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13 septembre 2013 5 13 /09 /septembre /2013 18:42

 

Saint Irénée de Lyon réfute le pseudo Concile Vatican II

 

 

Ce commentaire de saint Irénée extrait de son traité Contre les hérésies se référant en permanence aux Saintes Écritures nous démontre magistralement que la Déclaration « Nostra Ætate sur l’Église et les religions non chrétiennes » du pseudo Concile Vatican II est une déclaration solennelle d’apostasie que tout catholique fidèle doit catégoriquement rejeter avec le prétendu Pape qui l’a entérinée et avec tous ses suivants du même acabit. Les religions non chrétiennes, musulmane, boudhiste et autres, sans oublier celle des faux Juifs de la synagogue de Satan (cf. Apocalypse, 2 : 9, 13 ; 3 : 9) avec leur Talmud aberrant, auraient-elles la connaissance de notre Père céleste, alors que c’est en connaissant son Fils, comme Abraham, qu’on peut le connaître ? Tirons-nous de cela toutes les conséquences logiques. Ne nous moquons pas des paroles de son Fils, car le salut de notre âme en dépend formellement et nécessairement.

 

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U N   B R E F   R A P P E L

 

LE PSEUDO VATICAN II : UN CONTRE-ÉVANGILE ET UN CONTRE-SYLLABUS

UNE VÉRITABLE ET SOLENNELLE DÉCLARATION D’APOSTASIE

 

 

Pseudo Concile Vatican II, 28 octobre 1965, Déclaration Nostra Ætate sur l’Église et les religions non-chrétiennes, sous l’autorité et le paraphe de Paul VI et soutenue jusqu’à Benoît XVI (et l’antipape François) :

 

       « Ainsi, dans l'Hindouisme, les hommes scrutent le mystère divin et l'expriment par la fécondité inépuisable des mythes et par les efforts pénétrants de la philosophie [sagesse naturelle et non divine, et par conséquent limitée] ; ils cherchent la libération des angoisses de notre condition, soit par les formes de la vie ascétique, soit par la méditation profonde, soit par le refuge en Dieu [quel Dieu ?] avec amour et confiance. Dans le Bouddhisme selon ses formes variées, l'insuffisance radicale de ce monde changeant est reconnue et on enseigne une voie par laquelle les hommes, avec un cœur dévot et confiant, pourront soit acquérir l'état de libération parfaite, soit atteindre l'illumination suprême [quelle folie !] par leurs propres efforts [l’orgueil de Lucifer] ou par un secours venu d'en haut [de quelle origine ? – Cf. le discernement des esprits des Exercices spirituels de saint Ignace de Loyola]. [...] De même aussi, les autres religions qu’on trouve de par le monde […] L’Église regarde aussi avec estime les musulmans qui adorent le Dieu Un [la doctrine de Dieu Trine et Un étant condamnée par le Coran (chap. V, Le festin, verset 73), - précisons-le], vivant et subsistant, miséricordieux  et tout-puissant, créateur du ciel et de la terre [Allons-y pour le Credo catholique !], qui a  parlé aux hommes [par son Fils unique Jésus-Christ, - précisons-le également]. Ils cherchent à se soumettre de toute leur âme aux décrets de Dieu, même s'ils sont cachés, comme s'est soumis à Dieu Abraham, auquel la foi islamique  se réfère volontiers [Cela c'est une autre paire de manches ! En réalité, en relisant plus attentivement cette Déclaration, nous ne pouvons que rejeter ce que celle-ci soutient, car il n’est pas possible qu’un même Dieu tienne un langage contradictoire selon qu’il s’adresse aux catholiques, aux bouddhistes ou aux musulmans. L’estime des personnes ne doit pas s’étendre jusqu’à leurs fausses religions. C’est là véritablement une incitation à l’apostasie. – Cliquez sur :  http://taraquebec.org/presenta.html : Présentation - Les Maîtres de Sagesse – Maitreya. — La déclaration « Nostra Ætate » rejoint la pensée de Maitreya et fait le lit du « New Age ».]

 

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Hérésie. Définition : Doctrine qui diffère des croyances établies, condamnée par l'Église catholique

comme contraire aux dogmes ou à la Sainte Écriture et à la Tradition.

 

Conférence de Mgr Lefebvre du 8 juin 1978 donnée à Ecône (Suisse) :

 

Mgr Lefebvre et la Contre-église Conciliaire

 

Extrait d'une conférence donnée aux séminaristes d'Écône le 8 juin 1978 par Monseigneur Marcel Lefebvre

 

Mgr Lefebvre et la Contre-église Conciliaire : contrefaçon de l’Église

 

Par contre je pense qu’à la prochaine rencontre, ou avant la prochaine rencontre d’ailleurs, s’ils me demandent vraiment ce colloque, c’est moi qui leur poserai des questions. C’est moi qui les interrogerai, pour leur dire : – Quelle Église êtes-vous ? À quelle Église avons-nous affaire — moi je voudrais savoir —, si j’ai affaire à l’Église catholique, ou si j’ai affaire à une autre Église, à une Contre-Église, à une contrefaçon de l’Église ?… Or je crois sincèrement que nous avons affaire à une contrefaçon de l’Église et non pas à l’Église catholique. Pourquoi ? Parce-ce qu’ils n’enseignent plus la foi catholique. Ils ne défendent plus la foi catholique. Non seulement ils n’enseignent plus la foi catholique et ne défendent plus la foi catholique, mais ils enseignent autre chose, ils entraînent l’Église dans autre chose que l’Église catholique. Ce n’est plus l’Église catholique. Ils sont assis sur le siège de leurs prédécesseurs, tous ces cardinaux qui sont dans les congrégations et tous ces secrétaires qui sont dans ces congrégations ou à la secrétairerie d’État ; ils sont bien assis là où étaient leurs prédécesseurs, mais ils ne continuent pas leurs prédécesseurs. Ils n’ont plus la même foi, ni la même doctrine, ni la même morale même que leurs prédécesseurs. Alors ce n’est plus possible. Et principalement, leur grande erreur, c’est l’œcuménisme. Ils enseignent un œcuménisme qui est contraire à la foi catholique.

Et je dirai : – Que pensez-vous des anathèmes du Concile de Trente ? Que pensez-vous des anathèmes de l’Encyclique “Autorem Fidei” sur le Concile de Pistoie ? Que pensez-vous du “Syllabus” ? Que pensez-vous de l’Encyclique “Immortale Dei” du Pape Léon XIII ? Que pensez-vous de la “lettre sur le Sillon” par le Pape Saint Pie X ? de l’Encyclique “Quas Primas” du Pape Pie XI, du “Mortalium Animos” justement du Pape Pie XI contre l’œcuménisme, contre ce faux œcuménisme ? et ainsi de suite… Pensez-vous tout cela ? Qu’ils me répondent ! Qu’ils me répondent s’ils sont toujours d’accord avec tous ces documents des papes, avec tous ces documents officiels qui définissent notre foi. Ce ne sont pas des documents quelconques, ce ne sont pas des allocutions ou des conversations privées des papes, ce sont des documents officiels qui engagent l’autorité du pape. Alors ?…

Je pense que l’on peut, que l’on doit même croire que l’Église est occupée. Elle est occupée par cette Contre-Église. Par cette Contre-Église que nous connaissons bien et que les papes connaissent parfaitement et que les papes ont condamnée tout au long des siècles. Depuis maintenant bientôt quatre siècles, l’Église ne cesse de condamner cette Contre-Église qui est née avec le protestantisme surtout, qui s’est développée avec le protestantisme, et qui est à l’origine de toutes les erreurs modernes qui a détruit toute la philosophie et qui nous a entraînés dans toutes ces erreurs que nous connaissons et que les papes ont condamnées : libéralisme, socialisme, communisme, modernisme, sillonisme et que sais-je ? Et nous en mourons. Les papes ont tout fait pour condamner cela. Et voilà que maintenant ceux qui sont sur les sièges de ceux qui ont condamné ces choses-là sont maintenant d’accord pratiquement avec ce libéralisme et avec cet œcuménisme. Alors nous ne pouvons pas accepter cela.

