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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 21:26

Et Jeans (1) nous apporte encore ces détails au sujet de l’espace d’Einstein : « À vrai dire, cet espace n’est pas celui de l’astronome : c’est un espace purement mathématique et probablement entièrement fictif, auquel le temps et l’espace astronomiques sont inextricablement et également associés. Pour être absolument exact, il faut dire qu’il y a quatre associés : les trois premiers sont les dimensions de l’espace ordinaires : longueur, largeur et hauteur. La quatrième est le temps ordinaire mesuré d’une manière analogue à celle de la mesure de l’espace (une année de temps correspondant à une année-lumière de l’espace, et ainsi de suite) et ensuite multiplié par la racine carrée de – 1 (√-1). Cette multiplication est le point caractéristique de toute la théorie ; √-1  est un nombre imaginaire [et par conséquent non réel], comme disent les mathématiciens, puisque aucun nombre multiplié par lui-même ne peut donner – 1. Or c’est seulement quand le temps est mesuré par une unité imaginaire de √-1 année qu’il existe une véritable association à titres égaux, entre temps et espace. Ceci nous prouve que cette association est de pure forme, ce n’est qu’une fiction imaginée par les mathématiciens pour leur commodité. S’il en était autrement, notre conviction instinctive que le temps est quelque chose d’essentiellement différent de l’espace ne trouverait aucune base dans l’expérience et se serait évanouie depuis longtemps. »

De ce qui précède, il résulte que l’hypothèse de l’espace-temps repose sur le principe des différences que présenteraient des mesures effectuées dans divers systèmes de référence sur un même événement ; or ces différences n’existent pas ; nous l’avons bien montré dans l’exemple choisi par Einstein lui-même, celui de la chambre lumineuse en translation. Il en résulte nécessairement que les conclusions que l’on tirera de telles prémisses seront fausses par cela même, si tant est qu’on n’ait pas encore aggravé l’illogisme en y introduisant de nouvelles erreurs. C’est, d’ailleurs, ce qui est arrivé.

[…]

 

ID., ibid., tome II (voir les figures sur le site du CESHE), Le miracle luni-solaire de Josué, le miracle rétro-solaire d’Isaïe, L’étoile des mages (étude magistrale et véritablement prodigieuse qui n’avait jamais produite avant Fernand Crombette – et c’est même la raison pour laquelle nous exhortons nos amis à commander sans tarder cet ouvrage), pp. 255-359 :

 

On a généralement rapporté l’affaire Galilée au récit biblique du miracle de Josué arrêtant le soleil sur Gabaon et la lune sur la vallée d’Ajalon. Nous avons montré précédemment l’erreur d’appréciation que l’on avait commise à cet égard. La condamnation prononcée par le Saint-Office fut basée sur un ensemble de faits autrement déterminants que l’incident dont il s’agit [et où il s’agit d’histoire et non uniquement de morale !].

Le miracle vaut cependant la peine d’être étudié en lui-même à cet endroit en raison de son caractère astronomique. Il a d’ailleurs trouvé, à côté de beaucoup de croyants naïfs, qui lui ont donné une portée exagérée, un bon nombre d’interprètes qui l’ont dénaturé et peut-être plus encore de sceptiques qui n’y ont pas cru du tout.

Parmi ces derniers, il en est qui ont fait valoir qu’un phénomène d’une telle importance n’eût pas manqué d’être remarqué par tous les peuples de la terre et qu’on en eût trouvé la trace dans leurs traditions et leurs monuments, ce qui n’a pas eut lieu, dit-on.

Une tradition orale aurait certainement une valeur démonstrative ; or, il en existe, notamment chez les Indiens d’Amérique : « Ainsi les Floridiens racontent que le soleil retarda sa course de vingt-quatre heures, et que les eaux du lac Théomi ayant débordé, couvrirent tout, sauf une montagne où se réfugièrent les seuls hommes qui furent sauvés (1). » Luken (2), qui reproduisit aussi cette information, ajoute que cette montagne, le mont Olaimy, fut éparngée parce qu’il y avait un temple consacré au soleil, et que lorsque le soleil se montra de nouveau, il refoula par sa présence les eaux dans l’abîme.

1)  De Charency, Traditions américaines sur le déluge, Revue américaine, 2e série, n° 2, pp. 88-98.

2)  Les traditions de l’humanité, p. 321, Casterman, Tournai, 1862.

 

Comme il y a une différence de 8 heure entre la Palestine et la Floride, on conçoit qu’un phénomène solaire se produisant le jour dans le premier pays corresponde à la nuit dans le second et que ce qui fut un prolongement du jour en Palestine fut un prolongement de la nuit en Floride ; d’où l’expression « Lorsque le soleil reparut ».

On trouverait certainement d’autres souvenirs du miracle de Josué ; et peut-être certains alignements mégalithiques en sont-ils la trace ; mais des textes écrits seraient autrement probants. Or, nous en avons découvert deux parmi les inscriptions des pharaons, et le voisinage de l’Égypte et de la Palestine donne à ces documents un prix particulier. Nous reproduisons ici ce que nous en avons écrit au tome X de notre Livre des Rois d’Égypte. La matérialité du fait sera, grâce aux détails de ces récits, bien établie dans toutes ses circonstances par des témoignages hostiles aux Hébreux et, par suite, non suspects d’avoir déformé la relation en leur faveur. Et si les textes païens concordent de tous points avec le texte biblique que pourra-t-on encore opposer sérieusement à celui-ci ?

La première inscription est datée de l’an VI de Rampsinitès, autrement appelé Ramessès III, lequel, après avoir été associé à son père Kythnoia, régna seul de 1191 à 1160 avant Jésus-Christ. Voici le texte hiéroglyphique, d’après Gauthier : [voir le site du CESHE]. […]

Nous avons ici tout simplement le récit égyptien du miracle de Josué, avec ses conséquences pour les peuples riverains de la mer. Il y a là une profusion de détails précis sur les circonstances du phénomène qui ne permet pas de mettre le fait en doute. Ceux qui ont eu à en pâtir savaient à quoi s’en tenir sur la réalité d’un événement qu’on a, depuis Voltaire, considéré comme une fable ridicule : on eût mieux fait de s’essayer à le comprendre, mais c’était autrement plus difficile que de s’en moquer.

Tout d’abord Rampsinitès nous donne la date du miracle ; c’était, dit-il, un terme, c’est-à-dire juste un an avant la cérémonie d’érection d’un monument commémoratif du prodige divin, cérémonie qui eut lieu le 15e jour du troisième mois de la troisième saison de l’an VI (1185 avant Jésus-Christ). Ce 15 Epêpi tombait en 1698, année de la réforme calendérique, le 1er septembre julien ; en 1185, il arrivait 128 jours plus tôt dans l’année julienne (1698 – 1185 = 513 = 4 x 128 environ) ; il coïncidait donc alors avec le 26 avril julien équivalant au 16 avril grégorien mais débordant au matin sur le 17 avril grégorien. Comme l’année 1185 était postérieure d’un an au miracle, l’intervalle de celui-ci avec la réforme calendérique était donc de 512 ans, ce qui donnait une avance d’exactement 128 jours. Un contrôle nous est fourni de cette date du 16/17 avril, c’est que la récolte du blé ne s’effectuait pas en Basse-Égypte avant de 20 avril, selon Brugsch, et durait même jusqu’au commencement de mai, d’après d’Allioli ; ces circonstances expliquent que le miracle, ayant déclenché une inondation le 16/17 avril, les récoltes, encore sur pied, aient pu être ravagées.

Le désastre fut si grand que Rampsinitès se vit obligé de dispenser les sinistrés du paiement de l’impôt. C’est là un détail d’ordre pratique dont la force probante est loin d’être négligeable.

Le roi nous indique ensuite la durée du phénomène luni-solaire : elle fut de la moitié des heures de lumière à cette époque de l’année qui sont de 13 heures ¾. Le jour se trouva donc accru d’environ 7 heures, d’après l’observation des astronomes égyptiens, profondément stupéfaits et effrayés de ce fait absolument anormal.

Les Égyptiens, renseignés après coup sur la cause de ce bouleversement, n’eurent aucune peine à admettre, après ce qu’ils avaient pu constater eux-mêmes à l’Exode, qu’il fallait l’attribuer à un prophète des Hébreux. Avec leur logique païenne, loin d’y trouver un motif de conversion au vrai Dieu, ils en ont conclu que, pour éviter le retour de pareil malheur, il fallait maudire le peuple d’Israël. C’est pourquoi l’inscription de Rampsinitès est en bonne partie une formule d’imprécation visant à annuler l’effet des paroles prophétiques, comme on croyait pouvoir le faire pour les paroles magiques, et à accumuler sur les Hébreux les maux qu’ils causaient autour d’eux. C’est une cérémonie de ce genre à laquelle Balac, roi de Moab, covia en vain le magicien Balaam de procéder contre les Israélites (cf. Nombres, ch. XXII). De toute façon, nous avons là, et tirée d’un ennemi ce qui en augmente le prix, la preuve que c’est bien à Josué, alors chef et prophète des Hébreux, qu’il faut attribuer le cataclysme qui mit à ce moment le monde en émoi, car les effets s’en firent sentir jusqu’en Amérique et aussi bien dans l’océan Indien que dans la Méditerranée.

[…]

 

Fin des extraits.

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Saint Irénée de Lyon (135 – 203), « Contre les hérésies », Livre III, Préliminaire, La vérité des Écritures, Le Christ et les apôtres ont prêché selon la vérité, non selon les idées préconçues de leurs auditeurs :

 

5, 1. Telle étant donc la manière dont la Tradition issue des apôtres se présente dans l'Église et subsiste parmi nous, revenons à la preuve tirée des Écritures de ceux d'entre les apôtres qui ont mis par écrit l'Évangile, Écritures dans lesquelles ils ont consigné leur pensée sur Dieu, non sans montrer que notre Seigneur Jésus-Christ était la Vérité (a) et qu'il n'y avait pas de mensonge en lui. Ce que David, prophétisant sa naissance d'une Vierge et sa résurrection d'entre les morts, avait dit en ces termes : « La Vérité s'est levée de la terre (b). » Les apôtres aussi, dès lors, étant les disciples de la Vérité, sont en dehors de tout mensonge, car il n'y a pas de communion entre le mensonge et la vérité, non plus qu'entre les ténèbres et la lumière (c) : la présence de l'un exclut l'autre. Étant donc la Vérité, notre Seigneur ne mentait pas. Partant, un être dont il aurait su qu'il était le «fruit de la déchéance», jamais assurément il ne l'aurait reconnu pour Dieu, pour Seigneur de toutes choses, pour grand Roi et pour son propre Père (d) : jamais il n'aurait décerné de tels titres, lui, le parfait, à l'imparfait ; lui, le spirituel, au psychique ; lui, qui est dans le Plérôme, à celui qui   eût   été   hors   du   Plérôme.   Ses   disciples   non   plus n'auraient pas donné le nom de Dieu ou de Seigneur à un autre que celui qui est vraiment le Dieu et le Seigneur de toutes choses. C'est pourtant ce que prétendent ces vains sophistes :   selon  eux,   les  apôtres,   avec  hypocrisie,   ont composé leur enseignement suivant la capacité de leurs auditeurs et leurs réponses selon les préjugés de ceux qui les interrogeaient ; aux aveugles ils parlaient dans le sens de leur aveuglement, aux malades, dans le sens de leur maladie, aux égarés, dans le sens de leur égarement ; à ceux qui croyaient que le « Démiurge » est le seul Dieu, c'est celui-ci qu'ils annonçaient,  tandis que,  à ceux qui saisissaient le « Père » innommable, ils exprimaient à l'aide de paraboles et d'énigmes le mystère inexprimable. Ainsi, ce n'est pas selon les exigences de la vérité, mais avec hypocrisie et en se conformant à la capacité de chacun, que le Seigneur et les apôtres auraient livré leur enseignement.

 

5, 2. Ce n'est pas là, répondrons-nous, le fait de gens qui guérissent et qui vivifient, mais bien plutôt de gens qui aggravent et augmentent l'ignorance de leurs auditeurs, et la Loi se trouvera être beaucoup plus vraie qu'eux, elle qui déclare maudit quiconque égare l'aveugle en son chemin (e). En fait, les apôtres, envoyés pour retrouver les égarés, éclairer les aveugles et guérir les malades, ne leur parlaient certainement t bien, si, alors que des aveugles seraient sur le point de tomber dans un précipice, il les engageait à poursuivrpas selon leurs opinions du moment, mais selon ce qu'exigeait la manifestation de la vérité. Car personne n'agiraie une voie aussi périlleuse, comme si c'était réellement le droit chemin qui dût les conduire au terme. Et quel médecin, voulant guérir un malade, se conformerait aux caprices du malade plutôt qu'aux règles de la médecine ? Or, que le Seigneur soit venu comme médecin des mal portants, lui-même l'atteste, lorsqu'il dit : « Ce ne sont pas les gens en bonne santé qui ont besoin du médecin, mais les mal portants. Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs à la pénitence. » Comment donc les mal portants   se   rétabliront-ils ?   Et   comment   les   pécheurs feront-ils pénitence ? Est-ce en persévérant dans les mêmes dispositions ? N'est-ce pas  au contraire en acceptant un profond  changement  et  retournement  de  leur  ancienne manière de vivre, par laquelle ils ont amené sur eux une maladie peu banale et de nombreux péchés ? Or l'ignorance,  mère de tous ces maux, n'est détruite que par la connaissance. C'est   donc bien la connaissance que le Seigneur produisait en ses disciples, et c'est par elle qu'il guérissait les malades et détournait les pécheurs de leur péché.  Ce n'est donc pas dans le sens de leurs opinions antérieures qu'il leur parlait, ni selon les préjugés de ses interrogateurs qu'il répondait,  mais selon la doctrine de salut, sans hypocrisie ni acception de personnes.

a)  Cf. S. Jean, 14 : 6 ;

b)  Psaumes, 84 : 12 ;

c)   Cf. II Corinthiens, 6 : 14 ;

d)  Cf. S. Matthieu, 5 : 34-35 ; 11 : 25 ;

e)  Cf. Deutéronome, 27 : 18.

