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25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 19:17

 

CONTRE LA THÈSE DE CASSICIACUM DE MGR GUÉRARD DES LAURIERS

 

Voir également :

 

(Guérard des Lauriers et sa théorie absurde de Cassacium 2)

http://www.la-foi.fr/doctrine/faux_tradis.aspx

 

 

Certaines personnes ont nié la valeur démonstrative développée par l’abbé Francesco Maria Palladino dans son livre intitulé « Petrus es tu ? » contre la thèse de Cassiciacum lorsqu’il reprend l’exemple de la table pour mieux nous le faire comprendre. Elles ont peut-être lu le « De principiis » du Docteur Angélique, mais elles n’en ont pas encore extrait la substantifique moelle pour aller plus avant, car cet opuscule doit être considéré comme une propédeutique à la métaphysique (science suprême) de saint Thomas, c’est-à-dire à l’étant ou à ce-qui-est en tant que tel. « Cet exemple est impropre, prétextent-elles, car la table n’est pas une personne. » En réalité, elles ont tout simplement prouvé leur ignorance philosophique en confondant l’analogie et l’univocité ainsi que la nature et la personne (substance individuelle entièrement incommunicable et autonome qui s’ajoute à la nature spécifique, principe intrinsèque de tout mouvement – sinon il faudrait soutenir qu’il y a deux personnes en Jésus-Christ, qui, selon la doctrine catholique, est composé à la fois d’une nature divine et d’une nature humaine, i.e. d’une nature théandrique, mais ne faisant qu’une seule personne).

Trois « petites » phrases des « Principes de la réalité naturelle » de saint Thomas d’Aquin auraient dû attirer leur attention. Les deux premières étant : « Comme le dit Aristote dans le seconde livre métaphysique, tout ce qui agit (omne quod agit), n’agit pas sans but ; il faut donc (oportet) un autre quatrième principe (après la matière, la forme et la privation), à savoir ce à quoi tend un opérateur : et celui-ci est dit la fin (et hoc dicitur finis). De ce que tout agent, naturel ou volontaire (tam naturale quam voluntarium), agisse en fonction d’une fin, il ne s’ensuit pas que tout agent connaisse cette fin ou qu’il en délibère (non tamen sequitur quod omne agens cognoscat finem, vel deliberet de fine). » (a) La troisième phrase étant : « Or l’être n’est pas un genre, car l’être se dit des divers êtres non d’une manière univoque mais d’une manière analogue (Ens autem non est genus, quia non praedicatur univoce, sed analogice.) ».

Ces critiques, en présentant leurs fallacieux arguments, n’ont pas réalisé qu’ils s’opposaient de surcroît indirectement aux preuves de l’existence de Dieu que l’on trouve dans la Ire Partie de la Somme théologique de saint Thomas (question 2, article 3, conclusion) où le Docteur Angélique utilise les causes motrices (ex parte motus), efficientes (causae efficientis) et finales (omnes res naturales ordinantur ad finem) qu’on remarque dans les choses dans ce monde (in hoc mundo), - sans parler des Physiques d’Aristote commentés par lui (Livre II, La nature, ses causes et sa finalité).

Tout cela nous paraît peu sérieux pour des catholiques qui se réclament de la Tradition. Ils devraient y prendre garde. - Cf. l’extrait du livre « Petrus es tu ? » de l’abbé Palladino contre la thèse de Cassiciacum : pallcass.htm

 

a)  Saint Thomas d’Aquin (1225-1274), Somme théologique, 1a-2æ, question I, article 2 : « De l’ultime fin de l’homme », « Agir pour une fin est-il propre à la nature raisonnable ? » : « Mais contre  [« Sed contra » - ceux qui répondent négativement] le Philosophe (Aristote) prouve (probat) dans la Physique (II, chapitre 8), que “ non seulement l’intellect, mais encore la nature agit en vue d’une fin ” (non solum intellectus, sed etiam natura agit propter finem). »

 

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Un petit rappel à l’intention des scolastiques

 

« Autre chose est l’existence (anniya), autre chose la quiddité (mâhiya : la nature, le quod quid erat esse, nature, i.e. ce qui fait qu’une chose est ce qu’elle est) » (Avicenne, philosophe arabe, 980-1037, fréquemment cité par saint Thomas, Le livre de science, I, p. 27, 2 vol., trad. M. Achena et H. Massé, Les Belles Lettres, 1955 et 1958). L’étant ou « un quelque qui est » (aliquid quod est) va en effet au-delà du genre qui diffère des espèces (ens non habet aliquam differentiam ut probatur in III Metaphysicæ : « l’étant n’a pas de différence, comme il est prouvé au livre III de la Métaphysique » : De Veritate, art. X ; De ente et essentia : De l’être et de l’essence, Introduction ; cf. également Porphyre, philosophe néo-platonicien, né à Tyr, en 232 ou 233, Isagoge, Introduction, Du genre, Librairie Philosophique J. Vrin, 1947).