Et plus les choses s’éclairent, et plus nous nous apercevons que ce programme qui a été élaboré dans les loges maçonniques – tout ce programme, toutes ces erreurs ont été élaborées dans les loges maçonniques – et bien on s’aperçoit tout doucement et avec des précisions de plus en plus grandes qu’il y a tout simplement une loge maçonnique au Vatican. Et que maintenant quand on se trouve devant un secrétaire de congrégation ou un cardinal qui se trouvent assis dans le siège ou dans le bureau où se trouvaient de saints cardinaux, des cardinaux qui avaient la foi de l’Église et qui défendaient la foi de l’Église et qui étaient des hommes d’Église, et bien on se trouve devant un franc-maçon ! Alors est-ce que c’est la même chose ? Alors c’est bien, ils brandissent la même obéissance. Oui, autrefois, on nous disait d’obéir à la foi, on nous faisait faire le serment anti-moderniste, on nous faisait faire des professions de foi, et tout cela, mais maintenant ces gens-là, quelle foi ils nous demandent de professer ? Ce n’est plus la même. Alors on brandit toujours : obéissance, obéissance, obéissance ! Ah ! oui, mais quand même… Obéissance à l’Église, oui ! Obéissance à ce que l’Église a toujours commandé, oui ! Obéissance à la foi de l’Église, oui ! Mais obéissance à la Franc-Maçonnerie, non ! C’est cela, vous savez, c’est sûr !

Dernièrement on m’a apporté des documents qui semblent tout à fait véridiques, des documents qui montrent des correspondances entre Bugnini et le grand-maître de la Maçonnerie sur toute la réforme liturgique, dans lesquels le grand-maître de la Maçonnerie demande à Bugnini d’appliquer la réforme du fameux Roca, le prêtre apostat qui, lui, avait prédit déjà tout ce qui devait se faire et avait déjà prévu tout ce qui devait se faire lorsque le Vatican serait occupé par la Maçonnerie : – Voilà ce qu’il faut faire. Et alors maintenant le grand-maître de la Franc-Maçonnerie demande à Bugnini d’appliquer cela ! Et le grand principe : il faut arriver à la “naturalizatione del Incarnatione”, donc désurnaturaliser l’Incarnation. Donc on arrive au naturalisme. Et il faut appliquer les principes de la langue vernaculaire, de la démultiplicité des rites, de la démultiplicité de la liturgie pour rendre la liturgie complètement confuse et mettre la confusion partout, et les oppositions entre les différents rites.

Bugnini répond qu’il est tout à fait d’accord pour cela, mais qu’il faudra un certain temps. Il faudra peut-être dix ans, mais en l’espace de dix ans, il y arrivera, et qu’avec la confiance que lui accordent particulièrement le Cardinal Lercarro et même le Pape Paul VI, avec cette confiance qu’il a, il est assuré de pouvoir arriver à ses fins. Et il nomme tous ceux avec lesquels il travaillera dans la Curie romaine, tous ceux qui, eux aussi, ont des attaches à la Maçonnerie, alors qu’il pourra travailler avec eux. Mais il faudra en placer certains, il faudra les mettre dans des congrégations afin de pouvoir mener le travail à bien. Il faut que toutes les congrégations soient plus ou moins infiltrées et noyautées par les membres de la Maçonnerie qu’il nomme : untel, untel, untel… Il faudra chasser celui-ci parce qu’il nous gêne, est contre nous, alors il faudra le faire mettre dehors. Il faudra supprimer la congrégation des rites – il met – mais ce n’est pas la congrégation des rites, c’est la congrégation des sacrements. Il a réussi à supprimer la congrégation des sacrements pour tout mettre sous la congrégation des rites, par conséquent tout mettre sous son autorité. Tout cela, il le dit dans les lettres au grand-maître de la Maçonnerie. Alors, qu’est-ce que vous voulez ? L’obéissance ? Ah ! non ! Qu’on ne nous parle pas d’obéissance !

On veut bien obéir, bien sûr. Nous sommes les plus obéissants à l’Église et à tout ce que l’Église a toujours enseigné, toujours voulu, mais pas à des hommes qui travaillent à la destruction de l’Église à l’intérieur de l’Église. L’ennemi est à l’intérieur de l’Église. Le Pape Pie X l’avait annoncé. La Salette l’avait annoncé. Fatima l’a annoncé. Tout a été annoncé de manière publique. On sait que l’ennemi va s’introduire à l’intérieur de l’Église. Eh bien, il y est ! Il y est !

Alors qu’ils ne viennent pas demander d’arrêter les ordinations ! Qui demande d’arrêter les ordinations ? Qui demandent de ne plus faire de bons prêtres ? Qui ? C’est le Saint-Esprit ou c’est le diable ? C’est clair, c’est clair ! Est-ce qu’un pouvoir normal dans l’Église peut demander à un évêque de ne plus faire de bons prêtres ? Est-ce qu’un pouvoir normal dans l’Église peut demander une chose pareille ? Demander de supprimer les séminaires, séminaires qu’ils savent bons ? Ils le savent, ils l’ont dit. Ils ont dit que c’était de bons séminaires. Ils savent que la doctrine qu’on vous enseigne est la vraie doctrine. Ils le savent, ils l’ont écrit, ils le savent parfaitement. Ils l’ont écrit dans le rapport des visiteurs. Les visiteurs l’ont dit. Ils ont fait un excellent rapport en faveur du séminaire. C’est ce que le Cardinal Garonne m’a dit à moi-même quand il m’a demandé de venir à Rome. Il a dit : – Oui, le rapport est bon. Nous savons que le séminaire est bon, etc. etc. Alors pourquoi fermer le séminaire ? Tout simplement parce que nous ne voulons pas suivre ces orientations maçonniques de l’œcuménisme, et toutes ces orientations nouvelles qui s’étaient forgées dans les loges maçonniques. Alors on veut fermer le séminaire. Et bien non, ce n’est pas possible ! Cela, ça ne vient pas du Saint-Esprit, ça ne vient pas de l’Église. Ce n’est pas l’Église qui nous demande de fermer le séminaire. Ce n’est pas l’Église. Ce n’est pas le pape en tant que pape, ceux qui sont là en tant qu’ils sont vraiment les successeurs de ceux qui étaient avant eux, non ! C’est une loge maçonnique qui est arrivée à pénétrer à l’intérieur du Vatican et qui mène tout, et qui évidemment ne peut pas nous sentir. C’est clair, c’est évident. Nous faisons obstacle à leur plan, à leur plan de destruction du sacerdoce, de destruction de la messe, de destruction de la liturgie. C’est évident.

Alors, est-ce que nous devons obéir ? Moi je crois en conscience devant le Bon Dieu, quand il me dit : – Réfléchissez bien devant Dieu en conscience à ce que vous faites… Et bien oui, j’ai tout réfléchi devant le Bon Dieu. Si je me trompe, que le Bon Dieu me donne la lumière pour me montrer que je me trompe, mais je ne crois pas. Je crois vraiment qu’en faisant ce que je fais, en ordonnant les prêtres que je vais ordonner, je crois que je sers l’Église. Je sers l’Église. Je ne le ferais pas si j’avais seulement un instant la pensée que ça pouvait être contraire au bien de l’Église, et bien je m’abstiendrais bien sûr de faire des choses pareilles ! C’est trop grave. Mais c’est bien le contraire !

