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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 17:07

 

 

23. En résumé, toutes les choses qui nous arrivent ou qui nous attendent dans l’avenir, nous devons les regarder comme venant de la main de Dieu. Toutes nos actions, nous devons les diriger vers cet unique but : faire la volonté de Dieu ; et ne les accomplir que parce que Dieu les veut. […]

 

24. Conclusion : ayons soin de vouloir – toujours et uniquement – ce que Dieu veut : moyennant quoi, il nous tiendra étroitement serrés sur son Cœur.

 

À cette fin, rendons-nous familiers certains passages de l’Écriture qui nous invitent à nous unir toujours davantage à la volonté de Dieu. « Seigneur, que voulez-vous que je fasse (Actes, 9 : 6). Faites-moi savoir ce que vous attendez de moi, car je veux l’exécuter sans aucune réserve. – Je suis vôtre, sauvez-moi (Psaumes, 118 : 94). Je ne suis plus mien, je vous appartiens, mon souverain Maître : faites de moi ce que vous voulez. » Particulièrement s’il vous survient une épreuve plus accablante – mort d’un parent, grave revers de fortune, ou autre adversité – ne manquons pas de dire : « Oui, Père, parce qu’il a été ainsi jugé bon par vous (S. Matthieu, 11 : 26). Oui, mon Dieu et mon Père, qu’il en soit ainsi, puisqu’il vous a plu qu’il en fut ainsi. » Par-dessus tout, aimez et redites la prière qui nous a été enseignée par Jésus-Christ : « Que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel (S. Matthieu, 6 : 10). » À sainte Catherine de Gêne, Notre-Seigneur recommanda, chaque fois qu’elle réciterait le Pater Noster, de s’arrêter sur ces paroles, et de prier pour que la volonté divine fût accomplie en elle aussi parfaitement qu’elle est accomplie par les saints du ciel (Marabotto et Vernazza, « Vita », cap. 6, n. 4). Faisons nôtre cette pratique, et, sans doute, nous arriverons à la sainteté.

 

Aimée et louée soit à jamais la divine Volonté, ainsi que la bienheureuse Vierge, Marie immaculée !

 

FIN

 

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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 16:16

 

 

LA RAISON D’ÊTRE DE NOTRE VIE INTÉRIEURE : L’UNION PARFAITE ET ÉTERNELLE AVEC NOTRE SOUVERAIN BIEN.

 

 

Dieu, notre souverain Bien, Trine et Un, ayant créé notre âme à son image (a), implique notre devoir de le louer et de l’honorer en nous efforçant de le rejoindre dans le recueillement intérieur par la méditation et l’oraison là où il se trouve afin de faire sa volonté dans tout ce qu’il permet de nous arriver pour notre bien (b) et de le laisser nous transformer à l’image de son divin Fils unique par son Esprit Saint (c) et la médiation de la Bienheureuse Vierge, Marie immaculée (d). Dieu nous aime infiniment et « veut qu’aucun de nous ne périsse » (e), car, dit saint Paul, « il n’a pas épargné son propre Fils en le livrant à la mort pour nous tous » (f). Quelle ingratitude serait de notre part de n’en faire aucun cas (g) !

a)  Cf. Genèse, 1 : 27 ;

b)  Cf. Romains, 8 : 28 ; I Thessaloniciens, 4 : 3 ; 

c)   Cf. S. Jean, 16 : 12 ;

d)  Cf. II Corinthiens, 3 : 18 ; Apocalypse, 12 : 17 ;

e)  II Pierre, 3 : 9 ;

f)    Romains, 8 : 32 ;

g)  Cf. S. Jean, 1 : 1-2, 9-14 ; I Corinthiens, 3 : 19 ; 7 : 21 ; 11 : 32 ; S. Jacques, 4 : 4 ; I S. Jean, 2 : 15 ; 4 : 5 ; 5 : 19 ; Galates, 1 : 4 ; 4 : 3 ; 6 : 14 ; Apocalypse (ou « Révélation » de Jésus-Christ), 18 : 4.

 

La parole de Dieu

S. Matthieu, 4 : 4 (Deut., 8 : 3) :

 

« Mais lui (Jésus), il lui (au tentateur ou au diable) répondit : “ Ce n’est pas de pain seul que vivra l’homme, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu (Deut., 8 : 3) ”. » [Autrement dit, celui qui ne se nourrit pas de toute parole qui sort de la bouche de Dieu se prive de vie surnaturelle et court à sa damnation éternelle.]

 

S. Luc, 17 : 21 :

 

« Les Pharisiens lui ayant demandé (à Jésus) : “ Quand donc vient le règne de Dieu ? ” il (Jésus) leur répondit et dit : “ L’arrivée du règne de Dieu ne saurait être observée, comme si l’on pouvait dire : “ Voici qu’il est ici ” ou bien : “ Il est là ”, car voici que le règne de Dieu est au-dedans de vous [lat. : intra vos ; grec : entoV umin].” » [Autrement dit, si le règne de Dieu était parmi nous, nous pourrions l’observer. Il est donc en nous. D’où la nécessité d’une vie intérieure pour pouvoir en prendre conscience.]

 

I Corinthiens, 3 : 16 :

 

« Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? »

 

S. Jean, 14 : 23 :

 

« Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera, et nous viendrons à lui, et nous ferons en lui notre Demeure. » [C’est là la vie d’oraison ou d’union à Dieu sur laquelle sainte Thérèse s’est expliquée dans son « Château de l’âme ».]

 

S. Marc, 8 : 36 :

 

« Car que sert à un homme d’avoir gagné le monde entier et perdu son âme ? car que peut donner un homme en échange de son âme ? Car celui qui aura rougi de moi et de mes paroles, dans cette génération adultère et pécheresse, le Fils de l’homme aussi rougira de lui lorsqu’il viendra dans la gloire de son Père avec les saints anges (a). »

a) Cf. l’Apocalypse ou « la Révélation » de Jésus-Christ, 19 : 11-16.

 

S. Marc, 14 : 38 :

 

« Veillez et priez, afin de ne pas entrer en tentation ; l’esprit est prompt, mais la chair est faible. »

 

Hébreux, 12 : 4-11 :

 

« Vous n’avez pas encore résisté jusqu’au sang dans votre lutte contre le péché. Et vous avez oublié l’exhortation de Dieu qui vous dit comme à des fils[U1]  : “ Mon fils, ne méprise le châtiment du Seigneur , et ne perds point courage lorsqu’il te reprend ; car le Seigneur châtie ceux qui l’aime, et il frappe de la verge tout fils qu’il reconnaît pour sien.” C’est pour votre instruction que vous êtes éprouvés : Dieu vous traite comme des fils, car quel est le fils que son père ne châtie pas ? Si vous êtes exempts du châtiment auquel tous ont part, vous êtes donc des enfants illégitimes, et non de vrais fils. D’ailleurs, puisque nos pères selon la chair nous ont châtiés et que nous les avons respectés, combien plus nous devons nous soumettre au Père des esprits, pour avoir la vie ? Quant à ceux-là, c’était pour peu de temps qu’ils nous châtiaient au gré de leur volonté ; mais Dieu le fait autant qu’il est utile pour nous rendre capables de participer à sa sainteté. Toute correction, il est vrai, paraît sur l’heure un sujet de tristesse, et non de joie ; mais elle produit plus tard, pour ceux qui ont été ainsi exercés, un fruit de paix et de justice. »

 

Ézéchiel, 18 : 32 :

 

« Est-ce que je veux la mort de l’impie ? – oracle du Seigneur Dieu, - mais bien plutôt qu’il se convertisse de sa conduite et qu’il vive. »

 

I Timothée, 2 : 4 :

 

« Voilà ce qui est bon et ce qui plaît à Dieu notre Sauveur, lui qui veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité. »

 

 

Sainte Thérèse d’Avila, « Le Château de l’âme », Premières demeures, chapitre I :

 

Les âmes qui ne font pas oraison, me disait, il y a peu de temps, un grand théologien, sont comme un corps paralysé ou perclus, qui a des pieds et des mains, mais qui ne peut pas s’en servir. Certaines âmes, en effet, sont tellement infirmes et tellement habituées à ne s’occuper que des choses extérieures, qu’on ne saurait les en tirer et qu’elles semblent dans l’impuissance de rentrer en elles-mêmes. Elles ont déjà contracté une telle habitude de vivre au milieu des reptiles et des bêtes qui se trouvent autour du château qu’elles ont pris, pour ainsi dire, la ressemblance. Malgré la noblesse de leur nature et le pouvoir qu’elles avaient de converser avec Dieu lui-même, elles ne sont point sorties de cet état. Si elles ne s’appliquent pas à reconnaître combien est profonde leur misère et à y porter remède, si, de plus, elles ne portent pas leurs regards sur elles-mêmes, elles seront changées en statues de sel, comme la femme de Lot, qui avait regardé en arrière (a). […] Nous ne nous adressons donc point à ces âmes paralysées. Si le Seigneur lui-même ne leur commande pas de se lever, comme à cet homme qui depuis trente-huit ans (b) était sur le bord de la piscine, elles sont bien à plaindre et grandement exposées à se perdre.

a)  Genèse, 19 : 26 ;

b)  S. Jean, 5 : 5.

 

Id., Avis :

 

« Faites chaque jour cinquante offrandes de vous-même à Dieu ; et faites-les avec une grande fermeté et un grand désir de posséder Dieu. »

 

Saint Alphonse de Liguori, né le 27 septembre 1696 en Italie et décédé le 1er août 1787, évêque de Nocera, fondateur des Rédemptoristes, confesseur et Docteur de l’Église, « La Volonté de Dieu », traduction du Père Delerue, Éd. Nouvelle Cité, 1952, traité paru en 1755, dans la seconde partie des « Operette spirituali », 6e édition, Naples, chez Gessari (extraits) :

 

Ne manque pas de renouveler sans cesse l’offrande de toi-même, en disant : « Mon Dieu, me voici : de moi et de tout ce qui est mien, disposez à votre gré. » C’était là l’occupation continuelle de sainte Thérèse : au moins cinquante fois le jour, la sainte s’offrait au Seigneur, pour qu’il disposât d’elle comme il lui plairait (S. Thérèse, « Avisos », 30). […]

 

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 [U1]

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10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 19:45

 

À MÉDITER POUR QUE NOUS SOYONS 

DÉFINITIVEMENT PERSUADÉS QUE

  LE TEMPS DE L’APOSTASIE ET DE L’ANTÉCHRIST

 

LE PSEUDO VATICAN II : UN CONTRE-ÉVANGILE ET UN CONTRE-SYLLABUS

 

http://thomiste12.over-blog.com/ 

 

 

Pseudo Concile Vatican II, 28 octobre 1965, Déclaration Nostra Ætate sur l’Église et les religions non-chrétiennes, sous l’autorité et le paraphe de Paul VI et soutenue jusqu’à François Bergoglio :

 

       « Ainsi, dans l'Hindouisme, les hommes scrutent le mystère divin et l'expriment par la fécondité inépuisable des mythes et par les efforts pénétrants de la philosophie [sagesse naturelle et non divine, et par conséquent limitée] ; ils cherchent la libération des angoisses de notre condition, soit par les formes de la vie ascétique, soit par la méditation profonde, soit par le refuge en Dieu [quel Dieu ?] avec amour et confiance. Dans le Bouddhisme selon ses formes variées, l'insuffisance radicale de ce monde changeant est reconnue et on enseigne une voie par laquelle les hommes, avec un cœur dévot et confiant, pourront soit acquérir l'état de libération parfaite, soit atteindre l'illumination suprême [quelle folie !] par leurs propres efforts [l’orgueil de Lucifer] ou par un secours venu d'en haut [de quelle origine ? – Cf. le discernement des esprits des Exercices spirituels de saint Ignace de Loyola]. [...] De même aussi, les autres religions qu’on trouve de par le monde […] L’Église regarde aussi avec estime les musulmans qui adorent le Dieu Un [la doctrine de Dieu Trine et Un étant condamnée par le Coran (chap. V, Le festin, verset 73), - précisons-le], vivant et subsistant, miséricordieux  et tout-puissant, créateur du ciel et de la terre [Allons-y pour le Credo catholique !], qui a  parlé aux hommes [par son Fils unique Jésus-Christ, - précisons-le également]. Ils cherchent à se soumettre de toute leur âme aux décrets de Dieu, même s'ils sont cachés, comme s'est soumis à Dieu Abraham, auquel la foi islamique  se réfère volontiers [Cela c'est une autre paire de manches ! En réalité, en relisant plus attentivement cette Déclaration, nous ne pouvons que rejeter ce que celle-ci soutient, car il n’est pas possible qu’un même Dieu tienne un langage contradictoire selon qu’il s’adresse aux catholiques, aux bouddhistes ou aux musulmans. L’estime des personnes ne doit pas s’étendre jusqu’à leurs fausses religions. C’est là véritablement une incitation à l’apostasie. – Cliquez sur :  http://taraquebec.org/presenta.html : Présentation - Les Maîtres de Sagesse – Maitreya. — La déclaration « Nostra Ætate » rejoint la pensée de Maitreya et fait le lit du « New Age ».]

 

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Saint Irénée de Lyon, « Contre les hérésies », Livre III, IIe Partie : UN SEUL CHRIST, FILS DE DIEU DEVENU FILS DE L’HOMME POUR RÉCAPITULER EN LUI SA PROPRE CRÉATION, 1. Le Fils de Dieu vraiment fait homme, La descente de l’Esprit Saint sur le Fils de Dieu fait homme :

 

17, 4. […] Aussi faudra-t-il que toi-même, ainsi que tous ceux qui lisent cet écrit [gnostiques au nom menteur] et ont le souci de leur salut, vous n'alliez pas, dès que vous entendez le son extérieur de leurs paroles, vous courber spontanément sous leur loi. Car tout en tenant aux fidèles le même langage que nous, ainsi que nous l'avons déjà dit, ils ont des pensées non seulement différentes, mais à l'opposé des nôtres et toutes remplies de blasphèmes, et ils tuent par là ceux qui, sous la ressemblance des mots, attirent en eux le poison fort dissemblable de leur sentiment intérieur. C'est comme si quelqu'un donnait du plâtre mêlé à de l'eau en guise de lait et trompait ainsi les gens par la ressemblance de la couleur. Comme le disait un homme supérieur à nous, à propos de tous ceux qui, d'une manière quelconque, corrompent les choses de Dieu et altèrent la vérité : « Il est mal de mêler le plâtre au lait de Dieu ».

 

 

Ibid., Livre IV, Ire Partie, Un seul Dieu, auteur des deux Testaments, prouvé par les paroles claires du Christ, 5. L’ÉVANGILE ET L’ACCOMPLISSEMENT DE LA LOI, L’amour de Dieu et du prochain, résumé de la Loi et de l’Evangile

 

12, 1. Car la tradition de leurs anciens, qu'ils affectaient d'observer à l'égal d'une loi, était contraire à la Loi de Moïse. C'est pourquoi Isaïe dit : « Tes cabaretiers mêlent le vin avec de l'eau (a) », pour montrer qu'à l'austère précepte de Dieu les anciens mêlaient une tradition aqueuse, c'est-à-dire ajoutaient une loi frelatée et contraire à la Loi. C'est ce que le Seigneur a clairement fait voir, en leur disant : « Pourquoi transgressez-vous le commandement de Dieu à cause de votre tradition (b) ? » Non contents de violer la Loi de Dieu par leur transgression en mêlant le vin avec de l'eau, ils ont dressé contre elle leur propre loi, qu'on appelle encore aujourd'hui loi pharisaïque. Ils y suppriment certaines choses, en ajoutent d'autres, en interprètent d'autres à leur guise : ainsi en usent particulièrement leurs docteurs. Voulant défendre ces traditions, ils ne se sont pas soumis (c) à la Loi de Dieu qui les orientait vers la venue du Christ (d), et ils sont allés jusqu'à reprocher au Seigneur de faire des guérisons le jour du sabbat, ce que, nous l'avons déjà dit, la Loi ne défendait pas, puisqu'elle-même guérissait d'une certaine manière, en faisant circoncire l'homme ce jour-là (e) ; cependant ils ne se reprochaient rien à eux-mêmes, alors que, par leur tradition et par la loi pharisaïque susdite, ils transgressaient le commandement de Dieu et n'avaient pas l'essentiel de la Loi, à savoir l'amour envers Dieu.

 

a) Isaïe, 1 : 22 .- b) S. Matthieu, 15 : 3 .- c) Cf. Romains, 10 : 3 .- d) Cf. Galates, 3 : 24 .- e) Cf. S. Jean, 7 : 22-23.

 

Ibid., Livre III, Préliminaire, LA VÉRITE DES ÉCRITURES, Le Christ et les apôtres ont prêché selon la vérité, non selon les idées préconçues de leurs auditeurs.