 

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 22:13

 

DON SARDA Y SALVANY

LE LIBÉRALISME EST UN PÉCHÉ (EXTRAITS)

« Acharné à CONCILIER la lumière avec les ténèbres et LA VÉRITÉ AVEC L'ERREUR »

Pie IX, 21-5-1874

PRÉFACE PENTECÔTE 2000

LE CONCILE LIBÉRAL VATICAN II

Ce fut l'incommensurable victoire des libéraux après cent ans de luttes acharnées.

 

http://catholicapedia.net/Documents/cahier-saint-charlemagne/documents/C018_Don-Sarda_56p.pdf

 

1

 

Le Bulletin du Grand Orient de France n°48, novembre-décembre 1964, p. 87, cite comme référence de "positions constructives et nouvelles" cette intervention faite lors de la troisième session du concile par un jeune évêque qui fit ensuite une carrière remarquée :

 

"Il faut accepter le danger de l'erreur. On n'embrasse pas la vérité sans avoir une certaine expérience de l'erreur. Il faut donc parler du droit de chercher et d'errer. Je réclame la liberté pour conquérir la vérité."

Cette déclaration plut tellement aux francs-maçons qu'ils la soulignèrent. Elle est très grave.

Elle est de Mgr Wojtila (Jean-Paul II), évêque de Cracovie. Elle explique sa carrière et son comportement.

 

Pour un catholique, ce n'est pas la liberté qui engendre la vérité, c'est Notre-Seigneur. Ce n'est pas la liberté qui serait première et amènerait à la vérité, mais c'est la vérité qui rend libre :

 

"Si vous demeurez dans Ma parole, vous êtes vraiment Mes disciples ; vous connaîtrez la Vérité, et la Vérité vous rendra libres" (Jean, VIII, 32).

"Mais nous, nous sommes de Dieu ; celui qui connaît Dieu nous écoute ; celui qui n'est pas de Dieu ne nous écoute point : c'est par là que nous connaissons l'esprit de la Vérité et l'esprit de l'erreur" (I Jean, IV, 6).

 

L'ordre est :

 

1, Jésus-Christ, enseigné par l'Église Catholique ;

2, la Vérité sûre ;

3, la Liberté.

 

Pour la secte libérale conciliaire l'enchaînement que l'on annonçait, était :

 

1, la liberté ;

2, la vérité ;

3, Jésus-Christ.

 

LÀ EST L'ESCROQUERIE.

 

Ce nouvel ordre est faux, car si l'on prend la liberté en premier, on n'a pas toujours en second la Vérité, mais la Vérité ET, OU l'erreur. C'est ce que les vrais initiés savaient. C'est avec cet artifice qu'ils imposèrent leur église libérale conciliaire, destructrice de l'Église catholique.

 

On peut distinguer cinq phases dans leur processus :

 

a) au début "le droit de chercher et d'errer" est demandé ;

b) puis des erreurs sont enseignées en même temps que la vérité, les quelques combattants pour la Vérité sont marginalisés ;

c) après on disqualifie la Vérité, on la dit dépassée, on la rend anodine et on fait passer l'erreur pour la Vérité ;

d) ensuite la Vérité est persécutée jusqu'à sa disparition totale : les démons tueurs succèdent aux démons menteurs ;

e) et finalement, le règne de l'erreur est imposé.

 

C'est ce que l'on a vécu depuis trente ans : avec la liberté, la secte libérale conciliaire a établi l'erreur, qui a éliminé le règne de Jésus-Christ, pour le remplacer par le pseudo règne de l'Homme qui est le véritable règne de Satan.

 

C'est un châtiment. Un châtiment mérité. On n'a pas voulu combattre le libéralisme, on n'a pas voulu devenir antilibéraux, les libéraux ont apparemment tout balayé.

Mgr Wojtila et la secte libérale conciliaire ont tout inversé : les ennemis des catholiques sont devenus leurs amis.

 

"La vérité est seule tolérante et ne persécute jamais personne, elle se borne à empêcher de faire le mal. L'erreur est essentiellement intolérante et dès qu'elle se sent en force, école, parti ou secte, elle tient à manifester sa puissance en supprimant ses adversaires, en les injuriant, surtout en les empêchant de parler. Le droit de parler, très préconisé des libéraux, au point qu'ils l'inscrivent dans la constitution et en font l'élément privilégié du parlementarisme, ne leur paraît acceptable que s'il leur assure les immunités de monologue et empêche toute critique. L'objet qui leur plaît le plus, c'est l'encensoir pour eux, et, pour leurs adversaires, des chaînes ou le bâillon". Mgr Fèvre, Histoire critique du catholicisme libéral, p. 546.

C'est exactement la conduite de la secte libérale conciliaire contre le restant de catholiques.

Comportement qui prouve que les catholiques (ceux qui veulent croire ce qui a toujours été cru et faire ce qui a toujours été fait) étant du camp de la vérité, les conciliaires sont dans le camp de l'erreur, avec comme conséquence que la secte libérale conciliaire n'est pas catholique et n'est donc pas l'Eglise Catholique.

Le plan de Dieu est d'intervenir en Sauveur et donc de triompher quand tout semblera perdu, c'est-à-dire, après que l'éclipse de l'Eglise catholique soit totale. Mais comme Dieu ne reconstruit pas avec rien, mais avec des riens, à nous de mériter la grâce d'être de ce petit nombre.

 

Et pour cela, il faut devenir des antilibéraux, de vrais antilibéraux. Le livre de Don Sarda est la référence. Encore faut-il le bien connaître, le méditer souvent pour bien appliquer son enseignement. Ce n'est pas en étant un simple lecteur que l'on devient antilibéral, mais c'est en ayant une intelligence et une volonté antilibérales. C'est le seul moyen de ne pas perdre la Foi, c'est le seul moyen d'être de vrais catholiques (ch. VII et VIII).

Pour savoir si vous devenez antilibéral, il suffira de vous faire traiter "d'excessif, d'outrancier et donc de dangereux". Don Sarda au chapitre très important n° XVIII utilisera les qualificatifs "d'exagérations... défaut de mesure..."

Ceux qui vous traiteront ainsi sont de vrais libéraux, même quand ils se croient antilibéraux.

Mgr de Castro-Mayer a lu toute sa vie un chapitre de Don Sarda avant de s'endormir. C'est certainement un très bon exemple à suivre.

L'épreuve du Concile a éliminé plus des 9/10èmes des catholiques. L'épreuve du N.O.M. et des révolutions liturgiques a encore éliminé plus des 9/10èmes de ceux qui tenaient. Les sacres faits par Mgr Lefebvre ont encore éliminé de très nombreux bulletins et chefs de file. Ce nombre est encore trop important.

Beaucoup trop de prêtres et de fidèles sont plus attachés au qu’en dira-t-on, c'est-à-dire à l'esprit libéral du monde, qu'au qu’en dira Dieu. De tendance matérialiste, médiocre, moderniste, mondaine en un mot libérale, ils seront éliminés lors des prochaines épreuves. Une seule solution : se convertir. Car il n'y a qu'une seule sanction : périr. "Si vous ne vous repentez, vous périrez tous comme eux". Luc, XIII, 3. Mais "... à la fin Son Cœur Immaculé triomphera".

De Saint-Hilaire

PRÉFACE de 1975

 

Jamais plus qu'aujourd'hui la lecture de ce livre est nécessaire pour tous ceux qui veulent se désintoxiquer des erreurs du Libéralisme.

Le virus qui détruit toutes les valeurs naturelles et surnaturelles atteint désormais non seulement les sociétés civiles mais l'Église elle-même. C'est en poursuivant les ramifications de ce cancer que nous restaurerons le Règne de Notre-Seigneur Jésus-Christ et de Sa sainte Mère ici-bas, et que nous travaillerons à l'extension de la seule arche du salut : l'Église Catholique et Romaine.

Nous félicitons de tout coeur les animateurs de la librairie de la Nouvelle Aurore qui concourent efficacement à mettre en lumière la vérité et à dissiper les ténèbres de l'erreur. C'est le meilleur service qu'ils puissent rendre à leur prochain. Nous demandons à Dieu de les bénir ainsi que tous ceux qui trouveront dans ces pages une nourriture saine et bienfaisante.

Le 23 novembre 1975 + Marcel Lefebvre

 

À SUIVRE

 

La page suivante :

 

LE LIBÉRALISME, NÉGATION RADICALE DE LA FOI CHRÉTIENNE (II/XVIII). - Le Présent éternel

 

Pour retourner à la page principale :

 

POUR PARVENIR À UNE RÉSURRECTION DE VIE (CF. S. JEAN, V, 25, 28-29) - Le Présent éternel

 

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 22:09

 

PRÉFACE de L'ÉDITEUR en 1915

 

Au jour de la Présentation au Temple, le vieillard Siméon, parlant sous le souffle de l'Esprit prophétique, disait à la Sainte Vierge que son divin Fils serait placé dans le monde comme un signe de contradiction d'où sortirait la ruine pour un grand nombre et pour un grand nombre la résurrection. Ce caractère de Sa mission divine, Jésus-Christ l'a transmis à Son Église et c'est ce qui explique comment, dès les premiers temps du christianisme, l'hérésie s'est attaquée aux vérités de la foi. Depuis, cette contradiction n'a pas cessé, mais à chaque siècle, pour ainsi dire, elle s'est transformée, prenant un caractère nouveau dès que l'erreur dernière en date avait été pleinement détruite ou démasquée. Pour ne parler que des trois derniers siècles, le seizième a vu dominer l'hérésie protestante ; le jansénisme a essayé de pervertir le dix-septième, et le naturalisme philosophique a pensé, au dix-huitième, bouleverser les fondements mêmes de la société.

 

Avec le résidu de toutes ces erreurs, le dix-neuvième siècle devait nous en apporter une autre, plus dangereuse peut-être que les précédentes, parce qu'elle est plus subtile, et qu'au lieu de viser tel ou tel point de la doctrine, elle a prétendu s'insinuer dans l'ensemble même de la doctrine, pour la corrompre jusqu'au fond. Erreur séduisante d'ailleurs, parce qu'elle a de faux aspect de générosité, et dont le nom, intentionnellement vague, devait, pour beaucoup, la rendre tout ensemble attrayante et insaisissable. Il s'agit du libéralisme.

 

Libéral, au sens où ce mot était pris jadis dans notre langue, qui ne se piquerait de vouloir l'être, puisque ce mot signifiait l'ouverture d'esprit et de coeur, et, en résumé, la largesse dans l'aumône, comme une chrétienne largeur dans l'accomplissement de toutes les vertus ! Mais combien autre est le libéral de nos jours, soit qu'il s'agisse du libéralisme doctrinal, du libéralisme politique ou du libéralisme pratique par application de cette doctrine et de cette politique. On peut dire en deux mots que la caractéristique de cette erreur moderne du libéralisme, c'est, chez ses partisans, d'être accommodants pour l'erreur à qui, en doctrine ou en fait, on se réjouit de voir reconnaître les mêmes droits qu'à la vérité.

 

Avions-nous tort, par suite, de dire que cette erreur nouvelle était pire que toutes les autres, puisque toutes les autres y trouvent un abri facile, sinon une protection directe et un certain appui ? Aussi le danger en a-t-il été signalé de bonne heure en France par les meilleurs esprits, dans de remarquables oeuvres d'apologétique, parmi lesquelles nous nous contenterons de rappeler les immortelles Lettres synodales du cardinal Pie.

 

Toutefois, jusqu'en ces derniers temps, on pouvait regretter que, victorieusement combattue dans son principe et ses principales manifestations, cette erreur n'eût pas été prise corps à corps, pour ainsi dire, dans un traité spécial, ne laissant debout aucun des nombreux sophismes élevés par le libéralisme comme autant de forteresses où il s'ingéniait à se réfugier.

 

Aussi l'émotion fut grande quand parut, il y a quelques années, cette réfutation décisive. L'auteur, déjà célèbre en Espagne par ses écrits de doctrine et de polémique, prêtre aussi zélé que savant docteur, Don Félix Sardà y Salvany, posait résolument la thèse dès le titre de son livre. Hardiment il affirmait que "Le libéralisme est un péché" ; mais, non content de l'affirmer, il en donnait les preuves avec une abondance, une vigueur, nous pourrions presque dire une minutie qui défiait tout retour offensif de l'erreur libérale, pourchassée victorieusement en ses derniers recoins.

 

L'émotion fut vive, avons-nous dit ; mais si elle était toute de contentement chez les catholiques, pour qui se faisait ainsi la pleine lumière sur une erreur subtile en ses détours, elle fut toute de colère chez ceux qui de près ou de loin voyaient s'effondrer sous les coups de cette dialectique puissante des thèses longtemps caressées. Non seulement don Félix Sardà y Salvany fut attaqué dans un libelle dont l'auteur, don de Pazos, prétendait signaler nombre d'erreurs chez l'adversaire du libéralisme, mais l'ouvrage de don Félix Sardà y Salvany était déféré comme condamnable au jugement de l'Index. Or, bientôt ce jugement non seulement l'absolvait, mais le glorifiait, comme en témoigne la lettre du secrétaire de la congrégation de l'Index que l'on trouvera plus loin. Dès lors, le livre prenait une valeur qui en étendait la portée bien au-delà des frontières de l'Espagne, et la pensée nous vint de faire lire aussi en France un ouvrage qui n'y sera pas sans fruit. L'entreprise n'était pas sans difficultés, car plus la matière était difficile et délicate, plus il importait de s'assurer une traduction fidèle et même rigoureuse, chaque mot ayant ici son importance. Grâce au concours de deux éminents religieux versés dans la connaissance de la langue espagnole et dont le savoir théologique garantissait, par leur révision, le travail de notre traducteur, ces difficultés ont été pleinement surmontées pour le livre de don Félix Sardà y Salvany comme pour une autre œuvre magistrale qui traite du même sujet et que nous avons eu non moins à cœur de faire connaître.

 

Décret de la Sacrée Congrégation de l'Index (traduction)

 

Secr. de la Sac. Cong. de l'Index, 10 janvier 1887.