Enfin, les faits sont évidents maintenant, les effets de cette réforme et de cette persécution de l’Église à l’intérieur de l’Église sont clairs pour tout le monde, ça devient de plus en plus clairs. Il suffit de lire la Documentation catholique à chaque fois pour s’apercevoir combien les idées fausses sont infiltrées dans les documents épiscopaux, dans tous les documents, toutes ces commissions théologiques. Lisez celui qu’on a donné à midi, des commissions de théologie. Mais c’est plein d’erreurs, c’est un esprit faux, un esprit qui n’est pas du tout l’esprit de l’Église ! Alors c’est pour cela que nous n’hésitons pas un instant et j’espère que le Bon Dieu continuera à nous bénir !

 

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S. Alphonse de Liguori, « Des incrédules, connus sous les noms de matérialistes et de déistes », Deuxième partie : Contre les déistes, ch. Ier, Preuve de la vérité de la religion chrétienne révélée :

 

« … et pour cette raison plusieurs d’entre eux assurent, que les Juifs, les mahométans, et les idolâtres même peuvent obtenir le salut éternel tout en persistant dans leur religion, s’ils offrent à Dieu le culte que la religion naturelle leur inspire. […] Je réponds à ces naturalistes : D’après vos principes, un chrétien peut à juste titre vénérer Jésus-Christ, comme Dieu véritable, mais si ce chrétien renonce à sa croyance et devient juif, pourra-t-il, penser que Jésus-Christ fût un simple mortel, encore plus, qu’il fût un criminel justement condamné ? Si l’une et l’autre religion, la chrétienne et la juive sont véritables comment Dieu pourra-t-il se contenter qu’un individu embrasse successivement et par caprice tantôt l’une, tantôt l’autre ? Si Jésus-Christ est Dieu, comment permettra-t-il qu’on le considère seulement comme homme, et homme coupable ? Et s’il est un simple mortel comment Dieu consentira-t-il que ce mortel soit adoré comme Dieu ? comment tolérera-t-il que l’adoration, qui lui est due soit accordée à une créature, à laquelle, quand même Dieu le voudrait il ne pourrait céder son honneur divin ? […] Il en est de même de la religion chrétienne et de la religion mahométane. Celle-ci non seulement nie la divinité de Jésus-Christ et lui refuse l’adoration divine, mais de plus elle admet et ordonne une foule de superstitions et d’impiété que l’autre refuse. […] Au surplus, bien que les Juifs aient possédé, dans un temps, la religion vériable, néanmoins depuis la venue du Messie, qu’ils nient avec une obstination opiniâtre, ils sont tombés dans un tel aveuglement, que la religion qu’ils professent à présent est peut-être remplie, plus que toute autre, d’erreurs, de superstitions, et de blasphèmes contre la divinité. Par exemple, les talmudistes (c’est ainsi que les Juifs modernes se nomment), parmi beaucoup d’autres inepties … »

 

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O N   N E   S E   M O Q U E   P A S   D E   D I E U  !

 

La réponse péremptoire de S. Irénée, - au IIe siècle !

 

Celui qui ne connaît pas le Christ Jésus, le Fils unique du Père, ne connaît pas Dieu.

 

Notre foi est celle d’Abraham (voir plus bas)

 

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LIVRE IV

 

PREMIÈRE PARTIE

 

UN SEUL DIEU, AUTEUR DES

DEUX TESTAMENTS, PROUVÉ

PAR LES PAROLES CLAIRES

DU CHRIST.

 

2. LE PÈRE DU CHRIST, DIEU DES ANCIENS PATRIARCHES

 

Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob.

 

5, 2. Car notre Seigneur et Maître, dans sa réponse aux Sadducéens qui niaient la résurrection et, à cause de cela, méprisaient Dieu et ridiculisaient la Loi, a tout à la fois prouvé la résurrection et fait connaître Dieu . « Pour ce qui est de la résurrection des morts, leur dit-il, n'avez-vous donc pas lu cette parole dite par Dieu . Je suis le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob (a) ? » Et il ajoute : « II n'est pas Dieu de morts, mais de vivants : pour lui, en effet, tous sont vivants (b) ». Par là il a fait clairement connaître que Celui qui, du sein du buisson, parla à Moïse et déclara être le Dieu des pères, c'est lui le Dieu des vivants. Or qui donc serait le Dieu des vivants, sinon le vrai Dieu, au-dessus duquel il n'est pas d'autre Dieu ? C'est lui qu'avait annoncé le prophète Daniel, lorsqu'à Cyrus, roi des Perses, qui lui demandait : « Pourquoi n'adores-tu pas Bel ? », il répondait . «Parce que je ne vénère pas des idoles faites de main d'homme, mais le Dieu vivant qui a créé le ciel et la terre et qui a pouvoir sur toute chair (c). » Il disait encore : «J'adorerai le Seigneur, mon Dieu, parce que c'est lui le Dieu vivant (d) ». Ainsi le Dieu qu'adoraient les prophètes, le Dieu vivant, c'est lui le Dieu des vivants, ainsi que son Verbe, qui a parlé à Moïse, qui a aussi confondu les Sadducéens et octroyé la résurrection, démontrant à partir de la Loi à ces aveugles ces deux choses, la résurrection et Dieu. Car s'il n'est pas Dieu de morts, mais de vivants, et si lui-même est appelé le Dieu des pères qui se sont endormis, sans aucun doute ils sont vivants pour Dieu et n'ont pas péri, « puisqu'ils sont fils de la Résurrection (e) ». Or la Résurrection, c'est notre Seigneur en personne, ainsi qu'il le dit lui-même «Je suis la Résurrection et la Vie (f). » Et les pères sont ses fils, car il a été dit par le prophète « Au lieu de pères qu'ils étaient, ils sont devenus tes fils (g). » Le Christ lui-même est donc bien, avec le Père, le Dieu des vivants qui a parlé à Moïse et qui s'est manifesté aux pères.

 

  1. S. Matthieu, 22 : 31-32 ; cf. Exode, 3 : 6 ; 
  2. S. Matthieu, 22 : 32 ; S. Luc, 20 : 38 ;
  3. Daniel, 14 : 5 ;
  4. Daniel, 14 : 25 ;
  5. S. Luc, 20 : 36 ;
  6. S. Jean, 11 : 25 ;
  7. Psaumes, 44 : 17.

 

« Abraham a vu mon jour. »

 

5, 3. C'est précisément ce qu'il enseignait, lorsqu'il disait aux Juifs : « Abraham, votre père, a exulté à la pensée de voir mon jour ; il l'a vu, et il s'est réjoui (a). » Qu'est-ce à dire ? « Abraham crut à Dieu, et cela lui fut imputé à justice (b). » Il crut, en premier lieu, que c'était lui l'Auteur du ciel et de la terre, le seul Dieu (c), ensuite, qu'il rendrait sa postérité pareille aux étoiles du ciel (d). C'est le mot même de Paul . « Comme des luminaires dans le monde (e). »

C'est donc à juste titre que, laissant là toute sa parenté terrestre, il suivait le Verbe de Dieu, se faisant étranger avec le Verbe afin de devenir concitoyen du Verbe (f).

 

  1. S. Jean, 8 : 56 ;
  2. Romains, 4 : 3 ; Galates, 3 : 6 ; cf. Genèse, 15 : 6 ;
  3. Cf. Genèse, 14 : 22 ;
  4. Cf. Genèse, 15 : 5 ;
  5. Philippiens, 2 : 15 ;
  6. Cf. Genèse, 12 : 1-5.

 

5, 4. C'est à juste titre aussi que les apôtres, ces descendants d'Abraham, laissant là leur barque et leur père, suivaient le Verbe (a). C'est ajuste titre enfin que nous, qui avons la même foi qu'Abraham, prenant notre croix comme Isaac prit le bois (b), nous suivons ce même Verbe (c). Car, en Abraham, l'homme l’homme avait appris par avance et s'était accoutumé à suivre le Verbe de Dieu. Abraham suivit en effet dans sa foi le commandement du Verbe de Dieu, cédant avec empressement son fils unique et bien-aimé en sacrifice à Dieu (d), afin que Dieu aussi consentît, en faveur de toute sa postérité, à livrer son Fils bien-aimé et unique en sacrifice pour notre rédemption.