 

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Contre la thèse de CASSICIACUM de Mgr Gérard des Lauriers

Par

Don Francesco Maria Paladino

Un extrait de son livre « PETRUS ES TU ? »

Pages 177 à 180

Aux Éditions Delacroix (2000)

[ce qui est entre crochets n’est pas de l’auteur]

 

Mgr Guérard des Lauriers et les tenants de sa thèse cherchent à résoudre le problème de la visibilité et de la succession apostolique en alléguant que Jean-Paul II [ou Benoît XVI, le suivant, qui est de la même veine] serait pape materialiter mais non formaliter.

Ils se fondent pour établir cette distinction sur saint Robert Bellarmin :

« … les cardinaux, lorsqu’ils créent le pontife, exercent leur autorité non pas sur le pontife, puisqu’il ne l’est pas encore, mais sur la matière, c’est-à-dire sur la personne qu’ils disposent en quelque manière par l’élection, pour qu’elle reçoive de Dieu la forme du pontificat … (De Romano Pontifice, L. II, C. 30).

En effet, dans la papauté, comme dans le reste, on peut distinguer matière et forme, mais cela ne veut pas dire que l’une puisse exister sans l’autre. Il y a distinction, il n’y a pas séparation. Par exemple, une table est faite de bois mais celui-ci ne peut pas exister sans la forme de la table et s’il sans cette forme il n’est pas une table, il est autre chose [cf. S. Thomas d’Aquin, De principiis naturæ].

En philosophie, on fait la distinction entre matière première et matière seconde. Dans l’exemple de la table, seul le bois désigné pour construire une table devient la matière seconde d’une table, quand il recevra cette forme.

La matière première, avant d’être informée, est une pure puissance à l’être qu’elle reçoit par la forme, forma dat esse, la forme donne l’être [S. Thomas d’Aquin, De principiis naturae, I, 2 ; IV, 19 : « … forma dat esse materiae » ; « … forma est causa materiae, inquantum materia non habet esse in actu nisi per formam. » : « … la forme est cause de la matière, en ce que la matière n’a pas d’existence en acte en dehors de la forme. »]. « Materiam primam existere sine forma absolute repugnat » (Il est absolument impossible [il répugne absolument] que la matière puisse exister sans la forme) (V. Remer, Cosmologia, Vol. IV, p. 61, Roma, 1949) [la citation du Docteur Angélique dans son « De principiis naturæ » suffisait amplement].

On fait encore la distinction entre matière éloignée et matière prochaine ; la première est toute matière apte à recevoir une forme déterminée, la deuxième est la matière choisie pour la recevoir. Dans le cas d’une table, tout arbre est matière éloignée ; l’arbre choisi est matière prochaine.

Cela étant, il faut savoir que toute chose créée a quatre causes :

1° efficiente ;

2° formelle ;

3° matérielle ;

4° finale. [Cf. De principiis naturae, III, 14.]

Une table a comme cause efficiente un menuisier, comme cause formelle la forme de la table, comme cause matérielle le bois ou toute autre matière apte à recevoir cette forme, et comme cause finale son utilisation.

Bref, la cause efficiente (1) donne la forme (2) à la matière (3) en vue d’une fin (4).

 

Que l’une de ces quatre causes vienne à manquer et la table ne se réalisera pas.

S’il manque le menuisier, la table ne sera pas faite : la cause efficiente est absente. S’il ne donne pas forme au bois, la table n’existera pas : la cause formelle est absente. Si le menuisier n’a pas de bois, il ne pourra pas faire la table : la cause matérielle est absente. S’il n’a pas de fin, il ne la fera pas (« omnis agens agit propter finem » : « tout agent agit pour une fin », saint Thomas) : la cause finale est absente.

 

Dans le cas de la papauté, la cause efficiente est Dieu ; la cause formelle est l’autorité papale, que Dieu donne à l’élu du conclave dans le moment même de son acceptation (a) ; la cause matérielle est un homme catholique ; la cause finale est de « confirmer les frères dans la foi et paîtres les agneaux et les brebis », autrement dit l’enseignement et le gouvernement de l’Eglise.

S’il n’y a pas de pape, c’est que l’une de ces quatre causes manque.

La Cause Efficiente est Dieu Lui-même, les causes formelle et finale viennent de Dieu et donc ne peuvent pas manquer ; si donc il y avait une défaillance, elle ne saurait venir que de la cause matérielle. La matière éloignée, dans le cas du pape, comme on l’a vu, c’est un homme catholique.

 

 

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CONTRE LA THÈSE DE CASSICIACUM DE MGR GUÉRARD DES LAURIERS (II) - Le Présent éternel

 

 

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POUR PARVENIR À UNE RÉSURRECTION DE VIE (CF. S. JEAN, V, 25, 28-29) - Le Présent éternel

 

 

 

 

 

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