 

Excellentissime Seigneur,

 

La Sacrée-Congrégation de l'Index a reçu la dénonciation qui lui a été faite de l'opuscule qui a pour titre : Le Libéralisme est un péché, et pour auteur D. Félix Sarda y Salvany, prêtre de votre diocèse, dénonciation qui a été renouvelée en même temps qu'on dénonçait un autre opuscule qui a pour titre : Le procès de l'Intégrisme, c'est-à-dire Réfutation des erreurs contenues dans l'opuscule : Le libéralisme est un péché ; l'auteur de ce second opuscule est D. de Pazos, chanoine du diocèse de Vich.

C'est pourquoi ladite Sacrée-Congrégation a soigneusement examiné l'un et l'autre opuscule, avec les observations qu'ils avaient suscitées. Or, dans le premier, non seulement elle n'a rien trouvé qui soit contraire à la saine doctrine, mais son auteur D. Félix Sarda mérite d'être loué, parce qu'il impose et défend la saine doctrine sur le sujet dont il s'agit, par des arguments solides, développés avec ordre et clarté, sans nulle attaque à qui que ce soit.

Mais ce n'est pas le même jugement qui a été porté sur l'autre opuscule, publié par D. de Pazos ; en effet, il a besoin, pour le fond, de quelques corrections et, en outre, on ne peut approuver la façon de parler injurieuse dont l'auteur se sert beaucoup plus contre la personne de D. Sarda que contre les erreurs qu'il suppose exister dans son opuscule.

Aussi la Sacrée-Congrégation a-t-elle ordonné que D. de Pazos, averti par son propre ordinaire, retire, autant que faire se peut, les exemplaires de son susdit opuscule et qu'à l'avenir, s'il survient quelque discussion au sujet des controverses qui pourraient surgir, il s'abstienne de toutes paroles injurieuses contre les personnes selon que le prescrit la vraie charité chrétienne ; d'autant plus que, si notre Très-Saint Père le Pape Léon XIII recommande beaucoup de pourchasser les erreurs, il n'aime cependant ni n'approuve les injures proférées contre les personnes, surtout lorsque ces personnes sont éminentes par la doctrine et la piété.

En vous communiquant cela, par ordre de la Sacrée-Congrégation de l'Index, afin que vous puissiez le faire savoir à votre illustre diocésain D. Sarda, pour la tranquillité de son esprit, je demande à Dieu pour vous tout bonheur et toute prospérité, et je me dis, avec le parfait témoignage de mon respect, de Votre Grandeur, le très dévoué serviteur,

Fr. JÉROME SACCHERI, de l'Ordre des Prêcheurs, Secrétaire de la Sacrée-Congrégation de l'Index.

 

Lettre de Don Félix Sarda y Salvany à Madame la marquise de Tristany

 

INTRODUCTION

 

Ne vous alarmez pas, pieux lecteur, et ne débutez point par faire mauvaise mine à cet opuscule. Ne le rejetez pas avec effroi en le feuilletant, car si brûlantes, si embrasées, si incandescentes que soient les questions qu'il traite et que nous allons tirer au clair, entre nous, dans ces familières et amicales conférences, vous n'aurez pas les doigts brûlés; le feu dont il s'agit ici n'étant que métaphore et rien de plus.

 

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POUR PARVENIR À UNE RÉSURRECTION DE VIE (CF. S. JEAN, V, 25, 28-29) - Le Présent éternel

 

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 22:05

Je n'ignore point, et du reste vous allez vous hâter de me le dire pour excuser vos craintes, que vous n'êtes pas le seul à ressentir une invincible répulsion, et une horreur profonde pour de pareils sujets. Hélas ! je ne sais que trop, combien cette manière de penser ou de sentir est devenue une infirmité, une espèce de manie en quelque sorte générale, aux temps où nous vivons. Mais, dites-moi, en conscience, à quel sujet d'un véritable intérêt la controverse catholique peut-elle se consacrer si elle est tenue à fuir toute question brûlante, c'est-à-dire : toute question prise sur le vif, palpitante, contemporaine, actuelle ?

A combattre des ennemis vaincus et morts depuis des siècles et comme tels gisant en poudre, oubliés de tous, dans le Panthéon de l'histoire ? A traiter avec autant de sérieux que de parfaite courtoisie des questions du jour, à la vérité, mais des questions qui ne soulèvent aucun désaccord dans l'opinion publique, et n'ont rien d'hostile aux droits sacrés de la vérité ?

Vive Dieu ! Et ce serait pour cela que nous nous appelons soldats, nous les catholiques, que nous représentons l'Église comme armée et que nous donnons le titre de capitaine au Christ Jésus notre chef ? Et c'est à cela que se réduirait la lutte sans trêve que nous sommes tenus de livrer à l'erreur, dès que par le baptême et la confirmation nous sommes armés chevaliers d'une si glorieuse milice ? Mais une guerre qui appellerait au combat contre des ennemis imaginaires, où l'on n'emploierait que des canons chargés de poudre, et des épées à pointe émoussée, en un mot des armes auxquelles on ne demande que de briller et de tonner, sans blesser ni causer de dommage, serait-elle autre chose qu'une guerre de comédie ?

Évidemment non. Il ne peut pas en être ainsi, car si le catholicisme est la divine vérité, comme il l'est positivement, vérité et douloureuse vérité sont ses ennemis, vérité et sanglante vérité, les combats qu'elle leur livre. Réelles donc, et non pure fantaisie de théâtre doivent être ses attaques et ses défenses ; c'est très sérieusement qu'il faut se jeter en ses entreprises, très sérieusement qu'il faut les mener à bonne fin. Réelles et véritables, doivent être par conséquent, les armes dont elle fait usage, réels et véritables les coups d'estoc et de taille qui se distribuent, réels et véritables les coups et les blessures faites ou reçues.

Si j'ouvre l'histoire de l'Eglise je trouve à toutes ses pages, cette vérité écrite maintes fois en lettres de sang.

Jésus-Christ, notre Dieu, anathématisa avec une énergie sans égale la corruption judaïque ; en face de toutes les préventions nationales et religieuses de son temps il éleva l'étendard de Sa doctrine, et il le paya de Sa vie.

Le jour de la Pentecôte en sortant du cénacle les apôtres ne se laissèrent pas arrêter par de vains scrupules lors qu'il s'agit de reprocher en face aux princes et aux magistrats de Jérusalem l'assassinat juridique du Sauveur, et pour avoir osé, en ce moment, toucher une question si brûlante ils furent frappés de verges d'abord et plus tard mis à mort.

Depuis lors, tout héros de notre glorieuse armée, a dû sa célébrité, à la question brûlante dont la solution lui est échue en partage, à la question brûlante du jour, non à la question refroidie, arriérée, qui a perdu son intérêt, ni à la question future, encore à naître et qui se cache dans les secrets de l'avenir.

Ce fut corps à corps avec le paganisme couronné et assis sur le trône impérial, rien de moins, que les premiers apologistes eurent à traiter au risque de leur vie, la question brûlante de leur temps.

La question brûlante de l'arianisme qui bouleversa le monde entier valut à Athanase la persécution, l'exil, l'obligation de fuir, des menaces de mort et les excommunications de faux conciles. Et Augustin, ce valeureux champion de toutes les questions brûlantes de son siècle, est-ce que par hasard il eut peur des grands problèmes posés par les Pélagiens parce que ces problèmes étaient de feu ?

Ainsi, de siècle en siècle, d'époque en époque, à chaque question brûlante que l'antique ennemi de Dieu et du genre humain tire toute rouge de l'infernale fournaise, la Providence suscite un homme ou plusieurs hommes, marteaux puissants qui frappent sur elles sans se lasser. Frapper sur le fer rouge, c'est travailler à propos, tandis que frapper sur le fer refroidi c'est travailler sans profit.

Marteau des simoniaques et des concubinaires allemands fut Grégoire VII ; marteau d'Averroes et des faux disciples d'Aristote fut Thomas d'Aquin ; marteau d'Abélard fut Bernard de Clairvaux ; marteau des Albigeois fut Dominique de Guzman, et ainsi de suite jusqu'à nos jours. Il serait trop long de parcourir l'histoire pas à pas, pour prouver une vérité qui ne mériterait pas, tant elle est évidente, les honneurs d'une discussion, sans le grand nombre de malheureux qui s'acharnent à l'obscurcir en élevant autour d'elle un nuage de poussière.

Mais, assez sur ce sujet, ami lecteur, j'ajouterai seulement, sans que personne nous entende, et sous le sceau du secret ce qui suit : puisque chaque siècle a eu ses questions brûlantes, le nôtre doit nécessairement avoir aussi les siennes. Une d'entre elles, la question des questions, la question majeure, si incandescente qu'on ne peut la toucher d'aucun côté sans en faire jaillir des étincelles, c'est la question du libéralisme.

"Les dangers que court en ce temps la foi du peuple chrétien sont nombreux", ont écrit récemment les doctes et vaillants prélats de la province de Burgos, "mais, disons-le, ils sont tous renfermés dans un seul qui est leur grand dominateur commun : le naturalisme... Qu'il s'intitule nationalisme, socialisme, révolution ou libéralisme, par sa manière d'être et son essence même il sera toujours la négation franche ou artificieuse, mais radicale, de la foi chrétienne et par conséquent il importe de l'éviter avec empressement et soin, autant qu'il importe de sauver les âmes".

La question brûlante de notre siècle est officiellement formulée dans cette grave déclaration émanant d'une source parfaitement autorisée. Toutefois, il est vrai de dire que le grand Pie IX avait formulé cette question en cent documents divers, avec plus de clarté encore et une tout autre autorité, et notre glorieux pontife Léon XIII l'a à son tour énergiquement formulée il y a peu d'années dans son encyclique Humanum genus. Encyclique qui a donné, donne et donnera tant à parler, et qui peut-être n'est pas encore le dernier mot de l'Eglise de Dieu sur ces matières.

Et pourquoi le libéralisme aurait-il sur toutes les autres hérésies qui l'ont précédé un privilège spécial de respect et en quelque sorte d'inviolabilité ?

Serait-ce parce que dans la négation radicale et absolue de la souveraineté divine il les résume et les comprend toutes ? Serait-ce parce que plus que tout autre il a fait pénétrer dans le corps social entier son virus corrupteur et sa gangrène ? Serait-ce parce que pour la juste punition de nos péchés, réalisant ce qui ne l'avait jamais été par aucune hérésie, il est devenu une erreur officielle, légale, intronisée dans les conseils des princes et toute-puissante dans le gouvernement des peuples ? Non, car ces raisons sont précisément celles qui doivent pousser et contraindre tout bon catholique à prêcher et soutenir contre le libéralisme, coûte que coûte, une croisade ouverte et généreuse.

Sus, sus sur lui, c'est l'ennemi ; sus sur lui, c'est le loup ; voilà ce que nous devons crier à toute heure, selon la consigne qu'en a donné le Pasteur universel, nous tous qui avons reçu du ciel la mission de coopérer à un degré quelconque au salut spirituel du peuple chrétien.

La campagne est ouverte, cette série de brèves et familières conférences commencée, ce ne sera pas toutefois, sans que j'aie préalablement déclaré que je soumets toutes et chacune de mes affirmations, même les plus minimes, au jugement sans appel de l'Eglise, unique oracle de l'infaillible vérité.

Sabadell, mois du Rosaire 1884.

I

Existe-t-il de nos jours quelque chose de connu sous le nom de libéralisme ?

 

Sans aucune doute, et si tous les hommes appartenant aux diverses nations de l'Europe et de l'Amérique, régions principalement infestées de cette épidémie, ne s'étaient entendus pour s'abuser ou paraître s'abuser à son sujet, il semblerait oiseux que nous prissions la peine de démontrer l'assertion suivante : il existe aujourd'hui dans le monde une école, un système, un parti, une secte (appelez-le comme vous voudrez), connu par ses amis comme par ses ennemis sous la dénomination de Libéralisme.

Ses journaux, ses associations, ses gouvernements se donnent ouvertement la qualification de libéraux. Cette épithète leur est jetée à la face par leurs adversaires sans qu'ils protestent, s'en excusent ni en atténuent l'importance.

Il y a plus encore ; chaque jour on lit qu'il y a des réformes libérales, des courants, des projets, des personnages, des souvenirs, un idéal et des programmes libéraux. Par contre, on nomme antilibéralisme, cléricalisme, réaction, ultramontanisme, tout ce qui est opposé à la signification donnée au mot libéral.

Il existe donc actuellement par le monde, ce fait est incontestable, une certaine chose qui s'appelle libéralisme et une certaine autre qui s'appelle antilibéralisme. Comme on l'a très judicieusement dit, libéralisme est une parole de division, car elle divise le monde en deux camps opposés.

Mais ce n'est pas seulement une parole, puisque à toute parole correspond une idée ; et ce n'est pas non plus seulement une idée, puisque nous constatons, qu'en fait, tout un ordre d'événements extérieurs en découle. Le libéralisme existe donc, et, reconnaître son existence, c'est dire qu'il y a des doctrines libérales, des œuvres libérales et, par conséquent, des hommes libéraux professant des doctrines et pratiquant des œuvres libérales. Or, ces hommes ne sont pas des individus isolés : ils vivent et travaillent en société organisée dans un but commun, unanimement accepté, sous la direction de chefs dont ils reconnaissent le pouvoir et l'autorité. Le libéralisme n'est donc pas seulement une idée, une doctrine, une œuvre : c'est de plus une secte.

Par suite, il est de la dernière évidence que, en nous occupant de libéralisme et de libéraux, nous n'étudions pas des êtres fantastiques, pures conceptions de notre esprit, mais bien des réalités véritables, palpables, appartenant au monde extérieur. Trop réelles et trop palpables, hélas ! pour notre malheur.

Sans doute nos lecteurs auront remarqué que, en temps d'épidémie, la première tendance qui se manifeste, c'est invariablement celle qui consiste à prétendre que l'épidémie n'existe pas. Dans les différentes épreuves de cette nature qui ont affligé notre siècle ou les siècles passés, le phénomène que je signale ne s'est pas, que l'on sache, démenti une seule fois.

 

À SUIVRE

 

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 22:01

 

Le fléau a déjà dévoré en silence un grand nombre de victimes et décimé la population, quand on consent enfin à convenir qu'il existe et fait des ravages. Les dépêches officielles ont été quelquefois les plus ardentes propagatrices du mensonge, et il y a même eu des cas où l'autorité a été jusqu'à imposer des peines à ceux qui affirmaient la réalité de la contagion.