 

  1. Cf. S. Matthieu, 4 : 22 ;
  2. Cf. Genèse, 22 : 6 ;
  3. Cf. S. Matthieu, 16 : 24 ;
  4. Cf. Genèse, 22 : 1-18.

 

5, 5. Ainsi, comme Abraham était prophète et qu'il voyait par l'Esprit le jour de la venue du Seigneur et l'« économie» de sa Passion, par laquelle lui-même et tous ceux qui comme lui croiraient en Dieu seraient sauvés, il tressaillit d'une grande joie. Le Seigneur n'était donc pas inconnu d'Abraham, puisque celui-ci désira voir son jour. Et pas davantage le Père du Seigneur, car, par le Verbe, Abraham avait été instruit sur Dieu, et il crut en lui : aussi cela lui fut-il imputé à justice par le Seigneur (a), car c'est la foi en Dieu qui justifie l'homme. Et c'est pourquoi il disait : « J'étendrai ma main vers le Dieu Très-Haut qui a créé le ciel et la terre (b). » Mais tout cela, les tenants d'opinions fausses s'efforcent de le renverser, à cause d'une seule phrase qu'ils comprennent de travers.

 

  1. Cf. Genèse, 15 : 6 ;
  2. Genèse, 14 : 22.

 

Objection : Nul n'a connu le Père avant la venue du Christ

 

6, 1. Car, pour montrer à ses disciples que lui-même est le Verbe qui produit la connaissance du Père, et pour blâmer la prétention des Juifs à posséder Dieu tout en méprisant son Verbe, par qui Dieu est connu, le Seigneur disait : « Nul ne connaît le Fils si ce n'est le Père, et nul non plus ne connaît le Père si ce n'est le Fils, et celui à qui le Fils voudra les révéler (a). » Voilà ce qu'a écrit Matthieu, et Luc aussi, et Marc de même ; Jean a omis ce passage. Mais ces gens, qui veulent en savoir plus long que les apôtres eux-mêmes, modifient ce texte comme suit : « Nul n'a connu le Père si ce n'est le Fils, ni le Fils si ce n'est le Père, et celui à qui le Fils les révélera » ; et ils l'expliquent en ce sens que le vrai Dieu n'a été connu de personne avant la venue de notre Seigneur : le Dieu prêché par les prophètes n'est pas, disent-ils, le Père du Christ.

 

a) S. Matthieu, 11 : 27 ; S. Luc, 10 : 22.

 

6, 2. Mais, lors même que le Christ n'aurait commencé d'exister qu'au moment de sa venue comme homme, que le Père ne se serait avisé qu'à partir de l'empereur Tibère de prendre soin des hommes et que la preuve serait faite que son Verbe n'a pas toujours été présent à l'ouvrage par lui modelé, même alors, au lieu d'imaginer faussement un autre Dieu, il eût fallu rechercher les causes d'une si grande négligence de sa part. Car aucune recherche ne peut être de telle nature ou prendre de telles proportions qu'elle aboutisse à changer Dieu et à vider de son objet notre foi au Créateur, en Celui qui nous nourrit de sa propre création : tout comme notre foi au Fils, notre amour pour le Père doit être ferme et inébranlable. Et Justin dit avec raison dans son traité contre Marcion : « Je n'aurais pas cru le Seigneur lui-même, s'il avait annoncé un autre Dieu que notre Créateur, notre Auteur et notre Nourricier. Mais c'est de la part du seul Dieu, de Celui qui a fait ce monde et nous a modelés, qui soutient et dirige toutes choses, qu'est venu vers nous le Fils unique, récapitulant en lui-même l'ouvrage par lui modelé : dès lors, ferme est ma foi en lui et inébranlable mon amour pour le Père, le Seigneur nous accordant l'une et l'autre [a]. »

 

  1. Autre citation de saint Justin, Livre V, 26, 2, Troisième partie, l’Antéchrist : Le juste jugement de Dieu contre Satan et tous ceux qui participent à son apostasie.

 

6, 3. Car nul ne peut connaître le Père sans le Verbe de Dieu, c'est-à-dire si le Fils ne « révèle (a) », ni connaître le Fils sans le « bon plaisir (b) » du Père. Ce bon plaisir du Père, le Fils l'accomplit, car le Père envoie, tandis que le Fils est envoyé et vient. Et le Père, tout invisible et illimité qu'il soit en comparaison de nous, est connu de son propre Verbe et, tout inexprimable qu'il soit, est exprimé par lui (c) ; réciproquement, le Verbe n'est connu que du Père seul : telle est la double vérité que nous a manifestée le Seigneur. Et c'est pourquoi le Fils révèle la connaissance du Père par sa propre manifestation : c'est la connaissance du Père que cette manifestation du Fils, car toutes choses sont manifestées par l'entremise du Verbe. Afin donc que nous sachions que c'est le Fils venu vers nous qui produit la connaissance du Père en ceux qui croient en lui, il disait à ses disciples : « Nul ne connaît le Père si ce n'est le Fils, ni le Fils si ce n'est le Père, et ceux à qui le Fils les révélera (d) », enseignant par là et ce qu'il est lui-même et ce qu'est le Père, afin que nous n'admettions pas d'autre Père que celui que révèle le Fils.

 

  1. S. Matthieu, 11 : 27 ; S. Luc, 10 : 22 ; 
  2. S. Matthieu, 11 : 26 ; S. Luc, 10 : 21 ;
  3. Cf. S. Jean, 1 : 18 ;
  4. S. Matthieu, 11 : 27 ; S. Luc, 10 : 22.

 

6, 4. Or il est le Créateur « du ciel et de la terre (a) », comme le prouvent les paroles de celui-ci, et non le prétendu Père qu'ont faussement imaginé Marcion, Valentin, Basilide, Carpocrate, Simon ou tous les « Gnostiques » au nom menteur. Car nul d'entre eux n'était le Fils de Dieu, tandis qu'il l'est, lui, le Christ Jésus notre Seigneur, contre qui ils érigent leur doctrine en osant prêcher un Dieu inconnaissable et en ne prenant même pas garde à ce qu'ils disent : car comment peut-il être inconnaissable, s'ils le connaissent ? Ce qui est connu, fût-ce de quelques-uns, n'est pas inconnaissable. Au reste, le Seigneur n'a pas annoncé que le Père et le Fils ne pouvaient d'aucune façon être connus, sans quoi sa venue eût été sans objet. Pourquoi fut-il venu ? Simplement pour nous dire : Ne cherchez pas Dieu, car il est inconnaissable et vous ne le trouverez pas ? C'est là, en effet, ce que le Christ aurait dit à leurs Éons, s'il faut en croire les disciples de Valentin. C'est une ineptie. Ce que nous enseigne le Seigneur, le voici : personne ne peut connaître Dieu à moins que Dieu ne l'enseigne, autrement dit nous ne pouvons sans l'aide de Dieu connaître Dieu ; mais, que nous le connaissions, c'est la volonté même du Père, puisque ceux-là le connaîtront auxquels le Fils le révélera.

 

  1. S. Matthieu, 11 : 25 ; S. Luc, 10 : 21.

 

6, 5. Et tel fut bien le but dans lequel le Père révéla le Fils : se manifester par lui à tous, pour accueillir en toute justice dans l'incorruptibilité et l'éternel rafraîchissement ceux qui croient en lui — et croire en lui, c'est faire sa volonté — et enfermer en toute justice dans les ténèbres qu'ils se sont eux-mêmes choisies ceux qui ne croient pas et qui à cause de cela fuient sa lumière. C'est donc à tous que le Père s'est révélé, en rendant son Verbe visible à tous, comme c'est aussi à tous que le Verbe a montré le Père et le Fils, puisqu'il a été vu de tous : et c'est pourquoi juste sera le jugement de Dieu sur tous, puisque, après avoir vu pareillement, ils n'ont pas pareillement cru.