 

5, 1. Telle étant donc la manière dont la Tradition issue des apôtres se présente dans l'Église et subsiste parmi nous, revenons à la preuve tirée des Écritures de ceux d'entre les apôtres qui ont mis par écrit l'Évangile, Écritures dans lesquelles ils ont consigné leur pensée sur Dieu, non sans montrer que notre Seigneur Jésus-Christ était la Vérité (a) et qu'il n'y avait pas de mensonge en lui. Ce que David, prophétisant sa naissance d'une Vierge et sa résurrection d'entre les morts, avait dit en ces termes : « La Vérité s'est levée de la terre (b). » Les apôtres aussi, dès lors, étant les disciples de la Vérité, sont en dehors de tout mensonge, car il n'y a pas de communion entre le mensonge et la vérité, non plus qu'entre les ténèbres et la lumière (c) : la présence de l'un exclut l'autre. Étant donc la Vérité, notre Seigneur ne mentait pas. Partant, un être dont il aurait su qu'il était le «fruit de la déchéance», jamais assurément il ne l'aurait reconnu pour Dieu, pour Seigneur de toutes choses, pour grand Roi et pour son propre Père (d) : jamais il n'aurait décerné de tels titres, lui, le parfait, à l'imparfait ; lui, le spirituel, au psychique ; lui, qui est dans le Plérôme, à celui qui eût été hors du Plérôme. Ses disciples  non   plus n'auraient pas donné le nom de Dieu ou de Seigneur à un autre que celui qui est vraiment le Dieu et le Seigneur de toutes choses. C'est pourtant ce que prétendent ces vains sophistes : selon eux, les apôtres,  avec hypocrisie, ont composé leur enseignement suivant la capacité de leurs auditeurs et leurs réponses selon les préjugés de ceux qui les interrogeaient ; aux aveugles ils parlaient dans le sens de leur aveuglement, aux malades, dans le sens de leur maladie, aux égarés, dans le sens de leur égarement ; à ceux qui croyaient que le « Démiurge » est le seul Dieu, c'est celui-ci qu'ils annonçaient,  tandis que,  à ceux qui saisissaient le « Père » innommable, ils exprimaient à l'aide de paraboles et d'énigmes le mystère inexprimable. Ainsi, ce n'est pas selon les exigences de la vérité, mais avec hypocrisie et en se conformant à la capacité de chacun, que le Seigneur et les apôtres auraient livré leur enseignement.

 

a) Cf. S. Jean, 14 : 6. - b) Psaumes, 84 : 12. - c) Cf. II Corinthiens, 6 : 14. - d) Cf. S. Matthieu, 5 : 34-35 ; 11 : 25.

 

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Gaston Bardet, « Pour toute âme vivant en ce monde », Tome second, « Je dors, mais mon cœur veille … »   Librairie d’Art Ancien et Moderne, Paris, 1954, pages 224 et 195 :

 

Qu’on ne nous rebatte plus les oreilles avec le « message de l’Inde à l’Occident ». […] Terminons par une mise au point bien nécessaire.

« Le grand Dragon, le serpent primitif, appelé Diable et Satan, le séducteur du monde entier » comme dit Jean dans l’Apocalypse [ou dans la Révélation de Jésus-Christ] reste le prince de ce monde hindou qu’il possède quasi entièrement.

[…] Que peut penser, s’exclame [le Docteur] Roger Godel, « l’homme de science au sujet des grands mystiques chrétiens, des arhats bouddhistes, des soufis, des [pseudo] saints de l’Islam, des jivan mukta hindous, des satori zen, etc. ? » Eh bien, il pense, cher Docteur (s’il est homme de science) que le fameux principe d’identité lui interdit de faire une salade d’expériences incompatibles [et d’écrits inconciliables]. Car sans cela, il n’est pas un savant, mais un curieux qui s’est lancé dans la jungle hindoue avant d’avoir étudié, à fond, les expériences des saints chrétiens [et les écrits dont elles procèdent] pour lesquels il dispose d’une documentation inégalée et inégalable, celle des procès de canonisation.

 

Ire Êpître de S. Jean, 2 : 22 :

 

« Qui est menteur, sinon celui qui nie que Jésus soit le Christ ? Le voilà l’Antichrist ! Il nie le Père et le Fils. » [Cela est le cas du Coran qui le nie formellement, ne reconnaîssant pas Jésus-Christ en tant que Fils unique de Dieu, vrai Dieu de vrai Dieu, le Verbe de Dieu qui S’EST FAIT HOMME, qui a été crucifié pour nous, a souffert sous Ponce-Pilate et a été enseveli ; qui est ressuscité le troisième jour selon les Écritures ; est monté au ciel et s’est assis à la droite du Père ; qui reviendra « pour en frapper les nations » (Ap., 19 : 15) et pour le jugement final des vivants et des morts (Ap., 20 : 11-12). Nous constatons objectivement qu’il y a un désaccord total entre les thèses musulmanes et les vérités fondamentales de la Religion Catholique. Il ne peut donc être question de parler de mystique chez les soufis ou autres avec leur dhikr (prière) du cœur, et ce même pas d’accession aux quatrièmes Demeures de sainte Thérèse d’Avila. Que notre oui soit oui, et notre non, non, car le surplus vient du Malin, dit le Seigneur (cf. S. Mt 5 : 37) !]

 

Apocalypse, 12 : 13-18 :

 

« Quand le Dragon se vit précipité sur la terre, il poursuivit la Femme [la Vierge Marie Immaculée, Mère de Jésus-Christ ou de Dieu] qui avait mis au monde l'enfant mâle [Jésus]. Mais les deux ailes du grand aigle furent données à la Femme pour s'envoler au désert, en son refuge (1), où elle est nourrit un temps, deux temps et un demi temps (2), loin du Serpent. Le Serpent lança de sa gueule, après la Femme, de l'eau comme un fleuve, dans l'espoir qu'elle serait noyée. Mais la terre vint au secours de la Femme : elle s'entrouvrit et engloutit le fleuve que le Dragon avait lancé de sa gueule (3). Alors le Dragon, plein de fureur contre la Femme, s'en alla faire la guerre contre les autres de ses descendants (4), contre ceux qui gardent les commandements de Dieu et qui détiennent le témoignage de Jésus. »

 

1/ Elle s'envola, par une sublime oraison de recueillement et de silence, sur la cime immaculée de son âme, en solitude avec la Divinité ou l'insondable Trinité, jusqu'à rejoindre la sainte Cité de la Jérusalem nouvelle (pouvant même être comparée à celle-ci par antonomase) ou être ravie au troisième Ciel (a) tout en se trouvant sur notre terre en état d'extase (cas particulier et exceptionnel de bilocation).

 

DORMITION. — Avec Jésus-Christ, dans une extase cédant à la force de l'Amour divin, son âme entra dans l’empyrée (b). Elle n'a pas senti les effets de la vieillesse, n'ayant aucune ride sur son visage, parce qu'elle fut préservée du premier péché d'Adan, étant une terre sainte, sans tache (c), la pierre angulaire d’une terre nouvelle qui a donné naissance à Jésus, le nouvel Adam (d). Son corps est demeuré intact durant 36 heures  puis fut élevée en corps et son âme comme son très saint Fils (e). L'imitation est complète !

 

a/ Cf. II Corinthiens, XII, 2 (Ce que saint Paul a réalisé, la Vierge Marie ne l'aurait-elle pas elle aussi réalisé éminemment ?) ;

b) Cf. Marie d’Agréda, la « Cité Mystique de Dieu », IIIe Partie, Livre VIIIe, ch. XXII, § 760 ;

c) Cf. l'Apocalyse ou la Révélation de Jésus-Christ, 12 : 1-6 ;

d) Cf. Saint Irénée, « Contre les hérésies », III, 21, 10 ;

e) Cf. Marie d’Agréda, cité supra, même paragraphe.

 

2/ Daniel, 7 : 25 ; 12 : 7.- Il ne peut s'agir ici que du temps que la bienheureuse Vierge Marie passa sur la terre après l'ascension de son Fils selon la chair. Après qu'elle eut rejoint définitivement son Fils au ciel, le Serpent antique s'en prit alors aux saints.

 

3/ Il s'agit de la terre de son corps, du corps de la nouvelle Eve, terre non atteinte par le péché originel, i.e. non maudite, terre sainte sur laquelle le Dragon n'a aucune emprise.

 

4/ Genèse, 3 : 15. [Il faut donc bien distinguer cette Femme des autres fidèles du Christ et reconnaître en elle la Vierge Marie. Sa puissance dépasse incontestablement celle de toutes les armées du ciel et des saints. Le livre mystérieux de l'Apocalypse en fait foi.]

 

 Notre dévotion à la très Sainte Vierge est justifiée par ces versets de l’Apocalypse ou de la Révélation de Jésus-Christ ; et ceux qui méprisent ou mettent cette dévotion sous le boisseau se font les enfants et les suppôts de Satan, car « celui qui n’a pas Marie pour Mère n’a pas Dieu pour Père » (saint Louis-Marie Grignion de Monfort, § 30, le « Vrai Traité de la Dévotion », § 30).

 

Apocalypse, 13 : 2-4, 7-9 :

 

La Bête que je vis ressemblait à un léopard ; ses pieds étaient comme ceux d’un ours, et sa gueule comme une gueule de Lyon. Le Dragon lui donna sa puissance, son trône et une grande autorité. Une de ses têtes paraissait blessée à mort ; mais sa plaie mortelle fut guérie, et toute la terre, saisie d’admiration, suivit la Bête, et l’on adora le Dragon, parce qu’il avait donné l’autorité à la Bête, et l’on adora la Bête, en disant : « Qui est semblable à la Bête, et qui peut combattre contre elle » ? […] Et il lui fut donné de faire la guerre aux saints et de les vaincre ; et il lui fut donné autorité sur toute tribu, tout peuple, toute langue et toute nation. Et tous les habitants de la terre l’adoreront, ceux dont le nom n’a pas été écrit dans le Livre de l’Agneau immolé, dès la fondation du monde. Que celui qui a des oreilles entende !

 

Ibid., 14 : 12-13 :

 

C’est ici que doit se montrer la patience des saints, qui gardent les commandements de Dieu et la foi en Jésus. Et j’entendis une voix du ciel, qui disait : « Écris : Heureux dès maintenant les morts qui meurent dans le Seigneur ! » — « Oui, dit l’Esprit, qu’ils se reposent de leurs travaux, car leurs œuvres les suivent. »

 

S. Matthieu, 13 : 40-43 (les justes) :

 

Le Fils de l’homme enverra ses anges qui ramasseront de son Royaume tous les scandales et tous les fauteurs d’iniquité, et les jetteront dans la fournaire ardente : là seront les pleurs et les grincements de dents. Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le Royaume de leur Père. Entende, qui a des oreilles !

 

S. Luc, 14 : 14 (les justes) :

 

Car cela te sera rendu lors de la résurrection des justes.

 

Ibid., 9 : 34-35 (la transfiguration : Jésus ayant pris avec lui ses disciples Pierre, Jacques et Jean sur la montagne pour prier) :

 

Pendant que Pierre parlait ainsi, survint une lueur qui les prenait (Jean et Jean) sous son ombre et, quand ceux-ci entrèrent dans la nuée, les disciples furent saisis de frayeur. Et de la nuée sortit une voix qui disait : « Celui-ci est mon Fils, mon Élu ; écoutez-le. »

 

S. Jean, 14 : 23 (Jésus) :

 

Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; et mon Père l’aimera, et nous ferons en lui notre demeure.

 

II S. Jean, verset 6 :

 

L’amour consiste à vivre selon les commandements de Dieu.

 

Ibid., 14 : 6 (Jésus d’adressant à l’apôtre saint Thomas) :

 

Jésus lui dit : « C’est moi la Voie, la Vérité et la Vie. Personne ne va au Père que par moi. »                    

 

S. Matthieu, 3 : 16-17 (cf. S. Marc, 1 : 11 ; S. Luc, 3 : 21-22) :

 

Aussitôt baptisé (par Jean le Baptiste), Jésus remonta de l’eau ; et voici que les cieux s’ouvrirent : il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et voici qu’une voix venue des cieux disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur. »

 

S. Jean, 1 : 29 (Jean le Baptiste), 32-34, 40 :

 

Le lendemain, voyant Jésus venir à lui, il dit : « Voici l’Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde ». […] Et moi, je ne le connaissais pas ; mais c’est pour qu’il fût manifesté à Israël que je suis venu baptiser dans l’eau. » Et Jean déclara : « J’ai vu l’Esprit tel une colombe descendre du ciel et demeurer sur lui. »

 

Ibid., 3 : 14-18, 35-36, 41 :

 

Comme Moïse éleva le serpent dans le désert, aussi faut-il que soit élevé le Fils de l’homme, afin que tout homme qui croit ait par lui la vie éternelle. Oui, Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, pour que tout homme qui croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle. Car Dieu n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour condamner le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. Qui croit en lui n’est pas condamné ; celui qui ne croit pas est déjà condamné, parce qu’il a pas cru au Nom du Fils de Dieu. » […] Le Père aime le Fils ; il a tout remis en sa main. Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ; qui refuse de croire au Fils ne verra jamais la vie ; la colère de Dieu pèse sur lui. »

 

S. Marc, 16 : 15-16 (Jésus) :

 

Et il (Jésus) leur dit : « Allez par le monde entier, proclamez la bonne nouvelle à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé ; celui qui ne croira pas, sera condamné. »

 

S. Matthieu, 7 : 13-14 (Jésus) :

 

« Entrez par la porte étroite. Car large et spacieux est le chemin qui mène à la perdition, et il y en a beaucoup qui le prennent ; mais étroite est la porte et resserré le chemin qui mène à la Vie, et il en est peu qui le trouvent. »

 

À SUIVRE

 

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NOUS SOMMES PARVENUS AU TEMPS DE L’ANTÉCHRIST ET DE L’APOSTASIE (2/2). - Le Présent éternel

 

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POUR PARVENIR À UNE RÉSURRECTION DE VIE (CF. S. JEAN, V, 25, 28-29) - Le Présent éternel

 

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10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 19:43

S. Luc, 13 : 24 (Jésus) :

 

Jésus leur répondit : « Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite par la porte étroite, car beaucoup, je vous le dis, chercheront à entrer et n’y parviendront pas. »

 

Ibid., 18 : 8 (Jésus) :

 

Mais le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ?

 

Ire Êpître de S. Jean, 2 : 22 :

 

« Qui est menteur, sinon celui qui nie que Jésus soit le Christ ? Le voilà l’Antichrist ! Il nie le Père et le Fils. »

 

S. Jean, XIV, 27 (Jésus) :

 

« Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; je ne vous la donne pas comme le monde la donne. »

 

Ne confondons surtout pas le « temps » avec le « jour et l’heure » stricto sensu de l’Évangile ou d’un bon dictionnaire classique, sous le prétexte fallacieux de dénigrer la portée des prophéties qui jalonnent nos Saintes Écritures afin d’apaiser notre conscience à bon marché en remettant aux calendes grecques notre résolution de mettre notre vie en accord avec les commandements de Dieu. Au chapitre III de sa IIe Épître, l’Apôtre Pierre a dénoncé fermement et magistralement cette misérable et folle attitude dont se gausseront dans les derniers jours , —  précisant que  « devant Dieu un jour est comme mille ans », — les faux docteurs guidés par leurs passions qui détournent leurs amis et parents  de la voie de la vérité en les entraînant ainsi sur la voie fatale de la perdition.

 

S. Luc, XII, 54-57 (Les signes du temps) :

 

Jésus disait encore aux foules : « Quand vous voyez un nuage monter au couchant, vous dites aussitôt : La pluie va venir, - et c’est ce qui arrive. Et quand c’est le vent du midi qui souffle, vous dites : il va faire chaud, - et c’est ce qui arrive. Hypocrites, vous êtes capables d’apprécier l’aspect de la terre et du ciel, mais ce temps-ci, comment ne l’appréciez vous pas ».

 

Ibid., XXI, 28-31, 36 (la venue du Fils de l’homme) :

 

« Et alors on verra le Fils de l’homme arriver dans la nuée (a) avec beaucoup de puissance et de gloire. Quand ces choses commenceront à arriver, prenez confiance et relevez la tête, car votre délivrance sera proche. »

Et Jésus leur dit une comparaison : « Voyez le figuier et tous les arbres : quand déjà ils ont des bourgeons, en les voyant, vous savez de vous-mêmes que désormais l’été est proche. De même vous, quand vous verrez ces choses se produire [ce qui précédera la venue du Verbe de Dieu], sachez que le royaume de Dieu est proche. En vérité, je vous le dis : cette génération ne passera pas [manifestation de la justice divine sur Jérusalem], mais mes paroles ne passeront point. […] Veillez donc et priez sans cesse, afin que vous soyez trouvés dignes d’échapper à tous ces maux qui doivent arriver, et de paraître debout devant le Fils de l’homme (b). »

a)  Cf.  Apocalypse, I, 7 ; III, 10-11 ; XIX, 11-16 ;

b)  Ibid., III, 10 ; XIX, 19-21.

 

S. Matthieu, XVI, 1-4 :

 

Les Pharisiens et les Sadducéens abordèrent Jésus, et, pour le tenter, ils lui demandèrent de leur faire voir un signe venant du ciel. Il leur répondit : « Le soir, vous dites : il fera beau, car le ciel est rouge ; et le matin : il y aura aujourd’hui, car le ciel est d’un rouge sombre. Hypocrites, vous savez donc discerner les aspects du ciel, et vous ne savez pas reconnaître les signes des temps ! Une race méchante et adultère demande un signe, et il ne lui sera pas donné que celui du prophète Jonas. » Et les laissant, il s’en alla.

 

S. Marc, XIII, 28-32 (Discours eschatologique : la ruine de Jérusalem et le second avènement : vigilance !) :

 

Écoutez cette comparaison du figuier : dès que ses rameaux sont tendres et qu’il pousse ses feuilles, vous savez que l’été est proche. Ainsi, quand vous verrez ces choses arriver, sachez que le Fils de l’homme est proche, qu’il est à la porte. Je vous le dis en vérité, cette génération ne passera point que tout cela n’arrive. Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. Mais sur ce jour ou sur cette heure, nul ne sait rien, ni les anges dans le ciel, ni le Fils, mais le Père seulement.