Le fait qui se produit dans l'ordre moral dont nous traitons en ce moment est tout à fait analogue. Après cinquante ans, ou plus, passés en plein libéralisme, des personnes parfaitement respectables nous disent encore avec une effrayante candeur : comment, vous prenez au sérieux le libéralisme ? Ce terme exprimerait-il, par aventure, autre chose que certaines rancunes politiques ? Ne vaudrait-il pas mieux, dès lors, considérer comme non avenue cette parole qui nous divise et nous indispose les uns contre les autres ?

Quand l'infection est tellement répandue dans l'atmosphère que le plus grand nombre de ceux qui la respirent s'y est habitué et l'absorbe sans s'en douter, c'est un symptôme excessivement grave !

Le libéralisme existe donc, cher lecteur, c'est un fait ; et ce fait, ne vous permettez plus jamais de le mettre en doute.

II

Qu'est-ce que le libéralisme ?

 

Dans l'étude quelconque d'un objet, après la question de son existence, an sit ? les anciens scolastiques posaient celle de sa nature, quid sit ? C'est cette dernière qui va nous occuper dans le présent chapitre.

Qu'est-ce que le libéralisme ?

Dans l'ordre des idées, c'est un ensemble d'idées fausses, et, dans l'ordre des faits, c'est un ensemble de faits criminels, conséquences pratiques de ces idées.

Dans l'ordre des idées, le libéralisme est l'ensemble de ce que l'on appelle principes libéraux, avec les conséquences qui en découlent logiquement. Les principes libéraux sont : la souveraineté absolue de l'individu, dans une entière indépendance de Dieu et de Son autorité ; la souveraineté absolue de la société, dans une entière indépendance de ce qui ne procède pas d'elle-même ; la souveraineté nationale, c'est-à-dire le droit reconnu au peuple de faire des lois et de se gouverner, dans l'indépendance absolue de tout autre critérium que celui de sa propre volonté exprimée d'abord par le suffrage et ensuite par la majorité parlementaire ; la liberté de penser sans aucun frein, ni en politique, ni en morale, ni en religion ; la liberté de la presse, absolue ou insuffisamment limitée, et la liberté d'association tout aussi étendue.

Tels sont les principes libéraux dans leur radicalisme le plus cru.

Leur fond commun est le rationalisme individuel, le rationalisme politique et le rationalisme social, d'où découlent et dérivent : la liberté des cultes, plus ou moins restreinte ; la suprématie de l'Etat dans ses rapports avec l'Église ; l'enseignement laïque ou indépendant, n'ayant aucun lien avec la religion ; le mariage légitimé et sanctionné par l'intervention unique de l'Etat. Son dernier mot, celui qui en est le résumé et la synthèse, c'est la sécularisation, c'est-à-dire la non- intervention de la religion dans les actes de la vie publique, quels qu'ils soient, véritable athéisme social qui est la dernière conséquence du libéralisme.

Dans l'ordre des faits le libéralisme est la réunion d'œuvres inspirées et réglées par ces principes ; telles que les lois de désamortisation, l'expulsion des ordres religieux, les attentats de toute nature officiels et extra-officiels contre la liberté de l'Eglise ; la corruption et l'erreur publiquement autorisées, soit à la tribune, soit dans la presse, soit dans les divertissements et dans les mœurs ; la guerre systématique au catholicisme et à tout ce qui est taxé de cléricalisme, de théocratie, d'ultramontanisme, etc.

Il est impossible d'énumérer et de classer les faits qui constituent l'action pratique libérale, car il faudrait y comprendre depuis les actes du ministre et du diplomate qui intriguent et légifèrent, jusqu'à ceux du démagogue, qui pérore dans un club ou assassine dans la rue ; depuis le traité international ou la guerre inique qui dépouille le pape de sa royauté temporelle, jusqu'à la main cupide qui vole la dot de la religieuse ou s'empare de la lampe du sanctuaire ; depuis le livre soi-disant très profond et très érudit du prétendu savant imposé à l'enseignement par l'Université, jusqu'à la vile caricature qui réjouit les polissons dans une taverne. Le libéralisme pratique est un monde complet : il a ses maximes, ses modes, ses arts, sa littérature, sa diplomatie, ses lois, ses machinations et ses guets-apens. C'est le monde de Lucifer, déguisé de nos jours sous le nom de Libéralisme, en opposition radicale et en guerre ouverte avec la société des enfants de Dieu qui est l'Église de Jésus-Christ.

Tel est le libéralisme au point de vue de la doctrine et de la pratique.

 

III

Le libéralisme est-il un péché, et quel péché ?

 

Le libéralisme est un péché, qu'on le considère dans l'ordre des doctrines ou dans celui des faits.

Dans l'ordre des doctrines, c'est un péché grave contre la foi, parce que ses doctrines sont une hérésie.

Dans l'ordre des faits, c'est un péché contre les divers commandements de Dieu et de I'Église, parce qu'il les transgresse tous. Plus clairement : dans l'ordre des doctrines le libéralisme est l'hérésie radicale, parce qu'il comprend toutes les hérésies. Dans l'ordre des faits, il est l'infraction universelle et radicale de la loi de Dieu parce qu'il en autorise et sanctionne toutes les infractions.

 

Procédons par parties dans notre démonstration.

 

Dans l'ordre des doctrines le libéralisme est une hérésie.

 

Hérésie est toute doctrine qui nie formellement et opiniâtrement un dogme du christianisme. Or, le libéralisme doctrinal commence par nier tous les dogmes du christianisme en général, et ensuite il nie chacun d'eux en particulier.

Il les nie tous en général quand il affirme ou suppose l'indépendance absolue de la raison individuelle dans l'individu et de la raison sociale ou critérium public dans la société.

Nous disons affirme ou suppose, parce qu'il arrive parfois que le principe libéral n'est pas affirmé dans les conséquences secondaires ; mais dans ce cas il est supposé et admis.

Il nie la juridiction absolue de Jésus-Christ Dieu sur les individus et les sociétés et, par conséquent, il nie aussi la juridiction déléguée que le chef visible de l'Église a reçue de Dieu sur tous et chacun des fidèles, quels que soient leur condition et leur rang.

Il nie la nécessité de la révélation divine et l'obligation pour tout homme de l'admettre s'il veut parvenir à sa fin dernière.

Il nie le motif formel de la foi, c'est-à-dire l'autorité de Dieu qui révèle, admettant seulement de la doctrine révélée les quelques vérités que son esprit borné peut comprendre.

Il nie le magistère infaillible de l'Église et du pape et, par conséquent aussi, toutes les doctrines définies et enseignées par cette divine autorité.

Après cette négation générale, cette négation en bloc, le libéralisme nie chaque dogme en tout ou en partie, selon que les circonstances le lui montrent en opposition avec son jugement rationaliste. Ainsi par exemple, il nie la foi au baptême quand il admet ou suppose l'égalité des cultes ; il nie la sainteté du mariage quand il établit la doctrine du soi-disant mariage civil ; il nie l'infaillibilité du pontife romain quand il refuse de recevoir comme des lois ses ordres et ses enseignements officiels, et les assujettit à son exequatur, non pour s'assurer de leur authenticité, comme cela se pratiquait autrefois, mais pour en juger le contenu.

Dans l'ordre des faits, le libéralisme est l'immoralité radicale.

Il l'est parce qu'il détruit le principe, ou règle fondamentale de toute moralité, qui est la raison éternelle de Dieu s'imposant à la raison humaine ; parce qu'il consacre le principe absurde de la morale indépendante, qui est au fond la morale sans loi, la morale libre, ou, ce qui revient au même, la morale qui n'est pas morale, puisque l'idée de morale implique non seulement l'idée de direction, mais contient encore essentiellement celle de frein et de limite. De plus, le libéralisme est toute immoralité parce que dans son développement historique, il s'est permis ou a sanctionné comme licite l'infraction de tous les commandements. Nous disons de tous, car c'est depuis le premier qui ordonne le culte d'un seul Dieu, jusqu'à celui qui prescrit le paiement des droits temporels de l'Église et qui est le dernier des cinq que l'Eglise a promulgués (1).

Il convient donc de dire que le libéralisme dans l'ordre des idées est l'erreur absolue et dans l'ordre des faits l'absolu désordre. Par suite, dans les deux cas, il est péché grave de sa nature ex genere suo, péché extrêmement grave, péché mortel.

(1) Allusion au Ve Commandement de l'Église dans le catéchisme espagnol : Pagar diesma y primicia a la Iglesia de Dios. Payer dîme et prémices à l'EgIise.

 

IV

De la gravité spéciale du péché de libéralisme.

 

[…] Par conséquent les doctrines hérétiques et les œuvres inspirées par elles constituent le plus grand de tous les péchés, à l'exception de la haine formelle de Dieu, haine dont les démons et les damnés sont, comme nous l'avons dit, à peu près les seuls capables.

Par conséquent le libéralisme, qui est une hérésie, et les œuvres libérales, qui sont œuvres hérétiques, sont les plus grands péchés que connaisse le code de la foi chrétienne.

Par conséquent, sauf le cas de bonne foi, d'ignorance et d'irréflexion, le fait d'être libéral constitue un péché plus grand que celui du blasphème, du vol, de l'adultère, de l'homicide ou de toute autre chose défendue par la loi de Dieu et châtiée par Sa justice infinie.

Le moderne naturalisme ne l'entend pas ainsi, c'est vrai. Mais les lois des États chrétiens l'ont toujours entendu de la sorte jusqu'à l'avènement de l'ère libérale actuelle. La loi de l'Église le proclame aujourd'hui comme autrefois, et, pour ce qui est du tribunal de Dieu, ses jugements demeurent les mêmes, ainsi que ses condamnations. L'hérésie et les œuvres qu'elle inspire sont donc bien les pires péchés et, par suite, le libéralisme et les actes qu'il inspire sont naturellement, ex genere suo, le mal au-dessus de tout mal.

 

V

Des différents degrés qui peuvent exister et qui existent dans l'unité spécifique du libéralisme.

 

Le libéralisme, en tant que système de doctrines, peut s'appeler école ; comme organisation d'adeptes dans le but de répandre et de propager ses doctrines, secte ; comme groupe d'hommes s'efforçant de les faire prévaloir dans la sphère du droit public, parti. Mais, que l'on considère le libéralisme comme école, comme secte, ou comme parti, il offre dans son unité logique et spécifique différents degrés ou nuances que le théologien catholique doit exposer et étudier.

 

À SUIVRE

 

 

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 21:58

 

Tout d'abord, il convient de faire remarquer que le libéralisme est un, c'est-à-dire qu'il constitue un ensemble d'erreurs logiquement et parfaitement enchaînées, et c'est pour ce motif qu'on l'appelle système. En effet, si on part de son principe fondamental, à savoir, que l'homme et la société sont entièrement autonomes ou libres avec indépendance absolue de tout autre critérium naturel ou surnaturel que le leur propre, on est conduit par une légitime déduction de conséquences à tout ce que la démagogie la plus avancée proclame en son nom.

La révolution n'a rien de grand que son inflexible logique. Tous ses actes, jusqu'aux plus despotiques qu'elle accomplit au nom de la liberté, et que, à première vue, nous taxons de monstrueuses inconséquences, sont le produit d'une logique d'ordre très élevé. Car si la société reconnaît pour unique loi sociale le jugement de la masse, si elle n'admet pas d'autre critérium ou régulateur, comment pourrait-on dénier à l'Etat le droit absolu de commettre n'importe quel attentat contre l'Eglise, aussi souvent qu'il jugera, d'après son unique critérium social, qu'il est à propos de le commettre ?

Une fois admis que le plus grand nombre a toujours raison, il faut bien admettre aussi que la loi unique est celle du plus fort, et, par conséquent, on peut très logiquement en arriver aux dernières brutalités.

Toutefois, malgré cette unité logique du système, les hommes ne sont pas toujours logiques, et cela produit dans cette unité les plus étonnantes variétés ou gradations de teintes. Les doctrines dérivent nécessairement et par leur propre vertu les unes des autres ; mais les hommes, en en faisant l'application, sont pour l'ordinaire illogiques et inconséquents.

Si les hommes poussaient les principes qu'ils professent jusqu'à leurs dernières conséquences, ils seraient tous des saints ou des démons de l'enfer, selon que leurs principes seraient bons ou mauvais.

C'est par l'inconséquence que les bons ne sont qu'à demi bons et que les mauvais ne sont qu'incomplètement mauvais.

Appliquant ces observations au libéralisme qui nous occupe présentement, nous dirons que, par la grâce de Dieu, il se trouve relativement peu de libéraux complets : ce qui n'empêche pas que le plus grand nombre d'entre eux, même sans avoir atteint l'extrême limite de la dépravation libérale, sont de véritables libéraux, c'est-à-dire : de véritables disciples, partisans ou sectaires du libéralisme, selon que le libéralisme se considère comme école, secte, ou parti.

 

Examinons ces variétés de la famille libérale.

 

Il y a des libéraux qui acceptent les principes, mais en repoussant les conséquences, au moins les plus répugnantes et les plus extrêmes.

D'autres acceptent telle ou telle conséquence ou application qui les flatte, en se faisant d'ailleurs scrupule d'en accepter radicalement les principes.

Les uns ne voudraient appliquer le libéralisme qu'à l'enseignement ; les autres uniquement à l'ordre civil ; d'autres enfin, rien qu'aux formes politiques.

Seuls les plus avancés réclament son application pure et simple à tout et pour tout. Les atténuations et les mutilations du Credo libéral sont aussi nombreuses que les intérêts favorisés ou lésés par son application. C'est en effet une erreur généralement répandue, de croire que l'homme pense avec son intelligence, tandis que la plupart du temps il pense avec son cœur, voire souvent avec son estomac.

De là, ces différents partis libéraux qui débitent le libéralisme à telle ou telle dose, tout comme le cabaretier débite l'eau-de-vie à tel ou tel degré, selon le goût du consommateur.

C'est pour cela qu'il n'y a point de libéral, pour qui son voisin plus avancé ne soit un brutal démagogue, et son voisin moins avancé un réactionnaire fieffé. C'est une question d'échelle alcoolique et rien de plus. Ceux qui à Cadix baptisèrent hypocritement au nom de la sainte Trinité leur libéralisme, et ceux qui, en ces derniers temps, lui ont donné pour devise : Guerre à Dieu, occupent un des degrés de l'échelle libérale. Cela est si vrai que, dans les cas embarrassants, tous acceptent et même invoquent la commune dénomination de libéral. […]

 

VI

Du libéralisme catholique ou catholicisme libéral.