 

6, 6. En effet, déjà par la création le Verbe révèle le Dieu Créateur, et par le monde le Seigneur Ordonnateur du monde, et par l'ouvrage modelé l'Artiste qui l'a modelé, et par le Fils le Père qui l'a engendré : tous le disent pareillement, mais tous ne croient pas pareillement pour autant. De même, par la Loi et les prophètes, le Verbe a annoncé tout à la fois lui-même et le Père : le peuple entier a entendu pareillement, mais tous n'ont pas cru pareillement pour autant. Enfin, par l'entremise du Verbe en personne devenu visible et palpable, le Père s'est montré, et, si tous n'ont pas cru pareillement en lui, tous n'en ont pas moins vu le Père dans le Fils (a) : car la Réalité invisible qu'on voyait dans le Fils était le Père, et la Réalité visible en laquelle on voyait le Père était le Fils. C'est pourquoi, lui présent, tous . disaient qu'il était le Christ et nommaient Dieu. Même les démons disaient en voyant le Fils : « Nous savons qui tu es, le Saint de Dieu (b). » Le diable tentateur disait en le voyant : « Si tu es le Fils de Dieu (c) ... » Tous voyaient et nommaient lé Fils et le Père, mais tous ne croyaient pas pour autant.

 

  1. Cf. S. Jean, 14 : 9 ; 
  2. S. Marc, 1 : 24 ; S. Luc, 4 : 34
  3. S. Matthieu, 4 : 3 ; S. Luc, 4 : 3.

 

6, 7. Car il fallait que la vérité fût attestée par tous, pour le salut de ceux qui croiraient et la condamnation de ceux qui ne croiraient pas : de la sorte, tous seraient jugés avec justice, et la foi au Père et au Fils serait garantie par tous, c'est-à-dire corroborée par tous en recevant témoignage de tous, et de ceux du dedans à titre d'amis, et de ceux du dehors à titre d'ennemis. Car la preuve vraie et irréfragable   est   celle   qui  porte  le  sceau   du  témoignage  des adversaires eux-mêmes :  ceux-ci,  dans l'instant où ils la voyaient de leurs yeux, étaient convaincus au sujet de la réalité  présente,   lui  rendaient  témoignage et  apposaient leur sceau; mais, après cela, ils se jetaient dans une attitude hostile, se faisaient accusateurs et eussent voulu que leur propre témoignage ne fût point vrai. Ce n'était donc pas un autre qui était connu, et un autre qui disait : « Nul ne connaît le Père », mais un seul et le même. Toutes choses lui ont  été  soumises  par le  Père (a),   et  de  tous  il  reçoit  ce témoignage qu'il est vraiment homme et qu'il est vraiment Dieu, du Père, de l'Esprit, des anges, de la création, des hommes, des esprits apostats, des démons, de l'ennemi et, pour finir, de la mort elle-même (b). Ainsi le Fils, en servant le Père, conduit toutes choses à leur perfection depuis le commencement jusqu'à la fin, et sans lui personne ne peut connaître Dieu. Car la connaissance du Père, c'est le Fils ; quant à la connaissance du Fils, c'est le Père qui la révèle par l'entremise du Fils. Et c'est pourquoi le Seigneur disait : « Nul ne connaît le Père si ce n'est le Fils, ni le Fils si ce n'est le Père, et tous ceux à qui le Fils les révélera (c). » Car le mot « révélera » n'a pas exclusivement le sens futur, comme si le Verbe n'avait commencé à manifester le Père qu'après être né de Marie, mais il a une portée générale et vise la totalité du  temps.  Depuis  le  commencement,   en  effet,  le Fils, présent à l'ouvrage par lui modelé, révèle le Père à tous ceux à qui le Père le veut, et quand il le veut, et comme il le veut. Et c'est pourquoi, en toutes choses et à travers toutes choses, il n'y a qu'un seul Dieu Père, un seul Verbe, un seul Esprit et un seul salut pour tous ceux qui croient en lui.

 

  1. Cf. I Corinthiens, 15 : 27 ;
  2. Cf. I Corinthiens, 15 : 25-26 ;
  3. S. Matthieu, 11 : 27 ; S. Luc, 10 : 22.

 

Abraham a connu le Père par le Verbe

 

7, 1. Abraham connut donc, lui aussi, par le Verbe, le Père « qui a fait le ciel et la terre (a) », et c'est celui-ci qu'il proclama Dieu. Il apprit également la venue du Fils de Dieu parmi les hommes, par laquelle sa postérité deviendrait pareille aux étoiles du ciel (b) ; il désira alors voir ce jour, afin de pouvoir lui aussi embrasser le Christ, et, l'ayant vu de façon prophétique par l'Esprit, il exulta (c). C'est pourquoi Siméon, qui était de sa postérité, portait à son accomplissement la joie du patriarche et disait : « Maintenant, Seigneur, tu laisses ton serviteur s'en aller selon ta parole dans la Paix, car mes yeux ont vu ton Salut que tu as préparé à la face de tous les peuples, Lumière pour éclairer les nations et Gloire de ton peuple Israël (d). » De leur côté, les anges annoncèrent « une grande joie (e) » aux bergers qui veillaient dans la nuit. Et Elisabeth1 disait, elle aussi : « Mon âme glorifie le Seigneur, et mon esprit a exulté en Dieu mon Sauveur (f). » L'exultation d'Abraham descendait de la sorte en ceux de sa postérité qui veillaient, qui voyaient le Christ et qui croyaient en lui ; mais cette même exultation revenait aussi sur ses pas et remontait des fils vers Abraham qui, déjà, avait désiré voir le jour de la venue du Christ. C'est donc à bon droit que le Seigneur lui rendait témoignage, en disant : « Abraham, votre père, a exulté à la pensée de voir mon jour ; il l'a vu, et il s'est réjoui (g). »

 

  1. Genèse, 14 : 22 ; 
  2. Cf. Genèse, 15 : 5 ; 22 : 17 ;
  3. Cf. S. Jean, 8 : 56 ;
  4. S. Luc, 2 : 29-32 ;
  5. S. Luc, 2 : 10 ;
  6. S. Luc, 1 : 46-47 ;
  7. S. Jean, 8 : 56.

 

7, 2. Ce n'est pas seulement à propos d'Abraham qu'il disait cela, mais il entendait montrer que tous ceux qui, depuis le commencement, eurent la connaissance de Dieu et prophétisèrent la venue du Christ, avaient reçu cette révélation du Fils lui-même. Et c'est ce Fils qui, dans les derniers temps, s'est fait visible et palpable et a conversé avec le genre humain, afin de susciter à partir de pierres des fils à Abraham (b), d'accomplir la promesse faite par Dieu à celui-ci et de rendre sa postérité pareille aux étoiles du ciel. Comme le dit Jean-Baptiste : « Dieu peut, en effet, à partir de ces pierres, susciter des fils à Abraham. » Cela, Jésus l'a fait en nous arrachant au culte des pierres, en nous retirant d'une dure et stérile parenté et en créant en nous une foi semblable à celle d'Abraham. Et Paul en témoigne, lorsqu'il dit que nous sommes fils d'Abraham selon la ressemblance de la foi et la promesse de l'héritage (c).