 

 

IL N’Y A PAS DE PIRES SOURDS QUE CEUX QUI NE VEULENT PAS ENTENDRE NI DE PIRES AVEUGLES QUE CEUX QUI NE VEULENT PAS S’INFORMER ET LIRE CE QU’ON LEUR PRÉSENTE : LA VÉRITÉ LEUR FAIT-ELLE PEUR ? POURQUOI ? SE SENTENT-ILS DÉJÀ JUGÉS ? SONT-ILS MALHEUREUX DE LIRE ET D’ENTENDRE LES PAROLES PROPHÉTIQUES DE L’APOCALYPSE OU DE LA RÉVÉLATION DE JÉSUS-CHRIST QUE DIEU, NOTRE PÈRE CÉLESTE, DONNA À SON FILS UNIQUE, ET DES AUTRES RÉVÉLATIONS QUI LES CONFIRMENT ET QUI SONT CONTENUES DANS LES AUTRES SAINTES ÉCRITURES ? (CF. APOCALYPSE, 1 : 1, 3 ; 22 : 7), — « CAR LE TEMPS EST PROCHE ». LÀ EST LA QUESTION.

 

Le voici qui vient sur les nuées (Dn 7 : 13 ; Mt 24 : 30), et tout œil le verra, et même ceux qui L'ont percé ; et toutes les tribus de la terre se lamenteront sur Lui (Zc 12 10). Oui. Amen ! "Je suis l'Alpha et l'Oméga " (Ap 2 : 8 ; 21 6 ; 22 : 13) [le commencement et la fin - Dieu vit et voit toutes choses dans un présent éternel, et c’est la raison pour laquelle le temps de la fin est « proche » de Lui à qui rien n’échappe], dit le Seigneur Dieu, celui qui est, qui était et qui vient, le Tout-Puissant.

 

Mgr Louis-Gaston de Ségur, De la Passion, de la résurrection et du triomphe final de JÉSUS-CHRIST en son Église, nous ne donnons ci-dessous que quelques extraits, pour consulter le texte intégral, cliquez sur :

http://resistance-catholique.org/articles_html/2010/03/Mgr-Louis-Gaston-de-Segur_De-la-Passion....html

 

JÉSUS-CHRIST et l’Église forment un tout indivisible. Le sort de l’un, c’est le sort de l’autre ; et de même que là où est la tête, là également doit se trouver le corps, de même les mystères qui se sont accomplis en JÉSUS-CHRIST durant sa vie terrestre et mortelle doivent se parachever en son Église durant sa vie militante d’ici-bas. JÉSUS-CHRIST a eu sa Passion et son crucifiement : l’Église doit avoir, elle aussi, et sa Passion, et son crucifiement final. JÉSUS-CHRIST est ressuscité et a triomphé miraculeusement de la mort : l’Église ressuscitera, elle aussi, et triomphera de Satan et du monde, par le plus grand et le plus prodigieux de tous les miracles : celui de la résurrection instantanée de tous les élus, au moment même où Notre-Seigneur JÉSUS-CHRIST, entrouvrant les cieux, en redescendra plein de gloire avec sa sainte Mère et tous ses Anges. Enfin, JÉSUS-CHRIST, Chef de l’Église, est monté corporellement au ciel le jour de l’Ascension : à son tour, l’Église ressuscitée et triomphante montera au ciel avec JÉSUS, pour jouir avec lui, dans le sein de DIEU, de la béatitude éternelle. […]

 

Nous ne connaissons d’une manière certaine « ni le jour ni l’heure ( S. Matth., XXV, 13.) » où se passeront ces grandes choses. Ce que nous savons, d’une manière générale mais infaillible, parce que cela est révélé de DIEU, c’est que « la consommation viendra lorsque l’Évangile aura été prêché dans le monde entier, à la face de tous les peuples (Ibid., XXIV. 14.) ». Ce que nous savons, c’est qu’avant ces suprêmes et épouvantables secousses qui constitueront la Passion de l’Église et le règne de l’Antéchrist, il y aura, dit saint Paul, l’apostasie (II Thessaloniciens, II, 3), l’apostasie générale ou quasi-générale de la foi de la sainte Église Romaine (Corn. a Lap., in loc.cit.). Enfin, ce que nous savons, c’est qu’à cette redoutable époque le caractère général de la maladie des âmes sera « l’affaiblissement universel de la foi et le refroidissement de l’amour divin, par suite de la surabondance des iniquités (S. Matth., XXIV, 12) ».

 

Les Apôtres ayant demandé un jour à Notre-Seigneur à quels signes les fidèles pourraient reconnaître l’approche des derniers temps, il leur répondit : d’abord qu’il y aurait de grandes séductions, et que beaucoup de faux docteurs, beaucoup de semeurs de fausses doctrines rempliraient le monde d’erreurs et en séduiraient un grand nombre (Ibid., 10, 11.) ; – puis, qu’il y aurait de grandes guerres et qu’on n’entendrait parler que de combats ; que les peuples se jetteraient les uns sur les autres, et que les royaumes s’élèveraient contre les royaumes (Ibid., 6, 7.) ; – qu’il y aurait de tous côtés des fléaux extraordinaires, des maladies contagieuses, des pestes, des famines, et de grandes tremblements de terre (Ibid., 7.). « Et tout cela, ajouta le Sauveur, ce ne sera encore que le commencement des douleurs (Ibid., 8.) » Satan et tous les démons en seront la cause. Sachant qu’il ne leur reste plus que peu de temps, ils redoubleront de fureur contre la sainte Église ; ils feront un dernier effort pour l’anéantir, pour détruire la foi et toute l’œuvre de DIEU. La rage de leur chute ébranlera la nature (Apoc., XII, 9, 12.), dont les éléments, comme nous l’avons dit, resteront jusqu’à la fin sous les influences malfaisantes des mauvais esprits.

 

Alors commencera la plus terrible persécution que l’Église ait jamais connue ; digne pendant des atroces souffrances que son divin Chef eut à souffrir en son corps très-sacré, à partir de la trahison de Judas. Dans l’Église aussi il y aura des trahisons scandaleuses, de lamentables et immenses défections ; devant l’astuce des persécuteurs et l’horreur des supplices, beaucoup tomberont, même des prêtres, même des Évêques ; « les étoiles des cieux tomberont », dit l’Évangile. Et les catholiques fidèles seront haïs de tous, à cause de cette fidélité même (Év. Matth., XXIV, 5, 9.).

 

Alors celui que saint Paul appelle « l’homme du péché et le fils de perdition (II ad Thess., II, 3.) », l’Antéchrist commencera son règne satanique et dominera tout l’univers. Il sera investi de la puissance et de la malice de Satan (Apoc. XIII. 2.). Il se fera passer pour le Christ, pour le Fils de DIEU ; il se fera adorer comme DIEU, et sa religion, qui ne sera autre chose que le culte de Satan et des sens, s’élèvera sur les ruines de l’Église et sur les débris de toutes les fausses religions qui couvriront alors la terre (II ad Thess. II, 4.). […]

 

 « L’abomination de la désolation régnera dans le lieu saint (Ibid., 15.) », pendant « trois ans et demi, pendant quarante-deux mois (Apoc., XIII, 5.) », correspondant aux quarante-deux heures qui se sont écoulées, comme nous l’avons dit déjà, depuis le commencement des ténèbres du crucifiement de JÉSUS, le Vendredi-Saint, jusqu’à l’heure de la résurrection, le dimanche de Pâques, au lever du soleil.

 

Quoique toujours visible et composée de ses éléments essentiels, l’Église sera pendant tout ce temps-là comme crucifiée, comme morte et ensevelie.

 

Il sera donné à l’Antéchrist de vaincre les serviteurs de Dieu, et de faire plier sous son joug tous les peuples, et toutes les nations de la terre ; et, sauf un petit nombre d’élus, tous les habitants de la terre l’adoreront, en même temps qu’ils adoreront Satan, auteur de sa puissance (Ibid., 7, 8, 4.). Si jadis le féroce Dioclétien a pu croire un instant qu’il avait définitivement détruit le nom chrétien, que sera-ce en ces temps-là, dont ceux de Dioclétien de Néron n’ont été qu’un pâle symbole ? L’Antéchrist proclamera orgueilleusement la déchéance du christianisme, et Satan, maître du monde, se croira un instant vainqueur. […]

 

Cette « voix de l’Archange » sera accompagnée d’une combustion universelle, qui purifiera et renouvellera toutes les créatures profanées par Satan, par le monde et par les pécheurs. La foi nous apprend, en effet, qu’au dernier jour, JÉSUS-CHRIST doit venir juger le monde par le feu (Rit. Rom.). Ce feu vengeur et sanctificateur renouvellera la face de la terre et fera « une nouvelle terre et des nouveaux cieux (Psal., CIII, 30.), (Apoc. XXI, 1.) ». Comme au Sinaï, comme au Cénacle, l’Esprit-Saint se manifestera ainsi par le feu, en ce jour redoutable entre tous.

 

Telle sera la fin terrible et glorieuse de l’Église militante ; telle sera, autant du moins que la lumière toujours un peu voilée des prophéties nous permet de l’entrevoir, telle sera la Passion de l’Église ; telle sera sa résurrection suivie de son triomphe. Corps mystique du Fils de DIEU, elle aura suivi son divin Chef jusqu’au Calvaire, jusqu’au sépulcre, et par cette fidélité elle aura mérité de partager sa gloire à tout jamais.

 

FIN

 

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NOUS SOMMES PARVENUS AU TEMPS DE L’ANTÉCHRIST ET DE L’APOSTASIE (1/2). - Le Présent éternel

 

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POUR PARVENIR À UNE RÉSURRECTION DE VIE (CF. S. JEAN, V, 25, 28-29) - Le Présent éternel

 

 

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10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 19:19

UN SIMPLE FIDÈLE, CHRÉTIEN CATHOLIQUE, QUI TÉMOIGNE DE SA FOI.

 

Il est absolument nécessaire à la vie de notre âme créée à l’image de Dieu (a) de lire et de méditer nos citations, car il est écrit : « Ce n’est pas de pain seul que vivra l’homme, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » (b).

 

a)  Cf. Genèse, 1 : 27 ;

b)  S. Matthieu, 4 : 4.

 

Depuis plus d’une décennie, après avoir pris notre retraite, grâce au réseau internet, nous avons effectué de longues et patientes recherches dans tous les domaines du savoir au niveau des principes. Nous avons ainsi pu consulter de nombreux textes dont l’authenticité est universellement reconnue et aisément contrôlable et amené à des conclusions qui heurtent bien des esprits mondains « guidés par leurs passions », des « gens sans instruction et sans fermeté » (1) qui se contentent d’une vie superficielle plus proche d’une vie animale que celle d’un être humain soucieux de sa fin dernière. Devant un tel fléau culturel qui a fini par atteindre toutes les nations et où la notion de vérité n’a plus cours, nous nous contentons de témoigner de notre foi par nos écrits en laissant à Dieu le soin d’en disposer selon sa sainte volonté n’étant que misère et néant devant lui. Si nous ne croyons pas que « Dieu, notre Père céleste, donna l’Apocalypse ou la Révélation à Jésus-Christ, son Fils unique, pour découvrir à ses serviteurs les événements qui doivent arriver bientôt et qu’il a fait connaître, par la voix de son ange, à l’apôtre Jean, son serviteur, qui a attesté la parole de Dieu le Père et le témoignage de Jésus-Christ en tout ce qu’il a vu » (2), alors nous devons bien admettre que avons renié les promesses de notre baptême et que nous ne sommes plus chrétiens avec toutes les conséquences gravissimes que cela entraîne pour notre salut.

 

1)  II Pierre, III, 3, 16 ;

2)  Apocalypse, I, 1-3.

 

Un fidèle catholique (thomiste)

 

S’il existe un nouvel Adam, le Christ Jésus (1), non soumis au péché (2), il est ipso facto nécessaire qu’il existe également une nouvelle Ève immaculée ou conçue sans le péché (3) qui lui corresponde. Et si l’on nie que la bienheureuse Vierge (4), Marie immaculée, n’est pas notre Mère, la nouvelle Ève, il convient alors de nier également que Dieu est notre Père, car saint Joseph n’est que le Père Putatif de Jésus.

 

1)  Cf. Romains, 5 : 17-19 ; I Corinthiens, 15 : 45 ;

2)  Cf. S. Jean, 8 : 46 ;

3)  Cf. S. Luc, 34-35 ;

4)  Cf. S. Luc, I : 48.

 

Par la Foi et la Croix seules, et moyennant notre baptême, nous pouvons parvenir à l’union éternelle avec notre Père céleste, notre souverain Bien, grâce aux mérites de l’Incarnation, de la Passion et de la mort sur la Croix de son Fils unique Jésus-Christ, notre Sauveur et notre Dieu, qui nous a laissé son Esprit, le Paraclet, l’Esprit de Vérité, en attendant son retour en gloire (a).

 

a) Cf. Saint Marc, 16 : 15-16 ; Saint Luc, 24 : 44-49 ; Saint Matthieu, 16 : 24 ; Romains, 8 : 18 ; 12 : 1 ; I Corinthiens, 2 :      19 ; 1 : 18, 23 ; 7 : 31 ; Saint Jean, 3 : 5-8 ; 14 : 1-4, 15-18, 26 ; 15 : 18-21 ; 16 : 33 ; 17 : 13-16, 20-23 ; 20 : 28 ; Apocalypse, 19, 11-14 ; 21 : 5-7.

 

Seul l’offensé à le pouvoir d’accorder son pardon à son offenseur. Et c’est la raison pour laquelle Dieu seul peut accorder son pardon à ceux qui l’ont offensé (a). Et ce n’est certes pas, comme l’affirment les bouddhistes, en épuisant son karma ou les fautes durant leurs prétendues vies antérieures dont la première est paradoxalement et originellement la cause à laquelle on ne peut remonter que l’on parviendra à obtenir sa délivrance ou son salut par sa propre industrie. N’était-on pas libre puisqu’il a fallu s’incarner ? Et, dans cette perspective, quel est le rôle de notre Créateur et Seigneur ? N’est-ce pas là le bagne à perpétuité ? Et quel orgueil de croire que l’on va se sauver soi-même ! Quant à soutenir comme le fait le Coran que le Christ n’est pas le Fils unique de Dieu de même substance que son Père, c’est-à-dire Dieu parfait et homme parfait, n’est-ce pas là également nier notre Rédemption ? Tout cela est misérable et ne peut venir que de Satan. Que les bouddhistes, les musulmans et autres fausses religions reconnaissent leurs égarements et que nous-mêmes reconnaissions les nôtres, car nous n’avons pas toujours été fidèles aux promesses de notre baptême, et repentons-nous et convertissons-nous à la Foi catholique de toujours ! Saint Paul, l’apôtre des nations, n’offre-t-il pas un exemple étonnant de son égarement (b) ? Afin de ne pas sombrer dans le désespoir à cause de nos péchés, n’oublions pas que Dieu « ne prend pas plaisir à la mort de qui que ce soit et qu’il veut que nous nous convertissions et que vous vivions (c) ». Selon l’Épître aux Hébreux, l’apôtre saint Paul, reprenant les Proverbes, précise bien que « Dieu corrige et châtie tout fils qu’il agrée » « afin de nous faire participer à sa sainteté » (d). Quand on relit l’inique Déclaration « Nostra Ætate » du 28 octobre 1965 du pseudo Concile Vatican II sur les religions non-chrétiennes, tout catholique intégral est bien obligé d’y voir un encouragement à l’apostasie du christianisme traditionnel et d’annoncer un signe des derniers temps avec « la révélation de l’homme de péché, le fils de la perdition, l’Adversaire ou l’Antéchrist » (e). Il nous semble que le temps est venu de prendre en considération cette voix du ciel disant : « Sortez, ô mon peuple, quittez-là (« la Prostituée fameuse, Babylone la Grande ») de peur que, solidaires de ses fautes, vous n’ayez à pâtir de ses plaies (f) ! »

 

a) Cf. l’acte de contrition et saint Luc, 11 : 4 ;

b) Cf. I Corinthiens, 6 : 11 ; Actes, 9 : 1-6 ;

c)  Ézéchiel, 18 : 32 ; cf. I Timothée, 2 : 4 ; II Pierre, 2 : 4 ;

d)  Hébreux, 12 : 6, 10 ; cf. Proverbes, 3 : 11-12 ;

e) II Thessaloniciens, 2 : 3-4 ; cf. S. Irénée, Contre les hérésies, V, 25, 1-5 ;

f)   Apocalypse, 18 : 4 ; Sagesse, 4 : 10-14 ; Ecclésiastique, 44 : 16 ; Hébreux, 11 : 5 ; IV Rois (Vulgate), 2 : 11 ; S. Matthieu, 13 : 43 ; S. Luc, 14 : 4 ; 17 : 34-36 ; S. Irénée de Lyon, « Contre les hérésies », V, 5, 1 ; 27, 29, 1.

 

Nous venons de lire, de relire et de méditer la vie et quelques extraits des écrits de saint Alphonse de Liguori. On se sent vraiment petit et misérable en même confondu en regard de ce saint qui a été terriblement éprouvé dans sa chair et en son âme dont il a fait une hostie vivante à la gloire de notre Père céleste (1) tout en recevant des grâces abondantes pour lui et son prochain dont on ne trouve guère d’exemples à travers les siècles parmi les saints et saintes que nous connaissons. C’est en effet ce qui est confirmé inlassablement en nous montrant que sur l’arbre la Croix, par la Foi pure et vive, on recueille les fruits abondants et glorieux que cet arbre produit (2), — et non en jouissant des plaisirs effrénés d’un monde qui ne veut pas que Dieu règne sur lui (3). La Croix constitue l’essence du christianisme, mais les Juifs (4) la considèrent comme un scandale et les païens comme une folie (5). Faire désormais parfaitement la divine Volonté et jamais plus la nôtre, voilà notre objectif premier, la grâce que Jésus-Christ nous a enseigné à demander dans notre prière (4). Se vider de soi-même et se remplir de Dieu. « Quotidie morior » (6). Nous constatons que ce monde ne veut plus rien savoir de Dieu ni de son Christ ! Dieu seul est saint et notre souverain Bien. Sans le Père, point de fonds et d’origine à la Divinité ; sans le Fils, point de Rédemption possible ; et, sans le Saint-Esprit, point de lien permanent entre les Deux. Et les Trois sont de même substance et ne font qu’un seul Dieu. Ce que nous écrivons n’est pas le produit de notre imagination mais repose sur l’autorité des Écritures que nous ne pouvons renier sans encourir la damnation éternelle (7). N’en faire aucun cas reviendrait à nous mettre au rang d’une bête ou au service de la Bête (8) en oubliant les raisons pour lesquelles nous avons été créés et baptisés !