 

De toutes les inconséquences et antinomies qui se rencontrent dans les degrés moyens du libéralisme, la plus repoussante et la plus odieuse est celle qui ne prétend à rien moins qu'à unir le libéralisme avec le catholicisme, pour former ce qui est connu dans l'histoire des insanités modernes sous le nom de libéralisme catholique ou catholicisme libéral. Et toutefois d'illustres esprits et de grands cœurs, aux bonnes intentions desquels on ne peut s'empêcher de croire, ont payé leur tribut à cette absurdité ! Elle a eu son époque de mode et de prestige ; mais, grâce au ciel, cette mode passe ou est déjà passée.

Cette funeste erreur naquit d'un désir exagéré de concilier et de faire vivre en paix des doctrines forcément inconciliables et ennemies du fait même de leur propre essence. Le libéralisme est l'affirmation dogmatique de l'indépendance absolue de la raison individuelle et sociale. Le catholicisme est le dogme de la sujétion absolue de la raison individuelle à la loi de Dieu.

Comment concilier le oui et le non de deux doctrines si opposées ?

Aux fondateurs du libéralisme catholique la chose parut facile. Ils admirent une raison individuelle sujette à la loi évangélique et ils inventèrent une raison publique ou sociale, coexistante avec elle et libre de toute entrave. Ils dirent : "l'État en tant qu'État ne doit pas avoir de religion, ou, du moins il ne doit en avoir que dans une mesure qui ne dérange point ceux qui n'en ont pas. Ainsi, le simple citoyen doit se soumettre à la révélation de Jésus-Christ, mais l'homme public peut à ce titre se comporter comme si la révélation n'existait pas pour lui". C'est ainsi qu'ils en vinrent à composer la célèbre formule : l'Église libre dans l'État libre. Formule à la propagation et à la défense de laquelle, en France, plusieurs catholiques célèbres et parmi eux un illustre évêque s'obligèrent par serment.

Cette formule aurait dû être suspecte, depuis que Cavour en avait fait la devise de la révolution italienne contre le pouvoir temporel du Saint-Siège, et cependant aucun de ses auteurs ne l'a formellement rétractée, à notre connaissance, malgré l'évident discrédit dans lequel elle était promptement tombée.

Ces illustres sophistes ne virent pas que, si la raison individuelle a l'obligation de se soumettre à la volonté de Dieu, la raison publique et sociale ne peut s'y soustraire, sans tomber dans un dualisme extravagant, en vertu duquel l'homme serait soumis à la loi de deux critériums contraires et de deux consciences opposées. De sorte que la distinction de l'homme privé et de l'homme public, le premier obligé à être chrétien, et le second autorisé à être athée, tomba immédiatement tout entière sous les coups écrasants de la logique intégralement catholique. Le Syllabus, dont nous parlerons bientôt, acheva de la confondre sans rémission. Il existe toutefois encore aujourd'hui quelques disciples attardés de cette brillante mais funeste école, qui n'osent plus soutenir publiquement la théorie catholique libérale, dont ils furent en d'autres temps les enthousiastes panégyristes ; mais ils la suivent cependant en pratique sans se rendre clairement compte peut-être que c'est là un filet de pêche tellement connu et usé que le diable a donné l'ordre de le mettre au rebut.

 

VII

En quoi consiste probablement l'essence ou la raison intrinsèque du catholicisme libéral.

 

Si l'on considère l'intime essence du libéralisme dit catholique, ou, pour parler plus vulgairement, du catholicisme libéral, on voit que, selon toute probabilité, elle est due uniquement à une fausse interprétation de l'acte de foi. Les catholiques libéraux, si l'on en juge par leurs explications, font résider tout le motif de leur foi, non dans l'autorité de Dieu infiniment vrai et infaillible qui a daigné nous révéler le seul chemin qui peut nous conduire à la béatitude surnaturelle : mais dans la libre appréciation du jugement individuel, estimant telle croyance meilleure que toute autre. Ils ne veulent pas reconnaître le magistère de l'Église comme le seul qui soit autorisé par Dieu à proposer aux fidèles la doctrine révélée et à en déterminer le véritable sens. Bien au contraire, se faisant juges de la doctrine, ils en admettent ce qui leur paraît bon, et se réservent le droit de croire le contraire, toutes les fois que d'apparentes raisons leur sembleront démontrer faux aujourd'hui ce qui leur avait paru vrai hier.

Pour réfuter cette prétention il suffit de connaître la doctrine fondamentale De fide, exposée sur cette matière par le saint concile du Vatican.

Au demeurant, les catholiques libéraux s'intitulent catholiques, parce qu'ils croient fermement que le catholicisme est la véritable révélation du Fils de Dieu ; mais ils s'intitulent catholiques-libéraux ou catholiques-libres, parce qu'ils jugent que ce qu'ils croient ne peut être imposé à eux-mêmes et à personne pour aucun motif supérieur à celui de leur libre appréciation. De telle sorte que, à leur insu, le diable a malicieusement substitué en eux le principe naturaliste du libre examen du principe surnaturel de la foi ; d'où il résulte que tout en se figurant avoir la foi des vérités chrétiennes, ils ne l'ont pas, et qu'ils en ont seulement une simple conviction humaine : ce qui est tout différent.

Il suit de là que, selon eux, leur intelligence étant libre de croire ou de ne pas croire, il en est de même de celle d'autrui. Ils ne voient pas dans l'incrédulité un vice, une infirmité ou un aveuglement volontaire de l'entendement et plus encore du cœur, mais un acte licite, émanant du for intérieur de chacun, aussi maître en ce cas de croire que de nier. Leur horreur de toute pression extérieure physique ou morale, qui prévienne ou châtie l'hérésie découle de cette doctrine, et produit chez eux la haine de toute législation franchement catholique. De là aussi, le respect profond avec lequel ils veulent qu'on traite toujours les convictions d'autrui, même les plus opposées à la vérité révélée, car, pour eux, les plus erronées sont aussi sacrées que les plus vraies, puisque toutes naissent d'un même principe également sacré : la liberté intellectuelle. C'est ainsi que l'on érige en dogme ce qui s'appelle tolérance, et que l'on édicte à l'usage de la polémique catholique un nouveau code de lois, que ne connurent jamais aux temps passés les grands polémistes du catholicisme.

Le premier concept de la foi étant essentiellement naturaliste, il s'en suit que tout son développement successif dans l'individu et dans la société, doit l'être également. D'où il résulte que l'appréciation première et souvent exclusive que les catholiques-libéraux font de l'Eglise, porte sur les avantages de culture intellectuelle et de civilisation qu'elle procure aux peuples. Ils oublient, et ne citent pour ainsi dire jamais sa fin première et surnaturelle qui est la glorification de Dieu et le salut des âmes. Plusieurs des apologies catholiques écrites à notre époque sont entachées de faiblesse par le fait de cette fausse conception. C'est à ce point que si, par malheur, le catholicisme avait été cause de quelque retard dans le progrès matériel des peuples, il ne serait plus, en bonne logique aux yeux de ces hommes, ni une religion vraie, ni une religion louable.

 

À SUIVRE

 

 

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 21:54

 

[…] La piété elle-même n'a pu échapper à la pernicieuse action de ce principe naturaliste ; il la convertit en véritable piétisme, c'est-à-dire en une falsification de la véritable piété, comme nous le voyons chez tant de personnes qui ne recherchent dans les pratiques pieuses que l'émotion dont elles peuvent être la source : ce qui est un pur sensualisme de l'âme et rien de plus. Aussi constatons-nous aujourd'hui que, en beaucoup d'âmes, l'ascétisme chrétien, qui est la purification du cœur par la répression des appétits, est entièrement affaibli, et que le mysticisme chrétien, qui n'est ni l'émotion, ni la consolation intérieure, ni aucune autre de ces friandises humaines, mais l'union avec Dieu par l'assujettissement à Sa volonté sainte et par l'amour surnaturel, est inconnu.

Pour ces raisons, le catholicisme d'un grand nombre de personnes en notre temps est un catholicisme libéral, ou, plus exactement, un catholicisme faux. Ce n'est pas le catholicisme, mais un simple naturalisme, un rationalisme pur; c'est en un mot, si une telle expression nous est permise, le paganisme avec le langage et les formes catholiques.

 

VIII

Ombre et pénombre, ou raison extrinsèque de cette même secte catholique libérale.

 

[…] De même à l'époque présente, le libéralisme radical a autour de lui son semi-libéralisme, qui n'est autre chose que la secte catholique libérale que nous étudions ici.

Ce que le Syllabus appelle un rationalisme modéré, c'est le libéralisme sans la franche crudité de ses premiers principes mis à nu, et sans l'horreur de ses dernières conséquences ; c'est le libéralisme à l'usage de ceux qui ne consentent pas encore à cesser de paraître ou de se croire catholiques. Le libéralisme est le triste crépuscule de la vérité qui commence à s'obscurcir dans l'intelligence, ou de l'hérésie qui n'en a pas encore pris entièrement possession. Nous remarquons en effet que, d'ordinaire, sont catholiques libéraux les catholiques qui cessent peu à peu d'êtres de fermes catholiques, et les libéraux purs qui, en partie désabusés de leurs erreurs, n'ont pas encore pleinement pénétré dans le domaine de l'intégrale vérité. C'est en outre le moyen subtil et très ingénieux que le diable met toujours en œuvre pour retenir à son service un grand nombre de gens qui, sans cela, auraient détesté véritablement, s'ils l'avaient bien connue, son infernale machination.

Ce moyen satanique consiste à permettre à ceux dont nous parlons de tenir un pied sur le terrain de la vérité, à condition que l'autre sera complètement dans le camp opposé. C'est ainsi que ceux dont la conscience n'est pas encore endurcie évitent les salutaires horreurs du remords ; ainsi que les esprits pusillanimes et les vacillants, qui sont le plus grand nombre, évitent de se compromettre en se prononçant carrément ; ainsi que les habiles parviennent à figurer, quand il leur convient, pendant quelques instants dans chaque camp, s'arrangeant pour se montrer en amis et affiliés dans chacun d'eux. C'est ainsi qu'enfin l'homme peut appliquer un palliatif officiel et reconnu à la majeure partie de ses misères, de ses faiblesses et de ses inconséquences.

Peut-être ce côté de la question que nous traitons n'a-t-il pas été suffisamment étudié dans l'histoire ancienne et dans l'histoire contemporaine. S'il en est le moins noble, il est par cela même le plus pratique, puisque malheureusement il faut d'ordinaire chercher dans ce qu'il y a de moins noble et de moins élevé le ressort secret de la plupart des phénomènes humains. Pour nous, il nous a paru à propos de donner ici cette indication, laissant à des esprits plus habiles et plus expérimentés le soin de la développer et de la compléter.

 

IX

D'une autre distinction importante, ou du libéralisme pratique et du libéralisme spéculatif ou doctrinal.

 

[…] Les libéraux pratiques forment la grande majorité du groupe ; moutons de Panurge qui croient, les yeux fermés, tout ce que disent leurs maîtres, ou, qui sans le croire, suivent docilement ceux qui se font leurs guides et règlent toujours leur pas sur le leur. Ils ne savent rien en fait de principes et de systèmes, et peut-être détesteraient-ils ceux qu'on leur prêche s'ils en connaissaient la perversité. Ils n'en sont pas moins les mains qui agissent, comme les théoriciens sont les têtes qui dirigent. Sans eux le libéralisme ne serait pas sorti de l'enceinte des Académies ; ce sont eux qui lui donnent la vie et le mouvement extérieur. Ils font les frais du journal libéral, votent pour le candidat libéral, appuient les combinaisons libérales, acclament les représentants du libéralisme, célèbrent ses fêtes et ses anniversaires. Ils constituent la matière première du libéralisme, disposée à prendre n'importe quelle forme, et à s'employer toujours à quelque sottise que ce soit. Jadis grand nombre d'entre eux allaient à la messe, et ils massacrèrent les religieux ; plus tard, ils assistaient à des neuvaines, et faisaient suivre la carrière ecclésiastique à leurs fils, tout en achetant les biens volés à l'Église. Peut-être aujourd'hui récitent-ils le rosaire tout en votant pour le député partisan de la liberté des cultes. Ils se sont fait comme une loi de vivre avec leur siècle, et ils croient (ou s'imaginent croire) que tout va bien ainsi. Leur responsabilité et leur faute devant Dieu en sont-elles effacées ? Non, assurément, comme nous le verrons plus loin.

 

X

Le libéralisme de toute nuance et de tout caractère a-t-il été formellement condamné par l'Église ?

 

Oui, le libéralisme, à tous ses degrés et sous toutes ses formes, a été formellement condamné ; si bien que, en outre des motifs de malice intrinsèque qui le rendent mauvais et criminel, il a contre lui, pour tout catholique fidèle, la suprême et définitive déclaration de l'Eglise qui l'a jugé tel et comme tel l'a anathématisé. Il était impossible qu'une erreur à ce point transcendentale n'eût point sa place dans le catalogue des erreurs officiellement réprouvées. Aussi, at-elle été condamnée en diverses occasions.

Déjà, à son apparition en France, lors de la première Révolution, la fameuse Déclaration des droits de l'homme, qui contient en germe toutes les folies du moderne libéralisme, fut condamnée par Pie VI.

Plus tard, cette funeste doctrine fut développée et acceptée par presque tous les gouvernements de l'Europe, même par les Princes Souverains, ce qui est un des plus terribles aveuglements dont l'histoire des monarchies présente l'exemple ; elle prit en Espagne le nom de libéralisme sous lequel aujourd'hui elle est connue partout.