 

  1. Cf. Genèse, 15 : 5 ; 22 : 17 ;
  2. S. Matthieu, 3 : 9 ; S. Luc, 3 : 8 ;
  3. Cf. Romains, 4 : 11-18.

 

Conclusion : un seul et même Dieu

 

7, 3. Il n'y a donc qu'un seul et même Dieu. C'est lui qui a appelé Abraham et qui lui a donné la promesse. C'est lui le Créateur, et c'est également lui qui, par le Christ, dispose « comme des luminaires dans le monde (a) » ceux d'entre les gentils qui ont cru : « Vous êtes, dit-il, la lumière du monde (b) », c'est-à-dire « pareils aux étoiles du ciel (c) ». Celui-là, ainsi que nous l'avons montré, nul ne le connaît si ce n'est le Fils et ceux à qui le Fils le révélera, mais le Fils le révèle à tous ceux par qui le Père veut être connu ; et ainsi, sans le bon plaisir du Père comme sans le ministère du Fils, personne ne connaîtra Dieu. C'est pourquoi le Seigneur disait à ses disciples : «Je suis la Voie, la Vérité et la Vie, et personne ne vient au Père que par moi. Si vous m'avez connu, vous connaîtrez aussi mon Père. Dès à présent vous l'avez connu et vous l'avez vu (d). » D'où il ressort clairement que c'est par le Fils, c'est-à-dire par le Verbe, qu'on le connaît.

 

  1. Philippiens, 2 : 15 ; 
  2. S. Matthieu, 5 : 14 ;
  3. Genèse, 15 : 5 ; 22 : 17 ;
  4. S. Jean, 14 : 6-7.

 

7, 4. Et voilà pourquoi les Juifs se sont égarés loin de Dieu : ils n'ont pas reçu son Verbe et ils se sont imaginé qu'ils pourraient connaître Dieu par le Père lui-même, sans le Verbe, c'est-à-dire sans le Fils. C'était méconnaître Celui qui, sous une forme humaine, s'était entretenu avec Abraham, et une autre fois avec Moïse, en lui disant : « J'ai vu l'affliction de mon peuple en Egypte, et je suis descendu pour les délivrer (a) » Cette activité, en effet, le Fils, qui n'est autre que le Verbe de Dieu, l'exerçait depuis le commencement. Car le Père n'avait pas besoin d'anges pour faire le monde et modeler l'homme en vue duquel fut fait le monde, et il n'était pas davantage dépourvu d'aide pour l'ordonnance des créatures et l'« économie » des affaires humaines, mais il possédait au contraire un ministère d'une richesse inexprimable, assisté qu'il est pour toutes choses par ceux qui sont tout à la fois sa Progéniture et ses Mains, à savoir le Fils et l'Esprit, le Verbe et la Sagesse, au service et sous la main desquels sont tous les anges. Ils sont donc vains ceux qui, à cause de la phrase « Nul ne connaît le Père si ce n'est le Fils (b) », introduisent un autre Père inconnaissable.

 

  1. Exode, 3 : 7-8 ; 
  2. S. Matthieu, 11 : 27 ; S. Luc, 10 : 22.

 

8, 1. Vains aussi Marcion et ses disciples, qui expulsent Abraham de l'héritage, alors que l'Esprit, par plusieurs et notamment par Paul, lui rend ce témoignage : « Il crut à Dieu, et cela lui fut imputé à justice (a). » Le Seigneur aussi lui rend témoignage : d'abord lorsque, lui suscitant des fils à partir de pierres (b) et rendant sa postérité pareille aux étoiles du ciel (c), il dit : « Ils viendront du levant et du couchant, du nord et du midi, et ils prendront place à table avec Abraham, Isaac et Jacob dans le royaume des cieux (d) » ; puis lorsqu'il redit aux Juifs : «... quand vous verrez Abraham, Isaac, Jacob et tous les prophètes dans le royaume de Dieu, tandis que vous, vous serez jetés dehors (e). » Il est donc clair que ceux qui contestent le salut d'Abraham et imaginent un autre Dieu que Celui qui lui fit la promesse, sont en dehors du royaume de Dieu et privés de l'héritage de l'incorruptibilité : car ils méprisent et blasphèment le Dieu qui introduit dans le royaume des cieux Abraham et sa postérité (f), c'est-à-dire l'Église, qui, par Jésus-Christ, reçoit la filiation adoptive et l'héritage promis à Abraham.

 

  1. Romains, 4 : 3 ; Galates, 3 : 6 ; cf. Genèse, 15 : 6 ; 
  2. Cf. S. Matthieu, 3 : 9 ; S. Luc, 3 : 8 ;
  3. Cf. Genèse, 15 : 5 ; 22 : 17 ;
  4. S. Luc, 13 : 29 ; S. Matthieu, 8 : 11 ; 
  5. S. Luc, 13 : 28 ;
  6. Cf. S. Luc, 1 : 55.

 

3. Le Christ, observateur de la Loi

 

La femme guérie par le Christ le jour du sabbat

 

8, 2. Car c'est de la postérité de celui-ci que le Seigneur prenait la défense, lorsqu'il la délivrait de ses liens et l'appelait au salut, comme il l'a clairement montré à propos de la femme guérie par lui (a), en disant à ceux qui n'avaient pas une foi semblable à celle d'Abraham : «Hypocrites, est-ce que chacun de vous, le jour du sabbat (b), ne délie pas son bœuf ou son âne pour le mener boire ? Et cette femme, une fille d'Abraham, que Satan tenait liée depuis dix-huit ans, il n'eût pas fallu la délivrer de ce lien le jour du sabbat ! » De toute évidence, il délivrait et vivifiait ceux qui, à la ressemblance d'Abraham, croyaient en lui, et il n'enfreignait pas la Loi en le faisant le jour du sabbat, car la Loi ne défendait pas de guérir des hommes le jour du sabbat : elle les faisait circoncire ce jour-là (c), prescrivait aux prêtres d'accomplir leur service pour le peuple et n'interdisait pas même le soin des animaux dépourvus de raison. Même la piscine de Siloé opérait souvent des guérisons le jour du sabbat, et pour ce motif une foule de gens la fréquentaient (d). La Loi commandait qu'on s'abstînt, le jour du sabbat, de toute œuvre servile, c'est-à-dire de tout gain réalisé par le commerce et par toute autre industrie terrestre ; en revanche, elle invitait à accomplir les œuvres de l'âme, celles qui se font par la réflexion et par les paroles, pour le bien du prochain. C'est pourquoi le Seigneur reprenait ceux qui lui reprochaient injustement de faire des guérisons le jour du sabbat : loin d'abolir la Loi, il l'accomplissait au contraire (e), exécutant l'œuvre du grand-prêtre, rendant Dieu propice aux hommes, purifiant les lépreux (f), guérissant les malades, et mourant enfin lui-même pour que l'homme exilé sortît de sa peine et revînt sans crainte dans son héritage (g).

 

  1. Cf. S. Luc, 13 : 10-13 ;
  2. S. Luc, 13 : 15-16 ;
  3. Cf. S. Jean, 7 : 22-23 ;
  4. Cf. S. Jean, 5 : 2-4 ;
  5. Cf. S. Matthieu, 5 : 17 ;
  6. Cf. Lévitique, 14 : 18-20 ;
  7. Cf. Nombres, 35 : 25, 28 ; Josué, 20 : 6.