 

1)  Cf. Romains, 12 : 1 ;

2)  Cf. S. Matthieu, 16 : 24 ; Romains, 8 : 18 ; 12 : 1 ; I Corinthiens, 2 : 19 ;

3)  Cf. S. Luc, 19 : 27 ;

4)  « Ceux qui usurpent la qualité de Juifs, les menteurs » : Apocalypse, 3 : 9, et 2 : 9 : « - une synagogue de Satan plutôt ! » (le Talmud en donnant la preuve flagrante par un racisme délirant) » ;

5)  Cf. I Corinthiens, 1 : 18, 23 ; 7 : 31 ;

6)  I Corinthiens, 15 : 31 ; Romains, 7 : 24 ;

7)  Cf. S. Jean, 3 : 18 ; S. Matthieu, 17 : 5 ;

8)  Cf. Apocalypse, 19 : 20.

 

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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 15:38

 

 

VIE DE ST ALPHONSE DE LIGUORI

 

SUIVIE D'EXERCICES DE PIÉTÉ TIRÉS DE SES ŒUVRES ASCÉTIQUES

AVEC L'APPROBATION ÉPISCOPALE PAR L'ABBÉ BERNARD LICENCI
É  ÈS LETTRES.
IMPRIMATUR, Sancti Deodati, die 2° Augusti, 1862.

+ LUD. MAR. EP. SANCTI DEODATI. PARIS, LIB. MIRECOURT, IMP. HUMBERT.

 

http://jesusmarie.free.fr/alphonse.html

 

LIVRE QUATRIÈME (1762 – 1775).

 

CHAPITRE XIV. Douleurs de saint Alphonse, en voyant les erreurs et les impiétés du siècle.

 

Alphonse avait dans ce temps l'esprit agité de pénibles soucis. Chaque jour il apprenait qu'un grand nombre de mauvais livres répandaient la contagion dans plusieurs pays, et particulièrement en France, au grand dommage de la religion et de l'État ; ces désordres ne lui laissaient plus de repos. Il déplorait surtout l'introduction clandestine de ces livres en Italie par l'entremise des libraires de Naples qui les propageaient dans les provinces, et il était principalement alarmé des écrits envenimés de Voltaire et de J.-J. Rousseau.

Il était affligé de voir des livres qui affectent la pureté de l'Évangile, mis au jour par de faux catholiques. « Il n'y a rien, disait-il, qui soit aussi pernicieux aux âmes et à l'Église que l'erreur cachée sous le masque d'une spécieuse perfection évangélique. » Il voulait surtout parler des Jansénistes.

Il était aussi transporté d'indignation outre la secte des Francs-Maçons. « Cette secte, disait-il les larmes aux yeux, fera un jour le malheur, non seulement de l'Église, mais aussi des royaumes et des souverains. Les rois n'y prennent pas garde ; ils reconnaîtront, mais trop tard leur funeste négligence. Les Francs-Maçons s'en prennent à Dieu aujourd'hui, et bientôt ils s'attaqueront aux rois. »

Dans ce même temps, il composa contre les incrédules modernes, son grand ouvrage de la Vérité de la foi. Il disait à cette occasion au père Sapio : « Je suis occupé à composer un ouvrage complet contre les erreurs modernes des déistes et des matérialistes. J'en ai déjà achevé une grande partie. Recommandez-moi à Dieu pour qu'il m'aide à écrire de manière à détromper tant de pauvres jeunes gens infectés de ces erreurs, principalement par les mauvais livres qui sortent continuellement de la France et qui sont introduits ici par des hommes du parti. Il faut pleurer et prier pour la pauvre Église qui est ainsi attaquée ; ayons cependant confiance. Les portes de l'enfer ne prévaudront pas. Je vais encore faire paraître un livre sur toutes les hérésies ; il me semble assez bon ; mais comme c'est un travail de longue haleine, je ne sais si je pourrai l'achever. »

Il voyait avec la plus grande douleur l'infaillibilité du Pape attaquée et mise en doute. Comme le plus grand argument dont on se prévalait était puisé dans la déclaration de l'assemblée de Paris en 1682, il entreprit de la réfuter dans un opuscule qu'il publia sous le titre : " Réflexions sur la déclaration de l'assemblée de France, au sujet de l'infaillibilité du Souverain-Pontife ". Il y prouve l'infaillibilité du Pape en matière de foi, par l'autorité des saints Pères et des Conciles œcuméniques.

Il gémissait aussi beaucoup en voyant cette tempête qui, par toute l'Europe, s'élevait contre les Jésuites et les ordres religieux. Il déplorait l’aveuglement de souverains qui, trompés par les faux rapports de prétendus catholiques se déclaraient contre ces religieux : « La Religion et l'État, disait-il, se donnent mutuellement la main ; lorsque celle-là est ébranlée, l'autre chancelle et court à sa ruine. »

Il écrivait au père Provincial des Jésuites: « J'éprouve sur les affaires de votre compagnie une inquiétude presque plus grande que s'il s'agissait de notre petite congrégation. On menace une société qui a, pour ainsi dire, sanctifié tout le monde, et qui continue incessamment à le sanctifier. » Le bruit courut que la compagnie allait être supprimée ; le saint évêque crut en mourir  de douleur. « L'Église est la vigne de Jésus-Christ, disait-il  ; mais, si on enlève les ouvriers qui la gardent et la cultivent, elle produira des ronces et des épines ; les serpents s'y cacheront pour miner la Religion et l'État. Si ces ouvriers ne sont plus, nous sommes perdus  ! » Il estimait heureuses les villes qui possédaient un collège de la Compagnie. « Outre le bien des missions, disait-il encore, les Jésuites savent jeter, par l'éducation, des semences de piété dans le cœur de la jeunesse ; et ces plantes, transportées ensuite dans toutes les classes de la société, sanctifient les villes et les campagnes. Les jansénistes et les novateurs voudraient anéantir la compagnie de Jésus, parce qu'elle est le boulevard de l'Église. Contre de tels ennemis, où trouver une milice vigoureuse comme celle que fournit cette société ? » Le pape Clément XIII confirma de nouveau par une bulle l'Institut et la compagnie. Alphonse crut devoir le remercier ; et le souverain Pontife lui répondit affectueusement. Mais bientôt devait arriver le règne plus agité de Clément XIV ; et le coup qui frappait la compagnie de Jésus devait retentir bien douloureusement dans le cœur de saint Alphonse.

Il tournait souvent les yeux vers la France, soit pour déplorer les mauvais livres, les blasphèmes, les impiétés de la secte philosophique, la faiblesse ou la connivence de l'autorité civile, et les vains efforts de la puissance spirituelle ; soit pour bénir et animer les défenseurs de la vérité catholique. Il s'écriait un jour  ; «  Paris est donc devenu une autre Genève ! Quoi ! l'Église serait sans force contre un impie Voltaire ? Malheureuse France, je te plains ; je plains tant de pauvres innocents qui seront enveloppés dans ta catastrophe ! Je voudrais écrire au roi de France ; mais que puis-je de si loin, si l'archevêque de Paris et tant d'excellents évêques ne sont pas écoutés ? » Il écrivit une lettre de félicitation et. d'encouragement. au savant et spirituel abbé Nonnotte, qui osa combattre Voltaire au moment de sa plus grande vogue, tourna contre le patriarche de l'impiété ses propres armes, le ridicule, et l'empêcha plus d'une fois de dormir. Bien plus, le saint vieillard écrivit à Rome pour obtenir au généreux apologiste un bref apostolique en faveur de ses ouvrages contre le philosophisme. Quelques années après, apprenant la mort de Voltaire et de J.-J. Rousseau, il écrivait : « Voltaire est mort dans l'impénitence, et le voilà dans la malheureuse éternité ! » Et dans une autre lettre

« Je reçois la nouvelle de la mort de l'infortuné J.-J. Rousseau ! Dieu soit loué, d'avoir délivré l'Église de ses deux plus grands ennemis  ! » Pauvre France ! combien le saint vieillard a prié pour toi ; il prie aussi beaucoup pour toi dans le ciel ! Hélas ! il est bien vrai que ton influence est souveraine pour le mal comme pour le bien, dans les destinées du monde !

 

CHAPITRE XVI. Nouvelle maladie de saint Alphonse ; nouvelles occasions de vertus héroïques.

 

Lorsque le Seigneur veut élever un de ses serviteurs à une grande sainteté, la conduite ordinaire de sa providence est de l'abîmer, pour ainsi dire, dans une mer de douleurs. Alphonse, destiné à être une des brillantes colonnes de la Jérusalem céleste, dut souffrir comme le divin Maître, et entrer par là dans sa gloire.

En 1768, la soixante-douzième de son âge et la septième de son épiscopat, le vingt-trois juin, Alphonse fut atteint d'une fièvre légère ; mais le deuxième et le troisième jour, elle s'accrut et fit tant de progrès qu'on la prit pour une fièvre putride et dangereuse. Lorsque les médecins vinrent le visiter : « De l'eau et de l'huile ! » leur dit agréablement Monseigneur. Comme on lui demandait ce qu'il entendait par là, il répondit que, si la fièvre était putride comme on le croyait, il fallait de l'eau glacée ; et, par précaution, de l'huile sainte pour la mort.

Trois jours après, la fièvre disparut ; et, contre toute attente, il fut attaqué de douleurs aiguës au côté droit ; il éprouvait dans l'os de la hanche des douleurs continuelles, mais assez supportables. Comme il était sans fièvre et libre de la tête, il ne cessait de donner audience et n'interrompait pas ses occupations scientifiques et spirituelles.

À l'approche de l'Assomption, malgré ses souffrances, il entreprit de donner la neuvaine dans l'église de l'Annonciade, et parvint, à se traîner dans la chaire ; mais la douleur ne tarda pas à le saisir d'une manière beaucoup plus cruelle et s'arrêta opiniâtrement sur l'os de la hanche, et l'empêcha de continuer. Le prêtre Manucci, missionnaire Napolitain qui l'accompagnait, le remplaça le sixième jour. Depuis ce moment, son mal fit tant de progrès qu'il ne savait plus quelle position tenir, ni le jour, ni la nuit. Malgré cela, comme si un autre eut souffert à sa place, il s'occupait de son diocèse ; il dictait ses ouvrages, et continuait avec sa maison les exercices accoutumés. « Voilà déjà six jours que je ne dis pas la messe, écrivait-il à Naples, le 18 août, au prêtre Don Tramontana, son confident. Je suis avec des vésicatoires aux jambes ; je veux rester comme cela durant toute ma vie, si c'est le bon plaisir de Dieu. Priez le Seigneur qu'il me donne une soumission parfaite à sa volonté. » Le 27, il écrivit encore : « Je continue de porter ma croix dans mon infirmité  ; il y aura demain quinze jours que je suis au lit ; lundi il y en aura quinze que je n'aurai célébré, et je ne vois pas d'amélioration. Je suis comme si j'avais perdu l'estomac, mais je suis content parce que Dieu le veut ainsi. »

Cependant la fièvre augmenta, les douleurs redoublèrent, au point que l'on craignit bientôt pour sa vie ; il reçut les derniers sacrements le 26 août 1768, et fit son testament. Il n'y aurait pas eu matière si son intendant n'avait perçu, à quelques jours de là, 423 ducats, provenant des fermages de la messe. Il voulut que cette somme fût déposée entre les mains de l'archiprêtre Romano, et fixa le nombre de messes qu'on célébrerait pour lui ; il désigna les aumônes qu'il voulait faire aux pauvres, et prescrivit que, deux heures après sa mort, le surplus fût distribué, à titre de reconnaissance, à tous ceux qui étaient à son service ; enfin, il demanda que son corps fût transporté dans la cathédrale de Sainte-Agathe.

Cependant la fièvre s'éteignit sensiblement, quoique les souffrances fussent toujours fort aiguës. Le rhumatisme faisait toujours de nouveaux progrès ; il avait d'abord son siège chias [scia] dans l'os de la hanche [sciatique ?] ; bientôt il gagna la jambe et se répandit avec un surcroit de douleurs dans les articulations. Le pieux évêque endurait tout avec une patience inaltérable ; jamais un gémissement ne sortit de sa bouche ; mais ce qui comblait l'admiration, il ne cessait de s'occuper de son diocèse.

Dans cet excès de souffrance, il faisait de vives aspirations à un grand crucifix placé devant lui ; un de ceux qui l'assistaient ne put s'empêcher d'en recueillir une grande partie : « Seigneur, je vous remercie de me donner quelque part aux souffrances que vous endurâtes dans les nerfs, lorsque vous fûtes cloué sur la croix. — Je veux souffrir, mon Jésus, comme vous voudrez, et autant que vous voudrez ; seulement donnez-moi la patience. — Mon Dieu, brûlez, coupez ici-bas ; ne m'épargnez point dans çe monde  ; mais épargnez-moi dans l'éternité. — Malheureux damnés, s'écriait-il quelquefois, comment pouvez-vous souffrir en enfer sans mérite ? —  Mon Jésus, mon espérance, unique remède à tous les maux ! »

Déjà entre les bras de la mort, il s'écriait joyeux : « Oh ! qu'il est beau de mourir attaché à la croix ! —  Un pauvre qui aime Dieu, meurt plus content que tous les riches du monde. — Une heure de souffrance vaut plus que tous les trésors de la terre. » Dans l'épuisement causé par une longue insomnie, il disait : « Je voudrais prendre un peu de sommeil, mais Dieu ne le veut pas et moi, je ne le veux pas non plus. »

Les souffrances ne se bornèrent pas là. Le rhumatisme ayant pris son siège dans les vertèbres du cou, sa tête s'inclina si fort et s'appuya tellement sur sa poitrine, que regardé par derrière, il paraissait un corps sans tête. « Il n'y aurait qu'un miracle,  dit le médecin Nicolas Ferrare, qui pût empêcher cette courbure de lui ôter tout-à-fait la respiration.

Mais ce n'était encore qu'une partie de son martyre. Son menton s'était enfoncé au milieu de sa poitrine ; comme la barbe était forte et hérissée, elle y occasionna une plaie considérable : la tumeur qui ne tarda pas à en sortir causa bientôt les plus vives alarmes  ; on voulut relever sa tête pour l'examiner, mais lui faire violence de ce côté, t'eut été lui rompre le cou. On entreprit de le placer sur un canapé, dans une position horizontale ; ainsi on put examiner la plaie. Elle était profonde et dangereuse ; peu s'en fallait que les os de la poitrine ne fussent à découvert. Les médecins parvinrent cependant à empêcher la gangrène, et bientôt la plaie fut complètement guérie. Au bout de quelques mois, il entra en convalescence ; cependant la tumeur maligne s'étant fixée sur les nerfs, son corps demeura toute sa vie contracté, et sa tête recourbée sur sa poitrine ; il resta dans cet état pendant les dix-sept ans qu'il vécut encore.

 

 

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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 15:36

 

Pendant tout le cours de cette cruelle maladie, notre saint fit preuve d'une patience surhumaine. Il n'était pas triste ; au contraire, il jouissait de souffrir ; car il se considérait comme attaché avec Jésus-Christ sur la croix. « Nous admirions tous, dit le docteur Mauro, tant de courage et de patience ; et l'on eut dit que les tourments agissaient sur un autre corps. N'eût-il eu que cette horrible plaie sur la poitrine, de quelle force n'avait-il pas besoin pour supporter l'infection d'un ulcère qu'on ne pouvait  soigner ! Moi qui l'ai assisté dans toutes ses maladies, et dans cette dernière qui fut si douloureuse, je puis attester en toute vérité qu'il a tout souffert avec la plus grande patience, sans laisser échapper la moindre plainte, toujours uni à la volonté divine, comme si les souffrances avaient été celles d'un autre. » — « Mgr de Liguori, dit aussi le père Raphaël, était une véritable image du saint homme Job. Devenu comme un monceau de douleurs, il ne lui arriva jamais d'ouvrir la bouche pour proférer la plainte la plus légère. Un regard vers le ciel avec une pieuse aspiration était le signe de la souffrance ; encore s'exprimait-il avec tant de calme qu'il me consolait et me confondait, ainsi que tous ceux qui se trouvaient présents. » Pendant tout le temps de cette cruelle maladie, qui ne dura pas moins de cinquante jours, on le vit toujours calme, armé d'un courage invincible, sans manifester le moindre ennui, ni le moindre désir d'être soulagé. Il montrait la vérité de ces paroles de saint Augustin : « Celui qui aime ne souffre pas, et désire souffrir, davantage. » « Il était cloué sur son pauvre lit, racontait Don Benoît Barba ; et tandis qu'avec le frère François-Antoine j'arrangeais les draps, je m'aperçus qu'il avait son grand rosaire sous lui ; autant il y avait de grains, autant il s'était formé de trous dans sa chair. Attribuant cela au hasard, je dis au frère de retirer le rosaire. Mais celui-ci me répondit de manière à me faire comprendre que, non content de son infirmité, ce grand serviteur de Dieu cherchait encore à se crucifier davantage. »

Il ne fut pas moins admirable dans sa soumission aux médecins. « Soyons obéissants, disait-il souvent ; résignons-nous à mourir. » Le docteur Mauro atteste que le saint malade montrait toujours la plus grande obéissance à prendre toute espèce de remède, quelque désagréable qu'il fût. Comme il avait un corps très délicat, les vésicatoires lui étaient fort douloureux ; mais il ne lui arriva jamais de chercher à s'en exempter. Le docteur Ferrare dit à sou tour qu'il était soumis aux médecins, non par le désir de prolonger sa vie, mais parce qu'il reconnaissait dans leur volonté celle de Dieu. Un jour, le saint lui dit : « Je ne suis plus maintenant qu'un vieillard  ; que puis-je espérer et que puis-je prétendre ? J'obéis pour faire votre volonté et la volonté de Dieu.»