Elle le reçut au milieu des terribles luttes qui eurent lieu entre royalistes et constitutionnels, lesquels se désignèrent mutuellement par les noms de serviles et de libéraux. De l'Espagne cette dénomination s'étendit à toute l'Europe. Eh bien ! au plus fort de cette lutte, à l'occasion des premières erreurs de Lamennais, Grégoire XVI publia son encyclique Mirari vos, qui est la condamnation explicite du libéralisme, tel qu'il était alors entendu, enseigné et pratiqué par les gouvernements constitutionnels. […]

Le 18 juin 1871, Pie IX, répondant à une députation de catholiques français, leur parla ainsi :

 

"L'athéisme dans les lois, l'indifférence en matière de religion et les maximes pernicieuses appelées catholiques-libérales, sont, oui, elles sont véritablement la cause de la ruine des États ; elles l'ont été de la perte de la France.

Croyez-moi, le mal que je vous dénonce est plus terrible que la Révolution, plus terrible que la Commune. J'ai toujours condamné le catholicisme-libéral et je le condamnerai encore quarante fois si c'est nécessaire".

 

Dans le Bref du 6 mars 1873 adressé au président et aux membres du cercle de Saint-Ambroise de Milan, le Souverain Pontife s'exprime ainsi :

 

« Il ne manque pas de gens qui prétendent former une alliance entre la lumière et les ténèbres, et associer la justice avec l'iniquité à la faveur de ces doctrines appelées catholiques-libérales qui, basées sur de très pernicieux principes, se montrent favorables aux intrusions de la puissance séculière dans les affaires spirituelles ; inclinent leurs partisans à estimer, ou, tout au moins, à tolérer des lois iniques, comme s'il n'était pas écrit que nul ne peut servir deux maîtres.

« Ceux qui agissent ainsi, sont en tous points plus dangereux et plus funestes que les ennemis déclarés, non seulement parce que, sans qu'on les en avertisse, peut-être même sans qu'ils s'en rendent bien compte, ils secondent les projets des méchants, mais encore parce que, en se renfermant dans certaines limites, ils se produisent avec quelques apparences de probité et de saine doctrine, qui hallucinent les amis imprudents de la conciliation et séduisent les personnes honorables qui auraient combattu l'erreur déclarée ». […]

 

XI

De la dernière et de la plus solennelle condamnation du libéralisme par le Syllabus.

 

Résumant tout ce qui a été dit du libéralisme par le Pape en divers documents, nous ne pouvons que rappeler les suivantes et très dures épithètes dont en différentes occasions il l'a qualifié.

[…] Un document officiel, public, solennel, d'un caractère général, universellement promulgué, et par conséquent définitif, était donc devenu nécessaire. L'Eglise ne pouvait refuser cette formelle et décisive parole de son souverain magistère à l'anxiété de ses fils. Elle la leur accorda, et ce fut le Syllabus du 8 décembre 1864.

Tous les bons catholiques l'accueillirent avec un enthousiasme qui n'eut d'égal que le paroxysme de fureur avec lequel le saluèrent les libéraux. Quant aux catholiques-libéraux ils crurent plus prudent de le frapper de côté au moyen d'interprétations artificieuses. Les uns et les autres eurent raison de lui accorder une souveraine importance. Le Syllabus est un catalogue officiel des principales erreurs contemporaines en forme de propositions concrètes, telles qu'on les rencontre dans les auteurs les plus connus parmi ceux qui les ont propagées. On y trouve donc en détail toutes celles qui constituent le dogmatisme libéral. Quoique le libéralisme ne soit nommé que dans une seule de ces propositions, il est certain que la plupart des erreurs mises là au pilori sont des erreurs libérales ; et que par conséquent de la condamnation de chacune d'elles résulte la condamnation totale du système. Nous ne ferons que les énumérer rapidement ici : - condamnation de la liberté des cultes (propositions 15e, 77e et 78e) ; - du placet gouvernemental (propositions 20e et 28e ) ; - de la désamortisation (propositions 16e et 27e) ; - de la suprématie absolue de l'Etat (proposition 39e) ; - du laïcisme dans l'enseignement public (propositions 45e, 47e et 48e) ; - de la séparation de l'Église et de l'Etat, (proposition 15e) ; - du droit absolu de légiférer sans Dieu (proposition 56e) ; - du principe de non-intervention (proposition 63e) ; - du mariage civil (propositions 73e et autres) ; - de la liberté de la presse (proposition 79e) ; - du suffrage universel comme source d'autorité (proposition 60e) ; - enfin du non même de libéralisme (proposition 80e).

Plusieurs livres, exposant clairement et succinctement chacune de ces propositions, ont été écrits depuis lors ; on peut y recourir. Mais l'interprétation et le commentaire le plus autorisé du Syllabus se doivent à ceux qui l'ont combattu, aux libéraux de toutes nuances nous le présentant comme leur ennemi le plus détesté, comme le symbole le plus complet de ce qu'ils appellent le cléricalisme, l'ultramontanisme et la réaction. Satan, qui si mauvais qu'il soit n'est pas un sot, vit très clairement où portait un coup si bien asséné ; aussi a-t-il apposé à cette œuvre grandiose le sceau le plus autorisé après celui de Dieu, le sceau de son inextinguible haine. Croyons-en sur ce point le père du mensonge ; car ce qu'il abhorre et ce qu'il diffame tire de là une garantie sûre et certaine de sa vérité.

 

À SUIVRE

 

 

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 21:49

 

XII

D'une chose qui ressemble au libéralisme et qui ne l'est pas,

et d'une autre qui est le libéralisme quoiqu'elle ne lui ressemble pas.

 

Le diable est un grand maître en artifices et en fourberies ; sa plus habile diplomatie consiste à introduire la confusion dans les idées, et ce maudit perdrait la moitié de son pouvoir sur les hommes, si les idées bonnes ou mauvaises nous apparaissaient en toute netteté et franchise. Remarquez, en passant, qu'appeler le diable, diable, n'est pas de mode aujourd'hui, sans doute parce que le libéralisme nous a donné l'habitude de traiter messire le diable avec un certain respect. Donc la première chose que fait le diable en temps de schisme et d'hérésie, c'est de brouiller et de changer le sens propre des mots : moyen infaillible de fausser et de troubler promptement la plupart des intelligences.

Ce fait se produisit avec l'arianisme, au point que divers évêques d'une haute sainteté en arrivèrent à souscrire, au concile de Milan, une formule qui condamnait l'illustre Athanase, marteau de cette hérésie ; et ces prélats auraient figuré dans l'histoire comme véritables fauteurs de cette hérésie, si le saint martyr Eusèbe, légat pontifical, ne fût arrivé à temps pour délivrer de ses pièges ce que le Bréviaire appelle la Simplicité captive de quelques-uns de ces naïfs vieillards. Pareille chose se produisit avec le pélagianisme, et plus tard avec le jansénisme ; il en est de même aujourd'hui avec le libéralisme.

Pour quelques-uns le libéralisme consiste dans certaines formes politiques ; pour d'autres dans un certain esprit de tolérance et de générosité opposé au despotisme et à la tyrannie ; pour d'autres, c'est l'égalité civile ; pour beaucoup, une chose vague et incertaine qui pourrait se traduire simplement par l'opposé à tout arbitraire gouvernemental. Il est donc indispensable de poser de nouveau ici cette question. Qu'est-ce que le libéralisme ? Ou mieux, qu'est-ce qui ne l'est pas ?

En premier lieu, les formes politiques de quelque nature qu'elles soient, si démocratiques ou populaires qu'on les suppose, ne sont pas d'elles-mêmes (« ex se ») le libéralisme. Chaque chose est ce qu'elle est ; les formes sont des formes, et rien de plus. République unitaire ou fédérale, démocratique, aristocratique, ou mixte, gouvernement représentatif ou mixte, avec plus ou moins de prérogatives du pouvoir royal, c'est-à-dire avec le maximum ou le minimum de roi que l'on veut faire entrer dans la mixture ; monarchie absolue ou tempérée, héréditaire ou élective, rien de tout cela n'a de soi (remarquez bien ces mots de soi) rien à voir avec le libéralisme. Ces gouvernements peuvent être parfaitement et intégralement catholiques. S'ils acceptent au-dessus de leur propre souveraineté la souveraineté de Dieu, s'ils confessent l'avoir reçue de Lui et s'ils en soumettent l'exercice à la règle inviolable de la loi chrétienne ; s'ils tiennent pour indiscutable dans leurs parlements tout ce qui est défini par cette loi ; s'ils reconnaissent comme base du droit public la suprématie morale de l'Église et son droit absolu dans toutes les choses qui sont de sa compétence, de tels gouvernements sont véritablement catholiques, et le plus exigeant ultramontanisme ne peut rien leur reprocher, parce qu'ils sont vraiment ultramontains. L'histoire nous offre l'exemple réputé de puissantes républiques très ferventes catholiques. Telles furent la république aristocratique de Venise, telle la république marchande de Gênes, telles sont de nos jours celles de certains cantons Suisses. Comme exemple de monarchies mixtes très catholiques, nous pouvons citer notre si glorieuse monarchie de Catalogne et d'Aragon, la plus démocratique et en même temps la plus catholique du monde au moyen âge ; l'antique monarchie de Castille jusqu'à la maison d'Autriche ; la monarchie élective de Pologne jusqu'à l'inique démembrement de ce religieux royaume. Croire que les monarchies sont de soi, « ex se », plus religieuses que les républiques, c'est un préjugé. Précisément les plus scandaleux exemples de persécution contre le catholicisme ont été donnés dans les temps modernes par des monarchies, citons celle de la Russie et celle de la Prusse.

Un gouvernement quelle que soit sa forme est catholique, si sa constitution, si sa législation et sa politique sont basées sur des principes catholiques ; il est libéral s'il base sa constitution, sa législation et sa politique sur des principes rationalistes. Ce n'est point l'acte de légiférer accompli par un roi dans la monarchie, par le peuple dans une république, ou par tous deux ensemble dans les formes mixtes, qui constitue la nature essentielle d'une législation ou d'une constitution. Ce qui la constitue c'est que tout y porte ou n'y porte pas le sceau immuable de la foi et soit ou non conforme à ce que la loi chrétienne commande aux États comme aux individus. De même que, parmi les individus, un roi avec sa pourpre, un noble avec son blason, et un ouvrier avec sa blouse peuvent être catholiques, ainsi les États peuvent être catholiques, quelle que soit la place qu'on leur assigne dans le tableau synoptique des formes gouvernementales. Par conséquent le fait d'être libéral ou antilibéral n'a rien à voir avec l'horreur naturelle que doit professer tout homme pour l'arbitraire et la tyrannie, ni avec le désir de l'égalité civile entre tous les citoyens ; bien moins encore, avec l'esprit de tolérance et de générosité qui, dans leur acception légitime, sont des vertus chrétiennes. Et cependant tout cela dans le langage de certaines gens et même de certains journaux s'appelle libéralisme. Voilà donc une chose qui a les apparences du libéralisme et qui ne l'est nullement en réalité.

Il existe en revanche une chose qui est bien réellement le libéralisme, quoiqu'elle n'en ait pas les apparences.

Supposez une monarchie absolue comme celle de la Russie, ou de la Turquie, si vous aimez mieux ; ou bien encore un de ces gouvernements conservateurs d'aujourd'hui, et le plus conservateur qui se puisse imaginer ; supposez que la constitution et la législation de cette monarchie ou de ce gouvernement conservateur soit basées sur le principe de la volonté libre du roi ou sur celui de la volonté libre de la majorité conservatrice, au lieu de l'être sur les principes du droit catholique, sur l'indiscutabilité de la foi, ou sur le respect rigoureux des droits de l'Eglise ; cette monarchie et ce gouvernement conservateur sont parfaitement libéraux et anti-catholiques. Que le libre-penseur soit un monarque avec ses ministres responsables, qu'il soit un ministre responsable avec ses corps co-législatifs : au point de vue des conséquences, c'est absolument la même chose. Dans l'un et l'autre cas, la politique marche sous la direction de la libre-pensée, et elle est par conséquent libérale. Qu'il entre ou n'entre pas dans ses vues de mettre des entraves à la presse ; que sous n'importe quel prétexte elle flagelle le pays; qu'elle régisse ses sujets avec une verge de fer, le misérable pays qui lui sera soumis pourra ne pas être libre, mais il sera certainement libéral. Tels furent les anciens empires asiatiques, telles diverses monarchies modernes ; tel sera, si le rêve de M. de Bismarck se réalise, l'empire allemand ; telle est la monarchie actuelle de l'Espagne, dont la Constitution déclare le roi inviolable, mais non pas Dieu.

Voici donc quelque chose qui, sans ressembler au libéralisme, l'est véritablement, et le plus raffiné et le plus dangereux, précisément parce qu'il n'en a pas l'apparence.

On voit par là de quelle délicatesse il faut user, quand on traite de pareilles questions. Il importe avant tout de définir les termes du débat et d'éviter les équivoques qui favorisent l'erreur plus que tout le reste.

 

XIII

Notes et commentaires sur la doctrine exposée dans le chapitre précédent

 

Nous avons dit que les formes de gouvernement démocratiques ou populaires, pures ou mixtes, ne sont pas libérales de soi, « ex se », et nous croyons l'avoir suffisamment démontré. Cependant, ce qui spéculativement ou abstractivement parlant, est une vérité, ne l'est pas au même degré en pratique, c'est-à-dire, dans l'ordre des faits, que doit toujours et surtout avoir devant les yeux le polémiste catholique.

En effet, quoique, considérées en elles-mêmes, ces formes de gouvernement ne soient pas libérales, elles le sont dans notre siècle, étant donné que la révolution moderne, qui n'est pas autre chose que le libéralisme en action, ne nous les présente que basées sur ses doctrines erronées. Aussi le vulgaire, qui n'est pas fort en distinctions, qualifie-t-il très sagement de libéralisme tout ce qui de nos jours se présente comme réforme démocratique dans le gouvernement des nations ; parce que, s'il ne l'est pas au point de vue de l'essence même des idées, il l'est de fait. Voilà pourquoi nos pères montraient un grand tact et une singulière prudence quand ils repoussaient, comme contraire à leur foi, la forme de gouvernement constitutionnelle ou représentative, et lui préféraient la monarchie pure, qui dans ces derniers siècles était le gouvernement de l'Espagne. Un certain instinct naturel faisait comprendre aux moins avisés que les nouvelles formes politiques, si inoffensives qu'elles fussent en elles-mêmes, en tant que formes, leur venaient imprégnées du principe hérétique libéral, raison pour laquelle ils faisaient très bien de les appeler libérales. Par ailleurs la monarchie pure qui de soi pouvait être très impie et même hérétique, leur apparaissait comme forme de gouvernement essentiellement catholique parce que, depuis de longs siècles, les peuples ne l'avaient connue qu'imbue de l'esprit du catholicisme.