 

 

LIVRE III

 

Deuxième  partie

 

UN SEUL CHRIST, FILS DE DIEU DEVENU FILS DE L'HOMME

 

POUR RÉCAPITULER EN LUI SA PROPRE CRÉATION

 

1. Le Fils de Dieu s’est vraiment fait homme

 

Il fallait que le Fils de Dieu se fît vraiment homme pour pouvoir sauver l’homme

 

18, 7. Il a donc mélangé et uni, comme nous l'avons déjà dit, l'homme à Dieu. Car si ce n'était pas un homme qui avait vaincu l'adversaire de l'homme, l'ennemi n'aurait pas été vaincu en toute justice. D'autre part, si ce n'était pas Dieu qui nous avait octroyé le salut, nous ne l'aurions pas reçu d'une façon stable. Et si l'homme n'avait pas été uni à Dieu, il n'aurait pu recevoir en participation l'incorruptibilité. Car il fallait que le « Médiateur de Dieu et des hommes (a) », par sa parenté avec chacune des deux parties, les ramenât l'une et l'autre à l'amitié et à la concorde, en sorte que tout à la fois Dieu accueillît l'homme et que l'homme s'offrît à Dieu. Comment aurions-nous pu en effet avoir part à la filiation adoptive à l'égard de Dieu (b), si nous n'avions pas reçu, par le Fils, la communion avec Dieu ? Et comment aurions-nous reçu cette communion avec Dieu, si son Verbe n'était pas entré en communion avec nous en se faisant chair (c) ? C'est d'ailleurs pourquoi il est passé par tous les âges de la vie, rendant par là à tous les hommes la communion avec Dieu.

Ceux donc qui disent qu'il ne s'est montré qu'en apparence, qu'il n'est pas né dans la chair et qu'il ne s'est pas vraiment fait homme, ceux-là sont encore sous le coup de l'antique condamnation. Ils se font les avocats du péché, puisque, d'après eux, la mort n'a pas été vaincue. Car celle-ci « a régné d'Adam jusqu'à Moïse, même sur ceux qui n'avaient pas péché par une transgression semblable à celle d'Adam» (d). Puis, quand la Loi donnée par Moïse est venue et qu'elle a rendu sur le péché ce témoignage qu'il est « pécheur (e) », elle lui a bien retiré son empire, en le convainquant d'agir en brigand, et non en roi, et en le faisant apparaître comme homicide (f) ; mais elle a d'autre part accablé l'homme, qui avait le péché en lui, en démontrant que cet homme était digne de mort (g). Car la Loi, toute spirituelle qu'elle était (h), a seulement manifesté le péché (i), elle ne l'a pas supprimé : car ce n'est pas sur l'Esprit que dominait le péché, mais sur l'homme. Il fallait donc que Celui qui devait tuer le péché et racheter l'homme digne de mort se fît cela même qu'était celui-ci, c'est-à-dire cet homme réduit en esclavage par le péché et retenu sous le pouvoir de la mort (j), afin que le péché fût tué par un homme et que l'homme sortît ainsi de la mort. Car, de même que, « par la désobéissance d'un seul homme » qui fut, le premier, modelé à partir d'une terre vierge (k), « beaucoup ont été constitués pécheurs » et ont perdu la vie, ainsi fallait-il que, « par l'obéissance d'un seul homme » qui est, le premier, né de la Vierge, « beaucoup soient justifiés » et reçoivent le salut (l) . C'est donc en toute vérité que le Verbe de Dieu s'est fait homme, selon ce que dit aussi Moïse : « Dieu, ses œuvres sont vraies (m). » Si, sans s'être fait chair, il n'avait pris que l'apparence de la chair, son œuvre n'eût pas été vraie. Mais ce qu'il paraissait être, il l'était réellement, à savoir Dieu récapitulant en lui-même cet antique ouvrage modelé qu'était l'homme, afin de tuer le péché, de détruire la mort (n) et de vivifier l'homme : c'est pourquoi ses œuvres étaient vraies.

 

a) I Timothée, 2 : 5. - b) Cf. Galates, 4 : 5. - c) Cf. S. Jean, 1 : 14. - d) Cf. Romains, 5 : 14. - e) Cf. Romains, 7 : 13. - f) Cf. Romains, 7 : 11-13. - g) Cf. Romains, 7 : 14-24. - h) Cf. Romains, 7 : 14. - i) Cf. Romains, 7 : 7. - j) Cf. Romains, 5 : 12 ; 6 : 20-21. - k) Cf. Genèse, 2 : 5. - l) Cf. Romains, 5 : 19. - m) Deutéronome, 32 : 4. - n) Cf. II Timothée, 1 : 10.

 

3. La récapitulation d’Adam

 

Le nouvel Adam : naissance virginale, 21, 10 :

 

C’est donc aussi l’ouvrage modelé à l’origine qu’il (le Seigneur, le Roi éternel) a récapitulé en Lui-même.

21, 10. En effet, de même que, par la désobéissance d’un seul homme, le péché a fait son entrée et que, par le péché, la mort a prévalu (a), de même, par l’obéissance d’un seul homme, la justice a été introduite (b) et a produit des fruits de vie chez les hommes qui autrefois étaient morts. Et de même que ce premier homme modelé, Adam, a reçu sa substance d’une terre intacte et vierge encore ― « car Dieu n’avait pas encore fait pleuvoir et l’homme n’avait pas encore travaillé la terre (c) » ― et qu’il a été modelé par la Main de Dieu (d), c’est-à-dire par le Verbe de Dieu ― car « tout a été fait par son entremise (e) », et : «  Le Seigneur prit du limon de la terre et en modela l’homme (f) », ― de même, récapitulant en lui-même Adam, lui, le Verbe, c’est de Marie encore Vierge qu’à juste titre il a reçu cette génération qui est la récapitulation d’Adam. Si donc le premier Adam (g) avait eu pour père un homme et était né d’une semence d’homme [voire « d’une matière déjà existante et vivante » : Encyclique « Humani Generis » du 12 août 1950 – matière et forme étant deux réalités différentes], ils auraient raison de dire que le second Adam (h) a été aussi engendré de Joseph. Mais si le premier Adam a été pris de la terre [la matière en tant que telle n’étant pas vivante] et modelé par le Verbe de Dieu, il fallait que ce même Verbe, effectuant en lui-même la récapitulation d’Adam, possédât la similitude d’une génération identique. ― Mais alors, objectera-t-on pourquoi Dieu n’a-t-il pas pris de nouveau du limon et a-t-il fait sortir de Marie l’ouvrage qu’il modelait ? ― Pour qu’il n’y eût pas un autre ouvrage modelé et que ce ne fut pas un autre ouvrage qui fût sauvé, mais celui-là même fût récapitulé, du fait que serait sauvegardé la similitude en question.

 

a) Cf. Romains, 5 : 12, 19 .- b) Cf. Romains, 5 : 19 .- c) Genèse, 2 : 5 .- d) Cf. Psaumes, 118, 73 ; Job, 10 : 8 .- e) Jean, 1 : 3 .- f) Genèse, 2 : 7 ; Sagesse, 7 : 1 .- g) Cf. I Corinthiens, 15 : 45 .- h) Cf. I Corinthiens, 15 : 47.

 

Le nouvel Adam et la nouvelle Ève, 22, 3 :

 

22, 3. C’est pourquoi Luc présente une généalogie allant de la naissance de notre Seigneur à Adam et comportant soixante-douze générations (a) : il rattache de la sorte la fin au commencement et donne à entendre que le Seigneur est Celui qui a récapitulé en lui-même toutes les nations dispersées à partir d’Adam, toutes les langues et les générations des hommes, y compris Adam lui-même. C’est aussi pour cela que Paul appelle Adam lui-même la « figure de Celui qui devait venir (b) » : car le Verbe, Artisan de l’univers, avait ébauché d’avance en Adam la future « économie » de l’humanité dont se revêtirait le Fils de Dieu, Dieu ayant établi en premier lieu l’homme psychique afin, de toute évidence, qu’il fût sauvé par l’Homme spirituel (c). En effet, puisqu’existait déjà Celui qui sauverait, il fallait que ce qui serait sauvé vînt aussi à l’existence, afin que ce Sauveur ne fût point sans raison d’être.

 

a) Cf. S. Luc, 3 : 23-38 .- b) Romains, 5 : 14 .- c) Cf. I Corinthiens, 15 : 46.

