étant fondés sur cette doctrine, nous connaîtrons (quand même il n'y aurait point eu en la très-sainte vierge d'autres raisons particulières) que les révélations et les visions divines que le Très-Haut lui communiqua furent plus relevées, plus admirables, plus fréquentes et plus divines qu'à tout le reste des saints. On doit mesurer ces dons (comme les autres) à sa dignité, à sa sainteté, à sa pureté et à l'amour que son Fils et toute la très-sainte Trinité portait à celle qui était Mère du Fils, Fille du Père, et Épouse du Saint-Esprit. Elle recevait selon la grandeur de ces titres les influences de la Divinité, notre Seigneur Jésus-Christ et sa Mère en étant infiniment plus aimés que tout le reste des saints, des anges et des hommes. Je réduirai les visions divines qu'eut notre auguste Reine à cinq espèces différentes, et je traiterai de chacune le mieux que je pourrai et selon qu'il m'a été manifesté.

 

 

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