Idéologiquement parlant, nos royalistes se trompaient donc quand ils identifiaient la religion avec l'antique régime politique, et réputaient impies les régimes constitutionnels ; mais ils touchaient juste, pratiquement parlant, parce que, à la clarté de leur foi, ils voyaient l'idée libérale cachée sous ce qu'on leur présentait comme une pure forme politique indifférente. Au reste, les coryphées et les sectaires du parti libéral firent par leurs blasphèmes et leurs attentats tout leur possible pour que le véritable peuple ne méconnût pas quelle était au fond la signification de leur odieux drapeau.

Il n'est pas non plus rigoureusement exact que les formes politiques soient indifférentes à la religion, quoiqu'elle les admette toutes. La saine philosophie les étudie, les analyse, et sans en condamner aucune, ne laisse point toutefois de manifester sa préférence pour celles qui sauvegardent le mieux le principe d'autorité basé spécialement sur l'unité ; ce qui revient à dire que la monarchie est de toutes les formes de gouvernement la plus parfaite, parce que, plus que toute autre, elle se rapproche du gouvernement de Dieu et de l'Église ; de même que la plus imparfaite est la république, pour la raison contraire. La monarchie n'exige la vertu que d'un seul homme, la république l'exige de la majorité des citoyens. Il est donc, logiquement parlant, plus difficile de réaliser l'idéal républicain que l'idéal monarchique. Ce dernier est plus humain que le premier, parce qu'il exige moins de perfection humaine, et s'accommode davantage à l'ignorance et aux vices du grand nombre. Mais de toutes les raisons qui doivent tenir le catholique de notre temps en garde contre les gouvernements de forme populaire, la plus forte doit être l'empressement que la franc-maçonnerie a mis toujours et partout à les établir. Avec une intuition merveilleuse, l'enfer a reconnu que ces systèmes de gouvernement étaient les meilleurs conducteurs de son électricité, et qu'aucune autre ne pouvait mieux le servir à souhait. Il est donc hors de doute qu'un catholique doit tenir pour suspect tout ce que sous ce rapport la révolution lui recommande comme mieux approprié à ses fins, et, partant, considérer comme libéralisme véritable tout ce qu'elle vante et recommande sous le nom de libéralisme, bien qu'il ne soit question que de formes ; car dans ce cas, les formes ne sont autre chose que le vase ou l'enveloppe dont on se sert pour faire pénétrer jusqu'à lui la contrebande de Satan.

 

XIV

Ceci posé, est-il oui ou non permis à un bon catholique de prendre en bonne part le mot libéralisme,

et peut-il se glorifier d'être libéral ?

 

Nous demandons la permission de transcrire intégralement ici un chapitre d'un autre de nos opuscules (Choses du jour), car il répond aux questions posées en tête de cette page :

 

À SUIVRE

 

 

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 21:45

 

« Que Dieu me vienne en aide, cher lecteur, avec ces grands mots de libéralisme et de libéral ! Vous en êtes véritablement épris, et l'amour vous a rendu aveugle comme tous les amoureux. Quels inconvénients peut bien avoir, me demanderez-vous, l'usage de ces mots ? Il en a tant, à mon point de vue, que je vais jusqu'à y trouver matière de péché ! Ne vous effrayez pas, mais écoutez-moi patiemment ; vous me comprendrez vite et sans difficulté. Il est bien certain que le mot libéralisme signifie en Europe, dans le siècle présent, une chose suspecte qui n'est pas entièrement d'accord avec le vrai catholicisme. Ne me dites pas que je pose le problème en termes exagérés. Vous devez, en effet, m'accorder que, dans l'acception ordinaire du mot, libéralisme et libéralisme catholique sont des choses réprouvées par Pie IX. Laissons de côté pour le moment ceux qui en plus ou moins grand nombre prétendent pouvoir continuer à professer un certain libéralisme, qu'au fond ils ne veulent pas reconnaître pour tel. Mais ce qui est incontestable, c'est que le courant libéral en Europe et en Amérique au moment où nous écrivons, est anticatholique et rationaliste. Passez le monde en revue : voyez ce que signifie parti libéral en Belgique, en Allemagne, en Angleterre, en Hollande, en Autriche, en Italie, dans les républiques Hispano-Américaines, et dans les neuf dixièmes de la presse espagnole. Demandez à tous ce que signifie en langage ordinaire critérium libéral, courant libéral, atmosphère libérale, etc., etc. ; voyez, si parmi les hommes qui se vouent aux études politiques et sociales en Europe et en Amérique, quatre-vingt dix-neuf pour cent n'entendent pas par libéralisme le pur et franc rationalisme appliqué à la science sociale.

"En vain maintenant vous et quelques douzaines de personnes vous obstinez à donner un sens de chose indifférente à ce que le courant général a marqué de son sceau comme chose anticatholique : il n'en est pas moins certain que l'usage, arbitre et juge suprême en matière de langage, persiste à tenir le libéralisme pour un drapeau dressé contre le catholicisme. Par conséquent, quoique au moyen de mille distinctions, exceptions et subtilités, vous arriviez à former pour vous seul un libéralisme qui n'ait rien de contraire à la foi, dans l'opinion du grand nombre, dès que vous vous appelez libéral, vous appartenez comme tous les autres libéraux à la grande famille du libéralisme européen, tel que tout le monde le comprend. Votre journal, si vous le rédigez comme libéral et que vous lui donniez ce nom, sera dans l'opinion générale un soldat de plus parmi ceux qui, sous cette devise, combattent l'Eglise catholique de front ou de flanc. Vainement vous vous en excuserez quelquefois : ces excuses et ces explications vous ne pouvez les donner tous les jours, ce serait par trop ennuyeux. En revanche, vous devez vous servir à chacun de vos paragraphes du mot libéral. Vous ne serez donc dans la commune créance qu'un soldat de plus militant comme tant d'autres sous cette devise, et lors même que, en votre intérieur, vous seriez aussi catholique que le Pape (ainsi que se vantent de l'être certains libéraux), il est hors de doute que vous influerez non comme catholique, mais comme libéral sur le mouvement des idées et sur la marche des événements ; et même malgré vous, vous serez un satellite forcé de vous mouvoir dans l'orbite général que décrit le libéralisme. Et tout cela à propos d'un mot ! D'un simple mot ! Oui, mon ami, c'est là ce que vous gagnerez à vous appeler libéral et à qualifier votre journal de libéral. Point d'illusion ! l'usage de ce mot vous rend presque toujours et pour une grande part solidaire de tout ce qui s'abrite à son ombre. Or, ce que son ombre abrite vous le voyez et n'avez pu le nier : c'est le courant rationaliste. Cela étant, à votre place, je me ferais un cas de conscience d'accepter cette solidarité avec les ennemis de Jésus-Christ ».

 

"Passons à une autre réflexion :

 

"Il est aussi impossible de mettre en doute que parmi ceux qui lisent vos journaux et entendent vos conversations, peu sont en état de subtiliser comme vous le faites dans vos distinctions entre libéralisme et libéralisme. Il est donc évident que le plus grand nombre prendra ce terme dans le sens général et croira que vous l'employez ainsi. Sans en avoir l'intention, et même à l'encontre de vos intentions, vous obtiendrez le résultat suivant : procurer des adeptes à l'erreur rationaliste.

"Et maintenant, dites-moi, savez-vous ce que c'est que le scandale ? Savez-vous ce que c'est qu'induire le prochain en erreur par des paroles ambiguës ? Savez-vous ce que c'est que semer le doute, la méfiance et d'ébranler la foi des simples par attachement plus ou moins justifié à un mot ? Quant à moi, en ma qualité de moraliste catholique, je vois en cela matière à péché, et si vous n'avez pas l'excuse d'une souveraine bonne foi ou de quelqu'autre circonstance atténuante, matière à péché mortel.

 

"Écoutez cette comparaison :

 

"Vous savez que de nos jours a pris naissance une secte qui s'appelle : la Secte des vieux catholiques. Elle a eu la fantaisie de se donner elle-même ce nom : laissons-la faire. Supposons maintenant que moi, par exemple, qui suis, par la grâce de Dieu et quoique pécheur, catholique, et un des plus vieux par-dessus le marché, puisque mon catholicisme date du calvaire et du cénacle de Jérusalem, toutes choses qui remontent très loin, supposons, dis-je, que je fonde un journal plus ou moins équivoque et que je l'intitule : Journal vieux catholique, ce titre sera-t-il un mensonge ?

Non : car je suis un vieux catholique, dans la bonne acception du terme. Mais, m'objecterez-vous, pourquoi adopter ce titre mal sonnant qui est la devise d'un schisme ? Elle donnera occasion aux esprits peu attentifs de croire que vous êtes schismatique, et aux vieux catholiques allemands d'entrer en liesse, persuadés qu'il leur est né un nouveau confrère. Pourquoi scandaliser ainsi les simples ? - J'use de cette expression dans le bon sens ! - Soit : mais ne vaudrait-il pas mieux éviter de faire croire que vous l'employez dans le mauvais ?

"Voilà le langage que je tiendrais à quiconque s'obstinerait à considérer encore comme inoffensif le titre de libéral, réprouvé par le Pape, et cause de scandale pour les vrais croyants. Pourquoi se parer de titres qui exigent des explications ? Pourquoi exciter des soupçons qu'il faudra se hâter de dissiper ? Pourquoi prendre rang parmi les ennemis et arborer leur devise si dans le fond on est du nombre des amis ?

"Vous dites que les mots n'ont pas d'importance ! Ils en ont bien plus que vous ne vous l'imaginez, mon ami. Les mots sont la physionomie extérieure des idées, et vous n'ignorez pas combien la bonne ou la mauvaise physionomie d'une affaire importe à son succès. Si les mots n'avaient aucune importance, les révolutionnaires ne s'en serviraient pas avec un si grand soin pour travestir le catholicisme, ils ne l'appelleraient pas à toute heure obscurantisme, fanatisme, théocratie, réaction : ils l'appelleraient tout simplement catholicisme, et eux-mêmes ne s'enguirlanderaient pas à chaque instant des vocables flatteurs de liberté, de progrès, d'esprit du siècle, de droit nouveau, de conquête intellectuelle, de civilisation, de lumière, etc., etc. Ils s'intituleraient toujours en usant de leur véritable nom : Révolution.

"Il en a de tout temps été ainsi, toutes les hérésies ont commencé par être de simples jeux de mots et ont fini par devenir de sanglantes luttes d'idées. Quelque chose de semblable dut avoir lieu au temps de saint Paul, ou bien le grand Apôtre en a eu l'intuition pour l'avenir lorsque s'adressant à Timothée (Ad Tim., VI, 20), il l'exhorte à se tenir en garde non seulement contre la fausse science (oppositiones faIsi nominis scientiæ), mais encore contre la simple nouveauté dans les expressions (profanas vocum novitates). Que dirait aujourd'hui le docteur des nations s'il voyait des catholiques se décorer de l'épithète de libéral en opposition avec les catholiques qui portent purement et simplement l'antique nom de famille et rester sourds aux réprobations tant de fois répétées, qu'a lancées avec tant d'insistance la chaire apostolique, contre cette nouveauté profane ? Que dirait-il les voyant ajouter à l'immuable expression de catholicisme, cet odieux appendice que n'ont connu ni Jésus-Christ, ni les Apôtres, ni les Pères, ni les Docteurs, ni aucun des Maîtres autorisés qui forment la magnifique chaîne de la tradition chrétienne ?

"Méditez tout cela, dans vos moments lucides, si tant est que l'aveuglement de votre passion vous en ménage quelques-uns, et vous reconnaîtrez la gravité de ce qui à première vue vous paraît n'être qu'une question de mots.

Non, vous ne pouvez être catholique libre, vous ne pouvez porter ce nom réprouvé, quoique, à l'aide de sophismes subtils, vous parveniez à découvrir un moyen secret de le concilier avec l'intégrité de la foi. Non, la charité chrétienne vous le défend, cette sainte charité que vous invoquez à toute heure, et qui, si je comprends bien, est pour vous synonyme de tolérance révolutionnaire.

"La charité vous le défend, parce que la première condition de la charité est de ne point trahir la vérité, de ne pas être un piège destiné à surprendre la bonne foi des moins avisés de vos frères. Non, mon ami, non ; il ne vous est point permis de vous appeler libéral".

 

Nous n'avons plus rien à dire sur ce point, il est résolu pour tout homme de bonne foi.

Au surplus, les libéraux eux-mêmes emploient plus rarement aujourd'hui qu'autrefois ce qualificatif de libéral, tant il est usé et discrédité par la miséricorde de Dieu. Ce qu'on rencontre plus fréquemment ce sont des hommes qui, tout en reniant à chaque jour et à chaque heure le libéralisme, en sont imbus jusqu'à la moelle des os et ne savent écrire, parler, agir que sous son inspiration : ces hommes-là sont, de nos jours, les plus à craindre.

XVI

La bonne foi peut-elle aujourd'hui se rencontrer dans l'erreur du libéralisme ?

 

J'ai parlé plus haut des libéraux de bonne foi, et je me suis permis d'exprimer un doute sur la question de savoir si oui ou non il existe in rerum natura quelque type de cette rarissime famille. J'incline à croire qu'il y en a fort peu, car de nos jours l'erreur de bonne foi dans le libéralisme, qui seule pourrait parfois l'excuser, est à peu près impossible. Je ne nierai cependant pas absolument que tel ou tel cas exceptionnel peut se produire, mais je maintiens que ce serait en vérité un cas phénoménal.

Dans toutes les périodes historiques où une hérésie a dominé, on a vu très fréquemment un ou plusieurs individus, entraînés malgré eux par le torrent envahisseur, devenir participants de l'hérésie, sans autre cause explicative d'une telle participation à l'erreur qu'une souveraine ignorance.