 

 

SAINT IRÉNÉE – « CONTRE LES HÉRÉSIES »

 

LIVRE V

 

Troisième partie

 

L'IDENTITÉ DU DIEU CRÉATEUR ET DU DIEU PÈRE

PROUVÉE PAR L'ENSEIGNEMENT DES ÉCRITURES

RELATIF À LA FIN DES TEMPS

 

2. La résurrection des justes

 

Le royaume des justes, accomplissement de la promesse faite par Dieu aux Pères

 

32, 2. De cette manière, également, la promesse faite jadis par Dieu à Abraham demeure stable. Il lui avait dit, en effet : « Lève les yeux et, du lieu où tu es, regarde vers le nord et vers le midi, vers l'orient et vers la mer : toute la terre que tu vois, je la donnerai à toi et à ta postérité à jamais (1). » Il lui avait dit encore : «Lève-toi, parcours la terre dans sa longueur et dans sa largeur, car je te la donnerai (2). » Pourtant Abraham ne reçut sur terre aucun héritage, pas même un pouce de terrain (3), mais toujours il y fut « un étranger et un hôte de passage (4) ». Et lorsque mourut Sara, sa femme, comme les Hétéens voulaient lui donner gratuitement un lieu pour l'ensevelir, il ne voulut point l'accepter, mais il acheta un tombeau pour quatre cents didrachmes d'argent à Éphron, fils de Séor, le Hétéen (5). Il attendait la promesse de Dieu et ne voulait point paraître recevoir des hommes ce que Dieu avait promis de lui donner, en disant : « Je donnerai à ta postérité cette terre, depuis le fleuve d'Égypte jusqu'au grand fleuve, l'Euphrate (6) » ; et il lui avait énuméré les dix nations qui habitaient toute cette contrée (7). Si donc Dieu lui a promis l'héritage de la terre et s'il ne l'a pas reçu durant tout son séjour ici-bas, il faut qu'il le reçoive avec sa postérité, c'est-à-dire avec ceux qui craignent Dieu et croient en lui, lors de la résurrection des justes. Or sa postérité c'est l'Église, qui, par le Seigneur, reçoit la filiation adoptive à l'égard d'Abraham, comme le dit Jean-Baptiste : « Car Dieu peut, à partir des pierres, susciter des fils à Abraham (8). » L'Apôtre aussi dit dans son épître aux Galates : « Pour vous, frères, vous êtes, à la manière d'Isaac, les enfants de la promesse (9). » Il dit encore clairement, dans la même épître, que ceux qui ont cru au Christ reçoivent, par le Christ, la promesse faite à Abraham : « C'est à Abraham que les promesses ont été faites et à sa postérité. On ne dit pas : "et à ses descendants", au pluriel, mais au singulier : "et à sa postérité", laquelle n'est autre que le Christ (10). » Et, pour confirmer tout cela, il dit encore : « C'est ainsi qu'Abraham crut à Dieu et cela lui fut imputé à justice. Reconnaissez-le donc : ceux qui sont de la foi, ce sont eux les fils d'Abraham. Or, prévoyant que Dieu justifierait les gentils par la foi, l'Écriture annonça d'avance à Abraham cette bonne nouvelle : Toutes les nations seront bénies en toi. Ceux qui sont de la foi sont donc bénis avec Abraham le croyant (11). » Ainsi donc, ceux qui sont de la foi sont bénis avec Abraham le croyant, et ce sont eux les fils d'Abraham. Or Dieu a promis l'héritage de la terre à Abraham et à sa postérité. Si donc ni Abraham ni sa postérité, c'est-à-dire ceux qui sont justifiés par la foi, ne reçoivent maintenant d'héritage sur terre, ils le recevront lors de la résurrection des justes, car Dieu est véridique et stable en toutes choses. Et c'est pour ce motif que le Seigneur disait : « Bienheureux les doux, parce qu'ils posséderont la terre en héritage (12). »

  1. Genèse, XIII, 14-15 ;
  2. Genèse, XIII, 17 ;
  3. Cf. Actes (de l’Évangéliste S. Luc), VII, 5 ;
  4. Genèse, XXIII, 4 ;
  5. Cf. Genèse, XXIII, 3-20 ;
  6. Genèse, XV, 18 ;
  7. Cf. Genèse, XV, 19-21 ;
  8. S. Matthieu, III, 9. S. Luc, III, 8 ;
  9. Galates, IV, 28 ;
  10. Galates, III, 16 ;
  11. Galates, III, 6-9 ;
  12. S. Matthieu, V, 5.

 

2. La résurrection des justes

 

L'héritage de la terre annoncé par le Christ et prophétisé par la bénédiction de Jacob et par Isaïe

 

33, 1. C'est pourquoi, lorsqu'il vint à sa Passion, pour annoncer à Abraham et à ceux qui étaient avec lui la bonne nouvelle de l'ouverture de cet héritage, après avoir rendu grâces sur la coupe, en avoir bu et l'avoir donnée à ses disciples, il leur dit : « Buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de la nouvelle alliance, qui va être répandu pour un grand nombre en rémission des péchés. Je vous le dis, je ne boirai plus désormais du fruit de cette vigne, jusqu'au jour où j'en boirai du nouveau avec vous dans le royaume de mon Père (a). » Sans aucun doute, c'est dans l'héritage de la terre qu'il le boira, de cette terre que lui-même renouvellera et rétablira dans son état premier pour le service de la gloire des enfants de Dieu, selon ce que dit David : « Il renouvellera la face de la terre (b). » En promettant d'y boire du fruit de la vigne avec ses disciples, il a fait connaître ces deux choses : l'héritage de la terre, en lequel sera bu le fruit nouveau de la vigne, et la résurrection corporelle de ses disciples. Car la chair qui ressuscitera dans une condition nouvelle est aussi celle-là même qui aura part à la coupe nouvelle. Ce n'est pas, en effet, alors qu'il serait dans un lieu supérieur et supra céleste avec ses disciples, que le Seigneur peut être conçu comme buvant du fruit de la vigne ; et ce ne sont pas davantage des êtres dépourvus de chair qui pourraient en boire, car la boisson tirée de la vigne a trait à la chair, non à l’esprit.

 

  1. S. Matthieu, XXVI, 27-29 ;
  2. Psaumes, CIII, 30.

 

33, 2. C'est pourquoi le Seigneur disait : « Lorsque tu donnes un dîner ou un souper, n'invite pas des riches, ni des amis, des voisins et des parents, de peur qu'eux aussi ne t'invitent à leur tour et qu'ils ne te le rendent ; mais invite des estropiés, des aveugles, des pauvres, et heureux seras-tu de ce qu'ils n'ont pas de quoi te rendre, car cela te sera rendu lors de la résurrection des justes (a). » Il dit encore : « Quiconque aura quitté champs, ou maisons, ou parents, ou frères, ou enfants à cause de moi, recevra le centuple en ce siècle et héritera de la vie éternelle dans le siècle à venir (b). » Quel est en effet le centuple que l'on recevra en ce siècle, et quels sont les dîners et les soupers qui auront été donnés aux pauvres et qui seront rendus ? Ce sont ceux qui auront lieu au temps du royaume, c'est-à-dire en ce septième jour qui a été sanctifié et en lequel Dieu s'est reposé de toutes les œuvres qu'il avait faites (c) : vrai sabbat des justes, en lequel ceux-ci, sans plus avoir à faire aucun travail pénible, auront devant eux une table préparée par Dieu et regorgeant de tous les mets.

 

  1. S. Luc, XIV, 12-14 ;
  2. S. Matthieu, XIX, 29. S. Luc, XVIII, 29-30 ;
  3. Cf. Genèse, II, 2-3.

 

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S. IRÉNÉE DE LYON RÉFUTE LE PSEUDO CONCILE VAT II (2/3) - - Le Présent éternel

 

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POUR PARVENIR À UNE RÉSURRECTION DE VIE (CF. S. JEAN, V, 25, 28-29) - Le Présent éternel

 

 

 

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