Il n'était pas seulement content et serein, il poussait l'héroïsme jusqu'à être jovial. Recevant un jour la visite du docteur Ferrare : « Vous vous efforcez, lui dit-il, de me soutenir à force d'étais, mais un jour, lorsque vous mettrez un nouvel appui, si vous levez un peu trop, les autres tomberont et vous perdrez vos peines. » Une autre fois il dit : « Ils m'ont si souvent appelé estropié, qu'à la fin m'y voilà pris. »

Quoique réduit à cet état d'infirmité, il ne se dispensa jamais de ses exercices de piété. Le soir spécialement, il voulait que toute sa maison avec son grand vicaire vint dans sa chambre pour réciter ensemble le rosaire, les litanies de la sainte Vierge et les autres prières accoutumées. Il passait presque toute la journée à entendre quelque lecture spirituelle.

Dans cet état d'accablement et de douleur, il n'oublia jamais ses chères ouailles, et ne cessa jamais de leur donner les soins d'un bon pasteur. Il dictait, ordonnait et faisait tout comme s'il eût été bien portant. Il fit écrire à plusieurs seigneurs pour réformer les abus, et s'adressa à certaines congrégations de Naples afin d'avoir des missionnaires pour tout son diocèse.

Comme le lit de douleur n'était pas seulement pour Alphonse un objet de patience, mais aussi un objet d'amour, ses souffrances ne l'empêchèrent pas de revoir une dernière fois et de publier un grand ouvrage qu'il intitula Pratique de l'amour de Jésus-Christ. Il découvre dans ce livre les sentiments de son cœur, en traitant d'abord de l'amour que nous devons à Jésus-Christ, à cause de l'amour qu'il nous montre dans sa passion, et dans l'institution du très-saint Sacrement. Il démontre ensuite la grande confiance que nous devons avoir en lui, puis il commente ces paroles de saint Paul : « La charité est patiente, bienveillante, » où il trouve les caractères de la vraie charité qui tend à nous lier plus étroitement à Jésus-Christ ; après cela, il expose la manière de se conduire dans les tentations, et la grande utilité qu'elles nous procurent ; enfin, en faveur des âmes saintes, il passe en revue les désolations spirituelles et les motifs de les supporter avec paix et courage. Dans la dernière partie de cet ouvrage, il commente toute la passion de Jésus-Christ d'après les écrits des saints Évangélistes, et propose diverses pratiqués de piété les plus propres à nous enflammer de l'amour divin.

La convalescence fut très-pénible et dura plus d'un an. « Je continue à être sans fièvre, écrivit-il le 8 octobre 1768 au père Villani ; mais quant aux douleurs, elles sont toujours les mêmes : Ils me font promener sur des béquilles, soutenu cependant par deux personnes ; et c'est déjà le sixième jour, mais je ne vois pas que cela me fasse aucun bien. Je passe presque toutes les nuits les yeux ouverts, la nature s'en ressent ; mais il me paraît que ma volonté est résignée à celle de Dieu. Recommandez-moi à la messe, afin que Dieu me donne une parfaits résignation. »

 

LIVRE CINQUIÈME (1773-1787)

CHAPITRE XIII. Béatification et canonisation de saint Alphonse.

 

Bientôt une nouvelle affluence de miracles, de guérisons et d'apparitions, en Italie, en France et ailleurs, vint, à différentes époques, redoubler la dévotion publique, et activer les instances pour la béatification et la canonisation de l'humble Alphonse. Nous donnerons seulement une idée sommaire de ces merveilles, en disant que le résultat des procès constatera plus de cent miracles, opérés du vivant même d'Alphonse, et que les informations juridiques portent le total bien au-delà d'un millier. Dès les premiers instants, la congrégation du très-saint Rédempteur fit constater les miracles et l'héroïsme des vertus  ; les témoins les plus distingués et les plus recommandables furent entendus ; des procès-verbaux furent dressés ; et les demandes les plus imposantes furent adressées au Saint-Siège.

Plusieurs congrégations préliminaires et plusieurs décrets pontificaux déclarèrent que nul obstacle ne s'opposait à l'introduction de la cause, et donnèrent à Alphonse le titre de Vénérable. Le malheur des temps et l'exil du Saint-Père, Pie VI, interrompit la cause heureusement commencée ; mais le sage Pontife ne la perdit. pas de vue dans son exil, et accorda aux juges les pouvoirs pour recueillir les dépositions et les documents.

Avant l'examen des vertus, il fallut procéder à celui des ouvrages et des manuscrits. La sacrée congrégation des Rites décida, le 14 mai 1803, que d'après un examen théologique, il ne s'était rien trouvé dans les œuvres imprimées et manuscrites du vénérable Alphonse de Liguori, qui fut digne de censure : « Nihil censura dignum fuisse repertum » ; et qu'on pouvait procéder ultérieurement. Cette décision fut approuvée du Pape le 18 du même mois, et complétée le 24 septembre suivant.

L'examen des vertus fut commencé le 10 juin 1806, et terminé le 28 avril 1807. Les cardinaux et les consulteurs déclarèrent unanimement que les vertus du vénérable Alphonse de Liguori s'étaient élevées à un degré héroïque. Cependant, avant de rendre sa décision ; le souverain Pontife voulut attendre quelques jours, pour se donner le temps d'implorer mieux encore les lumières du Saint-Esprit.

Le 7 mai, jour de l'Ascension, le Saint-Père publia, dans la basilique de saint Jean-de-Latran, son décret solennel sur les vertus. Sa Sainteté proclama « que le vénérable serviteur de Dieu, Alphonse-Marie de Liguori, avait possédé à un degré héroïque les vertus théologales et cardinales. »

Il restait pour la béatification solennelle l'examen des miracles. On en choisit trois qui devaient être proposés dans une congrégation extraordinaire. Les circonstances ne permirent pas de la tenir : la captivité du Pape, la dispersion des cardinaux, l'envahissement des États romains, suspendirent la procédure. Après la persécution, l'affaire de la béatification du serviteur de Dieu fut reprise. Le 28 février 1815, eut lieu, au palais Quirinal, la troisième congrégation générale d'usage sur la même question ; deux miracles suffisaient ; la congrégation en approuva deux. Le Pape voulut. prendre encore du temps pour implorer les lumières du Saint-Esprit ; mais le 17 septembre, jour auquel on célébrait pour la première fois dans toute l'Église catholique la fête de Notre-Dame-des-Douleurs, fut choisi par le Saint-Père pour la promulgation du décret en faveur des miracles, à cause de la grande dévotion d'Alphonse pour les souffrances de la sainte Vierge.

Après avoir offert le saint sacrifice dans sa chapelle domestique du Quirinal, Sa Sainteté publia le décret qui reconnaissait deux miracles du second ordre, dont voici le résumé historique.

Le père François Ottojano, franciscain, avait depuis longtemps un rhumatisme douloureux ; la fièvre et la toux viennent compliquer son mal, il est déclaré étique. Plus tard, les célébrités médicales de Naples s'accordent à dire qu'il est au dernier degré de la phthisie la plus incurable. Devenu comme un squelette, il se prépare à la mort. Le 27 août 1787, on lui donne un linge qui avait servi à saint Alphonse ; il se l'applique sur la poitrine, et dit : « Monseigneur, si vous êtes cher à Dieu, si vous jouissez du bonheur éternel, obtenez-moi de ne pas mourir de cette horrible maladie ! » Il éprouve un changement instantané, mange avec appétit, s'endort paisiblement, et s'éveille parfaitement guéri. Il vivait encore en 1802. — Madeleine de Nunzio avait un abcès au sein gauche. Après les plus profondes opérations chirurgicales, et les plus horribles incidents, les ravages de la gangrène deviennent plus alarmants ; elle reçoit les sacrements. Une de ses amies lui présente une image et un morceau des vêtements du bienheureux. Elle applique l'image sur la plaie, avalé dans un peu d'eau quelques fils de l'étoffe. Elle entre à l'instant dans un profond sommeil, s'éveille parfaitement guérie ; la plaie se ferme ; et l'heureuse mère peut allaiter son enfant.

Après l'approbation des miracles, il restait à prendre l'avis de la sacrée congrégation, pour inscrire le nom du vénérable Alphonse parmi les noms des Bienheureux reconnus par l'Église. D'après l'avis unanime, le Saint-Père publia le décret qui permettait de procéder à la béatification solennelle. Il signa, le 26 septembre 1816, le bref de la Béatification, qui, en conférant à l'illustre évêque le titre de Bienheureux, déclare qu'il est certainement en possession de la gloire céleste, et qu'on peut exposer ses images et ses reliques à la vénération des fidèles. Ce bref autorisait les diocèses de Nocera et de Sainte-Agathe, et la congrégation du très-saint Rédempteur, à célébrer tous les ans en l'honneur du Bienheureux l'office de la messe pour laquelle le Pape prescrivit des oraisons propres. La cérémonie de la béatification  eut lieu neuf jours après, dans la basilique de Saint-Pierre. On y mit le plus grand éclat. On avait placé sur l'entrée principale du majestueux portique de Saint-Pierre un très-beau tableau du miracle de Foggia, représentant le moment où les rayons de lumière viennent d'une image de la sainte Vierge se réfléchir sur le front du saint prédicateur en extase. Diverses inscriptions rappelaient divers traits du Bienheureux, et les deux miracles reconnus par le décret pontifical. L'immense basilique était toute décorée de riches tentures de damas, brodées en or  ; c'était de la plus grande magnificence. Au fond de l'église, au-dessus de la chaire de Saint-Pierre, se trouvait placé au milieu d'une lumière éblouissante, un grand tableau de forme ovale représentant le bienheureux Alphonse ; un nombre prodigieux de cierges de toute grandeur l'environnaient comme d'une gloire céleste. À dix heures du matin, le postulateur de la cause, Vincent Giattini, procureur-général du très-saint Rédempteur, vint en présence de toute la congrégation des Rites et accompagné du prélat-secrétaire, demander dans un discours latin, au cardinal de la Somaglia, préfet de la sacrée congrégation, la permission de publier le bref de la béatification solennelle. Après ce discours et la lecture du bref, un des plus grands dignitaires entonna le Te Deum ; au même instant le rideau se tire et laisse voir le tableau du nouveau Bienheureux ; au son de toutes les cloches et au bruit de nombreuses salves d'artillerie, tous les assistants tombent à genoux et lui offrent le premier hommage religieux et public de leur vénération. L'hymne d'actions de grâces se continue avec l'accompagnement d'une brillante musique. L'archevêque célébrant dit ensuite la nouvelle oraison approuvée par le souverain Pontife ; et l'on commença la messe solennelle chantée par un chœur nombreux, composé des meilleurs maîtres de Rome. Le soir, vers six heures, Pie VII se rendit avec son cortège ordinaire à la basilique de Saint-Pierre ; il y fut reçu par tout le sacré collège. Après avoir adoré le Saint-Sacrement, le Saint-Père alla avec tous les cardinaux se prosterner devant le tableau du bienheureux Alphonse. Quand il eut fini sa prière, le postulateur de la cause lui fit hommage d'une vie du Bienheureux, ainsi qu'à tous les membres du sacré collège et de la maison pontificale. Ainsi se termina cette cérémonie glorieuse, prélude des honneurs plus grands réservés au serviteur de Dieu.

Le Seigneur ne tarda pas à manifester sa volonté, par de nouveaux prodiges et par de nombreuses et illustres sollicitations. Ces requêtes, ayant pour but le procès de la canonisation, obtinrent l'assentiment de la sacrée congrégation des Rites ; et le 28 février 1818, le Saint-Père Pie VII signait le décret qui introduisait la cause du Bienheureux pour la canonisation. Dans l'espace de dix ans, on organisa, avec une sage lenteur, différents travaux ; on constata la validité des procès antérieurs ; et le révérend père Mantone, procureur-général de la congrégation du très-saint Rédempteur, fut nommé postulateur de la canonisation. En 1828, commença le triple examen des deux miracles choisis. À cette fin, une première congrégation fut tenue le 19 août, dans le palais de l'Eminentissime Odescalchi, - rapporteur de la cause. La seconde congrégation préparatoire eut lieu le 7 juillet 1829, dans le palais Quirinal, sous le pontificat de Pie VIII. Enfin, le 23 septembre 1829, les miracles furent approuvés dans la congrégation générale des cardinaux, prélats et consulteurs. Sa Sainteté confirma cette reconnaissance juridique par son décret solennel du 3 décembre 1829, publié le jour de saint François-Xavier, dans l'église des pères jésuites. Voici les deux miracles approuvés : Vingt jours après la béatification solennelle, le frère Pierre Canali, Camaldule, reçut en un instant la guérison d'une plaie profonde et mortelle par l'attouchement d'une image du Bienheureux. — Un an après, Antonia Tarsia, de Catanzaro, tomba du haut d'un escalier sous le poids d'une lourde charge, et se cassa la jambe. La violence de cette chute ébranla tellement son corps, qu'elle ne pouvait plus supporter de nourriture et souffrait de fréquents vomissements. Peu après, la morf était inévitable. Saint Alphonse lui apparut plein de gloire, revêtu des ornements pontificaux, et la bénit ; au même instant elle fut guérie, allaita sa petite fille et mangea avec beaucoup d'appétit.

Il restait à examiner si on pouvait procéder en sûreté à la canonisation du Bienheureux. Une assemblée générale fut tenue à cet effet, le 20 avril 1830. L'avocat Hyacinthe Amici, le même qui avait commencé la cause à la mort du Bienheureux, ayant été entendu, il fut déclaré unanimement qu'on pouvait procéder à la canonisation. Enfin, le 16 mai 1830, Sa Sainteté prononça qu'on pouvait procéder en toute sûreté à la canonisation solennelle du bienheureux Alphonse-Marie de Liguori ; ordonna que ce décret fût publié et conservé dans les actes de la congrégation des Rites, et qu'on adressât les lettres apostoliques sur la canonisation qui serait célébrée en son temps, dans la basilique du Vatican. Ainsi, le souverain Pontife Pie VIII faisait diversion aux chagrins que lui causaient les ennemis de l'Église. Bientôt la tempête, qu'il avait prédite dans son encyclique, éclata sur l'Europe, et mit un empêchement à la solennisation si ardemment désirée. Le Pontife mourut quelques mois après ; Grégoire XVI lui succéda, le 2 février 1831. Sous son glorieux pontificat, le décret favorable devait recevoir son entier accomplissement. Aux raisons politiques se joignaient celles des dépenses qu'entrainent les magnifiques cérémonies de la canonisation ; diverses souscriptions furent ouvertes ; enfin, le 26 mai 1839 fut fixé pour élever solennellement à l'honneur des autels les serviteurs de Dieu : Alphonse-Marie de Liguori ; François de Hieronymo, de la compagnie de Jésus ; Jean-Joseph de la Croix, de la réforme de saint Pierre d'Alcantara ; Pacifique de saint Séverin, Mineur réformé ; et Véronique Juliani, capucine.

 

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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 15:32

 

Plusieurs semaines avant la solennité, Rome était remplie d'étrangers qui voulaient assister à cette grande fête. Le Saint-Père y avait invité tous les évêques de l'Italie ; environ cent membres de la congrégation du Très-Saint-Rédempteur s'étaient rendus à Rome, de l'Italie, de l'Allemagne et de la Belgique, pour être présents au triomphe de leur Père.

Enfin, le 25 mai, veille de la canonisation, les canons du château Saint-Ange et le son de toutes les cloches de Rome annoncèrent l'approche du jour tant désiré. À minuit, les trompettes de la garde et du sénat parcouraient la ville, la musique se faisait entendre de tous côtés ; à quatre heures du matin, cent un coups de canon saluèrent le grand jour.

La foule innombrable, qui de toutes les parties de chrétienté se trouvait réunie à Rome, se dirigea vers la magnifique place de Saint-Pierre.

Les colonnes de la galerie qui l'environne étaient garnies de riches tentures, de draperies et de fleurs. Pour le maintien de l'ordre, les grenadiers, la garde noble et la garde bourgeoise de Rome, en grand uniforme, étaient rangés tout autour.

À six heures, commença au Vatican la procession la plus imposante qui se puisse voir âu monde. Les orphelins précédaient, suivis des écoles des Enfants nobles ; puis les ordres Mendiants, les Franciscàins, les Capucins, etc., avec leurs bannières respectives ; ensuite les ordres religieux, les Augustins, les Servites, etc., après eux les séminaristes, les vicaires et les curés de Rome avec l'étole blanche. Ceux-ci étaient suivis des chapitres des nombreuses collégiales, avec leurs croix et leurs bannères ; de plusieurs officiers civils, et des membres de la congrégation des Rites. On remarquait une multitude de personnes portant des flambeaux allumés ; et, à la suite, les bannières des nouveaux saints. Les cordons de ces bannières étaient portés par les parents encore survivants des saints, et par les membres de leurs ordres respectifs. Auprès de la bannière de saint Alphonse marchaient un de ses neveux et plusieurs de ses petits-neveux ; le premier, général ; les autres, officiers, au service du roi de Naples.

La procession se partagea en deux parties, et se rangea aux deux côtés de la place Saint-Pierre ; le Saint-Père entonna, dans la chapelle Sixtine, l'hymne : Ave, maris stella, pour implorer l'assistance de la très-sainte Vierge Marie dans cette action solennelle. Il monta ensuite dans sa litière ; dès qu'il quitta son palais, toutes les cloches s'ébranlèrent, on entendit le roulement des tambours et le son de la plus magnifique harmonie.