Il faut convenir cependant que, si jamais une erreur a été dépourvue de toute apparence qui l'excuse, c'est bien celle du libéralisme. La majeure partie des hérésies, dont le sein de l'Église a été déchiré, ont essayé de se travestir sous des dehors de piété affectée capables de dissimuler leur criminelle origine. Les Jansénistes, plus habiles qu'aucun de leurs devanciers, parvinrent à se faire un grand nombre d'adeptes, auxquels peu s'en fallut que le vulgaire aveugle ne décernât les honneurs dus seulement à la sainteté. Leur morale était rigide ; leurs dogmes redoutables ; tout l'extérieur de leur personne ascétique et en quelque sorte illuminé. Ajoutons que la majorité des anciennes hérésies portèrent sur des points très subtils du dogme, qu'un habile théologien pouvait seul discerner, et sur lesquels la multitude ignorante était incapable par elle-même de porter d'autre jugement que celui qu'elle recevait de confiance de ceux qu'elle reconnaissait pour ses maîtres. Par une conséquence toute naturelle, lorsque le supérieur hiérarchique d'un diocèse ou d'une province tombait dans l'erreur, la plus grande partie de ses subordonnés, pleins de confiance en leur Pasteur, y tombait avec lui. Cela était d'autant plus aisé que la difficulté des communications avec Rome, à cette époque, privait la voix infaillible du Pasteur universel d'un accès facile auprès du troupeau. La diffusion de beaucoup d'anciennes hérésies, que nous nous permettrons d'appeler purement théologiques, n'eut pas d'autre cause.

C'est ce qui explique le cri d'angoisse poussé au quatrième siècle par saint Jérôme, lorsqu'il disait : Ingemuit universus orbis se esse arianum. "Le monde entier gémit de se trouver arien". C'est aussi ce qui explique comment, au milieu des plus grands schismes et des plus grandes hérésies, comme le schisme russe et l'hérésie anglaise, il est possible que Dieu possède beaucoup d'âmes, dans lesquelles la racine de la vraie foi n'est pas morte, quoique, dans sa profession extérieure, cette foi apparaisse difforme et viciée. Ces âmes, unies au corps mystique de l'Eglise par le baptême, à son âme par la grâce intérieure sanctifiante, pourront parvenir avec nous à la jouissance du royaume éternel.

 

À SUIVRE

 

 

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 21:39

 

Peut-il en être ainsi avec le libéralisme ?

Il s'est présenté d'abord sous le masque de pures formes politiques ; mais, dès le début, ce masque fut tellement transparent, que bien aveugle fut celui qui ne devina pas toute la perversité du misérable ainsi travesti.

Le libéralisme ne sut pas conserver les voiles d'hypocrisie et de piétisme dont quelques-uns de ses panégyristes le couvrirent à ses débuts. Promptement il le déchira et proclama par des lueurs sinistres son origine infernale. Il mit à sac les églises et les couvents, il assassina les religieux et les prêtres ; il lâcha la bride à toute impiété et déchargea sa haine de damné jusque sur les images les plus vénérées. Il accueillit immédiatement toute la lie sociale sous sa bannière, partout la corruption calculée fut son précurseur et son introducteur.

Les dogmes nouveaux qu'il prêchait et voulait substituer aux anciens n'avaient rien d'abstrait ni de métaphysique, c'était des faits brutaux qu'il suffisait d'avoir des yeux pour voir et du simple bon sens pour abhorrer. Un important phénomène, qui prête beaucoup aux sérieuses méditations, se produisit alors.

Le peuple simple, illettré, mais honnête, fut le plus réfractaire à la nouvelle doctrine. Les grands talents, corrompus par le philosophisme, furent les premiers séduits, tandis que le bon sens naturel des peuples fit immédiatement justice des hardis réformateurs. Ici comme toujours il est démontré que la pureté du cœur est plus clairvoyante que la perspicacité de l'intelligence. Si ce que nous venons de dire s'applique justement au libéralisme à son aurore, que ne pourrait-on pas dire de lui, aujourd'hui que tant de lumière a été faite, sur son odieux développement.

Jamais aucune erreur n'a été frappée par de plus sévères condamnations, portées à la fois par l'expérience, l'histoire et l'Église. Ceux qui refusent de croire celle-ci en bons catholiques devront, s'ils ne sont pas dépourvus d'honnêteté naturelle, se rendre au témoignage des deux autres.

En plus de cent ans de règne sur l'Europe, le libéralisme a donné tous ses fruits ; la génération présente recueille les derniers, qui sont bien amers et troublent sa tranquille digestion.

La leçon du divin Sauveur nous recommandant de juger l'arbre par ses fruits a rarement trouvé une application plus opportune.

D'autre part, ne vit-on pas clairement dès son principe quelle était l'opinion de l'Eglise sur la nouvelle réforme sociale ? Parmi ses ministres, quelques-uns, il est vrai, furent entraînés à l'apostasie par le libéralisme, et c'était là pour les simples fidèles une première donnée propre à leur faire juger une doctrine qui faisait de pareils prosélytes. Mais, quand donc la hiérarchie catholique dans son ensemble n'a-t-elle pas avec pleine et entière raison été considérée comme hostile au libéralisme ? Le mot de cléricalisme dont les libéraux ont honoré l'école la plus énergiquement opposée à leurs doctrines, que prouve-t-il sinon que l'Eglise enseignante fut toujours leur implacable adversaire ? Pour qui a-t-on tenu le Pape ? Pour qui a-t-on tenu les évêques, les curés et les religieux de tout habit ? Pour qui a-t-on pris les personnes de piété et de conduite régulière ? Pour des cléricaux toujours, c'est-à-dire pour des antilibéraux.

Comment donc pourrait-on exciper de la bonne foi dans une question où le courant orthodoxe apparaît si manifestement distinct de celui qui ne l'est pas ? Ainsi, ceux qui comprennent clairement la question peuvent en saisir les raisons intrinsèques ; et ceux qui ne la comprennent pas ont dans l'autorité extrinsèque plus qu'il ne leur est nécessaire pour former exactement leur jugement, comme il doit l'être en tout bon chrétien sur les choses qui touchent à la foi.

Par la miséricorde de Dieu la lumière n'a pas manqué, mais l'indocilité, les intérêts bâtards, le désir de mener une vie facile ont surabondé. Ce n'est pas ici la séduction qui produit l'erreur en aveuglant l'esprit par de fausses clartés, mais bien la séduction qui en souillant le cœur obscurcit l'entendement. Croyons donc que, à quelques exceptions près, il faut de grands et d'ingénieux efforts de charité pour admettre de nos jours, en raisonnant selon les vrais principes de la morale, l'excuse de la bonne foi dans un catholique sur la question du libéralisme.

 

XVII

Diverses manières dont un catholique peut, sans être libéral, se faire complice du libéralisme.

 

Un catholique peut se rendre complice du libéralisme en plusieurs manières, sans être précisément un libéral.

C'est là un point pratique, plus pratique encore que le précédent, et sur lequel en ce temps-ci la conscience du fidèle doit soigneusement être mise en garde.

Tout le monde sait qu'il y a des péchés dont nous nous rendons coupables, non par véritable et directe commission, mais par pure complicité et connivence avec leurs auteurs, complicité de telle nature qu'elle va souvent jusqu'à égaler en gravité l'acte criminel directement commis. On peut donc et l'on doit appliquer au péché de libéralisme ce que les auteurs de théologie enseignent relativement à la complicité.

Notre intention est seulement de noter ici en quelques mots les différentes manières dont on peut aujourd'hui, en ce qui concerne le libéralisme, se rendre coupable par complicité.

1° L'affiliation formelle à un parti libéral est la plus grande complicité en cette matière ; c'est à peine si elle se distingue de l'action directe à laquelle elle se rattache. Beaucoup d'esprits, à la seule lumière de leur entendement, voient toute la fausseté doctrinale du libéralisme, connaissent ses sinistres projets et ont en horreur son abominable histoire. Mais par tradition de famille, haines héréditaires, espérances personnelles, reconnaissance de bienfaits déçus, crainte de préjudices à venir ou enfin pour tout autre motif, ils acceptent une situation dans le parti qui professe de pareilles doctrines et favorise de semblables desseins, permettant ainsi qu'on les compte publiquement parmi les affiliés qui s'honorent d'en avoir le titre et travaillent sous son drapeau.

Ces malheureux sont les premiers complices, les grands complices de toutes les iniquités de leur parti ; encore qu'ils ne les connaissent pas en détail, ils en sont les véritables co-auteurs et participent de l'immense responsabilité quelles entraînent.

C'est ainsi que nous avons vu dans notre patrie de véritables hommes de bien, excellents pères de famille, commerçants ou artisans honorables, figurer dans les rangs de partis dont le programme comprend des usurpations et des rapines, sans aucune justification possible, par devant l'honnêteté humaine.

Ils sont donc responsables devant Dieu de ces attentats comme le parti qui s'en est rendu coupable, pourvu toutefois que le parti ne les considère pas comme des faits accidentels, mais comme la conséquence logique de la marche qu'il s'est tracée. L'honorabilité de ces individus sert seulement à rendre leur complicité plus grave, car il est clair que, si un parti n'était composé que d'hommes sans aveu, il n'y aurait pas grand-chose à craindre de lui. Ce qu'il y a d'odieux, c'est le prestige donné à un parti mauvais par des personnes relativement bonnes, qui leur font honneur et le recommandent en figurant dans ses rangs.

2° Sans être formellement affilié à un parti libéral, et même en déclarant hautement ne pas lui appartenir, on contracte néanmoins la complicité libérale lorsqu'on manifeste pour lui des sympathies publiques, lorsqu'on loue ses membres, lorsqu'on défend et qu'on excuse ses journaux ou que l'on assiste à ses fêtes. La raison en est évidente : l'homme, s'il brille quelque peu par son intelligence ou sa position sociale, favorise grandement une idée quelconque, du moment qu'il se montre en relations plus ou moins amicales avec ses fauteurs. Il fait plus par son prestige personnel que s'il donnait de l'argent, des armes ou quelque autre secours matériel ; ainsi, par exemple, un catholique et surtout un prêtre qui honore de sa collaboration un journal libéral, le favorise manifestement par le prestige de sa signature, quoiqu'avec elle il ne défende pas la partie mauvaise du journal, quoique sous cette même signature il rende public son éloignement pour ce qu'il y a de mauvais dans ce journal. On dit quelquefois que c'est là un moyen de faire entendre la voix de la vérité à un grand nombre de lecteurs qui ne l'écouteraient pas sous le couvert d'une autre feuille ; cela est vrai, mais d'un autre côté, la signature d'un homme de bien dans les colonnes d'un mauvais journal, suffit pour l'accréditer aux yeux des lecteurs peu habiles à distinguer la doctrine d'un article d'avec celle d'un autre.

D'où il suit que ce qui devait faire contre-poids au mal ou en être la compensation, se transforme, pour la généralité des lecteurs, en une effective recommandation. Que de fois nous avons entendu dire : Ce journal mauvais ? - Non, certes, puisque un tel y collabore.

C'est ainsi que raisonne le vulgaire, et le vulgaire forme la presque totalité du genre humain.

Malheureusement une pareille complicité est bien fréquente de nos jours.

C'est se rendre coupable d'une véritable complicité que de voter pour des candidats libéraux, même quand on ne vote pas pour eux parce qu'ils sont tels, mais à cause de leurs opinions en économie politique, en administration, etc., etc. Car, alors même que ce député serait d'accord avec le catholicisme sur une question, il est évident que sur les autres, il parlera et votera en hérétique et que se fait le complice de ses hérésies quiconque le met à même d'en scandaliser le pays.

4° C'est faire acte de complicité que de s'abonner à un journal libéral ou de le recommander dans un journal de saine doctrine, de déplorer sa chute ou sa suspension par un faux esprit de camaraderie ou par un sentiment de courtoisie non moins faux. S'abonner à un journal libéral, c'est fournir de l'argent pour fomenter le libéralisme, et de plus, c'est porter par son exemple un autre imprudent à le lire. En outre, c'est procurer à sa famille et aux amis de la maison une lecture plus ou moins empoisonnée. Combien de mauvais journaux seraient obligés de renoncer à leur pernicieuse et déplorable propagande s'ils n'étaient soutenus par des souscripteurs trop naïfs ! Nous dirons la même chose des lieux communs usités entre journalistes. Notre estimable confrère ; nous vous désirons de nombreux abonnements ; nous prenons part aux ennuis de notre collègue ; clichés en usage quand il s'agit de l'apparition ou de la suspension d'une feuille libérale.

Ce compérage ne doit pas exister entre soldats combattant sous deux bannières aussi opposées que celles de Dieu et de Satan. Quand un de ces journaux est suspendu ou qu'il cesse de paraître, il faut rendre grâce à Dieu, parce que sa divine majesté compte un ennemi de moins; et au jour de son apparition, bien loin de saluer sa venue, il faut la pleurer comme un calamité.

5° Administrer, imprimer, vendre, distribuer, annoncer ou subventionner des journaux ou livres libéraux, bien que ce soit avec d'autres qui sont bons et que cela se fasse par pur métier, comme moyen matériel de pourvoir à sa subsistance quotidienne, c'est encore pécher par complicité.

6° C'est complicité chez les pères de famille, les directeurs spirituels, les chefs d'atelier, les professeurs et les instituteurs que de garder le silence quand on les interroge sur ce sujet, ou même simplement de ne pas s'expliquer sur cette question quand ils sont obligés d'éclairer la conscience de leurs subordonnés.

Quelquefois, aussi, c'est complicité que taire ses bonnes et saines convictions, donnant ainsi l'occasion de penser qu'elles sont mauvaises.

Il ne faut pas oublier qu'en mille circonstances il y a obligation pour le chrétien de rendre un public témoignage à la vérité, même sans en être formellement requis.

8° C'est complicité qu'acheter, sans autorisation de l'Eglise, des biens appartenant au clergé ou aux oeuvres de bienfaisance, même mis aux enchères publiques, à moins que ce ne soit pour les rendre à leur légitime propriétaire.

C'est complicité que racheter des cens ou redevances ecclésiastiques sans la permission de leur véritable possesseur, si lucrative que doive être l'opération. C'est complicité qu'intervenir comme agents dans de tels achats et ventes, de publier les annonces d'enchères, d'imposer des amendes, etc., etc. Tous ces actes entraînent de plus par eux-mêmes l'obligation de restituer au prorata de la spoliation.

 

À SUIVRE

 

 

 

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