Voici l'ordre dans lequel se dirigea vers l'église de Saint-Pierre tout le cortége du Souverain-Pontife, depuis la chapelle Sixtine les hérauts du Pape précédaient ; venait ensuite la cour du Souverain-Pontife avec les chantres de la chapelle papale, suivis de l'assistance de l'office pontifical, diacres, sous-diacres et acolytes, et des confesseurs établis à l'église de Saint-Pierre pour toutes les nations, tous en ornements blancs. On voyait après eux l'imposante réunion de plus de cent évêques, des abbés et des cardinaux qui se trouvaient à Rome. Les abbés mitrés précédaient ; puis suivaient les évêques et les cardinaux revêtus de leurs habits pontificaux. Le préfet de Rome et les principaux officiers suivaient les cardinaux ; devant le Souverain-Pontife marchaient en habits de lévites les trois plus anciens cardinaux, suivis de la brillante assistance du trône. Enfin paraissait la litière du Saint-Père, dont le profond recueillement dans cette grande solennité, comme dans toutes les autres, frappa tous ceux qui l'ont vu. Il était en chape, blanche, la croix sur la poitrine. Il portait une mitre, tenait un cierge allumé à la main gauche, et bénissait de la droite la foule agenouillée. Il s'avançait sous un dais en étoffe d'or, environné des principaux personnages de sa cour et suivi des généraux d'ordres.

Avant de décrire la canonisation, telle qu'elle eut lieu dans l'église Saint-Pierre, décrivons sommairement la décoration de cette vaste basilique, afin qu'on puisse se faire une idée de la magnificence où parut dans cette occasion le plus beau temple de l'univers.

Au-dessus de la porte principale était un superbe tableau, où l'on voyait les nouveaux saints, transportés au ciel par des anges ; au-dessus de ce tableau on lisait une inscription convenable à la fête. En entrant dans l'église, on lisait au-dessus de chaque porte du vestibule d'autres inscriptions analogues. Les murs étaient tapissés de soie rouge enrichie d'or. On voyait, entre les nefs, des ciels de différentes couleurs. Le trône du Saint-Père s'élevait derrière l'autel sur huit colonnes couvertes de velours rouge, entre lesquelles on avait placé des tableaux représeytant différents traits des nouveaux saints. Le trône était environné d'une tribune couverte aussi de velours rouge, dans laquelle se trouvaient le roi de Naples et le roi de Bavière, Don Miguel de Portugal et la reine de Sardaigne, ainsi que les ambassadeurs étrangers. Des draperies empêchaient le jour de pénétrer par les fenêtres, afin qu'il ne nuisît pas à l'effet de l'illumination. Cent dix lustres d'or étaient suspendus dans les nefs collatérales, quarante lustres magnifiquement ornés étaient suspendus à la voûte, trente candélabres étaient placés devant les tableaux, et cent autres lustres étaient encore distribués dans la basilique ; de sorte que plus de quatre mille cierges éclairaient l'auguste basilique.

Aussitôt que le Saint-Père fut arrivé à l'église, il fut porté à la chapelle où reposait le Saint-Sacrement, afin de l'y adorer. Il fit ensuite porté au trône qui se trouvait derrière l'autel, où il reçut les hommages du haut clergé. Quand les cardinaux, les évêques et les abbés eurent pris leurs places respectives, le maître des cérémonies conduisit devant le trône du Pape le cardinal qui devait le supplier pour la canonisation, au nom de toute la chrétienté. Le cardinal s'inclina, tandis que son avocat suppliait à genoux le souverain Pontife en ces termes : « Très-Saint-Père, le très-éminent cardinal ici présent prie instamment Votre Sainteté de vouloir inscrire au nombre des saints de Notre-Seigneur Jésus, Christ les bienheureux Alphonse, François de Hieronymo, etc., etc., et de vouloir déclarer qu'ils doivent être honorés comme tels par tous les fidèles. »

Le secrétaire du Pape répondit en son nom : « Sa Sainteté veut qu'on adresse à Dieu de ferventes prières dans une circonstance aussi importante, et qu'on implore l'intercession de la trèssainte Mère de Dieu, des saints apôtres Pierre et Paul et de tous les autres saints, afin que tout se fasse avec dignité et sainteté. »

Après cette réponse, le cardinal revint à sa place. Le Pape descîndit de son trône et s'agenouilla, pendant que deux chantres entonnaient les litanies des saints, auxquelles tous répondaient.

Après les litanies, le souverain Pontife remonta sur son trône ; le cardinal vint une seconde fois au pied du trône, où l'avocat répéta sa demande, en insistant sur la première : « Le très-éminent cardinal ici présent supplie instamment et plus instamment Votre Sainteté, etc. »

Le secrétaire du souverain Pontife répondit à cette demande : « Sa Sainteté veut qu'on implore par de nouvelles prières les lumières du Saint-Esprit, etc. » Le cardinal et son avocat reprirent place ; le Pape déposa la mitre et s'agenouilla, pendant que le cardinal, assis à sa gauche, exhortait tous les assistants à la prière. Tous prièrent quelque temps en silence ; le Pape se releva, et le cardinal assis à sa droite dit à tous les assistants de se lever. Deux évêques s'avancèrent alors avec des livres et des candélabres ; le Saint-Père entonna le Veni Creator, se mit à genoux pendant la première strophe. Il se leva ensuite, et resta debout jusqu'à la fin de l'hymne ; deux acolythes s'approchèrent du trône, et le Pape chanta l'oraison du Saint-Esprit.

Après que le souverain Pontife eut repris sa place, le cardinal et son avocat vinrent de nouveau à ses pieds renouveler pour la troisième fois leur demande, en disant : « Très-Saint Père, le très-éminent cardinal prie instamment et très-instamment votre Sainteté de vouloir inscrire au nombre des saints, etc. » Le secrétaire répondit que le Saint-Père voulait prononcer le jugement définitif. L'imposante assemblée se lève alors tout entière, et le Saint-Père assis, la mitre sur la tête, prononce comme Docteur et Chef de l'église catholique le grand et suprême jugement en ces termes

«En l'honneur de la très-sainte et indivisible Trinité, pour l'exaltation de la foi catholique et l'augmentation de la piété chrétienne ; au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ, des bienheureux apôtres Pierre et Paul, et en notre nom ; après de mûres réflexions, et l'invocation réitérée du secours de Dieu ; après avoir consulté nos vénérables frères, les cardinaux de l'Église romaine, les patriarches, archevêques ét évêques de cette capitale ; décidons et prononçons que les bienheureux Alphonse, François de Hiéronymo, etc., sont saints, et nous les comptons au nombre des saints, et ordonnons que leur mémoire soit. honorée par le culte que l'Église leur rendra annuellement le jour de leur naissance  ; savoir : du bienheureux Alphonse, le 2 août, etc. Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit: Amen. »

Le Saint-Père, ayant ainsi recommandé à toute l'Église la vénération des nouveaux saints, entonna le Te Deum ; et, au même instant, les canons du château Saint-Ange, toutes les cloches de Rome, les tambours, les trompettes et une magnifique harmonie se firent entendre. Tous ces signes de triomphe, qui font une faible impression dans les cérémonies profanes, en font une si profonde en celle-ci, qu'il faut l'avoir éprouvée pour la comprendre. Après la parole prononcée par le vicaire de Jésus-Christ, qui juge dignes de la gloire éternelle ceux qui ont vaincu le monde, on sent que ces signes de joie et de triomphe ne sont pas un vain bruit, mais le commencement d'un culte de louanges et d'actions de grâces qui durera jusqu'à la consommation des siècles ; on sent qu'ils sont un écho des concerts du ciel où Jésus-Christ, le Pontife éternel, couronne ses saints dans un autre sanctuaire, qui n'est pas fait par la main des hommes.

Après l'hymne d'actions de grâces, le souverain Pontife invoqua les saints nouvellement canonisés, au nom de l'Église militante, en chantant l'oraison de leur office  ; et, après le Confiteor, dans lequel on ajouta leurs noms, le Saint-Père donna la bénédiction.

La solennité fut suivie d'une messe solennelle, où le Saint-Père célébra lui-même. À l'offertoire, on lui fit, selon l'ordre établi pour les canonisations, des offrandes de cierges, de pain et de vin, de touterelles, de colombes, et d'autres oiseaux. En voyant cette dernière offrande, faite par les religieux des ordres respectifs des saints nouvellement canonisés, on pense à la colombe de l'arche qu'ils ont si bien imitée, puisqu'ils sont retournés au ciel en passant sur la terre, sans s'y attacher.

Après la grand'messe, l'immense multitude se concentra sur la place de Saint-Pierre pour recevoir la bénédiction pontificale « urbi et orbi, » c'est-à-dire « à la ville et au monde, » que le Saint-Père donne rarement, et sur la tribune de l'Église Saint-Pierre. Tout à coup régna le plus profond silence, et l'on entendit parfaitement les augustes paroles de la bénédiction. On sait tout ce qu'il y a de touchant, tout ce qu'il y a de catholique, de divin, dans ce mouvement d'un peuple innombrable qui tombe à genoux comme un seul homme devant les successeurs de saint Pierre, qui vérifient depuis vingt siècles la parole prononcée par le Fils de Dieu: « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église  ; et les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle. »

Je tressaille en écrivant ces divines paroles, vérifiées aujourd'hui plus que jamais par le concours des évêques, des prêtres et des fidèles autour du Pontife-Roi, autour du magnanime Pie IX. Augustes cérémonies qui proclamez en Occident la gloire des martyrs de l'extrême Orient ! Sublime discours de l'évêque d'Orléans aux deux sueurs d'Orient et d'Occident qui viennent unir leurs peines et leurs espérances ! Allocution si auguste et si calme du Pape-Roi, en face de la tempête  ! Adresse unanime de l'épiscopat au Vicaire de Jésus-Christ ! Bénédiction donnée par le Père de tous les chrétiens à la ville et à l'univers ! Journées si consolantes pour le catholique et si terribles pour l'impie ! Merveilles de la foi, de l'espérance et de la charité ! Vous ne périrez point ; votre éclat est immortel  ! À votre souvenir, on dira: « Jamais l'enfer n'avait si bien discipliné les forces du mal ; et jamais l’Église n'a remporté un plus beau triomphe ! »

Les émotions éveillées dans les cœurs catholiques par la canonisation des martyrs Japonais et par les circonstances providentielles qui l'accompagnent, nous ont semblé rendre l'actualité aux solennités de la canonisation de  saint Alphonse. Nous avons donné à notre récit quelques développements, pour rappeler aux pieux lecteurs la beauté persévérante, et même croissante, de la Religion, enfin pour montrer que les magnificences de l'Église dans la canonisation des saints sont égalées par la sagesse, la sûreté et la circonspection de ses procédés.

 

F I N

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DOULEURS, ÉPREUVES ET NOMBREUX MIRACLES DE S. ALPHONSE DE LIGUORI (2/3). - Le Présent éternel

 

 

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POUR PARVENIR À UNE RÉSURRECTION DE VIE (CF. S. JEAN, V, 25, 28-29) - Le Présent éternel

 

 

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24 décembre 2012 1 24 /12 /décembre /2012 10:09

 

LA PERFECTION : UNIR NOTRE VOLONTÉ À LA VOLONTÉ DE DIEU EN TOUT CE QUI NOUS ADVIENT.

 

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Saint Irénée (135/140 – 202/203), évêque de Lyon

« Contre les hérésies », Livre II, 34, 4 :

 

« Car ce qui doit commander et dominer en tout, c’est la volonté de Dieu ; tout le reste doit céder devant elle, se subordonner à elle, se mettre à son service. »

 

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QUELLES LECONS POUR TOUS LES CHRÉTIENS CATHOLIQUES QUE NOUS SOMMES !

 

Saint Alphonse de Liguori, né le 27 septembre 1696 en Italie et décédé le 1er août 1787, évêque de Nocera, fondateur des Rédemptoristes, confesseur et Docteur de l’Église, « La Volonté de Dieu », traduction du Père Delerue, Éd. Nouvelle Cité, 1952, traité paru en 1755, dans la seconde partie des « Operette spirituali », 6e édition, Naples, chez Gessari (extraits).

 

De l’union de notre volonté

à la volonté de Dieu

 

1. Notre perfection consiste tout entière à aimer notre Dieu tout aimable : la charité [Vertu divine procédant de la Foi] « est le lien de la perfection (Coloss., III, 14) ». Or, unir notre volonté à la très sainte volonté de Dieu, voilà toute la perfection de l’amour divin. Le principal effet de l’amour, enseigne saint Denys l’Aréopagite, est précisément d’unir les volontés, de ne laisser, à ceux qui s’entr’aiment, qu’un même vouloir (1). Ainsi donc, plus une âme sera unie à la divine volonté, plus grand sera son amour.

 

1) S. Denys l’Aréopagite, « Des Noms divins », ch. 4, § 15.

 

Dieu, sans doute, a pour agréables les mortifications, les méditations, les communions, les œuvres de charité envers le prochain ; mais dans quel cas ? Quand elles ont pour règle sa volonté. Si, au contraire, sa volonté divine en est absente, c’est peu dire qu’il ne les agrée pas : il les a en abomination, et il les punit. Supposons deux serviteurs : l’un est en mouvement toute la journée, sans un moment de répit ; mais il n’en veut faire qu’à sa tête ; l’autre se donne moins de peine, mais obéit en tout. Lequel des deux plaira au maître ? Le second assurément, et non le premier.

 

En quoi nos œuvres servent-elles à la gloire de Dieu, si elles ne sont pas conformes à son bon plaisir ? Ce ne sont pas pas des sacrifices que Dieu réclament, dit le Prophète à Saül, mais l’exécution de ses volontés : « Est-ce que le Seigneur se plaît aux holocaustes et aux victimes, et non pas plutôt dans l’obéissance à sa voix ? La résistance est comme le crime d’idolâtrie (I Samuel, 15 : 22-23). » L’homme qui prétend suivre sa propre volonté sans s’occuper de celle de Dieu, commet une sorte d’idolätrie, car, au lieu d’adorer la volonté divine, c’est la sienne, en quelque façon, qu’il adore.

 

2. Aussi, la plus grande gloire que nous puissions procurer à Dieu, c’est d’accomplir ses saints vouloirs. Notre Rédempteur, descendu ici-bas pour établir la gloire de son Père, nous a donné, par son exemple, cet enseignement, important pour tous. Voici comment saint Paul le fait parler à son Père éternel : « Vous avez voulu ni sacrifice, ni oblation, mais vous m’avez formé un corps. Alors j’ai dit : Me voici, je viens, ô Dieu, pour faire votre volonté (Hébreux, 10 : 5, 7). Vous avez refusé les victimes que vous offraient les hommes ; vous voulez que je vous immole le corps que vous m’avez donné : me voici prêt à faire votre volonté. »

 

Que Notre-Seigneur soit venu sur terre pour suivre la seule volonté de son Père, et non la sienne, lui-même le déclare maintes fois : « Je suis descendu du ciel, non pour faire ma volonté, mais la volonté de Celui qui m’a envoyé (S. Jean, 6 : 38). » Quel signe voulut-il donner au monde de son amour pour son Père ? Son obéissance à la volonté divine qui le destinait au sacrifice de la croix pour le salut des hommes. Il le dit dans le jardin des Oliviers, lorsqu’il marche à la rencontre de ses ennemis, qui viennent se saisir de lui pour le conduire à la mort : « Afin que le monde sache que j’aime mon Père, et que j’agis selon le commandement que mon Père m’a donné, levez-vous, partons d’ici (S. Jean, 14 : 31). » Il veut bien reconnaître un frère dans n’importe quel homme à la seule condition qu’il fasse la volonté de Dieu : « Quiconque fera la volonté de mon Père, celui-là est mon frère (S. Matthieu, 12 : 50). »

 

 

3. Les saints n’ont jamais eu d’autre but devant les yeux, que d’accomplir la divine Volonté : ils comprenaient bien que la perfection d’une âme n’est pas ailleurs. « Dieu, disait le bienheureux Henri Suso, ne nous demande pas de chercher à avoir de grandes lumières : ce qu’il veut, c’est notre soumission totale à sa Volonté (B. HENRI SUSO, O. P., 1295-1365, Opera, éd. Surius, 1588, Epistola 7, pp. 250, 251). » Et sainte Thérèse [d’Avila] : « L’unique prétention de celui qui s’adonne à l’oraison doit être de travailler avec courage à rendre sa volonté conforme à celle de Dieu. Soyons bien persuadés qu’en cela consiste la perfection la plus haute qu’on puisse atteindre dans le chemin spirituel. Qui excellera davantage dans cet exercice, recevra de Dieu de plus grandes faveurs et ira plus avant dans la vie intérieure (S. THERESE, Moradas segundas, cap. unico. Obras, IV, 27, 28). » […]

 

[…]

 

5. Le Seigneur appelle David un homme selon son cœur, parce qu’il exécutait tous les vouloirs divins : «  J’ai trouvé David, homme selon mon cœur, qui accomplira toutes mes volontés (Actes, 13 : 22). » David, en effet, se tenait toujours à la disposition de la volonté divine, et il en fait mainte protestation : «  Mon cœur est prêt, mon Dieu, mon cœur est prêt (Psaumes, 56 : 8 et 107 : 2). » Son unique prière était celle-ci : « Seigneur, enseignez-moi à faire votre volonté (Psaumes, 142 : 10). »

 

Un acte de parfaite soumission et union au vouloir divin suffit à faire un saint. Saul poursuit son chemin de persécuteur de l’Eglise : Jésus-Christ l’éclaire et le convertit. Que fait Saul ? Que dit-il ? Une seule chose : il s’offre à faire la volonté de Dieu. «  Seigneur, que voulez-vous que je fasse ? (Actes, 9 : 6) » Et voilà que le Seigneur le proclame vase d’élection, c’est-à-dire instrument de son choix, et apôtre des Gentils : « Cet homme est un instrument que j’ai choisi pour porter mon nom devant les nations (Actes, 9 : 15). »

 

[…]

 

6. Si donc nous voulons contenter pleinement le cœur de Dieu, arrivons à nous conformer en tout à la volonté de Dieu. Où plutôt, nous conformer, ce n’est pas assez dire : il faut unir notre volonté à tout ce que Dieu dispose. La conformité implique cette idée que nous mettons d’accord notre volonté avec celle de Dieu. Mais l’union de volonté va plus loin : elle signifie que, de la volonté et de la nôtre, nous n’en faisons plus qu’une seule ; tant et si bien que nous ne voulons rien sinon ce que Dieut, et que le seul vouloir divin devient notre vouloir.

 

C’est là le sommet de la perfection, vers lequel nous devons sans cesse nous élancer (cf. S. Matthieu, 5 : 48 ; I Pierre, 1 : 15-16 ; Hébreux, 12 : 9-10 ; Genèse, 17 : 1 ; Lévitique, 11 : 45 ; 19 : 1-2 ; S. Matthieu, 12 : 50 ; 6 : 9-10 ; S. Jean, 4 : 34 ; S. Jean, 5 : 30 ; 6 : 37-38 ; 11 : 41 ; 14 : 12 ; Hébreux, 10 : 5-7 ; Ézéchiel, 18 : 23 ; II Pierre, 3 : 9 ; I Timothée, 2 : 3-4. – Voir ces citations extraites de l’Écriture qui contiennent quelques prémisses fondamentales confirmant les conclusions de saint Alphonse et qui s’avèrent par conséquent incontestables et sont illustrées par des exemples judicieusement choisis auxquels vient s’ajouter une vie édifiante et semée de miracles). C’est là le but auquel doivent tendre toutes nos œuvres, tous nos désirs, nos méditations, nos prières. C’est à cette fin que nous devons implorer l’assistance de nos saints Patrons, de nos anges gardiens, et surtout de la divine Mère Marie : elle-même fut la plus parfaite entre les saints, par la raison que toujours, et avec une perfection sans égale, elle embrassa la divine volonté.

 

7. Le difficile, c’est de faire bon accueil à la volonté de Dieu en tous les événements, qu’ils satisfassent ou contrarient nos désirs instinctifs. Dans les événements heureux, les pécheurs eux-mêmes savent n’avoir pas d’autre volonté que celle de Dieu : les saints, eux, y parviennent également dans les choses qui s’opposent et déplaisent à notre amour de nous-mêmes. C’est là que se connaît la perfection de notre amour pour Dieu. Selon le mot du bienheureux Jean d’Avila, « un seul Dieu soit béni ! dans les contrariétés, a plus de valeur que mille actions de grâces aux heures où tout nous réussit (Lettere spirituali, Roma, 1669, parte 1, lettera 41). »

 

8. En outre, il faut unir notre volonté au divin vouloir, non seulement dans les adversités qui nous viennent directement de Dieu, comme sont les maladies, les désolations spirituelles, la pauvreté, les deuils de famille, et autres choses semblables ; mais encore dans les maux qui nous arrivent par le moyen des hommes, tels que les mépris, les diffamations, les injustices, les vols, les mauvais procédés de toute sorte.

 

Ici, il nous faut bien comprendre que, lorsqu’on nous porte préjudice dans notre réputation, notre honneur, nos biens, Dieu ne veut pas le péché de celui qui nous offense : Dieu veut néanmoins notre humiliation, notre appauvrissement, notre mortification. Il est certain, et même de foi, de tout ce qui arrive dans le monde, rien n’arrive que par la volonté de Dieu. « Je suis le Seigneur : je forme la lumière et je crée les ténèbres ; je fais la paix et je crée les maux » (Isaïe, 45 : 6-7). » De Dieu viennent tous les biens et tous les maux : les maux, c’est-à-dire les choses qui nous contrarient, et que nous appelons des maux, mais à tort, car, en vérité, ce sont des biens, quand nous les acceptons de la main de Dieu. « Y aura-t-il quelque mal dans la ville sans que le Seigneur l’ait produit ? (Amos, III, 6) » demandait le prophète Amos. Et le Sage avait dit avant lui : « Les biens et les maux, la vie et la mort, viennent de Dieu (Ecclésiastique, 11 : 14). »

 

Il est vrai, comme je l’ai déjà dit, que, lorsqu’un homme vous offense, Dieu ne veut pas le péché qu’il commet, et ne prête pas son concours à la malice de sa volonté. Mais Dieu prête son concours – son concours général – à l’action matérielle de celui qui vous frappe, vous vole, ou vous injurie ; si bien que, le tort que vous subissez, il le veut certainement, et c’est sa main qui vous l’envoie. Aussi, déclara-t-il à David qu’il était lui-même l’auteur des outrages que devait lui infliger Absalon – lequel irait jusqu’à déshonorer son foyer sous ses yeux – et cela en punition de ses péchés (cf. II Rois, 12 : 11). Pareillement, Dieu annonce aux Israélites que, en châtiment de leurs iniquités, il enverra les Assyriens pour les dépouiller et les ruiner : « Assur est la verge de ma fureur. Je lui donnerai des ordres, afin qu’il fasse du butin et qu’il mette tout au pillage (Isaïe, 10 : 5-6). » « La cruauté des Assyriens », selon l’explication que donne saint Augustin de ce passage, « a été la hache entre les mains du Seigneur (Enarratio in Ps. LXXIII) », l’instrument dont il s’est servi pour châtier Israël.

 

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Les causes profondes de la troisième guerre mondiale

 

6 Juin 6.mois à 6 hrs 1944 était un Rituel Satanique du Sacrifice Humain de Débarquement Allié - YouTube

 

Que les faux Juifs condamnent solennellement leur Talmud qui compare les non-Juifs à des animaux et reconnaissent qu’ils ont fait des Francs-Maçons leurs esclaves ou leurs bêtes de somme ! Il est absolument insensé de constater que ce sont les Juifs et les Francs-Maçons qui honorent la troisième guerre mondiale que notre Père céleste nous a envoyée pour nous châtier de nos iniquités ou de nos complicités.

 

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Jésus lui-même dit à saint Pierre que sa Passion et sa mort étaient moins l’œuvre des hommes que celle de son Père : « Le calice de mon Père m’a donné, ne le boirai-je point ? (S. Jean, 18 : 11) »

 

Lorsqu’un messager – qu’on assure avoir été le démon lui-même – vint annoncer à Job que les Sabéens lui avaient enlevé ses troupeaux et que ses fils avaient péri, que répondit le saint homme ? « Le Seigneur a donné, le Seigneur a ôté (Job, 1 : 21 et 22 ; cf. également 2 : 7-10). » Il ne dit pas : « Le Seigneur m’avait donné des fils et des biens : les Sabéens m’ont ruiné, et un accident imprévu m’a privé de mes enfants » ; mais : « Le Seigneur qui m’avait tout donné, m’a lui-même tout enlevé ». C’est qu’il comprenait que son infortune était voulue par Dieu ; aussi ajoute-t-il : « Comme il a plu au Seigneur, ainsi il est arrivé : que le nom du Seigneur soit béni ! (Job, 1 : 21). » 

 

9. Il ne faut donc pas prendre les maux qui nous affligent pour de purs effets du hasard ou du mauvais vouloir des hommes : n’hésitons pas à y reconnaître une volonté divine. Saint Augustin nous le rappelle : « Tout ce qui arrive sur terre [dans l’ordre de l’être] contre notre volonté, n’arrive, sache-le bien, que par la volonté de Dieu [qui est l’Être-même d’où tout être prend sa source] (Enarratio in Ps. CXLVIII). »

  

  

Épictète et Astion, heureux martyrs de Jésus-Chrisi, appliqués à la tortur par le tyran, déchirés avec des ongles de fer et rôtis avec des torches ardentes, ne faisaient que répéter : « Seigneur, que votre volonté s’accomplisse en nous ! » Et arrivés au lieu du dernier supplice, ils s’écrièrent d’une voix forte : « Soyez bénis, ô Dieu éternel, parce que, en nous, votre volonté s’est entièrement accomplie ! (Vitæ Patrum, Vita Sanctorum Epicteti presbyteri et Astionis monachi, auctore incerto, « cap. 12, 13, 15, 18. ML 73-402, 403, 405 ».)

 

Césaire rapporte qu’un certain religieux, que rien, d’ailleurs, ne distinguait en apparence de ses confrères, avait néanmoins atteint un tel degré de sainteté, que le simple contact de ses vêtements guérissait les malades. Étonné de cette merveille, chez un homme dont la vie n’était pas plus exemplaire que celle du commun de ses moines, le Supérieur lui demanda un jour la raison à lui-même. Le religieux répondit qu’il en était le premier étonné, et qu’il en ignorait le pourquoi. « Mais quelle dévotion particulière pratiquez-vous ? reprit l’abbé. — Je ne fais, répond le bon moine, rien de plus que les autres, ou bien peu de chose : j’ai seulement toujours eu grand soin de ne vouloir que ce Dieu veut, et le Seigneur m’a fait cette grâce de tenir ma volonté complètement abandonnée à la sienne. Aussi, ni la prospérité ne m’élève, ni l’adversité ne m’abat, car je reçois chaque chose de la main de Dieu, et dans toutes mes prières je ne recherche rien d’autre, sinon que la volonté de Dieu s’accomplisse parfaitement en moi. — Et le tort que, ces jours passés, nous a causé un ennemi, de nous enlever nos moyens de subsistance, en mettant le feu à la ferme où étaient nos récoltes et nos troupeaux, vous n’en avez éprouvé aucun déplaisir ? — Non, mon Père ; tout au contraire, j’en ai rendu grâces à Dieu, comme j’ai coutume de faire en semblables accidents. Je sais que Dieu ne fait et ne permet rien que pour sa gloire et pour notre plus grand avantage : avec cela, je suis toujours content, quoi qu’il advienne. » Attentif au récit d’une telle union à la volonté divine, l’abbé ne s’étonna plus que ce religieux opérât tant de miracles (Césaire, moine de l’Abbaye cistercienne de Heisterbach [né vers 1180, mort en 1240], Dialogus miraculorum, « distinctio 10 cap, cap. 9. » — L’auteur, homme fort sincère, déclare tenir ce fait de la bouche du propre supérieur de ce religieux.)

 

 

10. […] « Toutes choses concourent au bien [surnaturel] de ceux qui aiment Dieu (Romains, 8 : 28). » Les vrais amis de Dieu sont toujours contents, parce que, jusque dans les contrariétés, ils rencontrent leur unique plaisir, qui est d’accomplir la volonté divine. Les épreuves deviennent même pour eux des satisfactions, à la pensée qu’en les acceptant, ils réjouissent le cœur de leur Seigneur bien-aimé : « De tout ce qui arrive, rien n’est au juste un sujet de tristesse (Proverbes, 12 : 28). » En effet, imagine-t-on satisfaction plus entière que celle d’un homme qui voit tout lui arriver à souhait ? Or, c’est là l’heureuse fortune de qui ne veut que ce que Dieu veut, puisque rien n’arrive au monde, hormis le péché, que par la volonté de Dieu. Les Vies des Pères [de l’Église] nous parlent de certain paysan dont les champs rapportaient toujours plus que ceux de ses voisins. Comme on lui demandait à quoi tenait cette prospérité : « N’y voyez point merveille, répondit-il : j’ai toujours le temps que je veux. – Comment cela ? – Oui, parce que je ne veux d’autre temps que celui que Dieu envoie ; et comme je ne veux que ce que Dieu veut, il me donne, lui, les fruits que je souhaite (Rodriguez, Exercitium perfectionis, pars 1, tract. 8, cap. 8, n. 6). »

 

Aux âmes résignées s’applique cette parole de Salvien : « Sont-elles dans l’humiliation ? c’est ce qu’elles veulent ; dans la pauvreté ? Cette pauvreté fait leurs délices : comment ne pas les proclamer heureuses (S. Salvien, De Gubertatione Dei, lib. 1 , n. 2, ML 53-31 32) », même dès ici-bas ? Viennent le froid, la chaleur, la pluie, le vent ; celui qui est uni à la volonté de Dieu dira : Je veux qu’il fasse froid, qu’il fasse chaud, qu’il pleuve, qu’il vente, parce que Dieu le veut ainsi. Viennent la pauvreté, la persécution, la maladie, vienne même la mort ; et lui de dire encore : je veux être pauvre, persécuté, malade, je veux mourir, parce que Dieu le veut ainsi.

 

11. […]

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Ô DIEU, QUE VOTRE VOLONTÉ SOIT FAITE ! (2/3 ) - Le Présent éternel

 

 

 

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POUR PARVENIR À UNE RÉSURRECTION DE VIE (CF. S. JEAN, V, 25, 28-29) - Le Présent éternel

 

 

 

 

 

 

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24 décembre 2012 1 24 /12 /décembre /2012 10:05

   

 

12. Les saints ont trouvé sur la terre, dans leur union à la volonté divine, un paradis anticipé. C’est là, au témoignage de saint Dorothée (S. Dorothée, Doctrina 7, n. 4 et 6. MG 88-1702, 1706), le secret des anciens Pères pour ne jamais perdre leur douce tranquilité : ils recevaient chaque chose de la main de Dieu. Rien qu’à entendre ce mot : Volonté de Dieu ! sainte Marie-Madeleine de Pazzi était inondée de consolation, au point d’être ravie hors d’elle-même dans une extase d’amour (Puccini, « Vita », Firenze, 1611, parte 1, cap. 59).

 

Ce n’est pas que les contrariétés rencontreront en nous des êtres insensibles à leurs morsures, mais cela se passera dans la partie inférieure de l’âme :

dans la partie supérieure où règnera la paix et la sérénité, dès lors que la volonté est unie à celle de Dieu [cf. S. Luc, 17 : 20-21 : « L’arrivée du règne de Dieu ne saurait être observée … le règne de Dieu est au-dedans de vous (« regnum Dei intra vos est »)].

 

« Nul ne vous ravira votre joie », disait le divin Rédempteur à ses apôtres ; et il leur dit aussi : « Votre joie sera parfaite (44). » Celui qui vit dans une continuelle union à la divine volonté possède une joie parfaite et continuelle : une joie parfaite, car rien ne lui manque de ce qu’il veut, ainsi que nous l’avons expliqué plus haut ; une joie continuelle, personne ne pouvant la lui ravir, car ce que Dieu a décidé, arrive, et personne ne le peut empêcher.

44) Gaudium vestrum nemo tollet a vobis. S. Jean, XVI, 22. - (Petite et accipietis, ut) gaudium vestrum sit plenum. S. Jean, XVI, 24. - S. Matthieu, XII, 33 : " Car c'est au fruit qu'on reconnaît l'arbre ".

 

Le père Jean Thaulère rapporte ce trait arrivé à lui-même (Jean Thaulère, O. P. , né vers 1300, et mort en 1361, à Strasbourg, « Opera », Lugduni, 1558, pag. 473-475 : Colloquium D. Joannis Thauleri theologi, et mendici). Depuis des  années, il priait le Seigneur de lui envoyer quelqu’un qui lui enseignât la vraie vie spirituelle. Un jour, il entendit une voix qui lui disait : « Va-t-en à telle église, et tu trouveras celui que tu cherches. » Il obéit, et, à la porte de l’église, il rencontre un mendiant nu-pieds et couverts de haillons. « Bonjour, mon ami », lui dit-il en le saluant. « Maître, répond le pauvre, je ne me souviens pas d’avoir jamais connu un jour mauvais. » Le père reprend : « Que Dieu vous donne une vie heureuse. » « Je n’ai jamais été malheureux », dit le mendiant. Et il ajoute : «  Écoutez, mon père : ce n’est pas sans motif que je vous ai dit n’avoir jamais eu de jour mauvais ; car lorsque j’ai faim, je loue le bon Dieu ; quand il neige ou il pleut, je le bénis ; si on me méprise, si on me chasse, si j’éprouve quelque autre disgrâce, je ne manque pas d’en rendre gloire à mon Dieu. Je vous ai dit aussi que je n’avais jamais été malheureux, et cela encore est vrai, car j’ai coutume de vouloir tout ce que Dieu veut, sans aucune réserve : aussi, ce qui m’arrive, que ce soit doux ou amer, je le reçois de sa main avec joie, comme étant le meilleur pour moi ; et c’est là ce qui fait mon bonheur. Et si jamais – qu’à Dieu ne plaise ! – il voulait que vous fussiez damné, que diriez-vous ? – Si Dieu voulait cela ? J’ai deux bras avec lesquels je l’enlacerais : l’humilité et l’amour ; et je le serrerais si fort, que, voulant me précipiter en enfer, il serait forcé d’y venir avec moi. Or, il me serait bien plus doux d’être avec lui en enfer, que de jouir sans lui de toutes les délices du ciel. – Où avez-vous trouvé Dieu ? – Je l’ai trouvé là où j’ai laissé toutes les créatures. – Mais qui êtes-vous donc ? – Je suis roi. – Où est votre royaume ? – Dans mon âme où je tiens tout en bon ordre : les passions soumises à la raison, et la raison à Dieu. » Enfin, Thaulère demanda au mendiant ce qui l’avait conduit à une si haute perfection. « Le silence, répondit-il – le silence avec les hommes pour m’entretenir avec Dieu – et l’union avec mon bien-aimé Seigneur : en lui j’ai trouvé la paix, et je la trouve à jamais.»

 

En somme, c’est grâce à son union avec la volonté divine que cet indigent devint ce qu’il était ; et il était, assurément, plus riche, dans son dénuement, que les plus opulents monarques, et plus heureux, dans ses épreuves, que ne le sont, avec leurs jouissances, les mondains les plus fortunés.

 

13. Oh ! la grande folie, que de ne pas se soumettre à la volonté de Dieu ! Les épreuves, il faut quand même les subir : nul n’empêchera l’exécution des décrets de Dieu, « car qui peut s’opposer à sa volonté ? (Romains, 9 : 19) » Et, par surcroît, on souffre sans mérite, on s’attire même de plus redoutables châtiments pour l’autre vie, sans compter, en celle-ci, le tourment de l’impatience. « Qui a résisté à Dieu et est demeuré en paix ? (Job, 9 : 4) » Que ce malade, dans ses souffrances, ne cesse de pousser des cris de révolte : que, dans sa misère, cet indigent murmure contre la Providence, entre en fureur et multiplie ses blasphèmes : que gagneront-ils à cela, sinon de doubler leur mal ? « Pauvre créature humaine, demande saint Augustin, pourquoi t’égarer dans ta poursuite du bonheur ?  Aime et cherche l’unique Bien, en qui sont tous les biens (S. Augustin [auteur inconnu selon Glorieux, n. 40], Manuale, c. 34, PL 40, 966). » Tes recherches sont vaines, en dehors de ton Dieu. Trouve Dieu ; unis-toi, attache-toi à sa volonté, et tu vivras heureux à jamais, en ce monde et en l’autre.

 

En définitive, que veut notre Dieu, sinon notre bonheur ? Qui pourrons-nous trouver qui ait pour nous plus d’affection que lui ? De volonté, il n’en a qu’une : qu’aucun de nous ne se perde, que tous nous nous sauvions et de venions des saints : « Il ne veut pas qu’aucun périsse, mais que tous viennent à la pénitence (2 Pierre, 3 : 9). La Volonté de Dieu est que vous soyez des saints (I Thessaloniciens, 4 : 3). »

  

 

C’est dans notre bonheur que Dieu a mis sa gloire. En effet, Dieu est, de par sa nature, une bonté infini (cf. S. Luc, 18 : 19 ; S. Marc, 10 : 18 ; S. Matthieu, 19 : 17 ; I Jean, 4 : 8). Saint Léon nous le dit : « Être bon, c’est sa nature même (S. Léon le Grand, Sermo 22, « In Nativitate Domini », sermo 2, cap. 1 ML 54-194). » Or, il est naturel à la bonté de désirer se répandre [S. Denys l’Aréopagite, « Des divins Noms », chap. IV : le bien est diffusif de soi ; S. Thomas d’Aquin, « Somme théologique », Ire Partie, qu. 27, art. 5]. Dieu a donc un désir souverain de communiquer aux âmes ses richesses et sa félicité. Sans doute en cette vie, il nous envoie des tribulations, mais uniquement pour notre utilité : « Toutes choses concourent au bien (Romains, 8 : 28 ; cf. Hébreux, 12 : 5-10). » Ses châtiments eux-mêmes n’ont pas pour but notre ruine, mais notre relèvement et notre salut : avec la sainte héroïne Judith, « croyons qu’ils nous arrivent pour notre amendement et non pour notre perdition (Judith, 8 : 27). »

 

14. Afin de nous délivrer des maux éternels, Dieu nous enveloppe de sa bienveillance : « Seigneur, vous nous avez entourés de votre amour comme d’un bouclier (Psaumes, V, 13). » Il n’a pas seulement le désir de notre salut, il en a la sollicitude : « Le Seigneur prend soin de moi (Psaumes, XXXIX, 18). » Que pourra-t-il nous refuser, dit saint Paul, ce Dieu qui a nous a fait don de son Fils unique : «  Lui qui n’a pas épargné son propre Fils, mais qui l’a livré à la mort pour nous tous, comment avec lui ne nous donnera-t-il pas toutes choses ? (Romains, 8 : 32). »

 

C’est avec une telle confiance que nous devons nous abandonner aux divines dispositions, qui sont toutes pour votre bien. En tout ce qui nous arrive, ne manquons pas de dire : « Je dormirai et me reposerai en paix, parce que vous, Seigneur, m’avez affermi dans une espérance singulière (Psaumes, IV, 9, 10). » N’hésitons pas à nous remettre entièrement entre ses mains, car sa sollicitude ne nous fera certainement pas défaut : « Déchargez-vous sur lui de tous vos soucis, car c’est lui qui prend soin de vous (I Pierre, 5 : 7). »

 

Pensons, nous, à Dieu, occupons-nous d’accomplir sa sainte volonté, et lui s’occupera de nous et ne négligera nos intérêts. C’est ce que Notre-Seigneur dit un jour à sainte Catherine de Sienne : «  Ma fille, pense à moi, et moi je penserai toujours à toi (B. Raymond de Capoue, O. P., « Vita », parte 1, cap. 10, n. 6). » Ayons souvent sur les lèvres le mot de l’Épouse sacrée : « Mon Bien-Aimé est à moi, et moi je suis à lui (Cantique des cantiques, II, 16). » Celui que j’aime songe à ce qu’il me faut ; moi, je ne veux me préoccuper de rien d’autre que de le contenter, et de m’unir en tout à ses saints vouloirs. »

 

Le saint abbé Nil observe que nos prières doivent nous servir, non pas à solliciter de Dieu les succès que nous souhaiterions, mais à obtenir que s’accomplisse en nous sa volonté (S. Nil, abbé, « De oratione », cap. 31, MG 79-1174). Quand ce sont les adversités qui nous arrivent, acceptons-les, sans exception, de la main divine, non seulement avec patience, mais avec allégresse. Imitons les Apôtres, qui « s’en allaient joyeux  de devant le conseil, pour avoir été jugés dignes de souffrir des affronts pour le nom de Jésus (Actes, 5 : 41). » Eh oui, savoir que, lorsqu’il nous vient une épreuve, si nous la supportons de bon cœur, nous procurons à Dieu le plus grand plaisir que nous soyons en état de lui procurer : peut-il y avoir, pour une âme, contentement plus profond ? Les maîtres de la vie spirituelle nous enseignent que Dieu, sans doute, agrée le désir qu’ont certaines âmes de souffrir pour son bon plaisir ; mais qu’il se plaît davantage encore dans l’unité de volonté avec lui : ne vouloir ni jouir ni souffrir, mais abandonner sans réserve à son saint vouloir, sans autre désir que d’accomplir ce qu’il veut.

 

 

15. Si donc, âme fidèle, tu aspires à plaire à ton Dieu et à connaître ici-bas le vrai bonheur, toujours et en tout unis-toi à la divine Volonté. Réfléchis à ceci : les fautes de ta vie passée, ses soubressauts et ses amertumes, n’ont eu d’autres sources  que ton désaccord avec la volonté de Dieu. À partir d’aujourd’hui, attache-toi cordialement au divin bon plaisir, et, quoiqu’il t’arrive, dis invariablement : « Oui, mon Père, qu’il soit ainsi fait, parce qu’il vous a plu ainsi (S. Matthieu, 11 : 26). » Quand tu te sens troublée par quelque événement, pense qu’il est venu de Dieu ; dis sans tarder : « Dieu le veut ainsi », et remets ton cœur en paix. « Je me tais, je n’ouvre plus la bouche, parce que c’est vous qui l’avez fait (Psaumes, 38 : 10), qui avez conduit cet événement : je n’y est pas à redire, et je l’accepte. » […]

  

 

À ce seul but doivent tendre et tes pensées et tes oraisons, c’est à cela que tu dois travailler, c’est cela que tu dois demander incessament à Dieu, dans la méditation, à la communion, dans la visite au Saint-Sacrement : qu’il te fasse accomplir sa volonté. Ne manque pas de renouveler sans cesse l’offrande de toi-même, en disant : « Mon Dieu, me voici : de moi et de tout ce qui est mien, disposez à votre gré. » C’était là l’occupation continuelle de sainte Thérèse : au moins cinquante fois le jour, la sainte s’offrait au Seigneur, pour qu’il disposât d’elle comme il lui plairait (S. Thérèse, « Avisos », 30).

 

Heureux seras-tu, mon cher lecteur, si tu agis toujours ainsi ! Ta sainteté est alors assurée, tu vivras le cœur content, et ta mort sera plus douce encore que ta vie. Quand un chrétien s’en va dans l’autre monde, qu’est-ce qui nous espire l’espoir plus ou moins grand de son salut ? Le plus ou moins de signes qu’il a donnés de sa résignation en ses dernières heures. Mon frère, si, après avoir fait bon accueil aux événements divers de la vie comme à des envoyés de Dieu, tu ouvres les bras à la mort pour accomplir la volonté de Dieu, tu es certainement un prédestiné et ta mort sera celle d’un saint.

 

Livrons-nous donc, avec un abandon sans réserve, au bon plaisir de notre divin Seigneur ; il est infiniment sage : il sait ce qui est le meilleur pour nous ; il est infiniment aimant, il a donné sa vie pour nous : donc aussi, il veut ce qui nous est le meilleur. Soyons une bonne fois persuadés, comme nous y invite saint Basile, que Dieu gouverne notre vie pour notre avantage, mieux, sans comparaison, que nous ne pouvons nous-mêmes ou le faire ou le désirer (S. Basile le Grand, Epistola 1, ad Eustathium philosophum, MG 33-222 : « Melius profecto, quam nos ipsi eligere possimus, nostra moderatur. »).

 

 

 

16. Venons-en maintenant à la pratique : voyons en détail ce en quoi nous devons unir notre volonté à la Volonté de

Livrons-nous donc, avec un abandon sans réserve, au bon plaisir de notre divin Seigneur ; il est infiniment sage : il sait ce qui est le meilleur pour nous ; il est infiniment aimant, il a donné sa vie pour nous : donc aussi, il veut ce qui nous est le meilleur. Soyons une bonne fois persuadés, comme nous y invite saint Basile, que Dieu gouverne notre vie pour notre avantage, mieux, sans comparaison, que nous ne pouvons nous-mêmes ou le faire ou le désirer (S. Basile le Grand, Epistola 1, ad Eustathium philosophum, MG 33-222 : « Melius profecto, quam nos ipsi eligere possimus, nostra moderatur. »).

 

 

1° Nous devons n’avoir qu’une volonté avec Dieu en tout ce qu’amène, autour de nous, le cours de la nature : chaleur excessive, froid rigoureux, pluie, années de disette, épidémies et choses semblables. Gardons-nous de ces expressions : « Quelle chaleur insupportable ! quel froid horrible ! quel ennui ! quel triste sort ! quel temps de malheur ! » et autres du même genre, qui indiquent une répugnance à l’égard de la Volonté de Dieu. Il nous faut vouloir chaque chose telle qu’elle est, car il n’est rien qui ne soit disposition divine. Saint François de Borgia, arrivant de nuit à une maison de son Ordre tandis qu’il neigeait, frappa plusieurs fois à la porte ; mais personne ne s’éveilla, et on ne ouvrit point. Le jour venu, on lui exprima les plus vifs regrets de l’avoir fait attendre ainsi en plein air ; mais le saint répondit qu’il avait goûté, durant ces heures, une douce consolation, à la pensée que c’était Dieu qui se plaisait à lui jeter sur les épaules ces flocons de neige.

 

2° Nous devons nous unir  à la Volonté de Dieu en tout ce qui nous atteint au-dedans de nous-mêmes, comme les souffrances de la faim, de la soif, de la pauvreté, les désolations et les humiliations. Autant d’occasions de répéter : « Seigneur, faites et défaites à votre gré, je suis toujours content : je veux uniquement ce que vous voulez. » […]

 

3° Avons-nous quelque défaut naturel, d’esprit ou du corps, une mémoire ingrate, une intelligence lente, un manque d’habileté, un membre estropié, une santé délicate : ne nous en plaignons pas. Quel droit avions-nous à un esprit plus élevé, ou à un corps mieux fait ? et quelle obligation avait Dieu de nous les donner ? Ne pouvait-il pas nous réduire à l’état des êtres sans raison, ou nous laisser dans notre néant ? Une libéralité qui nous est faite, nous n’avons pas à la discuter. Remercions Dieu de ce que nous avons reçu de sa pure bonté et contentons-nous d’être tels qu’il nous a faits.

Qui sait si, avec un esprit plus brillant, une santé plus robuste, un extérieur plus avenant, nous ne nous serions pas perdus ? Combien à qui leur talent et leur science ont été une occasion de se perdre, par leur complaisance en eux-mêmes et par le mépris qu’ils ont fait des autres : danger auquel sont plus exposés ceux qui sont particulièrement doués en qualités intellectuelles ? À combien la beauté ou la force corporelles ont été funestes, si bien qu’ils sont tombés dans mille scélératesses ? Par contre, combien d’autres, que la richesse, la santé ou les attraits du visage auraient conduits en enfer, et qui, grâce à leur pauvreté, leurs infirmités, à leurs traits ingrats, ont atteint la sainteté et sont arrivés au salut ! Oui, contentons-nous de ce que Dieu nous a donné ; car « une seule chose est nécessaire  (S. Luc, 10 : 42) » ; et cette unique chose nécessaire, ce n’est pas de plaire au regard, ni de se bien porter, ni d’avoir une intelligence vive, mais de sauver son âme.

 

17. 4° Il nous faut spécialement pratiquer la résignation dans les maladies et infirmités corporelles [cf. S. Marc, 9 : 43 et 47] ; il faut les accepter volontiers, les accepter telles que Dieu les veut et pour tout le temps qu’il veut. Sans doute, usons des remèdes ordinaires, car cela encore est volonté de Dieu ; mais si les remèdes ne servent à rien, unissons-nous à la volonté de Dieu, laquelle nous servira beaucoup plus que la santé. « Seigneur, dirons-nous alors, je ne veux ni guérir ni rester malade : je veux uniquement ce que vous voulez, vous. »

 

Assurément, c’est plus grande vertu, dans les maladies, de ne pas se plaindre de ses souffrances ; cependant, lorsque ces souffrances sont grandes et accablantes, il n’y a pas imperfection à les faire connaître à des amis, ni non plus à prier le Seigneur de nous en délivrer. Je parle des grandes souffrances ; car, par contre, c’est un défaut très notable de vouloir, comme certains, à la moindre douleur, au plus petit malaise, voir le monde entier nous apporter sa compassion et gémir autour de nous.

 

Au reste, Notre-Seigneur lui-même, quand il se vit au début de sa très amère Passion, s’ouvrit de sa peine à ses disciples : « Mon âme est triste jusqu’à la mort » (S. Matthieu, 26 : 38) ; et il pria le Père éternel d’écarter de lui cette extrême souffrance : « Mon Père, s’il est possible, que ce calice passe loin de moi (S. Matthieu, 26 : 39). » Mais le même Jésus nous a enseigné ce que nous avons à faire après semblable prière : nous résigner aussitôt à la divine volonté, en ajoutant : « Cependant, qu’il en soit, non pas comme je veux, mais comme vous voulez  (S. Matthieu, 26 : 39). »

 

Il y en a qui avouent désirer la santé ; mais, disent-ils, ce n’est pas pour ne pas souffrir, c’est pour mieux servir Dieu : se portant bien, ils pourront observer la règle, se rendre utiles à la communauté, aller à l’église, faire la communion, faire pénitence, se livrer à l’étude, travailler au salut des âmes dans le ministère de la confession et de la prédication. C’est là une lourde erreur. À qui parle ainsi, je demande : « Chère âme, dites-moi, pourquoi désirez-vous faire toutes ces choses ? Pour plaire à Dieu ? Pourquoi donc chercher encore, quand vous savez avec certitude où est pour vous le bon plaisir de Dieu ? Il n’est pas dans ces oraisons, pénitences, études ou prédications, mais bien dans le support patient de la maladie et des douleurs que Dieu vous envoie. Dès lors, unissez vos souffrances à celles de Jésus-Christ. — Mais mon ennui, c’est que, avec cette maladie, je suis inutile et à charge à la communauté, à ma famille. — Allons ! résignez-vous, pour votre part à la volonté de Dieu, et croyez, comme vous le devez, que vos supérieurs et vos parents s’y résignent pareillement : ils voient bien que ce n’est pas votre paresse, mais le vouloir de Dieu, qui apporte à la maison ce surcroît de charge. Bref, ces désirs et ces lamentations ne viennent pas de l’amour de Dieu, mais de l’amour propre, lequel est à l’affût de prétextes pour vous écarter de la volonté de Dieu.

 

Voulons-nous plaire à Dieu ? Adressons-lui, alors que nous nous voyons confinés dans un lit, cette unique parole : « Que votre volonté soit faite. » Répétons-la sans fin, cent fois, mille fois : par ce seul mot, nous procurons plus de contentement à Dieu, que nous ne pourrions lui en donner par toutes les mortifications et dévotions possibles.

 

Il n’y a pas de meilleur moyen de servir Dieu , que d’embrasser joyeusement sa volonté. Le bienheureux Jean d’Avila écrivait à un prêtre malade : « Mon ami, ne vous fatiguez point à supputer que que ce que vous feriez si vous étiez bien portant : contentez-vous d’être malade tant qu’il plaira à Dieu. Si vous cherchez la volonté de Dieu, qu’a de plus intéressant pour vous la santé que la maladie ? (B. Jean d’Avila, « Lettere spirituali », Roma, 1669, parte 1, lettera 48) » On ne peut mieux dire, car Dieu tire sa gloire, non de nos œuvres, mais de notre résignation et conformité à son vouloir divin. De là aussi ce mot de saint François de Sales, « qu’on sert Dieu » davantage et « plus saintement en souffrant qu’en agissant (S. Jeanne de Chantal, Déposition pour la canonisation, art. 31 : « Vie et Œuvres », Paris, 1876, III). » 

 

 

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